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[LUTTE] Montpellier : une ZAD en rade

Créé le : 22/10/2020
© Facebook de MER Montpellier

© Facebook de MER Montpellier

La Maison de l’Ecologie et des Résistances (MER), située au nord de Montpellier, a été évacuée très tôt ce 22 octobre par les forces de l’ordre. Cette maison, transformée en ZAD, était occupée depuis le 6 octobre par plusieurs associations écologistes, dont Greenpeace et Extinction Rebellion, en signe de protestation au projet de contournement autoroutier du nord de Montpellier. Les gendarmes, venus en nombre, ont procédé à une intervention jugée « musclée et illégale » par les militants. Plusieurs d’entre eux ont été arrêtés. La maison a été détruite dans la foulée à coups de tractopelles par la gendarmerie.

Bure, le contre-coup de Notre-Dame-des-Landes

Créé le : 23/02/2018
Crédit : Bure Stop

La joie n'aura été que de courte durée. Quelques semaines seulement après la décision du gouvernement d'abandonner le projet de Notre-Dame-Des-Landes, ce dernier a décidé d'évacuer la zone occupée du Bois-Lejuc, à Bure (Meuse), site prévu pour le projet d'enfouissement des déchets nucléaires de CIGEO/BURE. La police a fait usage de la force avant que la préfecture ordonne de détruire les cabanes des zadistes à l'aide de bulldozers. Une attitude autoritaire qui montre clairement la volonté du pouvoir exécutif de ne pas voir Bure devenir un nouveau NDDL. 

Associations environnementales et représentants du camp écologiste n'ont pas manqué de montrer leur soutien aux opposants, dénonçant une absence de concertation de la part du gouvernement.

Michèle Rivasi, a députée européenne Europe Ecologie Les Verts (EELV) a ainsi indiqué hier dans un communiqué :

« Je soutiens les citoyens français qui se mobilisent et occupent le site pour que ce projet ne voit jamais le jour ! C'est le nucléaire qui est hors la loi, il ne respecte pas la loi sur la transition énergétique votée par l'assemblée nationale en 2015 et il ne répond pas aux objectifs européens sur le développement des énergies renouvelables. »

Michèle Rivasi, bonne connaisseuse du dossier nucléaire a apporté des comparaisons avec des expériences étrangères en matière d'enfouissement de déchets radioactifs :

« Il n'y a aucune transparence, ni débat sur la gestion des déchets et si on prend du recul sur les exemples à l'étranger, on observe qu'aucun site d'enfouissement en profondeur n'est fiable.  L'expérience la plus similaire à celle de CIGÉO, WIPP, aux États-Unis, a rapidement montré les limites d'un tel choix : deux incendies successifs en sous-sol ont provoqué la contamination en surface de 21 ouvriers. Du Plutonium et de l'Américium se sont échappés à des kilomètres et ont contaminé toute l'installation souterraine. A Asse en Allemagne, les fûts baignent dans l'eau. Même en Suède, la justice a donné un avis défavorable au projet d'enfouissement dans le granite.

France Nature Environnement a, de son côté, déplore l’absence de dialogue sur le sujet :

« Aujourd'hui à Bure, une envie profonde de dialogue, ainsi que l'espoir d'une gouvernance enfin renouvelée, ont été violemment attaqués par les manœuvres d'un Gouvernement qui vient de compromettre la possibilité d'avoir ce vendredi 23 à Bar-le-Duc un échange apaisé et tourné vers les alternatives à l'enfouissement avec les opposants à CIGEO. »

La fédération d'associations de défense de l'environnement en a aussi appelé au Président de la République :

« afin que ne se reproduise pas un drame tel que celui de Sivens ».

L'évacuation du site a, par ailleurs, fait réagir le Syndicat des avocats de France pour qui l'intervention n'est pas conforme au droit :

« Cette stratégie délibérée d'agir par surprise pour éviter l'office du juge est contraire au droit au procès équitable. Elle a déjà été utilisée à Sivens, et déclarée illégale dans un arrêt du 18 avril 2014 de la cour d'appel de Toulouse, comme étant contraire à l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'Homme. Les leçons des erreurs commises à Notre-Dame-des-Landes et Sivens n'ont pas été tirées. Une procédure en rétractation de ladite ordonnance sera déposée dans les prochaines heures au TGI de Bar-le-Duc »

 

 

 

Festival NDDL2016 : « Œuvrer en commun pour un idéal de démocratie »

Créé le : 08/07/2016
Crédit Photo : Magali Chouvion

Conférences, débats, mais aussi concerts et soirées festives, c'est le programme du traditionnel festival de Notre-Dame-Des-Landes, dont la première édition date de 2013. Les 9 et 10 juillet, les opposant-e-s au projet d'aéroport se rassemblent pour échanger sur le thème de la démocratie, et témoigner d'une opposition continue après la consultation du 26 juin.

