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[UNICEF] Journée nationale de la qualité de l'air : à l'école, laissons les enfants respirer

Créé le : 14/09/2020
UNICEF

Par UNICEF

En France, trois enfants sur quatre respirent un air pollué. A l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air, UNICEF France publie un sondage avec Harris Interactive mené auprès des parents sur leurs trajets domicile – école.

Depuis plus d’un an, UNICEF France a mis en évidence les effets graves et durables de la pollution de l’air en ville sur la santé des enfants. Dans plusieurs agglomérations très polluées, le simple fait de respirer les met en danger. Or, malgré une prise de conscience croissante de l’importance de lutter contre la pollution de l’air, encore trop peu de mesures spécifiques sont mises en place pour protéger les enfants, alors même qu’ils sont les plus vulnérables.
Après avoir appelé les pouvoirs publics, nationaux et locaux, à agir avec ambition pour mieux protéger les plus jeunes, UNICEF France donne une nouvelle impulsion à sa campagne contre la pollution de l’air, en appelant à la mise en œuvre d’une mesure simple et essentielle : les rues scolaires.
 

Pollution de l’air : une préoccupation majeure des parents

Les résultats du sondage démontrent que plus des 2/3 des parents d’enfants scolarisés se disent préoccupés par l’exposition de leur(s) enfant(s) à la pollution de l’air au sein de son établissement ou sur le chemin vers l’école. On le comprend facilement quand on sait qu’à Paris par exemple, un établissement (crèches, écoles) recevant des publics sensibles sur quatre se trouve dans une zone dépassant régulièrement les normes en vigueur pour la qualité de l’air.
En dépit de cette forte inquiétude et malgré des distances souvent courtes (moins de 2kms), la voiture reste pour 70% des parents interrogés le mode de transport privilégié pour accompagner leur(s) enfant(s) à l’école. Pourtant contrairement aux idées reçues, la voiture ne protège pas mais concentre la pollution de l’air au sein de l’habitacle. Les parents sont d’ailleurs 84% à souhaiter moins l’utiliser, et majoritairement pour moins polluer. Nombreux sont ceux qui expriment le désir de se tourner vers des modes de transport plus doux. Ils envisagent ainsi le vélo ou la marche à pied, qui permettent de prendre le temps d’aller à l’école, de partager un moment plus agréable avec son enfant et d’échanger plus facilement avec les autres parents d’élèves.
 

Les rues scolaires, une solution simple et qui peut faire la différence

Des solutions existent pour mieux partager l'espace public, en particulier avec les enfants. Déjà adoptées dans plusieurs pays européens dont la Belgique, les rues scolaires consistent en la réduction de la circulation automobile aux abords de l’école de façon temporaire, en fermant la rue aux voitures aux heures d’entrée et de sortie. Grâce à ce dispositif, le nombre de véhicules circulant et stationnant devant les écoles diminue drastiquement et donc les dangers qu’ils représentent, dont la pollution atmosphérique ¹. Le sondage mené révèle que 87% des parents sont favorables à la mise en place d’une rue scolaire autour de l’établissement scolaire de leur enfant. Les raisons principales évoquées sont l’accroissement de la sécurité et la baisse de la pollution.
 

Les maires nouvellement élus ont un rôle déterminant à jouer pour diminuer la pollution de l’air

Pour Sébastien Lyon, directeur d’UNICEF France, « Les parents, premiers concernés sont prêts à diminuer l’utilisation de la voiture sur le chemin de l’école. C’est donc maintenant aux maires d’agir. Bien qu’aujourd’hui, l’importance de lutter contre la pollution de l’air fait consensus, l’importance de protéger les enfants – et donc leurs lieux de vie – semble encore trop peu considérée. »
UNICEF France travaille étroitement avec le Réseau Action Climat France et Greenpeace France² pour encourager les maires des 12 plus grandes villes de France à mettre en œuvre les politiques locales permettant d’améliorer la qualité de l’air des villes. Les communes doivent renforcer leurs connaissances concernant l’exposition des enfants à la pollution de l’air sur leur territoire, repenser les modes de déplacement pour réduire la place de la voiture et développer des alternatives. Elles doivent accélérer les changements de comportement en matière de mobilité et prendre en compte l’exposition à la pollution de l’air dans l’aménagement de l’espace.
  • Créer des Zones à Faibles Emissions autour des établissements accueillant des publics fragiles;
  • Implanter les établissements scolaires ou les crèches à distance des axes routiers très fréquentés ou à l’écart des parkings;
  • Favoriser le « savoir rouler à vélo » dans les écoles et les déplacements collectifs en vélo ou à pied (pédibus ou vélobus)
sont autant de mesures que les conseils municipaux peuvent mettre en place pour diminuer l’exposition aux gaz et particules nocifs et protéger les enfants.
 
Face à l’urgence sanitaire que représente l’exposition de tous et en particulier des enfants à la pollution de l’air, il est grand temps de modifier nos modes de vies urbains pour rendre l’air des villes respirable.
Découvrez notre campagne sur www.unicef.fr/unairpur
 
Enquête réalisée par Harris Interactive en ligne du 24 au 31 août 2020. Échantillon de 536 parents d’enfants scolarisés de 0 à 15 ans et résident dans une agglomération d’au moins 100 000 habitants.
Campagne réalisée par l’agence Bottoms UP et le photographe Philippe Garcia
(1) La principale source de pollution atmosphérique dans nos villes est le trafic automobile, 63% des émissions d’oxyde d’azote y sont liées https://www.unicef.fr/article/en-france-3-enfants-sur-4-respirent-un-air-pollue
(2)Rapport de décembre 2019, lutte contre la pollution de l’air : ou en sont les grandes agglomérations françaises : https://www.unicef.fr/article/lutte-contre-la-pollution-de-lair-ou-en-sont-les-grandes-agglomerations-francaises-1

>> Lisez notre supplément réalisé en partenariat avec ATMO SUD dans le numéro 25 de Sans Transition! 

 

 

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