Attac

[ATTAC] : « Stopper Amazon avant qu’il ne soit trop tard »

Créé le : 20/11/2020

© Attac

Par Attac 

Ce lundi 16 novembre, 120 personnalités signent une tribune que publie franceinfo qui fait le constat d’une « crise sans précédent qui a une nouvelle fois révélé les profondes inégalités de notre société »

 

Les signataires de la tribune demandent :

  • > l’instauration d’une taxe exceptionnelle sur le chiffre d’affaires d’Amazon
  • > l’adoption d’un moratoire sur l’implantation de nouveaux entrepôts d’e-commerce

Ils appellent à se mobiliser d’ici au 27 novembre prochain, date du “Black Friday”, pour montrer l’urgence de stopper l’expansion du géant du e-commerce avant qu’il ne soit trop tard.

[DOSSIER] AMAZON, l’ogre qui voulait conquérir le monde

Créé le : 12/11/2020
Colis Amazon

Photo : José Miguels/Pixabay

Par Guillaume Bernard

La crise de la Covid-19 a dopé la croissance d’Amazon et le « Monde d’après » pourrait bien être celui de la prolifération de ses entrepôts. D’autant plus avec les reconfinements un peu partout en Europe et ailleurs, qui promettent de booster encore son chiffre d’affaires. Une mauvaise nouvelle : car l’entreprise est nocive pour l’environnement et l’emploi, refuse de payer ses impôts et fait peu cas du droit du travail. Mais qu’est-ce qui pourrait donc stopper l’extension sans fin du géant Amazon ?

Le Vernet, Haute-Garonne, 2800 habitants, trois boulangeries, deux boucheries et, depuis peu, un Amazon Locker. Installé à proximité de la petite gare communale qui transporte les habitants vers leurs bureaux toulousains, ses grands casiers métalliques affichent clairement leur fonction : "Commandez sur Amazon, retirez vos colis ici". Plus besoin d’attendre le livreur chez soi, vos objets sont directement livrés dans ces lockers et le client est libre de les récupérer quand il le souhaite dans un délai de trois jours.

Apparus en France dès 2017, les lockers ont d’abord été installés dans 230 villes françaises et se sont multipliés peu à peu sur le territoire jusqu’à être implantés dans des communes d’à peine quelques milliers d’habitants. Au Vernet, la date d’installation du locker, juste après le confinement, est elle aussi lourde de sens. D’aucuns pourraient y voir le symbole d’une victoire : celle de la pieuvre Amazon qui, dopée par les effets de la crise du coronavirus, étend encore et toujours ses tentacules. De fait, avec le confinement et la réduction des déplacements, le commerce en ligne a explosé. Amazon, ténor en...

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[ ATTAC] Soutien aux employés de la papeterie Chapelle Darblay

Créé le : 16/10/2020

Par Attac France

Le vendredi 16 octobre, les huit organisations à l‘origine du collectif « Plus jamais ça » (Attac France, la CGT, la Confédération paysanne, la FSU, Greenpeace France, Les Amis de la Terre, Oxfam France et l’Union syndicale Solidaires) organisaient une visite et une réunion publique à la papeterie de La Chapelle Darblay (Seine-Maritime) avec les salariés.

Ce site industriel pourtant rentable (16 millions € de bénéfices en 2019) est actuellement à l’arrêt, avec 218 emplois directs menacés, alors qu’il est porteur d’un projet d’avenir au niveau social et écologique. La disparition de cette papeterie, la dernière à fournir du papier graphique 100 % recyclé en France, entraînerait dans sa chute plus de 600 entreprises extérieures qui participent d’amont en aval au tri, au recyclage et à la fabrication du papier.

Pour le collectif Plus jamais ça, il est urgent de soutenir sur le terrain des initiatives qui permettent de protéger l’emploi tout en protégeant l’environnement et lutter contre les délocalisations. La papeterie de Chapelle Darblay fournissait environ 25% des besoins des imprimeries françaises en papier journal. Ces dernières vont devoir s’approvisionner à l’étranger alors que La Chapelle Darblay a la capacité d’approvisionner l’ensemble des besoins nationaux.

