France Nature Environnement

Chut ... Les citoyens sont consultés !

Créé le : 09/06/2016
Crédits photos: Pixabay CC0 Public Domain hpgruesen

Le 26 juin aura lieu la consultation locale en Loire-Atlantique sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-Des Landes. France Nature Environnement appelle à la transparence du gouvernement pour avoir un avis éclairé sur la question. 

Mercredi 1er juin, la CNDP a adopté le document de synthèse censé présenter « de façon claire et objective » le projet d’aéroport à NDDL pour la consultation locale en Loire-Atlantique le 26 juin prochain. Avec cette consultation, le gouvernement prétend ainsi régler ce dossier en semblant jouer le jeu de la démocratie. Malheureusement, la première étape de la démocratie, c’est l’information. Or, bien des zones d’ombres subsistent sur ce dossier !

Un rapport officiel à la trappe

La ministre en charge de l’Environnement a commandité, à la mi-janvier dernier, au Conseil Général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) un rapport sur les avantages et inconvénients de différentes options concernant le développement des infrastructures aéroportuaires de la région nantaise et notamment le projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes (NDDL).Ce rapport, rendu public en avril dernier, concluait que « Le projet de nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes apparaît surdimensionné. ». On pouvait donc légitimement s’attendre à ce que le gouvernement renonce au projet initial et approfondisse enfin les alternatives plus économes. En effet, quel est l’intérêt de demander à certains citoyens leur avis sur un projet s’il est jugé surdimensionné par une expertise ministérielle ? Et pourtant, la consultation locale est maintenue… et la question initiale aussi ! Le gouvernement a confirmé, lors d’une séance de question au Parlement, qu’il fera comme si ce rapport, officiel mais dérangeant, n’avait jamais existé. Le seul choix qu’auront les habitants de Loire-Atlantique le 26 juin sera de voter pour ou contre un projet surdimensionné, sans alternative possible.

Service minimum pour informer le citoyen

Le délai minimum de mise en ligne du document de la CNDP permettant aux citoyens d’avoir les informations nécessaires à un vote en connaissance de cause n’est que de quinze jours avant le vote ! Précisions qu’il sera uniquement disponible sur internet et dans les mairies. Les personnes n’ayant pas accès à internet et travaillant aux horaires « de bureau » n’auront donc pas accès à l’information. Nous sommes loin des délais raisonnables prévus normalement pour toute démarche d’information du public dans les dossiers environnementaux, comme le prévoit la Convention d’Aarhus.

La dissimulation : une tradition administrative ?

C’est la cinquième fois que les associations ont recours à la Commission d’accès aux documents administratifs pour que soient rendus publics des documents relatifs à NDDL (pour lire le dossier de FNE sur les dissimulations sur ce dossier, cliquez ici). La dernière fois, c’est uniquement suite à une fuite dans le Canard Enchaîné qu’une note de la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) confirmant que le réaménagement de l’aéroport actuel serait bien moins destructeur que la construction du nouveau, contrairement à ce qu’affirmé par les supporters du projet. C’est aussi par une fuite dans ce journal qu’ont été rendues publiques des données montrant que le futur aéroport sera en fait bien moins fonctionnel et important que l’actuel aéroport de Nantes Atlantique.

Plus d’informations :

www.fne.asso.fr

www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=CFA0FC1C295C280735DA892ABFDA48B5.tpdila10v_1?cidTexte=JORFTEXT000032447327&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000032447114

 

S’engager pour un monde meilleur

Créé le : 09/06/2016
Crédits photos: Pixabay CC0 Public Domain Geralt

Mercredi 27 avril sort en librairie S’engager pour un monde meilleur, un livre écrit par Frédéric Denhez, préfacé par Jean Jouzel et publié par Flammarion, à destination du grand public et des élus. Ce livre s’appuie sur les nombreuses propositions de France Nature Environnement, comme autant de petites révolutions qui peuvent, additionnées les unes aux autres, vraiment tout changer.

Sivens, révélateur

Pour France Nature Environnement, le dossier Sivens est, « hormis son épouvantable conclusion, très symptomatique de l’énergie qu’il faut déployer, en France, tous les jours, pour faire appliquer la loi et les règlements, et capter l’attention d’autorités qui pensent que l’élection est une onction incontestable », explique Frédéric Denhez dans le chapitre introductif. Or, des Sivens, il y en a beaucoup… et autant de combats menés par des milliers de bénévoles, membres de FNE, partout en France. Loin d’une opposition stérile, France Nature Environnement propose tous les jours des solutions, dans les tous les domaines, tente d’instaurer le dialogue pour mettre fin aux aberrations, et réclame un renouveau démocratique.

