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[ENVIRONNEMENT] Les lobbies, du local au global

Créé le : 06/11/2019
Salle comble pour la table ronde consacrée aux lobbies de l'environnement (crédit : Magali Chouvin / Sans Transition).

Oui, l’environnement aussi a ses lobbies, souvent portés par le soutien des citoyens dans les territoires. Un sujet brûlant, décortiqué mardi 5 novembre lors d’une table-ronde organisée par Sans Transition ! et le Salon de l’écologie à Montpellier. Salle comble : plus d’une centaine de personnes étaient réunies pour échanger avec les spécialistes du sujet qui ont répondu à l’appel : Frédéric Le Manach, directeur scientifique de l’association Bloom ; Édouard Bouin, administrateur du Pacte finance-climat ; et Benoît Prévost, chercheur en économie à l’Université de Montpellier. Retour sur les temps forts de cette soirée.

À Bruxelles, environ 12 000 lobbyistes déclarent exercer des activités à la Commission et au Parlement Européen d’après le registre commun de transparence. Seulement un quart d’entre eux sont des ONG. Frédéric Le Manach le rappelle : « Il existe deux types de lobbying : celui d’intérêt privé, et celui d’intérêt commun. C’est là où se placent les associations environnementales. » Chez Bloom par exemple, on cherche à faire bouger les lignes du monde de la pêche, à l’image de la bataille gagnée sur la pêche profonde contre Intermarché. 

Les lobbies jouent également sur le terrain de la finance, comme le détaille Édouard Bouin : « Avec le Pacte finance-climat, nous avons fait du lobbying, du plaidoyer. Quasiment toutes les listes ont repris nos idées aux dernières élections européennes : le milieu de la finance s’interroge désormais. Les banques travaillent sur la finance verte, elles savent que les aléas climatiques vont coûter des fortunes. »

L'information comme bien commun

Pourtant, dans une société où les intérêts économiques sont prédominants, l’ombre du greenwashing plane sur cette « verdisation » de l’économie. « La première bataille à mener est celle de l’information comme bien commun », explique Benoît Prévost. Et la transparence n’est pas la réponse, elle n’est qu’un outil. Pour le chercheur, l’interpénétration du monde industriel et scientifique dans la politique est une véritable catastrophe. L’association Bloom tente elle de lutter pour une information fiable en employant des chercheurs et en disséminant l’information.

Tous s’accordaient hier sur le rôle fondamental des citoyens pour changer les décisions au sein de l’Union Européenne. Et quoi de mieux que l’accès à l’information pour faire réagir ? Frédéric Le Manach l’observe : « Lorsqu’ils sont sensibilisés à un sujet, les citoyens peuvent adhérer à nos actions. Et avoir l’adhésion du public, c’est un rouleau compresseur à Bruxelles. » Si le lobby se joue dans les hautes sphères politiques, les actions locales sont donc elles aussi fondamentales ! Clothilde Ollier, candidate EELV pour les élections municipales à Montpellier, en témoigne également : « Le poids des associations et des militants est important, les politiques en ont besoin, cela nous porte. » La lutte pour l’environnement se jouera du local au global.

Sans Transition ! remercie ses partenaires : le Salon de l'écologie, la Fondation Macif, Biocoop, Oyas environnement, RCF et l’Université de Montpellier.

Retrouvez très bientôt l'intégralité de la soirée en podcast sur le site de la radio RCF.

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