AGRI et API-CULTURE : même combat !

Créé le : 22/03/2018
Les apiculteurs ont besoin des agriculteurs pour faire butiner leurs abeilles. Et les agriculteurs ont besoin des abeilles pour polliniser leurs plantes. Ici, une abeille butinant une fleur de cerisier. © Pixabay

Entre l’agriculture et l’apiculture, les tensions sont vives, sur fond de glyphosate et autres pesticides. Pourtant, ces deux activités nourricières sont interdépendantes. Et si, pour changer de modèle agricole, il fallait s’appuyer sur la défense de l’abeille ?

Par François Delotte


VERS UNE AGRICULTURE PLUS RESPECTUEUSE DE L’ABEILLE ?

Pesticides, suppressions des haies, monocultures… le modèle agricole conventionnel est largement impliqué dans la mortalité des abeilles. Pourtant, il aurait bien du mal à se passer de ces pollinisateurs. Bientôt la fin du paradoxe ?

Trois fois moins de miel en vingt ans. « Jusqu'au milieu des années 1990, la France produisait plus de 30 000 tonnes de miel par an. En 2017, la production s'élève à 10 000 tonnes », témoigne Henri Clément, apiculteur et porte-parole de l'Union Syndicale de l'apiculture française (Unaf), syndicat qui représente professionnels et amateurs de l'apiculture. Sur le marché des produits de la ruche, la France est passée rapidement d'une quasi-autosuffisance (nous consommons environs 40 000 tonnes de miel par an) à une forte dépendance à l'importation.

Au cœur de cette chute de productivité se trouve la santé de l'abeille. Car, paradoxalement, si le nombre d'apiculteurs professionnels et amateurs augmentent (50 131 en 2016 contre 41 836 en 2010, selon France AgriMer), leurs cheptels sont de plus en plus menacés. Comme le détaille Yves Le Conte, directeur de recherche à l'Inra d'Avignon, spécialiste de la biologie et de la protection de l'abeille. « Dans les années 1980-1990, on considérait que 10 % de la perte d'une colonie, au maximum, pouvait être admise chaque...

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