pollution de l'air

[UNICEF] Journée nationale de la qualité de l'air : à l'école, laissons les enfants respirer

Créé le : 14/09/2020
UNICEF

Par UNICEF

En France, trois enfants sur quatre respirent un air pollué. A l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air, UNICEF France publie un sondage avec Harris Interactive mené auprès des parents sur leurs trajets domicile – école.

Depuis plus d’un an, UNICEF France a mis en évidence les effets graves et durables de la pollution de l’air en ville sur la santé des enfants. Dans plusieurs agglomérations très polluées, le simple fait de respirer les met en danger. Or, malgré une prise de conscience croissante de l’importance de lutter contre la pollution de l’air, encore trop peu de mesures spécifiques sont mises en place pour protéger les enfants, alors même qu’ils sont les plus vulnérables.
Après avoir appelé les pouvoirs publics, nationaux et locaux, à agir avec ambition pour mieux protéger les plus jeunes, UNICEF France donne une nouvelle impulsion à sa campagne contre la pollution de l’air, en appelant à la mise en œuvre d’une mesure simple et essentielle : les rues scolaires.
 

Pollution de l’air : une préoccupation majeure des parents

Les résultats du sondage démontrent que plus des 2/3 des parents d’enfants scolarisés se disent préoccupés par l’exposition de leur(s) enfant(s) à la pollution de l’air au sein de son établissement ou sur le chemin vers l’école. On le comprend facilement quand on sait qu’à Paris par exemple, un établissement (crèches, écoles) recevant des publics sensibles sur quatre se trouve dans une zone dépassant régulièrement les normes en vigueur pour la qualité de l’air.
En dépit de cette forte inquiétude et malgré des distances souvent courtes (moins de 2kms), la voiture reste pour 70% des parents interrogés le mode de transport privilégié pour accompagner leur(s) enfant(s) à l’école. Pourtant contrairement aux idées reçues, la voiture ne protège pas mais concentre la pollution de l’air au sein de l’habitacle. Les parents sont d’ailleurs 84% à souhaiter moins l’utiliser, et majoritairement pour moins polluer. Nombreux sont ceux qui expriment le désir de se tourner vers des modes de transport plus doux. Ils envisagent ainsi le vélo ou la marche à pied, qui permettent de prendre le temps d’aller à l’école, de partager un moment plus agréable avec son enfant et d’échanger plus facilement avec les autres parents d’élèves.
 

Les rues scolaires, une solution simple et qui peut faire la différence

Des solutions existent pour mieux partager l'espace public, en particulier avec les enfants. Déjà adoptées dans plusieurs pays européens dont la Belgique, les rues scolaires consistent en la réduction de la circulation automobile aux abords de l’école de façon temporaire, en fermant la rue aux voitures aux heures d’entrée et de sortie. Grâce à ce dispositif, le nombre de véhicules circulant et stationnant devant les écoles diminue drastiquement et donc les dangers qu’ils représentent, dont la pollution atmosphérique ¹. Le sondage mené révèle que 87% des parents sont favorables à la mise en place d’une rue scolaire autour de l’établissement scolaire de leur enfant. Les raisons principales évoquées sont l’accroissement de la sécurité et la baisse de la pollution.
 

Les maires nouvellement élus ont un rôle déterminant à jouer pour diminuer la pollution de l’air

Pour Sébastien Lyon, directeur d’UNICEF France, « Les parents, premiers concernés sont prêts à diminuer l’utilisation de la voiture sur le chemin de l’école. C’est donc maintenant aux maires d’agir. Bien qu’aujourd’hui, l’importance de lutter contre la pollution de l’air fait consensus, l’importance de protéger les enfants – et donc leurs lieux de vie – semble encore trop peu considérée. »
UNICEF France travaille étroitement avec le Réseau Action Climat France et Greenpeace France² pour encourager les maires des 12 plus grandes villes de France à mettre en œuvre les politiques locales permettant d’améliorer la qualité de l’air des villes. Les communes doivent renforcer leurs connaissances concernant l’exposition des enfants à la pollution de l’air sur leur territoire, repenser les modes de déplacement pour réduire la place de la voiture et développer des alternatives. Elles doivent accélérer les changements de comportement en matière de mobilité et prendre en compte l’exposition à la pollution de l’air dans l’aménagement de l’espace.
  • Créer des Zones à Faibles Emissions autour des établissements accueillant des publics fragiles;
  • Implanter les établissements scolaires ou les crèches à distance des axes routiers très fréquentés ou à l’écart des parkings;
  • Favoriser le « savoir rouler à vélo » dans les écoles et les déplacements collectifs en vélo ou à pied (pédibus ou vélobus)
sont autant de mesures que les conseils municipaux peuvent mettre en place pour diminuer l’exposition aux gaz et particules nocifs et protéger les enfants.
 
