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[CLIMAERA ]: Quel lien entre réchauffement climatique et pollution ?

Créé le : 16/10/2020

Crédit photo : Pixabay. Les ferry qui restent allumés à quai sont une source de pollution très importante.

Par Elodie Crézé

Mardi, l’association Atmosud a tenu une conférence de presse pour déterminer le lien entre le réchauffement climatique et la pollution, sur les zones transalpines franco-italiennes. Des actions locales sont proposées afin d’infléchir la courbe de ces impacts, avec des projections pour la période 2030-2050.

 

« Les projections proposées sont optimistes, en termes de changement climatique », prévient Dominique Robin, directeur général d’Atmosud, association de surveillance de la qualité de l’air. La mission de Climaera, projet européen porté par Atmosud, est d’explorer le futur de l’air en lien avec l’évolution climatique. À cette fin, l’association a modélisé plusieurs scénarios climatiques à l’horizon 2030 dans les régions transalpines franco-italiennes. L’objectif est de déterminer les actions à mener localement pour diminuer les rejets de CO2 et gaz à effet de serre, et ainsi agir simultanément sur la pollution de l’air et le réchauffement climatique.

Pour réaliser les modélisations, 3 données ont été prises en compte : les émissions de substances polluantes (particules, gaz…) et gaz à effet de serre, les réactions chimiques dans l’atmosphère (cycle de l’ozone ou formation de particules secondaires) et enfin l’évolution météorologique de la région. Le scénario médian du GIEC (RCP 4,5) qui prévoit une stabilisation des émissions de gaz à effet de serre à la moitié des niveaux actuels à l’horizon 2080 a été retenu par Atmosud.

Urgence à agir

Et les résultats sont alarmants. La température pourrait monter de 2 à 3° C à l’horizon 2030 dans les régions transalpines franco-italiennes, notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Auvergne Rhône-Alpes, mais aussi en Ligurie, dans le Piémont et la Vallée d’Aoste. Quant aux émissions de particules fines, dès lors que le réchauffement climatique est pris en compte dans la modélisation, elles augmentent considérablement malgré les plans d’action menés pour les réduire. « Il faut donc aller plus loin », pointe Alexandre Armengaud, responsable de la coopération scientifique internationale pour Atmosud. « Il y a nécessité d’agir localement et d’investir pour réduire les émissions. »

Des actions, il y en a en effet à mener sur cette région transalpine. Comme améliorer le procédé de combustion des fours industriels, électrifier les quais à Marseille, Nice et Toulon, utiliser du gaz naturel liquéfié comme carburant, opérer une rénovation technologique des installations domestiques biomasse bois, généraliser la norme EURO VII pour les véhicules utilitaires légers diesel, etc. L’association espère ainsi parvenir à obtenir une diminution de près de 10 % des concentrations de PM10.

D’après un sondage mené par Atmosud dans la zone transalpine étudiée, plus de 80 % des sondés se disent prêts à changer leurs habitudes de vie. Mais il ressort un manque d’information général important dans la population. Pourtant il y a urgence, car, rappelle Alexandre Armengaud, « on a moins de 50 ans pour sauver la planète ».

Plus d’infos : www.climaera.eu/fr/presentation/climaera

[Qualité de l’air ] : « Il est encore temps d’agir mais vite ! »

Créé le : 01/10/2020

Photo : pixabay

Par Margaux Legras-Maillet

2°C en plus d’ici 2030 ou 2050 par rapport à 1980 pour les scénarios les plus optimistes, et une qualité de l’air inquiétante. C’est ce qu’annoncent pour les prochaines décennies les résultats du Climaera dans le cadre du programme européen Alcotra 2014-2020*. Malgré des prévisions inquiétantes, les régions et localités ont un rôle de premier plan à jouer.

18 intervenants, 4 tables-rondes, plus de 150 personnes connectées. Après trois mois de décalage accordés par le programme européen ALCOTRA 2014-2020 en raison de la Covid, le Climaera a révélé ses résultats le 24 septembre dernier lors d’un colloque en ligne. Les travaux de recherche montrent que les températures pourraient augmenter de 2°C à 3°C d’ici 2030-2050 par rapport aux températures de 1980, selon les scénarios. Les études annoncent également une baisse du nombre de jours de gel, notamment en montagne, sur le plateau d’Aoste ou en Isère. De même qu’une augmentation des précipitations liquides avec des périodes de canicule plus longues dans le temps et plus systématiques.

Plus inquiétant encore, corrélée au réchauffement climatique, la qualité de l’air devrait se dégrader dans les prochaines décennies. « Concernant la qualité de l’air, on s’attend à une diminution des émissions de particules. Le problème c’est que le changement climatique annihile les efforts de tous les plans d’action mis en place pour réduire les émissions », s’inquiète Alexandre Armengaud, responsable de la coopération Climaera. Les fortes chaleurs facilitent par exemple la production d’ozone ou de pollution photochimique. Pour l’ingénieur, un seul mot d’ordre : « il faut réduire nos émissions »

Cibler les secteurs prioritaires

Pour y parvenir, en plus des plans déjà entrepris, le RIAT, un outil mis en place dans le cadre du Climaera permet de cibler les secteurs dans lesquels il est prioritaire d’agir. Sans surprise, les secteurs émettant le plus de particules polluantes sont le trafic routier et le chauffage domestique. L’outil propose également des domaines d’action au niveau local en fonction du coût, du retour sur investissement et des plans déjà mis en place par les régions. Dans la vallée d’Aoste par exemple, des locomotives fonctionnent encore au diesel, le RIAT préconise donc l’électrification des trains dans la région.

Pour Alexandre Armengaud ces solutions sont réalisables et permettraient en plus d’améliorer la qualité de l’air et de limiter le réchauffement climatique. « Ces solutions sont pensées à partir des plans de protection de l’atmosphère, plans locaux d’urbanisme (PLU), plans climat, plans de déplacements urbains (PDU), etc », explique-t-il. Des améliorations sont donc possibles, néanmoins pour l’ingénieur, les actions locales sont indispensables, les mesures nationales et européennes ne suffiront pas. « Il est très important que les collectivités et les citoyens puissent comprendre que leur engagement est essentiel », insiste Alexandre Armengaud. D’après les sondages du programme, si 82% des personnes sont prêtes à changer de comportement pour améliorer la qualité de l’air, 59% n’ont pas conscience des impacts de leurs comportements individuels. Pour remédier à cette méconnaissance, le Climaera a imaginé un outil numérique ludique et pédagogique sur la problématique de la qualité de l’air proposant notamment des solutions individuelles. Il sera en accès libre dès cette semaine sur le site du Climaera.

*ALCOTRA pour Alpes Latines Coopération TRAnsfrontalières. Programme européen de coopération transfrontalière européenne couvrant le territoire alpin entre la France et l’Italie. 2014-2020 représente la cinquième période de programmation ALCOTRA. Depuis 1990, le programme a cofinancé près de 600 projets pour environ 550 millions d’euros de subventions européennes. Le Climaera vise l’accompagnement de ses partenaires dans la mise en place de politiques sectorielles. Atmosud et Atmo AURA sont partenaires. www.climaera.eu

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