Le gouvernement distribue des milliards pour sauver des entreprises et prône l’urgence de relocaliser les industries mais le groupe UPM, propriétaire du site, a choisi de délocaliser la production en Uruguay, pour maximiser ses profits, en dépit de toute considération sociale et environnementale. L’entreprise se désintéresse de l’avenir du site industriel et de celui des salariés.

En amont de cette visite, les huit organisations du collectif Plus jamais ça ont interpellé par courrier* le Premier ministre, la ministre de la Transition écologique et le ministre de l’Economie et des finances pour les mettre face à leurs responsabilités et leur demander de joindre les promesses aux actes : empêcher les délocalisations et défendre des projets industriels qui conjuguent enjeux sociétaux et environnementaux.

 

Contexte

La Chapelle Darblay est une papeterie implantée sur le territoire rouennais depuis plus de 90 ans. Pionnière dans le recyclage et l’économie circulaire, elle est la seule et dernière papeterie à fabriquer du papier journal qu’elle fournit à des groupes de presse en France et à l’international. Symbole d’une industrie d’avenir, elle fabrique le papier journal à partir du recyclage des papiers usagés grâce à la collecte organisée auprès de plus de 200 collectivités locales (environ 350 000 tonnes par an), sa disparition serait un non-sens économique, environnemental et social pour le secteur de la presse, privé d’un fournisseur exemplaire en France. Modèle sur un plan écologique, elle dispose d’une station d’épuration, d‘une chaudière à biomasse et a les moyens de diversifier sa production (carton d’emballage, de la ouate isolant thermique…).

UPM a bénéficié, en 2006, de l’appel d’offres gouvernemental pour construire sa chaudière et profiter du rachat d’électricité verte ainsi produite. Un rapport juteux pour UPM, qui a engrangé des millions d’aides publiques pour les réinvestir sur d’autres marchés porteurs aujourd’hui, au détriment de son site papetier français. UPM revend également ses quotas de CO2, en millions d’euros, sans scrupule et toujours au détriment de son site papetier.

A l’occasion de cette rencontre, les organisations lanceront une série de rencontres et débats partout en France qui se dérouleront au premier semestre 2021 et mettront en ligne un site internet pour informer sur les initiatives locales qui viendront enrichir et compléter leur plan de sortie de crise, publié en mai dernier.
Notes

* Courrier envoyé le 5 octobre par le collectif “Plus jamais ça” au Premier ministre, au ministre de l’économie et des finances et à la ministre de la Transition écologique
Le site internet du collectif Plus jamais ça lancé le 13 octobre : https://plus-jamais.org
Le collectif Plus jamais ça a publié le 26 mai dernier un plan de sortie de crise avec 34 mesures pour rompre avec la logique néolibérale et construire un monde d’après solidaire, écologique et démocratique. Près de 190 000 personnes ont également soutenu la pétition lancé par le collectif au moment de la crise Covid.

[PLAN DE RELANCE] Ni social, ni écologique!

Créé le : 10/09/2020

Par ATTAC

Avec 100 milliards d’euros, Jean Castex annonce une série de mesures pour relancer l’économie française après le confinement. Il ne fait en réalité que répondre aux demandes du MEDEF, sans répondre aux urgences sociales que connait le pays et à la nécessaire bifurcation écologique. Soyons clair, ce n’est pas un plan en faveur de l’emploi ... le premier ministre s’est en effet contenté de demander timidement au patronat ... 126000 emplois et leur donne... 100 milliards en échange !