Face à l’urgence sanitaire que représente l’exposition de tous et en particulier des enfants à la pollution de l’air, il est grand temps de modifier nos modes de vies urbains pour rendre l’air des villes respirable.
Découvrez notre campagne sur www.unicef.fr/unairpur
 
Enquête réalisée par Harris Interactive en ligne du 24 au 31 août 2020. Échantillon de 536 parents d’enfants scolarisés de 0 à 15 ans et résident dans une agglomération d’au moins 100 000 habitants.
Campagne réalisée par l’agence Bottoms UP et le photographe Philippe Garcia
(1) La principale source de pollution atmosphérique dans nos villes est le trafic automobile, 63% des émissions d’oxyde d’azote y sont liées https://www.unicef.fr/article/en-france-3-enfants-sur-4-respirent-un-air-pollue
(2)Rapport de décembre 2019, lutte contre la pollution de l’air : ou en sont les grandes agglomérations françaises : https://www.unicef.fr/article/lutte-contre-la-pollution-de-lair-ou-en-sont-les-grandes-agglomerations-francaises-1

>> Lisez notre supplément réalisé en partenariat avec ATMO SUD dans le numéro 25 de Sans Transition! 

 

 

[QUALITÉ DE L'AIR] Un mois après, bilan du confinement sur la qualité de l’air

Créé le : 29/06/2020
Bilan qualité de l'air en Provence après confinement. Image : Pixabey

Afin de limiter la propagation du virus COVID-19, le gouvernement a mis en place des mesures de confinement sur le territoire français du 17 mars au 11 mai 2020. AtmoSud dresse un état des lieux pour mieux appréhender l’impact de cette mesure sur l’évolution de la qualité de l’air en Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Baisse inédite de la pollution liée au trafic routier pendant le confinement

Sur la période du 18 mars au 10 mai, le confinement et les restrictions de sorties ont engendré une baisse remarquable du trafic automobile. Les concentrations en oxydes d’azote, traceurs du trafic routier, ont baissé dès le début du confinement : environ 60% pour les stations « trafic » et 50% pour les stations « fond urbain », par rapport aux concentrations généralement observées les années précédentes à la même période.

Un retour progressif après le confinement

Du 11 mai au 7 juin, les concentrations d’oxydes d’azote ont augmenté, par rapport à la période de confinement, en moyenne de plus de 60% sur les stations « trafic » et d’environ 10% sur les stations « fond urbain ».

Cependant, malgré cette augmentation, les niveaux observés « après confinement » sont toujours globalement de près de 35% inférieurs à ceux observés les années précédentes.

Plusieurs éléments peuvent expliquer ces niveaux globalement plus faibles :

  • Toutes les activités n’ont pas encore complètement repris (retour progressif à l’école pour les enfants dans un premier temps sur le volontariat, réouverture plus tardive des bars, restaurants, prolongation du télétravail dans certaines entreprises …) malgré la fin « officielle » du confinement.
  • Certaines conditions météorologiques sont favorables à la dispersion des polluants : la première semaine du déconfinement, des précipitations importantes et continues ont été présentes sur l’ensemble de la région, permettant ainsi un « lessivage » de l’atmosphère en diminuant les concentrations des gaz et des particules.

Le graphique suivant compare l’évolution des concentrations en oxydes d’azote avant, pendant et après le confinement, pour l’année 2020 et la moyenne des trois années précédentes.

Station trafic : Ces stations mesurent la pollution dans des lieux proches des voies de circulation (voies rapides, carrefours, routes nationales,...).