 

« Le week-end sur la Zone à Défendre, c'est un espace convivial où on lutte par l'occupation des lieux. Mais c'est aussi l'occasion de tester de nouvelles formes de démocraties. On sent l'urgence après le Oui lors de la consultation, le gouvernement a la pression », explique Chloé, membre du mouvement Jeunes Écologistes, qui se rend pour la première fois au festival NDDL cette année.

La richesse du festival de Notre-Dame-Des-Landes, c'est la diversité des gens qui s'y déplacent. Venant de toute la France, parfois même du reste de l'Europe on retrouve des militant-e-s des luttes sociales et environnementales, des collectifs opposés à d'autres GPII [Grands Projets Inutiles et Imposés] comme Sivens ou Bure, des représentant-e-s de partis politiques et élu-e-s, mais aussi des agriculteurs/trices ou des associations ! De quoi alimenter et enrichir les discussions.

Pour Rémi Lung, ex-directeur de campagne des écologistes lors des régionales 2015 en Pays de la Loire, « ce rassemblement, c'est l'occasion de se compter, de montrer qu'on n'abandonne pas la lutte. L'enjeu ce week-end, c'est aussi de faire savoir qu'on sera mobilisé en cas de tentative d'évacuation à l'automne ».

En effet, explique Rémi Lung, les opposant-e-s redoutent les prochaines décisions du gouvernement : « Valls et Hollande, avec l'aide des médias dominants, tentent de délégitimer la lutte sociale en se focalisant par exemple sur les casseurs. Cela vise à rendre plus acceptables d'éventuelles évacuations, donc oui, on craint le passage en force. Les procédures pourraient être lancées à la rentrée, une période peu propice à la mobilisation mais on reste vigilant, toujours solidaire avec les habitant-e-s et les occupant-e-s de la zone, notamment les onze familles désormais menacées d'expulsion. »

 

« Semailles de Démocratie »

Ces craintes, ainsi que le goût amer laissé par la consultation du 26 juin mènent à un choix de sujet engagé pour ce rassemblement : « Semailles de Démocratie ».

La consultation, considérée comme un ersatz de démocratie par certain-e-s militant-e-s à la fois à cause d'une information jugée incomplète (pas de précisions sur le coût lié au réaménagement de l'aéroport Nantes Atlantique, ni quant à la desserte du nouvel aéroport) et d'une délimitation géographique qui fait débat (jugée trop restreinte et ressentie comme un choix politicien destiné à garantir la victoire du Oui), relance les questionnements quant aux enjeux de la démocratie participative.

« La crise démocratique est particulièrement bien symbolisée par ces projets démesurés, commence Rémi Lung, Il est primordial de repenser notre démocratie. Cela a d'ailleurs toujours été au cœur de la lutte contre les Grands Projets Inutiles et Imposés : il y a un conflit permanent autour de leur légitimité et même de leur légalité. Sivens en est le parfait exemple, puisque le projet vient tout juste d'être reconnu illégal deux ans après le début de l'occupation et un an et demi après la mort de Rémi Fraisse. La démocratie, ce n'est pas uniquement des institutions et des élections, c'est un idéal pour lequel nous décidons d’œuvrer en commun. Et pour reprendre l'idée de Françoise Verchère [NDLR : co-présidente du CéDpa, Collectif d'élus Doutant de la pertinence de l'aéroport NDDL], la recherche de la vérité, le refus de la destruction irréversible, le respect du vivant sont des valeurs démocratiques qui légitiment bien plus notre lutte que tout vernis électoral autour d'un projet environnementalement et socialement destructeur et économiquement absurde. »

Amaëlle Olivier
 


Plus d'infos
www.notredamedeslandes2016.org/

www.jeunes-ecologistes.org/
 

Ronan Dantec : "Pour NDDL, il y a un compromis à trouver"

Créé le : 27/06/2016
La ZAD de NDDL - Crédit Photo : Magali Chouvion

Le 26 juin, la consultation sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes s'est close sur une victoire du « oui » à 55,17 % avec 51,08 % de participation. Une consultation nationale en ligne avait elle récolté 98% de « non » sur près de 90 000 votants, et un récent sondage Opinion Way pour France Nature Environnement déclarait 60% de français défavorables au nouvel aéroport. Ronan Dantec, sénateur écologiste de la Loire-Atlantique, nous a donné son interprétation des résultats du vote du weekend dernier.

 

 

Le oui au nouvel aéroport l'emporte sans ambiguïté, mais les communes les plus concernées ont voté non au projet d'aéroport... Qu'est-ce que cela révèle, selon vous ?