L’orientation générale de ce plan est donc un soutien aux entreprises, y compris les plus grosses qui n’ont pas toutes des problèmes de trésorerie. Ce sont donc 20 milliards, un cinquième du plan, qui seront consacrés à la réduction des « impôts de production ». Cette baisse d’imposition était déjà en gestation avant la crise du covid et est une demande déjà ancienne du MEDEF. Pourtant, les politiques antérieures de réduction de la fiscalité des entreprises ont rarement favorisé les investissements utiles, et ont surtout servi les profits des actionnaires.
 
Ces aides ne sont assorties d’aucune conditionnalité sociale ou environnementale. Elles ne seront d’aucun secours pour sauver les salarié·e·s des centaines de milliers de licenciements en cours ou à venir et risquent d’abonder des activités incompatibles avec les limites planétaires. Couplée à une interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits, une sécurité sociale professionnelle associé à un nouveau statut du salarié pourrait a contrario assurer un maintien des droits et des revenus des salarié·e·s menacé·e·s. La relance de l’emploi par l’embauche d’agents publics n’est pas non plus envisagée, alors que le service public fait partie des "amortisseurs" de crise sociale dont l’effet est reconnu depuis la crise de 2008 et que la bifurcation écologique nécessite un accompagnement fort de l’État pour que la volonté politique affichée se décline en mesures concrètes.
De même, les sommes allouées aux minimas sociaux et aux personnes les plus précaires sont ridicules par rapport à ce qui est offert aux entreprises : 1 milliard d’euros (hausse de l’allocation de rentrée et repas à 1 euro en restaurant universitaire, aide aux associations et à l’hébergement d’urgence)... soit 1% du budget du plan de relance !
 
La baisse de la fiscalité sur les entreprises et l’absence de réforme fiscale qui s’attaquerait aux profits, est aussi un obstacle pour mettre en œuvre une transformation écologique de la société. Elle prive un peu plus les collectivités de fonds pour modifier en profondeur les modes de transports, de production, d’agriculture ou de logement, autant qu’elle empêche de développer les services publics qui ont pourtant montré leur importance ces derniers mois. Elle rend d’autant plus difficile la création des centaines de milliers de nouveaux emplois, non délocalisables nécessaires pour la transition écologique et les services non marchands.
Aux côtés des mouvements populaires et citoyens, nos associations et syndicats ont des propositions à faire et des combats à mener. Oui, il y a des alternatives au capitalisme néolibéral, productiviste et autoritaire, et ces alternatives sont crédibles, désirables et réalisables. Les mesures d’urgence du collectif unitaire « Plus Jamais Ça » constituent des premières pistes en ce sens. Elles sont amenées à s’enrichir au fil des mobilisations que nous mènerons collectivement.

[ CE QUI DÉPEND DE NOUS ] Manifeste pour une relocalisation écologique et solidaire

Créé le : 10/06/2020

Les militants d'Attac ont rédigé un manifeste pour encourager une relocalisation écologique et solidaire qui s'annonce urgente et nécessaire.

Présentation du manifeste par les militants d'Attac :

Le manifeste Ce qui dépend de nous - manifeste pour une relocalisation écologique et solidaire, constitue un bien commun à la disposition de toutes celles et ceux qui veulent empêcher le « retour à l’anormal » et construire un « monde d’après » solidaire et désirable.