À noter que, de façon générale, les niveaux observés « avant confinement » (début mars 2020) étaient déjà globalement d’environ 25 % inférieurs à ceux observés les années précédentes.

Si l'on observe une forte diminution des oxydes d'azote (traceurs du trafic routier) au cours de l’intégralité du confinement, l’évolution des particules fines (émises par le secteur industriel, le chauffage et le trafic routier) est quant à elle plus spécifique.

Une augmentation inattendue des particules fines au début du confinement

Au début du confinement, du 17 mars au 17 avril, les particules fines étaient en hausse, principalement liées à la combustion du bois (chauffage au bois et brûlage de déchets verts). Elles ont par ailleurs été influencées par les conditions météorologiques, défavorables à la dispersion des polluants (peu de vent, stabilité atmosphérique, températures douces…).

De mi-avril et jusqu’à la fin du confinement, les concentrations de particules fines ont baissé sur l’ensemble de la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, notamment en lien avec une baisse de l’utilisation du chauffage résidentiel et des précipitations qui ont lessivé l’atmosphère à partir du 19 avril. Les niveaux sont inférieurs d’environ 40% aux années précédentes.

Comme pour les oxydes d’azote, de façon générale, les niveaux observés « avant confinement » (début mars 2020) étaient déjà globalement plus de 30% inférieurs à ceux observés les années précédentes.

Un timide retour des particules fines

Depuis le 11 mai, les concentrations de particules fines ont légèrement augmenté, en lien avec la reprise progressive de l’activité aggravée par les phénomènes météorologiques. En plus des particules émises directement par l’activité, certaines particules, dites secondaires, sont formées par photochimie (transformation des gaz en particules sous l’effet de la chaleur et de l’ensoleillement). La météo a été conforme à la saison et a participé à la hausse de particules généralement observée au mois de mai.

Depuis le 22 mai, les concentrations de particules fines ont de nouveau baissé : tendance observée en cette période les années antérieures. Les niveaux restent toutefois 40% plus bas qu’historiquement.

Le graphique suivant compare l’évolution des concentrations en particules fines PM2.5 avant, pendant et après le confinement, pour l’année 2020 et la moyenne des trois années précédentes.

Station de fond : ces stations ne sont pas directement influencées par une source locale identifiée. Elles permettent une mesure d'ambiance générale de la pollution urbaine, dite de fond, représentative d'un large secteur géographique autour d'elles.

Après le confinement, une évolution de la qualité de l’air différente selon les territoires

A Marseille (sur la majorité des stations de type « trafic » : Rabatau, A7, Jean Moulin), les oxydes d’azote retrouvent le niveau observé début mars 2020. La reprise de l’activité et du trafic routier sur ces grands axes de la ville est ainsi visible sur ces stations.

Sur les autres agglomérations (Aix-en-Provence, Nice, Gap, Toulon, Avignon), pour les 4 premières semaines de déconfinement, les concentrations moyennes observées sont toujours inférieures à celles de début mars 2020.

Aucune particularité n’est observée sur les territoires en ce qui concernent les particules fines PM2.5.

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[ QUALITE DE L'AIR ] Quel impact de la première séquence de déconfinement sur la qualité de l’air en Région Sud ?

Créé le : 02/06/2020

Pour limiter la propagation du virus COVID-19, le gouvernement a mis en place un confinement généralisé à partir du 17 mars à midi, qui a pris fin le 11 mai 2020 sur l'ensemble de la région Sud. AtmoSud livre ici l’analyse des deux premières semaines de déconfinement. Alors que l’activité reprend progressivement et que les écoles ont commencé à rouvrir, quel impact observe-t-on sur la qualité de l’air en région Sud ?

Une remontée des niveaux d’oxydes d’azote (NOx) mais qui restent inférieurs aux niveaux habituellement observés

Pendant la période de confinement, la mise en place des restrictions de sortie a généré une baisse drastique de la circulation. Depuis le déconfinement, le trafic a partiellement repris et engendre ainsi une augmentation des NOx, principaux traceurs du trafic routier. Cependant, si les concentrations des NOx ont augmenté par rapport à celles observées pendant la période de confinement, elles restent toutefois inférieures aux niveaux mesurés habituellement les années précédentes à la même période en observant toutefois des disparités territoriales. 