 

On constate, et ce malgré le oui significatif, que les deux communes les plus concernées par le projet, c'est-à-dire celle de l'actuel aéroport Nantes Atlantique et le territoire de Notre-Dame-Des-Landes ne sont pas favorable au nouvel aéroport. Cette consultation révèle donc la photographie étonnante d'un projet qui n'est pas désiré par les plus impactés. Ce qui fait basculer le oui, c'est un vote politique des territoires de droite et notamment des territoires en souffrance du nord du département qui voient dans le projet une aubaine économique. Les résultats doivent donc être observés avec attention, on ne peut pas parler d'un oui massif et homogène, ce n'est pas le cas. Nous avons affaire à une consultation biaisée, à la fois de part le choix du périmètre mais aussi le manque d'informations : le coût réel du réaménagement de l'aéroport de Nantes Atlantiques n'étant pas connu. La consultation de ce week-end n'est pas à prendre comme autre chose qu'une simple consultation : elle ne règle pas le problème et ne démobilise pas les opposants.

 

Et maintenant, que va-t-il se passer concrètement quant au projet de Notre-Dame-Des-Landes ?

 

Il faut maintenant respecter les recours juridiques. Il n'y a toujours pas eu de réponse quant au contentieux européen ni quant à la loi sur l'eau. Il reste de même la question du projet en lui-même : il a été demandé un projet plus réduit, cette option est à explorer pour trouver un compromis environnemental. Pour cela, il faudra examiner le rapport qui a été remis à Ségolène Royal.

 

 

Vous dites que le résultat ne démobilise pas les opposants, que reste-t-il alors comme moyens d'action après la consultation ?

 

Il reste l'action politique, il s'agit de ramener ce projet sur le terrain politique. C'est la mobilisation à droite qui a permis le succès. On voit que le débat divise profondément la gauche. C'est désormais dans les urnes qu'il reste à s'exprimer, puisque c'est le terrain central de la démocratie. Je ne remets pas en cause le résultat, plus de la moitié de la population s'est déplacé. Cela montre tout de même que le projet reste très clivant. Il y a une solution à trouver pour arriver à un compromis et c'est notre responsabilité à tous.

Amaëlle OLIVIER

Plus d'infos :

Pour le Projet d'aéroport : www.desailespourlouest.fr/

Collectif d'élus Doutant de la pertinence de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

nddl-debatpublic.fr/

NDDL : des expulsions qui annonceraient le pire

Créé le : 11/01/2016

Par France Nature EnvironnementBretagne VivanteLPOMayenne Nature EnvironnementSOS Loire Vivante 

Le jugement portant sur les arrêtés d’expulsion des occupants du site de Notre Dame des Landes devrait être rendu le 13 janvier. Aussi des expulsions pourraient intervenir dès le 14. La manifestation pacifique du samedi 9 janvier, que nous soutenons, tient à dénoncer tant la méthode que le projet de nouvel aéroport lui-même.

Un projet déloyal et illégal

Le 12 décembre 2015, François Hollande déclarait au Bourget que « la France mettra tout en œuvre non seulement pour appliquer l’Accord » de la COP 21, « mais pour accélérer le mouvement ». Moins d’un mois plus tard, c’est à une accélération totalement contradictoire avec cette déclaration que l’on assiste : celle de la réalisation annoncée de l’aéroport nuisible et inutile de Notre-Dame-des-Landes, qui alourdira le bilan carbone de la France ainsi que les impôts locaux des habitants du Grand Ouest pour de nombreuses années.

Le démarrage des travaux de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes serait, par ailleurs, contradictoire avec l’engagement du Président de la République d’attendre l’épuisement des recours que nous avons lancés devant la Justice contre le projet : le résultat des appels formulés est toujours attendu. Il serait également illégal puisque plusieurs autorisations de destruction d’espèces protégées sont toujours manquantes.

Un projet ruineux

Nous rappelons qu’en plus de présenter un bilan environnemental catastrophique (eau, biodiversité, carbone…), ce nouvel aéroport n’apporterait strictement rien à l’économie, au contraire même  : payé en grande partie par les impôts de chaque citoyen pour un coût nettement supérieur à celui d’un réaménagement de l’aéroport actuel, il comportera une aérogare plus petite que ce dernier, pour faire plus de place aux espaces commerciaux… alors même que le principal argument des soutiens au projet est la saturation de l’aéroport actuel ! De plus, il nécessiterait la construction d’infrastructures d’accès particulièrement coûteuses (pont sur la Loire, nouvelles routes et voies ferrées).

« L’accord de Paris oblige la France à abandonner les réflexes d’aménagement et de mobilité des années 70 et à adopter enfin des politiques fondées sur une analyse sincère des besoins et sur l’optimisation des infrastructures existantes » estime Denez L’Hostis, Président de FNE. « La réalisation du projet de Notre-Dame-des-Landes marquerait l’obstination de la France à ne pas s’engager dans le XXIe siècle, le passé n’est pas un avenir souhaitable ».

Pour mieux comprendre la mobilisation contre ce projet d'aéroport, lire ici le résumé des 8 choses à savoir sur Notre-Dame-des-Landes.

Plus d'infos :

www.fne.asso.fr

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