AtmoSud

[ POLLUTION ] Se chauffer sans polluer

Créé le : 14/01/2021
Photo : Pixabay

L'association de surveillane de la qualité de l'air AtmoSud, insiste dans un communiqué sur la nécessité d’être vigilant quant à l’utilisation du bois-énergie comme mode de chauffage.

L’hiver s’est installé depuis plusieurs jours sur l’ensemble du territoire et s’accompagne d’une baisse des températures et d’une hausse de l’utilisation du chauffage. Mais savez-vous que les appareils de chauffage au bois non performants, et plus particulièrement les foyers ouverts, dégradent la qualité de l’air ?

Si le bois est assurément une énergie renouvelable, il peut être très polluant quand il sert de combustible de chauffage dans un vieux poêle à bois ou une cheminée ouverte et est l'une des sources principales de la pollution de l'air en hiver. Il semble donc important d’insister sur la nécessité d’être vigilant quant à l’utilisation du bois-énergie comme mode de chauffage.

Le chauffage au bois, responsable des émissions de particules fines PM2.5

Le chauffage au bois émet des particules fines PM2.5. Elles sont également formées par d’autres sources de pollution telles que le trafic routier ou l’industrie. Leur diamètre est inférieur à 2.5 µm.

Plus les particules sont fines (granulométrie), plus elles pénètrent les voies respiratoires inférieures et produisent des irritations, des altérations de la fonction respiratoire dans son ensemble. Certaines particules ont des propriétés mutagènes et cancérigènes.

L’évolution mensuelle des particules fines PM2.5 met en évidence une hausse des niveaux au cours de la période hivernale, saison propice à l’accumulation des particules dans l’air.

Source : inventaire AtmoSud 2017

Se chauffer au bois et respirer un air de bonne qualité dans son logement, est-ce compatible ?

De manière générale, plus la combustion est complète, moins il y a d’émission de polluants de l’air à l’extérieur mais aussi à l’intérieur. Les émissions intérieures dépendent du rendement de l’appareil, de son entretien et de celui de la cheminée d’évacuation, du mode d’allumage, du type de bois utilisé. Selon l’INERIS, « environ 80 % des émissions polluantes ont lieu durant les 10 à 15 minutes après l’allumage de la charge ». (Synthèse des études à l’émission réalisées par l’INERIS sur la combustion du bois en foyers domestiques – Mai 2018).

Les foyers ouverts impactent fortement l’air intérieur. C’est aussi le cas des foyers fermés anciens non performants. De nos jours, les systèmes sont plus performants, en particulier ceux labélisés flamme verte. Ce label est basé sur le rendement énergétique et les émissions de monoxyde de carbone, particules fines et d’oxydes d’azote.

C’est la raison pour laquelle le Conseil Départemental 13 et l’ADEME ont souhaité remplacer les cheminées ouvertes et les appareils antérieurs à 2001 par des inserts ou cheminées fermées, poêles à bois labellisés Flamme Verte.

Zoom sur l’opération « démonstrateur chauffage au bois »

Afin d’avoir une approche quantitative et pédagogique de cet impact, AtmoSud et le CD13 ont mis en place une démarche dite « démonstrateur chauffage au bois ». Cette opération consiste en des mesures d’air intérieur dans un logement qui fait l’objet du remplacement de son foyer ouvert par un poêle à bois Flamme Verte 7 étoiles. L’objectif est de mettre en évidence les améliorations de qualité de l’air intérieur qu’apporte un système de chauffage au bois performant.

La mise en évidence des évolutions de qualité de l’air intérieur apportées par un changement de système de chauffage au bois a nécessité la mise en place de deux campagnes de mesures comparatives dans le même logement en période froide :

  • la première campagne en présence d’un système à foyer ouvert (avant travaux) du 21 novembre au 6 décembre 2019
  • la seconde campagne après la mise en place d’un insert labellisé « flamme verte 7 étoiles » du 22 janvier au 7 février 2020.

Le bois utilisé a été de la même essence. Au cours des deux périodes de test, les quantités de bois utilisées ont été renseignées afin d’évaluer les gains de bois pour un confort de chauffe identique.

Que faut-il retenir ?

La plupart des indicateurs sont passés au vert !