A proximité des grands axes routiers de la région Sud, la reprise d’activité et du trafic ont eu un impact sur les concentrations d’oxydes d’azote qui ont augmenté en moyenne de 60% à l’échelle de la région ces deux dernières semaines par rapport à la période de confinement.

Mais les concentrations observées à proximité des grands axes routiers depuis la levée du confinement restent environ 40% plus faibles qu’en période normale, en raison notamment de la reprise partielle de l’activité.

Source : AtmoSud

En milieu urbain, environnement plus éloigné des grands axes de circulation, cette tendance est moins marquée, avec :

  • Une augmentation seulement de l’ordre de 10% en oxydes d’azote par rapport à la période de confinement,
  • Des niveaux inférieurs de l’ordre de -30% par rapport à ce qui est observé à la même période les années précédentes.

Source : AtmoSud

Des concentrations de particules PM2.5 en légère augmentation et dépendantes de divers facteurs

Au début du confinement, du 17 mars au 17 avril, les particules étaient en hausse, principalement liées à la combustion du bois (chauffage au bois et brûlage de déchets verts). Elles ont par ailleurs été influencées par les conditions météorologiques, défavorables à la dispersion des polluants (peu de vent, stabilité atmosphérique, températures douces…). Depuis le 17 avril et jusqu’à la fin du confinement, les concentrations de particules ont baissé sur l’ensemble de la région Sud, notamment en lien avec une baisse de l’utilisation du chauffage résidentiel.

Depuis le 11 mai, l’on observe à nouveau une remontée des concentrations de particules, en lien avec la reprise progressive de l’activité aggravée par les phénomènes météorologiques. Les particules sont formées par les conditions printanières associant une hausse des températures, de l’ensoleillement et peu de vent. La météo actuelle, conforme à la saison, participe en effet à la hausse de particules généralement observée au mois de mai.

Les concentrations moyenne en PM2.5 observées depuis le début du déconfinement (11 mai) sur les stations de fond urbain retenues restent, malgré leur hausse, inférieures de 30 à 40% par rapport à ce qui a été respectivement été mesuré les 3 années précédentes et à la moyenne observée sur l’intégralité du confinement.

Source : AtmoSud

AtmoSud poursuit ses analyses qui seront publiées prochainement afin de confirmer, ou non, les tendances observées.

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[ QUALITE DE L'AIR ] Quelle évolution en région Sud après trois semaines de confinement?

Créé le : 13/04/2020
 Pablo Valerio / Pixabay

Afin de limiter la propagation du virus COVID19, le gouvernement a mis en place des mesures de confinement sur le territoire français depuis mardi 17 mars 2020 à 12h00. Depuis trois semaines maintenant, AtmoSud a publié plusieurs bilans pour mieux appréhender l’impact du contexte actuel sur l’évolution de la qualité de l’air en région Sud.

Rappel des premiers résultats observés

Les restrictions de sorties ont généré une baisse importante de la circulation et ont engendré par là-même une diminution des concentrations d’oxydes d’azote et des traceurs du trafic routier. Cette baisse de la pollution automobile était significative près des grands axes (-50%) mais moins fortes sur les zones urbaines (-30%). Si les concentrations des particules émises par les véhicules avaient baissé, celles issues de la combustion du bois avaient quant à elles augmenté.

Qu’en est-il pour cette troisième semaine de confinement ? Les tendances observées sont-elles similaires aux précédentes ou peut-on percevoir un changement ? AtmoSud fait le point sur la situation jusqu’au 07 avril 2020.

La situation en un clin d’œil, du 17 mars au 07 avril

L’on constate un impact  du confinement sur les polluants d’origine automobile, avec une baisse significative du trafic routier et des concentrations en NOx (-50% sur les zones de trafic et -30% sur les zones urbaines).

Les niveaux de particules sont en hausse, en lien notamment avec la combustion du bois. Les niveaux de particules PM2.5 et des PM.1 ont doublé.

Ces tendances sont similaires aux semaines passées.

