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Un débat « mouvant» pour parler de journalisme alternatif à Aix-en-Provence

Créé le : 11/06/2018
Le parc de Saint-Mitre accueillait les Rencontres Déconnomiques- crédit Célia Pousset

Une drôle d’Assemblée citoyenne s’est tenue samedi 9 juin, à Aix-en-Provence, pour débattre de l’avenir des médias indépendants.  Organisé par le collectif Médias Citoyens Paca, un débat ludique a pris place dans le cadre des Rencontres Déconnomiques, contrepied au Cercle des économistes libéraux. Sans Transition a pris part à la discussion !

Sous les muriers du parc Saint-Mitre à Aix-en-Provence, samedi 9 juin, des personnes se sont réunies en demi-cercle. Parmi elles, des « citoyens », journalistes, étudiants, retraités, syndicalistes ou encore des artisans. Comme toujours dans une telle configuration, certains se sont placés à gauche de l’assemblée quand d’autres se sont positionnés à droite. Mais ici, aux Rencontres Déconnomiques, en vérité tout le monde est politiquement de gauche. Le débat qui nous oppose, proposé par le collectif Médias Citoyens PACA qui rassemble les acteurs du journalisme alternatif régional, s’intitule : « Une autre information est possible… mais ce n’est pas facile ! » Alors, il faut choisir : l’optimisme ou le pessimisme.

Sébastien Boistel, journaliste au mensuel satirique Le Ravi, et co-animateur du débat, annonce la couleur. D’un ton désabusé il présente la journée : « une satanée mission pour parler de ces médias qui espèrent simplement ne pas mourir tout de suite. » Faire vivre, ou faire survivre, des titres indépendants par-delà leurs difficultés financières est un combat. Sur place, des représentants d’un journalisme « pas pareil » comme l’Age de faire ou de 15-38 Méditerranée en savent quelque chose…

 

Un « débat mouvant » participatif

Avant de commencer la discussion, nous mettons les chaises en arrière et, debout, chaque participant se présente. Il nous faut évoquer également notre pire ou meilleur souvenir lié aux médias. La longue liste des calamités commence : l’invasion de la pub, le traitement médiatique de la ZAD, la télé en continu, l’attentat à Charlie Hebdo, la stratégie du choc émotionnel… Malgré tout, quelques notes positives se glissent, comme cette dame qui remercie « Nicole Ferroni, Guillaume Meurice, tous ces humoristes qui font réfléchir ». Celle qui se présente comme « Nicole F » est d’ailleurs présente parmi les optimistes !

Puis le match débute, avec une balle de tennis que l’on s’envoie pour argumenter et contre-argumenter. Dans l’assemblée, chacun peut décider de changer de bord au cours du « débat mouvant ». J’hésite, je me croyais optimiste mais je rejoins les « plutôt pessimistes ». Car la question n’est pas de savoir s’il est facile de créer un « média libre », mais celle de savoir comment il peut perdurer. De ce jeu de balle dans un parc ensoleillé, ressortent d’importants enjeux. Les avis divergent, les radicalités politiques s'expriment mais, en fin de compte, si nous sommes présents à cette rencontre c’est que nous croyons aux alternatives. Pas naïfs, certes, mais surtout pas désespérés : une autre information est bien possible !


 

« Les Français disent NON à l’aéroport NDDL »

Créé le : 23/06/2016

Interrogée par OpinionWay à la demande de France Nature Environnement, une majorité de Français (60%) se déclarent défavorables à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Dans le détail, « toutes tranches d’âges confondues, 29% sont tout à fait opposés alors que seulement 11% y sont tout à fait favorables ». FNE a ainsi souhaité poser à l’ensemble des Français la question à laquelle devront répondre les habitants du département de Loire-Atlantique dimanche prochain. Tribune à France Nature Environnement. 