  • Le remplacement du foyer ouvert par un insert labélisé flamme verte 7 étoiles a permis de réduire significativement les concentrations moyennes intérieures de particules fines, de black carbon et de dioxyde d’azote mais surtout des particules ultrafines inférieures à 250 nm.
  • Cela n’a pas changé significativement les concentrations intérieures en monoxyde de carbone et a occasionné un confinement un peu plus important qu’auparavant.
  • Le confort ressenti des occupants s’est fortement amélioré et a permis une économie d’énergie significative par la réduction de deux tiers du volume de bois de chauffe utilisé et l’inutilisation des chauffages d’appoint électriques. 

Les particules fines issues de la combustion de bois peuvent avoir des risques sanitaires considérables

Comme indiqué précédemment, le chauffage au bois émet des particules fines PM2.5 qui pénètrent les voies respiratoires.

Selon l’OMS « même à faible concentration, la pollution aux petites particules a une incidence sanitaire ; en effet, on n’a identifié aucun seuil au-dessous duquel elle n’affecte en rien la santé. »

En période hivernale, il est important d’être particulièrement vigilant sur les conditions d’utilisation d’appareils de chauffage d’appoint ou de groupes électrogènes, notamment pour éviter le risque d’intoxication qui peut être mortel.   « Avec une centaine de décès en moyenne par an, le monoxyde de carbone (CO) est la première cause de mortalité accidentelle par toxique en France. Gaz incolore, inodore et sans saveur, le monoxyde de carbone est difficile à repérer. » (Source : ARS)

L’ARS dresse des recommandations comportementales et sanitaires à effectuer pour préserver sa santé :

  • Ne jamais utiliser de façon prolongée un chauffage d’appoint à combustion ;
  • Ne jamais se réchauffer avec des appareils non destinés à cet usage (réchauds de camping, fours, brasero, barbecues, etc.) ;
  • Aérer quotidiennement son habitation et ne jamais obstruer les grilles de ventilation, même par temps froid ;
  • Ne jamais utiliser de groupe électrogène dans un lieu fermé (maison, cave, garage…). Ces appareils doivent impérativement être placés à l’extérieur des bâtiments.

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[CLIMAERA ]: Quel lien entre réchauffement climatique et pollution ?

Créé le : 16/10/2020

Crédit photo : Pixabay. Les ferry qui restent allumés à quai sont une source de pollution très importante.

Par Elodie Crézé

Mardi, l’association Atmosud a tenu une conférence de presse pour déterminer le lien entre le réchauffement climatique et la pollution, sur les zones transalpines franco-italiennes. Des actions locales sont proposées afin d’infléchir la courbe de ces impacts, avec des projections pour la période 2030-2050.

 

« Les projections proposées sont optimistes, en termes de changement climatique », prévient Dominique Robin, directeur général d’Atmosud, association de surveillance de la qualité de l’air. La mission de Climaera, projet européen porté par Atmosud, est d’explorer le futur de l’air en lien avec l’évolution climatique. À cette fin, l’association a modélisé plusieurs scénarios climatiques à l’horizon 2030 dans les régions transalpines franco-italiennes. L’objectif est de déterminer les actions à mener localement pour diminuer les rejets de CO2 et gaz à effet de serre, et ainsi agir simultanément sur la pollution de l’air et le réchauffement climatique.

Pour réaliser les modélisations, 3 données ont été prises en compte : les émissions de substances polluantes (particules, gaz…) et gaz à effet de serre, les réactions chimiques dans l’atmosphère (cycle de l’ozone ou formation de particules secondaires) et enfin l’évolution météorologique de la région. Le scénario médian du GIEC (RCP 4,5) qui prévoit une stabilisation des émissions de gaz à effet de serre à la moitié des niveaux actuels à l’horizon 2080 a été retenu par Atmosud.

Urgence à agir

Et les résultats sont alarmants. La température pourrait monter de 2 à 3° C à l’horizon 2030 dans les régions transalpines franco-italiennes, notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Auvergne Rhône-Alpes, mais aussi en Ligurie, dans le Piémont et la Vallée d’Aoste. Quant aux émissions de particules fines, dès lors que le réchauffement climatique est pris en compte dans la modélisation, elles augmentent considérablement malgré les plans d’action menés pour les réduire. « Il faut donc aller plus loin », pointe Alexandre Armengaud, responsable de la coopération scientifique internationale pour Atmosud. « Il y a nécessité d’agir localement et d’investir pour réduire les émissions. »

Des actions, il y en a en effet à mener sur cette région transalpine. Comme améliorer le procédé de combustion des fours industriels, électrifier les quais à Marseille, Nice et Toulon, utiliser du gaz naturel liquéfié comme carburant, opérer une rénovation technologique des installations domestiques biomasse bois, généraliser la norme EURO VII pour les véhicules utilitaires légers diesel, etc. L’association espère ainsi parvenir à obtenir une diminution de près de 10 % des concentrations de PM10.