Contexte météorologique en région Sud

Au début du mois de mars, les conditions météorologiques rencontrées sur la région étaient favorables à la présence de faibles concentrations en polluants, avec notamment un régime de vents soutenu mais également des précipitations entre le 1er et le 5 mars. Ces régimes de vents ont notamment participé à la présence de concentrations en poussières relativement faibles sur la première quinzaine du mois de mars.

A partir du 17 mars, en début de confinement, ces vents ont globalement faibli à l’échelle de la région (à l’exception de Nice), favorisant ainsi la hausse générale des concentrations notamment en particules fines. Ces conditions météorologiques ont été observées pendant près d’une semaine (jusqu’au 23 mars). A cette date, l’apparition de précipitations et une chute brutale des températures a eu lieu à l’échelle de la région pendant 3 jours.

A partir du 26 mars et jusqu’à début avril, un retour des conditions propices à de plus fortes concentrations est observé (temps sec et vent globalement faible).

L’impact du confinement toujours visible sur les polluants d’origine automobile

Le confinement et les restrictions de sorties ont engendré une baisse remarquable du trafic automobile et les observations des semaines précédentes se confirment en ce début de mois d’avril, avec notamment une baisse significative des concentrations en oxydes d’azote (NOx) sur l’ensemble de la région aussi bien sur les sites dits « trafic » (-50%) que de fond urbain (-30%).

La décroissance des concentrations en oxydes d’azote, globalement observée à partir du début du confinement, n’a pas été observée sur les mois de mars/avril des trois années précédentes. La diminution du trafic routier a en ce sens une influence aussi bien sur les stations dites « trafic » que celles caractéristiques du « fond urbain ».

Les graphiques ci-dessous permettent de comparer les niveaux moyens obtenus sur les mois de mars/avril 2017 à 2019 et ceux de mars/avril 2020 :

► Stations « trafic »

Stations prises en compte : Marseille/Rabatau, Marseille/Jean Moulin, Aix-en-Provence/Roy René, Toulon/Foch, Gap/Jean Jaurès, Avignon/Semard et Nice/Promenade des Anglais

► Stations « fond urbain »

Stations prises en compte : Marseille/Longchamp, Marseille/Saint Louis, Aix-en-Provence/Arts, Toulon/Claret, La Seyne-sur-Mer, Gap/Commanderie, Avignon/Mairie et Nice/Arson

La baisse de la pollution automobile confirmée par le Black Carbon

Le carbone suie « Fossil Fuel », en tant que traceur du trafic routier, suit la même tendance que les concentrations d’oxydes d’azote.

La station Kaddouz-L2 à Marseille est un bon exemple pour illustrer la corrélation entre la baisse des niveaux de NOx et ceux du « BC Fossil Fuel » :

Si l'on observe une forte diminution des oxydes d'azote marqueur du trafic routier, les particules fines augmentent quant à elles.

Des concentrations de particules toujours plus élevées qu’au début du mois de mars 2020

La tendance des niveaux de particules observée les semaines passées se confirme également : les particules PM2.5 ont doublé mais restent tout de même inférieures aux valeurs réglementaires. Nous ne rencontrons actuellement pas d’épisode de pollution.

Si au début du confinement, les particules étaient principalement liées au chauffage au bois et aux conditions météorologiques, l’on constate lors de cette troisième semaine de confinement que d’autres sources participent aux niveaux de particules dans l’air sur les stations de fond urbain (activité agricole notamment).

Ces particules émises par diverses sources s’accompagnement par ailleurs de particules secondaires formées par l’arrivée de conditions printanières associant une hausse des températures, de l’ensoleillement et peu de vent. La météo actuelle, conforme à la saison, participe en effet à la hausse de particules généralement observée aux mois de mars et d’avril.

Les concentrations de particules observées après trois semaines de confinement sont supérieures à la tendance des années passées sur les stations de fond urbain (entre 10 et 20 µg/m3).

Nous continuerons d’observer les niveaux de particules la semaine prochaine afin de confirmer, ou non, cette tendance.