« Si nous avons posé la question à l’échelle nationale, c’est parce que nous nous apprêtons à détruire une partie de notre patrimoine naturel commun et les services gratuits qu’il nous rend. C’est aussi parce que ce projet implique des investissements publics. Enfin, rappelons que l’engagement de la France à la cop21 pour lutter contre le réchauffement climatique n’est pas compatible avec une priorité donnée au transport aérien.

Un mauvais outil pour dépasser les postures

Quoi qu’il en soit, si le référendum, qui est en fait une simple consultation, consiste à opposer une population à une autre, il ne peut pas être le bon outil de sortie de crise. Seule une remise à plat du projet, associant toutes les parties, pourra permettre de construire un réel projet de territoire qui satisfera aux besoins régionaux (limitation du bruit aéroportuaire, préservation de la zone humide et des activités agricoles…). Ce projet de territoire permettrait de dépasser les postures et les clivages.

Priorité à des investissements d’avenir

Si 60% des Français sont convaincus qu’il ne faut pas construire cet aéroport, c’est sans doute parce qu’ils ont compris que c’était un projet nuisible parce qu’il va coûter très cher, parce qu’il va détruire un patrimoine exceptionnel et parce qu’une alternative reposant sur la modernisation de l’aéroport de Nantes Atlantique existe. A travers ce sondage, les Français expriment le besoin de voir l’Etat mettre la priorité sur les transports du quotidien pour mieux répondre aux préoccupations « ordinaires » : plus de gares, plus de trains, plus de tramways, plus de bus (propres), plus de circulation douce. Voilà ce à quoi semblent aspirer les Français du 21^e siècle plutôt que d’offrir à d’hypothétiques voyageurs américains la possibilité d’éviter un passage par Paris.

Denez L’Hostis, président de FNE : « Ce sondage témoigne du bon sens des Français qui ont compris qu’un aéroport conçu il y a 50 ans pour accueillir le concorde puisse ne pas répondre aux besoins contemporains d’une France qui doit se tourner vers une mobilité durable, décarbonée, la moins polluante possible et répondant à nos besoins quotidiens en matière de déplacement (majoritairement le déplacement domicile-travail). Il est plus que temps que la France remette à plat l’ensemble de sa politique de transport et de mobilité en faisant enfin la part belle aux transports en commun et aux transports fluviaux et maritimes. »

Plus d’infos :

www.civicrm.fne.asso.fr

www.fne.asso.fr 

Immersion dans les Nuits debouts d'Avignon et d'Uzès

Créé le : 11/05/2016
© Amandine Laignel

Mouvement citoyen, Nuit Debout est présent sur tous les territoires français. Depuis le 31 mars, des assemblées se forment, discutent et échangent sur les places publiques. Étudiants, syndicalistes, travailleurs, tous défendent « l’humain ». Nuit Debout ça n'est pas que les rassemblements de la place de la République à Paris. Dès ses débuts, le mouvement a aussi gagné les moyennes et petites villes de province et, bien sûr, de Provence. Sans Transition s'est rendu à Avignon et Uzès pour voir comment le débat s'y organise.

Mercredi 4 mai, 18h30. Entre deux terrasses occupées par des touristes, une vingtaine de personnes sont réunies place aux herbes, à Uzès dans le Gard. Autour d’affiches et de slogans, elles forment un cercle, debout. Voici le décor local de Nuit Debout, dans cette petite ville de quelques 8 500 habitants. L'ambiance est similaire, à Avignon, le samedi 7 mai, sur la  place du Palais des Papes. Un micro, un stand de cuisine gratuit et un espace de partage d’objets sont installés. Une quarantaine de personnes est présente. Une petite fille déambule parmi les gens assis à terre. Elle récolte de l’argent, afin de soutenir la grève de l’entreprise XPO-logistics Monteux.

 Un mouvement citoyen ?

