pollution de l'air

[ CLIMAT ] Aux pouvoirs publics d’agir pour une mobilité durable et un air pur !

Créé le : 18/09/2019

A l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air, le Réseau Action Climat, UNICEF France, WWF France, Greenpeace France, et la FNAUT appellent les pouvoirs publics, nationaux et locaux, à agir avec ambition pour mieux protéger les enfants et les adultes de la pollution atmosphérique.

A l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air, la Directrice générale du Réseau Action Climat, le Directeur général d’UNICEF France, la Directrice générale de WWF France, le directeur général de Greenpeace France, et le président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports, le directeur (FNAUT) appellent les pouvoirs publics, nationaux et locaux, à agir avec ambition pour mieux protéger les enfants et les adultes de la pollution atmosphérique*.

Alors que les épisodes de pic de pollution dans les grandes villes sont de plus en plus fréquents, 8 Français sur 10 se déclarent sensibles ou très sensibles à l’environnement et la pollution de l’air est une de leurs premières préoccupations. La qualité de l’air est devenue un sujet médiatique et politique. Que ce soit pendant l’examen de la loi d’orientation des mobilités ou en réponses aux actualités, des engagements ont été pris par les pouvoirs publics mais ne sont pas suffisants.

Aujourd’hui le constat n’est plus remis en cause. Les études scientifiques s’accumulent pour affirmer que la pollution de l’air a des effets très graves sur la santé, en particulier chez les enfants : asthme, allergies, dermatites, déficiences immunitaires, diabète, obésité, dépression… Les travaux publiés récemment par l’ANSES le confirment une fois de plus. Les décisions de justice tombent, elles aussi : la responsabilité de l’Etat a été retenue pour carence fautive deux fois en l’espace de 2 semaines. Et une décision de la Cour de justice de l’Union européenne, assortie le cas échéant d’amendes, est attendue prochainement. Face à un tel enjeu sanitaire, il faut agir, et au plus vite.

Alors que nous connaissons la source de cette pollution dans nos villes, force est de constater la lenteur avec laquelle les pouvoirs publics agissent. A l’échelle nationale, le  secteur des transports émet 57% des émissions d’oxyde d’azote et 15% des émissions des particules fines (PM2,5)[1]. C’est notamment la conséquence de la « diésélisation » du parc automobile et des dépassements des normes anti-pollution. Nous apprenons aujourd’hui que 9,8 millions de véhicules hérités du dieselgate circulent encore sur les routes françaises alors qu’ils émettent au moins 2 fois plus que la norme Euro[2].

A Paris, 27% des établissements recevant des publics sensibles (écoles, crèches, hôpitaux) sont exposés régulièrement à des dépassements de seuils des normes européennes. A Marseille, une école sur deux serait concernée par des dépassements de normes (source Greenpeace). Résultat, en France, trois enfants sur quatre respirent un air toxique pour leur santé selon l’Organisation mondiale de la santé.

Une chose est certaine : nous ne pourrons pas améliorer la qualité de l’air durablement sans sortir de notre dépendance à la voiture et en particulier aux véhicules essence ou diesel. Nous ne pourrons pas offrir à nos enfants la possibilité de respirer un air plus pur, sans penser, promouvoir et mettre en œuvre les conditions pour un changement de mobilité pour tous. Alors que le défi climatique s’accélère chaque jour, nous devons saisir l’opportunité de repenser nos modes de vie urbains pour des villes plus durables et plus respirables.

Notre objectif n’est pas de blâmer, de punir ou de contraindre les citoyens, c’est pourquoi nous demandons aux pouvoirs publics de soutenir et d’amplifier ces changements nécessaires.

Tout d’abord, il est crucial d’avoir de nouvelles données pour mieux connaître l’exposition de la population française, en particulier des jeunes populations, aux polluants et leur impact sur la santé.

Au niveau national, des fonds doivent être débloqués pour encourager et soutenir les changements individuels : prime à l’achat de véhicules véritablement moins polluants et plus légers que les SUV, en priorité pour les ménages défavorisés, et d’autres moyens de déplacement comme le vélo. La hausse des fonds publics alloués au développement des transports en commun et du vélo permettra enfin des changements collectifs à grande échelle.

Au niveau local, les collectivités qui en ont les moyens devraient renforcer ces dispositifs individuels et réduire la place de la voiture. Les zones à faibles émissions, en particulier autour des écoles ou crèches, peuvent être un outil efficace d’amélioration de la qualité de l’air à condition d’être assez ambitieuses et assorties d’alternatives pour permettre à moyen terme la fin du diesel et de l’essence en ville.

