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[MUNICIPALES] À Lorient, de citoyens en transition à candidats

Créé le : 09/03/2020
Lorient en transition - @Stéphanie Biju

Crédit photo Stpéhanie Biju

Par Stéphanie Biju

Sur l’ensemble de l’hexagone, des collectifs de citoyens s’engagent sur les pas de Rob Hopkins pour conduire leur ville ou leur territoire vers la transition. À l’approche des municipales, certains font le choix de se poser en simples vigies du respect des engagements en faveur de la transition. D’autres présentent leur propre liste. D’une manière ou d’une autre, les défenseurs des villes en transition entendent bien peser sur les débats.

 

Impliqués dans le collectif citoyen Pays de Lorient en Transition, certains Lorientais du groupe ont décidé à l'automne dernier de franchir un pas supplémentaire et de présenter leur propre liste aux municipales 2020. Une première expérience électorale pour certains, plus ou moins sans complexe, mais avec la ferme intention d'incarner du "neuf" en politique.

La démission de Nicolas Hulot a été le déclic. Fin d'été 2018, le collectif Pays de Lorient en transition naissait sous l'impulsion de citoyens tous liés par le même sentiment d'urgence et bien décidés à faire bouger les lignes. Rassemblements pour le climat, appel pour une agglomération écologique et solidaire, collecte participative de propositions concrètes dans ce sens… « L'intention était avant tout d'être une sorte de think tank citoyen », rappelle Damien Girard, ex-élu EELV et porte-parole du collectif. « Nous voulions certes peser dans la vie politique locale mais sans réelle visée électorale. Même si on ne s'interdisait pas d'être candidat, chacun, dans nos communes respectives… » Faute de voir émerger une liste d'union des partis de gauche dans la sous-préfecture morbihannaise, certains Lorientais du collectif ont décidé de « remplacer la parole par l'action », justifie Damien Girard, naturellement investi tête de la liste Lorient en commun. À ses côtés, des citoyens, non encartés voire novices en politique, vivent leur première campagne…

« Nous avons un programme d'actions qu'on a mis du temps à élaborer, dans un processus le plus participatif possible. Je veux qu'il voie le jour ! », motive ainsi Rozenn Métayer. Cette prof des écoles, maman de deux enfants, fait référence au catalogue de « 40 propositions citoyennes pour le territoire » (1) et laissé libre de droit aux candidats aux municipales. « Ces propositions forment un ensemble cohérent et permettent de se rendre compte à quel point l'écologie est transversale. On ne peut pas se contenter de petites mesures piochées par-ci par-là, au risque qu'elles soient dévoyées ou qu'elles ne servent que de vernis », estime Rozenn.

Représenter et agir concrètement

Avec l'énergie débordante de leurs 20 ans, Léa Bonneville et Louen Coupa-Dufaut, eux aussi, croient en une écologie « radicale ». « C'est notre dernière fenêtre de tir, notre dernière chance de réaliser une transition écologique qui ait de la gueule, on a encore l'occasion d'embarquer tout le monde dans ce sens. Il faut y aller ! », revendique Léa. Engagés au sein du mouvement Youth for Climate et de l'association étudiante DDcalés (2), tous les deux organisaient, il y a un an, la Marche pour le Climat, qui a mobilisé 2500 collégiens, lycéens ou étudiants à Lorient. Parce qu'ils ne se sont alors pas sentis pris au sérieux par les décideurs, ils entendent « représenter la voix de la jeunesse, celle consciente du danger mais qui n'a pas encore l'âge de voter », martèle Léa. Représenter… « mais pas seulement faire de la représentation », nuance Louen. « En tant que militant, on demande un changement et on attend que ceux qui décident, fassent. Être sur cette liste, c'est aussi se donner l'opportunité d'agir concrètement ».

Si les convictions sont chevillées au corps, cet engagement politique ne se vit pas sans complexes. À 62 ans, Caroline Robert, impliquée dès le début de l'aventure dans Pays de Lorient en transition, ne cache pas avoir « peur de ne pas être au niveau, de ne pas réussir à [s]’insérer dans le débat », le moment venu. Rozenn, elle aussi, s'est interrogée sur sa légitimité. Participer aux phases de négociations avec les partis l'a aidée. « J'ai des qualités, j'ai acquis des compétences dans mes expériences de vie, professionnelle ou militante, que je peux transférer à une fonction d'élue », a-t-elle réalisé.