Un volontaire prend la parole, afin de redonner les règles de Nuit Debout. A Uzès et Avignon, elle sont semblables. Il n’y a aucun leader proclamé. Le mouvement se veut « citoyen et démocratique ». Ainsi, tout le monde est invité à participer et à s’exprimer. Une personne de l’assemblée prend des notes, tandis qu’une autre veille au respect du temps de parole, attribué à ceux qui la demandent. Tous se présentent et partagent leurs idées et points de vue à tour de rôle. Place aux herbes, Jonathan explique : “avec ces règles, on essaie d’encadrer un peu le débat, même si on laisse la parole la plus libre possible”. Les autres écoutent, approuvent ou non par le biais de gestes silencieux. Les décisions doivent être acceptées et votées par deux tiers de l’assemblée, au minimum. Par exemple, partout en France, Nuit Debout lance un projet de réécriture de la Constitution. Avignon doit-elle y participer ? La décision est validée aux deux tiers.

Des personnes d’horizons distincts

Dans ces assemblées de rue, les personnes viennent d’horizons différents : des jeunes, des étudiants, des travailleurs, des personnes âgées, des syndicalistes, des représentants du monde associatif. A Uzès, Jonathan est intermittent du spectacle. Il se présente comme militant et écologiste : ”Nuit Debout est un réel partage de connaissances.” Malochante, 89 ans,  vient quelques fois : “je me suis toujours battue pour qu’il y ait moins d’inégalités. Nuit Debout est un peu la continuité de ce que j’ai toujours fait”.  La Nuit debout de Cité des Papes rassemble également des individus bien différents. Bruno parle au micro devant l’assemblée : “ce soir, je ne suis pas syndicaliste, je suis Bruno. Si je suis là, c’est parce qu’il est important que nos luttes convergent”.

Un combat difficile

“Les gens en ont marre, ils veulent changer la société française”, affirme Julie, étudiante, à Uzès. “J’ai de l’espoir, mais je ne peux pas garantir que Nuit Debout va changer quelque chose.” Tout au long des soirées, certains intervenants proposent des débats, des questions et des actions. La loi El Kohmri, les brutalités policières sur les manifestants, les violences sociales, la crise des migrants, le rassemblement du 18 mai sont abordés. Quelques-uns livrent un témoignage. Farida, apolitique, explique : “il faut donner le pouvoir au peuple qui va avancer vers ce qu’il y a de mieux pour lui,” comme dans une démocratie. Cependant, l’incertitude persiste sur le nombre d’individus qui vont continuer le mouvement. D’autres questionnements apparaissent au sein de ces deux villes. Où Nuit Debout doit-elle prendre place ? Comment atteindre d’autres personnes ? Comment être vu et entendu par les autres ? Comment financer les actions ? Attribuer une fonction à une personne de l’assemblée au risque de la distinguer des autres ? En Provence comme ailleurs, l'avenir de Nuit debout est suspendu à de multiples interrogations...

 

Et ailleurs ?

Toulouse : Samedi 7 mai était organisée une rencontre de plusieurs Nuit Debout en Occitanie. L’isle Jourdain, Auch, Albi, Gaillac, Figeac, Cahors, Carcassonne, Perpignan, Foix, Pamiers, Cazères, Villemur, Villefranche se sont ainsi réunis pour échanger et créer une “société plus juste”.

Montpellier : Depuis quinze jours, Nuit Debout a installé une ZAD (zone d’activité démocratique), au cœur du parc de Las Rébès. Cet espace vert est menacé par la construction de HLM. Étudiants, stagiaires et travailleurs ont répondu à l’appel à l’aide des habitants en lutte. Ils sont une trentaine à dormir sur place chaque soir, sous des tentes.


Plus d’infos :

www.facebook.com/nuit.debout.uzes/

www.facebook.com/nuitdeboutavignon/

www.wiki.nuitdebout.fr/wiki/Villes/Avignon

www.wiki.nuitdebout.fr/wiki/Villes/Uz%C3%A8s

 

 

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