Les mesures commencent à porter leurs fruits à Grenoble, Paris, Madrid, Barcelone et ailleurs : leur mise en œuvre doit être accélérée ; c’est pourquoi nous appelons les candidats aux élections municipales à faire de la mobilité durable et de la qualité de l’air une priorité.

  • Sébastien Lyon, Directeur général d’UNICEF France
  • Morgane Créach, Directrice du Réseau Action Climat France qui rassemble 22 associations nationales
  • Bruno Gazeau, Président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT)
  • Véronique Andrieux, Directrice générale du WWF France
  • Jean François Julliard, directeur général de Greenpeace France

*Tribune publiée sur France Info

[1] Ministère de la transition écologique et solidaire, rapport Compte des transports de la nation en 2018

[2] Transport & Environment, Dirty diesels grow to 51 million across EU, as carmakers still put profit before clean air

 

> Plus d'infos

> Retouvez le dossier Sans transition ! consacré à la pollution de l'air et à son impact sur les enfants

OCCITANIE : EN 2016, LE FOND DE L’AIR EST… POLLUÉ

Créé le : 03/07/2017
Dominique Tilak et Vincent Allier d'Atmo Occitanie présentaient, le jeudi 29 juin, le bilan 2016 de la qualité de l'air sur la région.

Particules en suspension et particules fines, pollution à l’ozone, pics de pollution… Quel air respirons-nous en Occitanie ? Vincent Allier et Dominique Tilak, respectivement vice-président et directrice générale d’Atmo Occitanie, l’observatoire régional de la qualité de l’air, présentaient, jeudi 29 juin, le bilan 2016 de la qualité de l’air à l’échelle régionale.

Des Hautes-Pyrénées (65) au Gard (30), en passant par la Haute-Garonne (31) et l’Hérault (34), Atmo Occitanie a placé 53 points de mesure fixes ou mobiles. L'objectif : surveiller la qualité de l’air dans la région. L'association agréée par l’État nous a livré, le 29 juin, son bilan pour l’année 2016.

36 épisodes de pollution contre 40 en 2015

La région – notamment les départements du Gard, de la Haute-Garonne, des Hautes-Pyrénées, de l’Hérault et du Tarn-et-Garonne (82) – a été marquée par 36 épisodes de pollution, soit quatre de moins que l’année précédente. Parmi ceux-ci, 31 sont imputables au secteur résidentiel (chauffage), car ils sont caractérisés par une forte présence de particules en suspension. Les cinq autres sont typiques de la période estivale : ils ont pour cause une importante pollution à l’ozone, issue de l’activité humaine et accentuée sous l’effet des rayonnements solaires. Cela ne signifie pas que, ces épisodes mis à part, l’air n’est pas pollué. En dehors de ces pics, le degré de pollution respecte la norme actuelle, sans être nul.

Pollution à l’ozone : carton rouge

Atmo Occitanie fait la différence entre la pollution dite « de fond » (c’est-à-dire d’environnement urbain) et la pollution de proximité (celle détectée à proximité du trafic routier notamment). En ce qui concerne la première, la réglementation a été respectée en Occitanie pour tous les polluants sur l’année 2016, à l'exception de l’ozone. Sa concentration était supérieure à l’objectif de qualité dans tous les départements de la région, et elle dépassait la valeur cible dans quatre d’entre eux : l’Aude (11), le Gard, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales (66). Pour la pollution de proximité, et notamment le dioxyde d’azote, imputable aux transports, la valeur limite a été en permanence dépassée dans les métropoles de Montpellier et Toulouse, ainsi que dans les agglomérations de Nîmes et de Perpignan.

Pour la santé, objectif zéro pollution

Une certaine amélioration est à noter pour plusieurs polluants, notamment grâce aux transports en commun : les concentrations moyennes annuelles de particules fines et en suspension sont en baisse, et il en est de même pour le dioxyde d’azote. Toutefois, pour Vincent Allier, c’est insuffisant. « À mesure que la recherche progresse, les valeurs limites recommandées pour la santé diminuent. Il faut donc continuer dans ce sens. » Il rappelle que si, en Occitanie, la pollution était réduite jusqu’au niveau des communes les moins polluées de France, la mortalité baisserait de 6 %. Car les effets des polluants sont « très nocifs », et responsables, par exemple, de problèmes cardio-vasculaires. « Nous savons aujourd’hui que la pollution tue vraiment », dit-il. Dominique Tilak renchérit : « L’enjeu, pour les grandes villes de la région, est d’améliorer les choses et d’éviter la densification urbaine, notamment à proximité des axes d’autoroute ».

La loi LAURE (Loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Énergie, 1996) précise que « Chacun a le droit de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé ». C’est aussi une revendication d’Atmo Occitanie. Mais, si l’on en croit ces chiffres, on est encore loin du compte.

Plus d'info :
Atmo Occitanie

 

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