  • Ce qui dépend de nous, c’est d’agir aux côtés des personnels hospitaliers, pour augmenter les salaires et les effectifs, pour préserver et étendre les organisations coopératives et horizontales du travail de soin qui ont sauvé tant de vies pendant l’épidémie.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de désobéir à la gouvernance par les chiffres pour initier une refondation des services publics centrée sur le care, le soin des autres et de la nature, l’attention aux usager·es et aux élèves, à commencer par les plus fragiles.
  • Ce qui dépend de nous, c’est d’imposer par nos luttes un partage des richesses, un revenu garanti, un droit au logement et aux papiers pour les précaires et chômeurs victimes d’une crise sociale qui ne fait que commencer.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de poursuivre et d’amplifier les multiples réseaux de solidarité concrète que nous avons tissés pendant l’épidémie.
  • Ce qui dépend de nous, c’est d’empêcher que repartent comme avant, soutenues par l’agent public, les activités insoutenables pour la vie.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de décider, en nous réunissant sur nos lieux de travail et de vie, ce à quoi nous devons renoncer, ce que nous voulons transformer, ce que nous voulons inventer pour mieux vivre et respecter les limites de la planète.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de défendre bec et ongles nos libertés et nos droits contre d’illusoires promesses de sécurité et une surveillance électronique généralisée.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de sauvegarder les terres en installant des paysan·ne·s, de défendre la
    biodiversité en bloquant les projets de béton et d’extraction, de protéger l’eau contre les pollueurs et les traders.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de délégitimer et rejeter le pouvoir exorbitant des multinationales sur nos vies, pour que Big Oil&Gaz, Big Pharma, Big Data... laissent la place à l’économie solidaire et aux communs.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de déployer à grande échelle les expériences alternatives, inclusives et féministes, comme autant d’utopies réelles qui érodent le capitalisme.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de soumettre au principe démocratique nos mouvements et nos luttes, afin de n’y pas reproduire les dominations sociales, sexuées, racistes qui empoisonnent nos sociétés.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de construire un projet enthousiasmant de relocalisation écologique et solidaire, pour discréditer les simulacres néolibéraux, la régression nationaliste, et proclamer notre interdépendance avec les autres peuples et le vivant.

Ce qui dépend de nous - manifeste pour une relocalisation écologique et solidaire, aux éditions Les Liens qui Libèrent (96 pages - 10€), sortira en librairie le 24 juin.

> Plus d'infos

[INTERVIEW SONORE] – Nicole Briend : « Le politique doit reprendre la main sur la finance »

Créé le : 05/02/2018

Nicole Briend comparait mardi 6 février devant le tribunal de Carpentras (84) pour avoir  « réquisitionné » des chaises dans une agence BNP Paribas. L'action visait à dénoncer l'évasion fiscale. En réaction, Attac organise de son côté « le procès de l'évasion fiscale », à Carpentras, les 5 et 6 février. C'est dans ce cadre que nous avons rencontré Nicole Briend, qui revient sur la nécessité d'organiser une « mobilisation citoyenne », pour ramener l'argent des multinationales dans les caisses publiques. 

 

#JusticeFiscale : des actions citoyennes ciblent BNP Paribas partout en France

Créé le : 30/01/2018

Ce samedi 27 janvier 2018 des dizaines d’actions ciblent les vitrines des agences de BNP Paribas, la plus grande banque européenne et la plus implantée dans les paradis fiscaux. Ces actions visent à soutenir Nicole Briend, militante d’Attac, qui comparaîtra devant le tribunal de Carpentras le 6 février 2018 pour avoir participé à une action de « fauchage de chaise » en mars 2016.

Des militant·e·s d’Attac, et d’autres organisations comme ANV COP 21, les Amis de la Terre ou Bizi ! ont mené ces actions de communication citoyenne sur les vitrines des agences BNP Paribas pour interroger avec le slogan : « qui vole qui ? ». Les lanceurs/euses d’alerte, les journalistes et les militant·e·s qui dénoncent l’évasion fiscale ou celles et ceux qui l’organisent ? D’autres actions sont prévues ce dimanche 28 janvier ainsi que dans les prochains jours jusqu’au procès.

Attac VS BNP Paribas : qui vole qui ?

A Rennes, 8 militant·e·s d’Attac et d’ANV COP 21 ont été interpellé·e·s à 13 H 30 et ont subi un contrôle d’identité. Les personnes interpellées sont sorties du commissariat un peu plus d’une heure après.