Les particules en lien avec la combustion de bois en fond urbain sont toujours présentes

Nos données de comptage de particules permettent de confirmer que sur le site de Marseille/Longchamp, l’on a pu constater une augmentation due à la combustion de bois (chauffage et brûlage de déchets verts) depuis le début du confinement. Le graphe ci-dessous met en exergue deux périodes de chauffe au cours de la journée, l’une en tout début de matinée et l’autre en fin de soirée. Ces observations confirment que la combustion du bois explique en partie l’origine des émissions de particules, l’autre partie étant émise par les sources énoncées précédemment.

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[POLLUTION] : Lettre ouverte aux futurs élus par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes

Créé le : 27/02/2020
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À quelques semaines seulement des élections municipales et intercommunales, les administrateurs d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes – l’observatoire régional de surveillance et d’information sur la qualité de l’air - se mobilisent et adressent une lettre ouverte à l’ensemble des candidats. Leur objectif : interpeller les futurs élus de proximité pour que l’air ne soit plus l’oublié des politiques publiques. 

LE CHIFFRE : 8 habitants sur 10 reconnaissent être inquiets quant à la qualité de l’air respiré*. 

La qualité de l’air constitue une des préoccupations majeures des concitoyens et demeure un enjeu de santé publique. Pour autant, il n’y a pas de fatalité. Les administrateurs d’Atmo l’affirment : oui, il est possible d’améliorer durablement la qualité de l’air !
L’élu de proximité est un acteur de premier plan. La commune et les intercommunalités, du fait de leurs compétences dans les domaines de la mobilité, de l’urbanisme et du développement économique notamment, disposent d’un potentiel considérable pour mener des actions structurantes dans les territoires et contribuer à améliorer significativement la qualité de l’air de manière pérenne.

L’heure n’est plus au constat, il est temps d’agir. Aussi, les candidats sont invités à répondre à Atmo Auvergne-Rhône-Alpes afin de présenter leurs engagements en faveur de la qualité de l’air. Les citoyens quant à eux peuvent se saisir du sujet, utiliser la lettre et l’infographie d’Atmo pour interpeller leurs candidats. 

Je vous prie de bien vouloir trouver, ci-dessous, la lettre ouverte rédigée par les Administrateurs d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes ainsi qu’une infographie détaillant les actions concrètes en faveur d’un air meilleur. 

*Sondage BVA pour Atmo

> Lettre ouverte :

> Comment lutter contre la pollution de l'air à l'échelle de votre commune ou de votre intercommunnalité ?

[ QUALITE DE L'AIR & CHANGEMENTS CLIMATIQUES ] Qu'en pensent les habitants ?

Créé le : 06/12/2019

A l’occasion de la Journée Mondiale pour le Climat qui aura lieu dimanche 08 décembre, AtmoSud, l'association de surveillance de la qualité de l'air en Paca est allée à la rencontre du public pour le questionner sur les liens entre changement climatique et qualité de l’air.

Si ces deux thématiques peuvent de prime abord sembler distinctes dans leurs effets, elles ont pourtant des corrélations bien réelles et leurs sources sont communes. Quel est l’impact du changement climatique sur la qualité de l’air ?

Réponse avec les vidéos réalisées par Atmosud à l'occasion d'un micro-trottoir :

> Plus de vidéos

[ CLIMAT ] Aux pouvoirs publics d’agir pour une mobilité durable et un air pur !

Créé le : 18/09/2019

A l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air, le Réseau Action Climat, UNICEF France, WWF France, Greenpeace France, et la FNAUT appellent les pouvoirs publics, nationaux et locaux, à agir avec ambition pour mieux protéger les enfants et les adultes de la pollution atmosphérique.

A l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air, la Directrice générale du Réseau Action Climat, le Directeur général d’UNICEF France, la Directrice générale de WWF France, le directeur général de Greenpeace France, et le président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports, le directeur (FNAUT) appellent les pouvoirs publics, nationaux et locaux, à agir avec ambition pour mieux protéger les enfants et les adultes de la pollution atmosphérique*.

Alors que les épisodes de pic de pollution dans les grandes villes sont de plus en plus fréquents, 8 Français sur 10 se déclarent sensibles ou très sensibles à l’environnement et la pollution de l’air est une de leurs premières préoccupations. La qualité de l’air est devenue un sujet médiatique et politique. Que ce soit pendant l’examen de la loi d’orientation des mobilités ou en réponses aux actualités, des engagements ont été pris par les pouvoirs publics mais ne sont pas suffisants.