 Ne pas se laisser endormir par la fonction

Au-delà des belles idées, comment être sûrs de ne pas tomber dans les travers d'un système politicien dont on ne veut plus ? D'autant que le jeu des alliances amène déjà à certaines stratégies… « C'est sûr, nous sommes novices, il y a des façons de faire qui nous échappent et la crainte d'être phagocytés par des normes, des lois qui dictent le fonctionnement communal », observe Florence Gourlay, enseignante-chercheuse en géographie, urbanisme et aménagement de l’espace à l’UBS. « Si on est élu, tout l'enjeu va être de garder la fraîcheur et l'envie de ceux qui découvrent la politique. Faire en sorte que les partis qui se rallient à notre liste acceptent de se "recomposer", de repenser avec la dynamique citoyenne d'origine. Cela vaut aussi pour la machine administrative ».

Florence, Rozenn, Léa, Louen, Caroline ont confiance. En leur tête de liste, Damien Girard, et en « sa capacité d'écoute, ses aspirations à faire autrement, à tordre les tuyaux… », énumère Florence. En l'équipe aussi, « vraiment soudée », juge Léa. « En collectif, nous avons appris à travailler ensemble, nous sommes liés par les mêmes valeurs, les bases citoyennes sont solides et on saura trouver l'équilibre avec les partis ». Sachant aussi « qu'on a le pouvoir de désobéir ! », interpelle Rozenn. « C'est un levier qu'il ne faudra pas s'empêcher d'activer ». Les camarades de Pays de Lorient en Transition, ceux qui comme Annie n'ont, par exemple, « pas l'énergie suffisante et plus assez de candeur pour se présenter », mais entendent continuer d'œuvrer pour voir le territoire devenir aussi exemplaire que Grande-Synthe, Dunkerque, Grenoble…,  sauront, à coup sûr, jouer les garde-fous.

(1) Pendant 18 mois, sur une plate-forme  collaborative et lors d'ateliers publiques, le collectif Pays de Lorient en Transition a collecté plus de 300 propositions pour engager la transition sur le territoire de Lorient. 40 ont été retenues, constituant un projet social, écologique et solidaire à part entière, présenté à l'automne 2019.

(2) DDcalés est une association étudiante de la licence Sciences Écologie et Société de l'UBS, qui a pour vocation de sensibiliser le milieu étudiant aux problèmes écologiques et sociétaux et de donner des solutions pour y remédier. Elle organise régulièrement des conférences, des ateliers zéro déchet, de jardinage, de non-gaspillage alimentaire…

Journées d’été et rentrée politique pour Europe Ecologie les Verts

Créé le : 30/08/2016
De gauche à droite : Michel Forget, secrétaire régional de Bretagne, David Cormand, secrétaire national d’EELV, Marine Tondelier, membre du bureau exécutif déléguée aux Journées d’été. Crédits photos: Stéphanie - Sans Transition

Les 30e journées d’été d’Europe Ecologie Les Verts se sont déroulées du 25 au 27 août dernier, à Lorient, sur fond de primaires. Le maître mot de ces Journées d’été : réinventer le parti !

Europe Ecologie les Verts a fait sa rentrée politique à la faveur de ses 30e Journées d’été, qui se sont déroulées du jeudi 25 août au samedi 27 août, à Lorient (Morbihan). Au programme de cette édition : six conférences plénières et 70 ateliers pour ressouder les liens après les tensions des douze derniers mois marqués par les dissensions et de multiples départs, et pour préparer le marathon électoral de 2017 (présidentielle, législatives, sénatoriales). Avec un maitre-mot : réinventer le parti !

« Nous ne voulons plus être seulement des lanceurs d’alerte. Nous n’avons jamais eu autant besoin d’écologie qu’aujourd’hui et l’appétence des citoyens est bien réelle. Notre responsabilité est de devenir majoritaire dans les propositions et les solutions », a expliqué David Cormand, le nouveau secrétaire national d’un parti qui refuse de se résigner au remake du match de 2012 (PS, LR, FN).

C’est plus particulièrement sur fond de primaire que se sont tenues ces 30e Journées d’été. Huit candidats sont déjà déclarés, dont quatre « cadres » : Karima Delli, Cécile Duflot, Michèle Rivasi et Yannick Jadot. Cécile Duflot et Yannick Jadot ayant déjà obtenu les parrainages nécessaires. « Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 31 août, pour un vote qui se déroulera fin octobre, début novembre », a précisé Julien Bayou, porte-parole d'EELV.

Agriculture, droits humains et accueil des migrants, Loi Travail, croissance, terrorisme, Brexit… les différents échanges et débats de ces Journées d’été sont amenés à booster, dans un esprit participatif, le projet qui sera défendu par EELV dans les mois à venir.