D’après un sondage mené par Atmosud dans la zone transalpine étudiée, plus de 80 % des sondés se disent prêts à changer leurs habitudes de vie. Mais il ressort un manque d’information général important dans la population. Pourtant il y a urgence, car, rappelle Alexandre Armengaud, « on a moins de 50 ans pour sauver la planète ».

Plus d’infos : www.climaera.eu/fr/presentation/climaera

[ QUALITE DE L'AIR ] Quel impact de la première séquence de déconfinement sur la qualité de l’air en Région Sud ?

Créé le : 02/06/2020

Pour limiter la propagation du virus COVID-19, le gouvernement a mis en place un confinement généralisé à partir du 17 mars à midi, qui a pris fin le 11 mai 2020 sur l'ensemble de la région Sud. AtmoSud livre ici l’analyse des deux premières semaines de déconfinement. Alors que l’activité reprend progressivement et que les écoles ont commencé à rouvrir, quel impact observe-t-on sur la qualité de l’air en région Sud ?

Une remontée des niveaux d’oxydes d’azote (NOx) mais qui restent inférieurs aux niveaux habituellement observés

Pendant la période de confinement, la mise en place des restrictions de sortie a généré une baisse drastique de la circulation. Depuis le déconfinement, le trafic a partiellement repris et engendre ainsi une augmentation des NOx, principaux traceurs du trafic routier. Cependant, si les concentrations des NOx ont augmenté par rapport à celles observées pendant la période de confinement, elles restent toutefois inférieures aux niveaux mesurés habituellement les années précédentes à la même période en observant toutefois des disparités territoriales. 

A proximité des grands axes routiers de la région Sud, la reprise d’activité et du trafic ont eu un impact sur les concentrations d’oxydes d’azote qui ont augmenté en moyenne de 60% à l’échelle de la région ces deux dernières semaines par rapport à la période de confinement.

Mais les concentrations observées à proximité des grands axes routiers depuis la levée du confinement restent environ 40% plus faibles qu’en période normale, en raison notamment de la reprise partielle de l’activité.

Source : AtmoSud

En milieu urbain, environnement plus éloigné des grands axes de circulation, cette tendance est moins marquée, avec :

  • Une augmentation seulement de l’ordre de 10% en oxydes d’azote par rapport à la période de confinement,
  • Des niveaux inférieurs de l’ordre de -30% par rapport à ce qui est observé à la même période les années précédentes.

Source : AtmoSud

Des concentrations de particules PM2.5 en légère augmentation et dépendantes de divers facteurs

Au début du confinement, du 17 mars au 17 avril, les particules étaient en hausse, principalement liées à la combustion du bois (chauffage au bois et brûlage de déchets verts). Elles ont par ailleurs été influencées par les conditions météorologiques, défavorables à la dispersion des polluants (peu de vent, stabilité atmosphérique, températures douces…). Depuis le 17 avril et jusqu’à la fin du confinement, les concentrations de particules ont baissé sur l’ensemble de la région Sud, notamment en lien avec une baisse de l’utilisation du chauffage résidentiel.

Depuis le 11 mai, l’on observe à nouveau une remontée des concentrations de particules, en lien avec la reprise progressive de l’activité aggravée par les phénomènes météorologiques. Les particules sont formées par les conditions printanières associant une hausse des températures, de l’ensoleillement et peu de vent. La météo actuelle, conforme à la saison, participe en effet à la hausse de particules généralement observée au mois de mai.

Les concentrations moyenne en PM2.5 observées depuis le début du déconfinement (11 mai) sur les stations de fond urbain retenues restent, malgré leur hausse, inférieures de 30 à 40% par rapport à ce qui a été respectivement été mesuré les 3 années précédentes et à la moyenne observée sur l’intégralité du confinement.

Source : AtmoSud

AtmoSud poursuit ses analyses qui seront publiées prochainement afin de confirmer, ou non, les tendances observées.

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