Aujourd’hui le constat n’est plus remis en cause. Les études scientifiques s’accumulent pour affirmer que la pollution de l’air a des effets très graves sur la santé, en particulier chez les enfants : asthme, allergies, dermatites, déficiences immunitaires, diabète, obésité, dépression… Les travaux publiés récemment par l’ANSES le confirment une fois de plus. Les décisions de justice tombent, elles aussi : la responsabilité de l’Etat a été retenue pour carence fautive deux fois en l’espace de 2 semaines. Et une décision de la Cour de justice de l’Union européenne, assortie le cas échéant d’amendes, est attendue prochainement. Face à un tel enjeu sanitaire, il faut agir, et au plus vite.

Alors que nous connaissons la source de cette pollution dans nos villes, force est de constater la lenteur avec laquelle les pouvoirs publics agissent. A l’échelle nationale, le  secteur des transports émet 57% des émissions d’oxyde d’azote et 15% des émissions des particules fines (PM2,5)[1]. C’est notamment la conséquence de la « diésélisation » du parc automobile et des dépassements des normes anti-pollution. Nous apprenons aujourd’hui que 9,8 millions de véhicules hérités du dieselgate circulent encore sur les routes françaises alors qu’ils émettent au moins 2 fois plus que la norme Euro[2].

A Paris, 27% des établissements recevant des publics sensibles (écoles, crèches, hôpitaux) sont exposés régulièrement à des dépassements de seuils des normes européennes. A Marseille, une école sur deux serait concernée par des dépassements de normes (source Greenpeace). Résultat, en France, trois enfants sur quatre respirent un air toxique pour leur santé selon l’Organisation mondiale de la santé.

Une chose est certaine : nous ne pourrons pas améliorer la qualité de l’air durablement sans sortir de notre dépendance à la voiture et en particulier aux véhicules essence ou diesel. Nous ne pourrons pas offrir à nos enfants la possibilité de respirer un air plus pur, sans penser, promouvoir et mettre en œuvre les conditions pour un changement de mobilité pour tous. Alors que le défi climatique s’accélère chaque jour, nous devons saisir l’opportunité de repenser nos modes de vie urbains pour des villes plus durables et plus respirables.

Notre objectif n’est pas de blâmer, de punir ou de contraindre les citoyens, c’est pourquoi nous demandons aux pouvoirs publics de soutenir et d’amplifier ces changements nécessaires.

Tout d’abord, il est crucial d’avoir de nouvelles données pour mieux connaître l’exposition de la population française, en particulier des jeunes populations, aux polluants et leur impact sur la santé.

Au niveau national, des fonds doivent être débloqués pour encourager et soutenir les changements individuels : prime à l’achat de véhicules véritablement moins polluants et plus légers que les SUV, en priorité pour les ménages défavorisés, et d’autres moyens de déplacement comme le vélo. La hausse des fonds publics alloués au développement des transports en commun et du vélo permettra enfin des changements collectifs à grande échelle.

Au niveau local, les collectivités qui en ont les moyens devraient renforcer ces dispositifs individuels et réduire la place de la voiture. Les zones à faibles émissions, en particulier autour des écoles ou crèches, peuvent être un outil efficace d’amélioration de la qualité de l’air à condition d’être assez ambitieuses et assorties d’alternatives pour permettre à moyen terme la fin du diesel et de l’essence en ville.

Les mesures commencent à porter leurs fruits à Grenoble, Paris, Madrid, Barcelone et ailleurs : leur mise en œuvre doit être accélérée ; c’est pourquoi nous appelons les candidats aux élections municipales à faire de la mobilité durable et de la qualité de l’air une priorité.