Réinventer le parti, c’est aussi « outiller les militants pour qu’ils puissent coécrire le programme présidentiel », a indiqué Marine Tondelier, membre du bureau exécutif déléguée aux Journées d’été, en annonçant le lancement d’une plateforme participative. Toutes les propositions évoquées lors de ces trois jours y seront mises en ligne. Cette plateforme sera également ouverte à tous les réseaux, collectifs, associations, partenaires…

 

Plus d’infos :

www1.eelv.fr

www.jde.eelv.fr

Stéphanie Biju

Lorient Agglomération prépare la fin des sacs plastiques

Créé le : 29/06/2016

Les sacs en plastique à usage unique seront interdits dans les commerces à compter du 1e juillet 2016. Le 1er janvier 2017, l'interdiction sera étendue à tous les sacs plastiques non compostables utilisés pour les denrées alimentaires. Dans ce cadre, Lorient Agglomération distribue des sacs en plastique biosourcés dans dix supermarchés de son territoire. Le but : familiariser habitants et grande distribution à l'utilisation de produits biodégradables. Une initiative mise en place avec le réseau national pour la collecte et la valorisation des biodéchets, Compost+ et l'ADEME. Échange avec Odile Robert, en charge de la valorisation des déchets à Lorient Agglomération.

Pourquoi avoir choisi de distribuer des sacs en bio-plastique et pas en tissu, par exemple ?

L'agglomération de Lorient a fait, dès 2000, un choix politique : celui d'éviter l'incinération et de mettre en place au maximum une logique de valorisation de matières, dont de biodéchets. Depuis cette date, une collecte de biodéchets en porte-à-porte a été instaurée pour 100% de la population. Nous avons une unité de traitement biologique pour transformer nos biodéchets en compost de qualité, labellisé pour une utilisation en agriculture biologique. Ce compost est ensuite directement revendu aux agriculteurs par l'exploitant de l'usine de traitement. Les sacs biosourcés utilisés pour faciliter le geste de tri des biodéchets à la maison, s'inscrivent donc dans un cycle de gestion des déchets qui est déjà mis en place dans l'agglomération lorientaise.

 

Si le système de gestion des déchets est déjà mis en place, quel est alors l'enjeu de cette campagne ?

Les sacs biosourcés sont déjà mis à la disposition des ménages depuis 10 ans mais il faut se déplacer en déchetterie pour les obtenir. L'objectif de cette campagne, est de les rendre plus accessibles en les distribuant en grandes surfaces. Il s'agit surtout d'une démarche de sensibilisation auprès de la population sur le tri des biodéchets.

 

Comment avez-vous sélectionné les enseignes partenaires ? Avez-vous rencontré des difficultés à faire accepter ces sacs par les grandes surfaces ?

Nous avons démarché 10 grandes surfaces, nous permettant de toucher les habitants des 25 communes de l'agglomération de Lorient. Ce sont celles avec qui nous avions déjà un contact, , mais nous ne pouvions pas approcher tous les types de commerce, faute de temps. Il n'y a pas eu de problème, puisque nous les connaissions déjà. Nous avons par contre pu remarquer que nous étions les premiers à les informer de l'interdiction des sacs plastique non-biosourcés.

Notre démarche a été celle-ci : nous leur offrons les premiers sacs, en espérant qu'ils renouvellent ensuite leur approvisionnement. Cela les interpelle, certains se renseignent déjà sur les fabricants, les prix, font des devis... Nous retournerons les voir dans quelques mois pour évaluer les progrès effectués, mais nous avons seulement un pouvoir d'incitation. Pour ceux qui ne poursuivent pas l'opération, il sera mis un étiquetage à côté des distributeurs de sacs pour informer les consommateurs du « retour au sac non-biosourcé », en espérant une réaction de leur part.

 

Amaëlle Olivier

 


Comment reconnaître un sac compostable ?

Difficile de se repérer entre les différents labels  ! La plupart des sacs plastiques portent le logo « Oxo Biodégradable ». Contrairement aux idées reçues, cela ne signifie pas qu'ils sont compostables mais qu'ils sont conçus pour se fragmenter, ce qui n'est pas idéal pour l'environnement !

Pour reconnaître un sac compostable, vérifiez qu'il est certifié « Ok Compost » ou « Ok Compost Home » !


Plus d'infos

www.lorient-agglo.fr

www.ademe.fr/

www.compostplus.org/

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