Pour Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac France, « le nombre de ces actions démontre que les citoyen·ne·s sont toujours plus déterminés pour mettre un terme à l’impunité fiscale dont jouissent les multinationales comme BNP Paribas ou Apple. Face à l’arrogance de la banque qui a porté plainte contre Nicole Briend, nous appelons à un grand rassemblement de soutien les 5 et 6 février 2018 à Carpentras. »

ATTAC REFAIT LE MONDE A TOULOUSE, DU 23 AU 27 AOÛT !

Créé le : 17/08/2017

Le cofondateur de Mediapart, Edwy Plenel, la militante altermondialiste Susan Georges ou encore Zoé Konstantopoulou, ancienne présidente du Parlement grec. Autant de participant-e-s à l'Université européenne des mouvements sociaux, organisée par Attac à Toulouse, du 23 au 27 août. Un événement dont Sans Transition ! est partenaire. 

Au programme : débats, assemblées de mobilisation, forums et moments festifs. Les thèmes abordés sont riches, variés et large, à l'image des luttes à mener pour voir advenir un monde plus juste et respectueux de l'environnement. Ecologie, justice fiscale, intersectionnalité des luttes, santé, rôle des services publics, agriculture durable seront autant d'axes de réflexions et d'échanges. Il s'agit de "montrer que le changement est ailleurs, et pas seulement dans les partis politiques. Il est dans l’inventivité et la pluralité des mouvements sociaux, partout en Europe et dans le monde, et dans les alternatives concrètes au capitalisme", déclare notamment Aurélie Trouvé, porte parole d'Attac France, dans un communiqué.

Alternatives au "libéralisme" et au "protectionisme xénophobe"

Ces cinq jours d'échange ont lieu a "un moment stratégique à la suite de l’arrivée au pouvoir de dirigeants politiques, particulièrement aux États-Unis et en France, dont les objectifs sont à l’opposé des valeurs portées par les mouvements sociaux", souligne Attac. " Les mouvements sociaux tracent une autre voie, à côté du libéralisme économique de Macron et du protectionnisme xénophobe de Donald Trump. Cette Université d’été européenne des mouvements sociaux va montrer qu’une autre Europe, celle des citoyen·ne·s engagé·e·s, peut se construire", poursuit l’organisation.

Attac France attend quelques 1500 personnes en provenance de France, d'Europe et du monde entier, dans les locaux de l’université Toulouse Jean Jaurès pour ce grand rendez vous.

Découvrez le programme ICI.

Infos pratique là.

Article présent dans les magazines: 

Yannick Jadot, député européen EELV : "Sans Mobilisation citoyenne, les écologistes n'arriveront pas à leurs fins"

Créé le : 27/10/2016
Crédit : FD / LMDP

Sans Transition s'est entretenu avec Yannick Jadot dans le cadre d'une rencontre organisée par Attac Marseille, mardi, pour la semaine de la transition citoyenne. L'occasion de parler du Tafta et de Notre-Dame-des-Landes avec le député européen du Grand-Ouest (Bretagne-Pays-de-Loire-Poitou-Charentes). Mais aussi de la primaire d'Europe Ecologie les Verts à laquelle il se porte candidat. 

Pourquoi rendre visite à Attac lors de la semaine de la transition ?

Nous affrontons aujourd'hui une telle urgence écologique, sociale, démocratique qu'il nous faut arriver à travailler ensemble. Je sais, au travers du combat que je mène contre le Tafta, que si nous avions pas la mobilisation des mouvements citoyens, des villes et des régions qui se sont déclarées "hors-Tafta", nous ne serions pas arrivés à faire bouger le parlement européen. Autre exemple : nous avons obtenu l'interdiction du chalutage en eau profonde. Or s'il n'y avait pas eu la mobilisation de l'ONG Bloom, une pétition rassemblant 900 000 signatures et l’engagement des réseaux militants-citoyens, nous n'aurions pas gagné. Sans mobilisation citoyenne, les écologistes n'arriveront pas à leurs fins. Dans un même temps, en tant qu'élus, nos votes sont parfois la traduction politique et réglementaire de ces combats citoyens.

