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[DOSSIER] Automobile et aviation, sauver les emplois ou sauver la planète ?

Créé le : 26/10/2020
crédit Guillaume bernard - Dérichebourgs

Photo : Les Derichebourgs protestent devant leur entreprise juin 2020. crédit : G. Bernard

Par Guillaume Bernard

La crise sanitaire a mis à l’arrêt les industries automobiles et aéronautiques françaises. À l’heure de la reprise, alors que nombre d’entreprises de ces secteurs annoncent des plans de réductions d’emploi massifs, la question de restructurer ces filières polluantes autour d’un objectif écologique se pose. Au prix de milliers d’emplois ?

 

La quantité de fumée dégagée par la moto qui frotte ses pneus contre le bitume rivalise bientôt avec celle des fumigènes jetés sous les fenêtres de leur administration. Le vrombissement du moteur, destiné à impressionner la direction, se joint aux slogans scandés par des centaines de salariés. “Non à l’APC”, “Tous ensemble, tous ensemble, grève générale”.

Nous sommes devant le siège de Derichebourg aéronautique dans la banlieue toulousaine, aux premières chaleurs du mois de juin. Après plusieurs jours d’une grève reconductible finalement peu suivie, les salariés de ce sous-traitant d’Airbus se sont rassemblés en bas du bâtiment dans lequel leur syndicat majoritaire signera bientôt un accord de performance collectif (APC). Sous prétexte de sauver 750 emplois sur 1600, il réduira considérablement leurs salaires pour une période indéterminée.

Baroud d’honneur pour les Derichebourgs, cette journée ouvre une longue séquence de suppressions de postes pour la filière aéronautique. Quelques semaines plus tard, Airbus en annonce ainsi 15 000 dont 5000 en France pour un effectif total de 135 000...

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