Oui, un monde meilleur est possible !

Ce livre, en dix chapitres, dresse le portrait d’une société en paix avec son environnement. Une alimentation saine, une industrie sobre, une agriculture durable, une large part d’énergies renouvelables, une biodiversité préservée, etc. : après la COP21 et alors que les prochaines élections présidentielles s’annoncent, il est grand temps pour tout un chacun, citoyen, acteur de terrain, élu, de s’engager à son échelle et de faire enfin bouger les lignes !

10 propositions et 18 mesures prioritaires pour les citoyens et l’Etat

S’abonner à un distributeur d’énergie 100% renouvelables, privilégier les transports en commun, le vélo, la marche, le co-voiturage, réparer les objets, cuisiner maison, local, de saison et si possible Bio, apprendre à connaître et à protéger la nature grâce aux sorties organisées par les associations, acheter des produits cosmétiques éco-labellisés, sont autant d’exemples d’actions simples à mettre en œuvre dès aujourd’hui par les citoyens et développées dans ce livre. Et pour l’Etat, France Nature Environnement a aussi beaucoup d’idées : créer un statut de bénévole associatif, investir massivement dans les énergies renouvelables, supprimer les subventions nuisibles à l’environnement, densifier les villes pour lutter contre l’étalement urbain, promouvoir l’économie circulaire, financer la conversion de l’agriculture française à l’agroécologie, imposer l’affichage environnemental sur tous les produits, sont autant d’exemples de mesures prioritaires à adopter d’urgence. « "S’engager pour un monde meilleur" est un cri. Un cri de contestation, un cri de colère parfois, un cri de joie et d’enthousiasme aussi » conclut l’auteur. 


Frédéric Denhez est journaliste, spécialiste des questions environnementales. Collaborateur de Denis Cheissoux (CO2 mon amour sur France Inter), il a publié une vingtaine d’ouvrages dont Cessons de ruiner notre sol ! (Flammarion, 2014). Jean Jouzel est glaciologue, médaille d’or du CNRS. Il fut longtemps vice-président du groupe scientifique du GIEC, prix Nobel de la paix.


Plus d'infos :

www.fne.asso.fr

www.editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=49666&levelCode=home

La rédaction

Climat : « Pour peser, la France doit être exemplaire… »

Créé le : 28/04/2016
Photographie de Benoît Hartmann en novembre 2015 lors de la COP 21

Au lendemain de cette nouvelle conférence environnementale qui s'est achevée mardi, près de 5 mois après la Cop 21, quel bilan de l'action française contre le changement climatique ? Entretien avec Benoît Hartmann, porte-parole du réseau France Nature environnement, fédération qui regroupe près de 3000 associations environnementales dans l'Hexagone.

Quel bilan tirez-vous de l'action française en matière de lutte contre le changement climatique, 5 mois après l'accord de Paris ?

J'ai retenu de cette conférence un grand élan climatique tant national qu'international, visant à faire de la France un leader pour la lutte contre le changement climatique. Et la signature récente par les chefs d’États de l'Accord de Paris, avant sa ratification par chaque pays, montre l'ampleur de cette dynamique historique. En outre, quelques bonnes nouvelles ont été affirmées dans cette grande messe de l'écologie, comme par exemple un véritable plan pluriannuel de l'énergie, qui intégrerait tant les énergies renouvelables que la programmation du nucléaire. Et donc la fermeture potentielles de centrales nucléaires, en parallèle d'un développement des renouvelables, comme envisagé dans le cadre de la loi de Transition énergétique. Autre point positif : la France continue en ce moment de soutenir un prix du carbone élevé et affirme une position allante sur les positions climatiques. Mais dans le même temps, paradoxalement, on oublie qu'il faudrait faire d'abord faire des économies d'énergies. Car la France en consomme bien trop… Ce sujet passe au second plan des discussions. Pour la Cop 21 comme pour chaque conférence environnementale, nous avons eu l'impression que le Président de la République avait intégré les enjeux climatiques mais que les actes ont du mal à suivre.

