[INEGALITES] Les 100 plus grandes entreprises européennes alimentent les inégalités sociales et environnementales

Publié le ven 12/06/2026 - 12:00

Dans un nouveau rapport publié ce 9 juin, l'ONG Oxfam a analysé l'« empreinte inégalité » des 100 plus grandes entreprises européennes, à travers quatre dimensions : les personnes, le pouvoir, les profits et la planète. Résultat : elles sont « des viviers d'inégalités pour leurs salarié(e)s, mais aussi au delà », dénonce l'association.

L’ONG pointe un modèle économique largement tourné vers la rémunération du capital. Entre 2022 et 2024, les actionnaires ont capté en moyenne 70 % des bénéfices des entreprises étudiées, tandis que les rémunérations des dirigeants atteignaient en moyenne 78 fois le salaire d’un employé. En 2024, les dividendes versés en Europe ont atteint 387,6 milliards d’euros, soit le double du budget annuel de l’Union européenne.

Pour Oxfam, cette logique financière se fait aussi au détriment de la transition écologique. La moitié des entreprises analysées ont versé jusqu’à 32 fois plus d’argent à leurs actionnaires qu’à leurs investissements verts. Certains groupes affichent des écarts spectaculaires, comme Saint-Gobain, L’Oréal ou Deutsche Telekom. Le bilan climatique est tout aussi préoccupant. Les 100 multinationales étudiées ont généré à elles seules 10 001 millions de tonnes équivalent CO₂ en 2024, soit environ 26 % des émissions mondiales. Shell, Rio Tinto et Airbus figurent parmi les entreprises les plus émettrices.

Le rapport souligne également la persistance des inégalités de genre. Les femmes gagnent en moyenne 10,7 % de moins que les hommes et ne représentent que 10 % des postes de direction les plus élevés. Dans les conseils d’administration, elles occupent moins de 40 % des sièges.

Ces constats interviennent alors que l’Union européenne engage une simplification de certaines règles de reporting et de vigilance des entreprises. Oxfam estime au contraire que le recul des exigences sociales et environnementales risque d’accroître encore le pouvoir des grandes multinationales. Face à cette situation, l’ONG appelle à plafonner les dividendes, limiter les écarts de rémunération entre dirigeants et salariés, renforcer la représentation des travailleurs et accélérer les investissements dans la transition écologique.

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