  • Sébastien Lyon, Directeur général d’UNICEF France
  • Morgane Créach, Directrice du Réseau Action Climat France qui rassemble 22 associations nationales
  • Bruno Gazeau, Président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT)
  • Véronique Andrieux, Directrice générale du WWF France
  • Jean François Julliard, directeur général de Greenpeace France

*Tribune publiée sur France Info

[1] Ministère de la transition écologique et solidaire, rapport Compte des transports de la nation en 2018

[2] Transport & Environment, Dirty diesels grow to 51 million across EU, as carmakers still put profit before clean air

 

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> Retouvez le dossier Sans transition ! consacré à la pollution de l'air et à son impact sur les enfants

OCCITANIE : EN 2016, LE FOND DE L’AIR EST… POLLUÉ

Créé le : 03/07/2017
Dominique Tilak et Vincent Allier d'Atmo Occitanie présentaient, le jeudi 29 juin, le bilan 2016 de la qualité de l'air sur la région.

Particules en suspension et particules fines, pollution à l’ozone, pics de pollution… Quel air respirons-nous en Occitanie ? Vincent Allier et Dominique Tilak, respectivement vice-président et directrice générale d’Atmo Occitanie, l’observatoire régional de la qualité de l’air, présentaient, jeudi 29 juin, le bilan 2016 de la qualité de l’air à l’échelle régionale.

Des Hautes-Pyrénées (65) au Gard (30), en passant par la Haute-Garonne (31) et l’Hérault (34), Atmo Occitanie a placé 53 points de mesure fixes ou mobiles. L'objectif : surveiller la qualité de l’air dans la région. L'association agréée par l’État nous a livré, le 29 juin, son bilan pour l’année 2016.

36 épisodes de pollution contre 40 en 2015

La région – notamment les départements du Gard, de la Haute-Garonne, des Hautes-Pyrénées, de l’Hérault et du Tarn-et-Garonne (82) – a été marquée par 36 épisodes de pollution, soit quatre de moins que l’année précédente. Parmi ceux-ci, 31 sont imputables au secteur résidentiel (chauffage), car ils sont caractérisés par une forte présence de particules en suspension. Les cinq autres sont typiques de la période estivale : ils ont pour cause une importante pollution à l’ozone, issue de l’activité humaine et accentuée sous l’effet des rayonnements solaires. Cela ne signifie pas que, ces épisodes mis à part, l’air n’est pas pollué. En dehors de ces pics, le degré de pollution respecte la norme actuelle, sans être nul.

Pollution à l’ozone : carton rouge

Atmo Occitanie fait la différence entre la pollution dite « de fond » (c’est-à-dire d’environnement urbain) et la pollution de proximité (celle détectée à proximité du trafic routier notamment). En ce qui concerne la première, la réglementation a été respectée en Occitanie pour tous les polluants sur l’année 2016, à l'exception de l’ozone. Sa concentration était supérieure à l’objectif de qualité dans tous les départements de la région, et elle dépassait la valeur cible dans quatre d’entre eux : l’Aude (11), le Gard, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales (66). Pour la pollution de proximité, et notamment le dioxyde d’azote, imputable aux transports, la valeur limite a été en permanence dépassée dans les métropoles de Montpellier et Toulouse, ainsi que dans les agglomérations de Nîmes et de Perpignan.

Pour la santé, objectif zéro pollution

Une certaine amélioration est à noter pour plusieurs polluants, notamment grâce aux transports en commun : les concentrations moyennes annuelles de particules fines et en suspension sont en baisse, et il en est de même pour le dioxyde d’azote. Toutefois, pour Vincent Allier, c’est insuffisant. « À mesure que la recherche progresse, les valeurs limites recommandées pour la santé diminuent. Il faut donc continuer dans ce sens. » Il rappelle que si, en Occitanie, la pollution était réduite jusqu’au niveau des communes les moins polluées de France, la mortalité baisserait de 6 %. Car les effets des polluants sont « très nocifs », et responsables, par exemple, de problèmes cardio-vasculaires. « Nous savons aujourd’hui que la pollution tue vraiment », dit-il. Dominique Tilak renchérit : « L’enjeu, pour les grandes villes de la région, est d’améliorer les choses et d’éviter la densification urbaine, notamment à proximité des axes d’autoroute ».

La loi LAURE (Loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Énergie, 1996) précise que « Chacun a le droit de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé ». C’est aussi une revendication d’Atmo Occitanie. Mais, si l’on en croit ces chiffres, on est encore loin du compte.

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