Pour Gautier Chapuis, adjoint à la Ville de Lyon, en charge du climat, de l'adaptation de la ville et des patrimoines municipaux, rénover le patrimoine bâti de la Ville, c’est prendre soin de ses habitants et de l’avenir.
« Le patrimoine bâti de la Ville de Lyon, c’est le socle du service public du quotidien des Lyonnais et des Lyonnaises. Avec des centaines d’écoles, des crèches, gymnases, mairies arrondissement, espaces culturels, logements… ces 1 200 ensembles immobiliers nous obligent sur les enjeux majeurs de transition écologique. D’abord, l’atténuation du réchauffement climatique, avec un patrimoine peu consommateur en énergie et en carbone. Cette étape clé est mise en œuvre grâce à des rénovations exemplaires. Ainsi qu’à un travail sur les usages : ces bâtiments doivent pouvoir fonctionner dans un confort thermique d’hiver et d’été acceptable pour tous et toutes. On parle alors d’adaptation. Prendre soin de ces ensembles, c’est améliorer le service rendu aux habitants et aux habitantes, prolonger la durée de vie du patrimoine municipal et réduire son impact environnemental.
La Ville travaille au quotidien sur ces axes via sa Stratégie de Transition Écologique du Patrimoine (STEP). Adoptée en 2024, elle vise à réduire de 25 % la consommation énergétique des 350 bâtiments municipaux les plus énergivores d’ici 2030. Et de 50 % d’ici 2050. Cette stratégie s’inscrit à la fois dans le Plan climat de la Ville et dans le Programme européen des 100 villes européennes climatiquement neutres dès 2030, auquel nous participons. Notre objectif : consommer moins et mieux. C’est-à-dire que, dès que nous le pouvons, nous travaillons à la rénovation énergétique globale des bâtiments, à leur efficacité énergétique, leur sobriété et au développement des énergies renouvelables.
25 % de réduction de consommation énergétique
Outre ces grands chantiers – 28 de plus d’un million d’euros chacun cet été - d’autres d’actions plus modestes mais néanmoins efficaces sont généralisées : l’éclairage Led, l’optimisation des chauffages, le raccordement au réseau de chaleur urbain, l’installation de panneaux solaires, de brasseurs d’air… Toutes ces actions ont représenté 680 millions d’euros d’investissement sur le mandat précédent. Un tiers des écoles ont ainsi été rénovées ; un nouveau tiers devrait l’être sur cette mandature.
Résultats de cette politique : depuis 2019, nous avons réduit la consommation énergétique de la Ville de 25 %. Nous n’avons cependant pas diminué notre facture pour autant, à cause de l’augmentation des coûts de l’énergie. Imaginez si nous n’avions pas été aussi ambitieux ! Réduire sa consommation aujourd’hui, c’est certes un enjeu d’atténuation du réchauffement climatique, mais aussi un enjeu de maîtrise des coûts et de souveraineté.
Le poids du collectif
Il nous faut également travailler à l’échelle du territoire pour obtenir un véritable impact. Car les émissions de gaz à effet de serre des équipements municipaux représentent seulement 5% du total des émissions du territoire lyonnais. C’est pour cette raison que nous nous sommes réunis dans l’Agora Lyon 2030. Avec 170 partenaires issus d’entreprises, de clubs sportifs, d’associations, d’écoles et de collectifs d’habitants, entre autres, nous échangeons, formons et signons des conventions d’engagement. Celles-ci permettent d’engager l’action et d’obtenir des résultats en termes d’atténuation et d’adaptation, afin d’atteindre la neutralité carbone le plus tôt possible et de rendre notre ville vivable face aux épisodes de canicules et de fortes chaleurs.
Grâce à ce travail collectif, nous avons déjà atteint sur le premier mandat, et espérons dépasser, les objectifs de neutralité carbone de l’Accord de Paris. Chaque 10e de degrés gagné est une victoire sur habitabilité de notre ville et de la planète. Malgré le réchauffement climatique, Lyon doit rester une ville désirable pour l’ensemble de ses habitants et habitantes. »