Car regardons les faits post-COP21 : le budget de l'Ecologie n'a fait que baisser depuis le début de la mandature, la taxe carbone prônée par Nicolas Hulot n'a pas été réalisée, les économies d'énergie restent peu effectives comparé à nos voisins européens. Or si l'on considère que l'écologie est un investissement, alors il convient d'y mettre les moyens. Pour l'instant, nous avons l'impression que c'est toujours un coût qu'il convient de réduire. 

Néanmoins, le succès de la COP21 n'a-t-il pas permis d'impulser une nouvelle dynamique ?

L'ambition affichée est très bonne mais la France ne pèse que 3 % des émissions mondiales. Le seul moyen de faire la différence c'est d'accompagner le mouvement à l'échelle européenne… Pour peser dans les négociations, la France doit être exemplaire… Elle ne l'est pa en faisant l'aéroport de Notre-Dame-Des-Lande ou en poursuivant la défiscalisation sur les hydrocarbures utilisés par les transporteurs... De plus, le retard français s'accumule sur les économies d'énergie dans l'habitat, dans les transports en commun, les renouvelables... Le climat fut pourtant le sujet de l’année 2015, avec la COP 21 à Paris en décembre dernier. Ce fut un succès diplomatique incontestable. Mais la France est-elle réellement exemplaire ? La loi de transition énergétique, promise lors de la première Conférence environnementale (2012), a fixé de bons objectifs. Mais sa mise en œuvre s’avère laborieuse, notamment sur le volet nucléaire. Les décrets d’application de son volet « rénovation des bâtiments », pourtant le plus ambitieux, se révèlent également décevants, faute d’avoir fixé le niveau de performance de rénovation à atteindre. L'Etat a récemment recapitaliser d'EDF, suite aux aléas d'Areva. Mais il n'est pas en mesure de trouver des fonds pour mettre en placeun grand plan en faveur des énergies renouvelables… Bien au contraire. L'investissement d'EDFdans ce domaine reste epsilon comparé à celui lié au nucléaire. Et le futur coût du démantèlement des centrales risque de grever encore un peu plus ce budget. Malgré ce contexte, tous les opérateurs ont encore une d'énormes économies d'énergie à mettre en œuvre, à la fois dans les renouvelables, le bâtiment ou dans les transports. C'est un véritable levier d'espoir. Car cette politique passéiste de l'offre a bel et bien ses limites, à l'heure où les autres pays européens baissent significativement leur consommation… Dernier point, non des moindres : la production d'électricité en continu nous contraint de disposer d'une énergie abondante le jour, revendu peu cher à nos voisins, mais d'en manquer aux heures de pointe. En conséquence, nous achetons de l'électricité à prix d'or à nos voisins qui investissent dans le stockage d'énergie que nous produisons... 

Quant à l'avancée du traité de Paris, lors de la Cop21, êtes-vous optimiste pour la ratification par les États de cet accord ?

198 pays ont participé. Jamais une COP n'a réuni autant de pays. Certes, la ratification pays par pays va prendre du temps. Mais je pense que d'ici la fin de l'année, tout au plus, la majorité l'aura signé. Si c'était le cas, jamais un accord n'aurait été si vite signé. Souvenez-vous de celui de Nagoya, sur la biodiversité, qui a mis 10 ans à être ratifié. Pour que ce texte soit validé, 55 pays représentant 55 % des émissions globales doivent le signer.  Mais ce qui nous inquiète, c'est que la France se retrouve en queue de peloton. Au niveau mondial, c'est bien l'UE qui négocie et non la France. L'Europe reste malgré tout exemplaire. Allemagne, Espagne, pays du Nord sont déjà bien en avance. Et cette nouvelle conférence environnementale risque malheureusement de ne pas changer la donne. On attend que l'ambition se transforme en actes, notamment dans le prochain budget, pour une écologie d'investissements à venir ! 

 


A lire : 

S'engager pour un monde meilleur, 10 propositions à votre portée. Publié en avril dernier chez Flammarion, ce livre a été rédigé par le journaliste Frederic Denhez suite à ses échanges avec les bénévoles et salariés de France Nature Environnement. L'ouvrage comprend une préface de Jean Jouzel, glaciologue et prix Nobel de la Paix et une postface de Denez L'Hostis, président de France Nature Environnement. 12€, dont 2.40€ reversés à France Nature Environnement lors des achats en ligne. 


 

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