Le président Hollande a récemment déclaré vouloir faire sortir la France des négociations du Tafta. Avez-vous l'espoir que le projet soit enterré ?

Le projet et la négociation sont très enlisés parce que du côté européen, nous assistons à une mobilisation pour la défense de l'environnement, des services publics, des droits sociaux, de la santé, de l'agriculture ou encore de la protection des données personnelles. Et, de leur côté, les américains ne veulent pas lâcher leurs marchés publics qui favorisent intelligemment les PME et un certain nombre de secteurs économiques.

En revanche, je regrette profondément que le gouvernement soutienne le Ceta - projet d'accord de libre-échange avec le Canada. C'est en fait un autre Tafta qui va remettre en cause notre capacité à nous protéger. Mais aussi mettre à mal notre ce que l'on souhaite pour nos systèmes de santé, l'environnement, l'agriculture ou, tout simplement, pour notre démocratie.

Vous êtes élu du Grand-ouest (Bretagne-Pays-de-Loire-Poitou-Charentes). Vous connaissez bien le sujet de Notre-Dame-Des landes. Les résultats de la consultation de l'été dernier ont donné le "oui" gagnant. Est-ce que vous pensez que la mobilisation contre le projet peut continuer dans ce contexte ?

La mobilisation va continuer. Nous avons toujours dit que la consultation locale était biaisée et servait un objectif : obtenir un "oui". Nous menons toujours le combat sur place. Il faut encore expliquer que le bon-sens nous impose de ne pas faire cet aéroport, de conserver la biodiversité ainsi que les terres agricoles. Il faut ne pas favoriser de manière imbécile le transport aérien. Et puis, je tiens à souligner que la France reste mise en demeure par l'Union européenne car elle ne respecte pas les règles environnementales et les règles relatives aux projets. Donc, aujourd'hui, lorsque le gouvernement veut poser la première pierre de Notre-Dame-des-Landes, il est dans l'illégalité.

Vous vous présentez à la primaire d'Europe Ecologie les Verts. Qu'est-ce que la "transition" signifie pour le candidat que vous êtes ?

Pour moi, candidat, la transition c'est au fond donner le pouvoir aux citoyens. Il y a aujourd'hui partout, sur les territoires, des actions extraordinaires qui sont menées dans les domaines de l'alimentation, de l'agriculture, des transports, de l'école, des quartiers ou encore dans le secteur culturel. Mais, malheureusement, nous avons des dirigeants politiques qui passent leur temps à défendre le vieux monde. La transition, au fond, c'est le sens de ma candidature. C'est faire en sorte que la politique laisse la place aux citoyens qui font du bien à la société. Mais la transition c'est aussi permettre à la politique de contraindre les intérêts économiques néfastes pour la société.  

Le CETA contre l’intérêt général

Créé le : 26/09/2016
Une grande journée d'action contre les traitées de libre échange est prévue le 15 octobre 2016 - Crédit : Attac

Par Attac 

À la veille de la rencontre des ministres européens du commerce à Bratislava, où ils décideront du processus d’approbation du CETA par l’UE, Attac France, l’AITEC et Corporate Europe Observatory (CEO) publient, avec une vingtaine d’autres organisations de la société civile en Europe, le rapport « CETA : Marchander la démocratie ». Il démontre que le chapitre 8 du CETA (Accord économique et commercial global), consacré à la libéralisation et à la protection de l’investissement, demeure une menace substantielle pour nos démocraties.

L’Accord économique et commercial global (dit CETA du fait de son acronyme anglais – Comprehensive Economic Trade Agreement) pourrait exposer les États membres de l’UE à des plaintes coûteuses de la part d’investisseurs nord-américains contestant des mesures d’intérêt général.

Une fois approuvé et ratifié, le CETA autoriserait les investisseurs canadiens, et leurs homologues américains disposant de filiales au Canada, à poursuivre les États membres de l’UE et l’UE elle-même pour toute législation affectant négativement leurs bénéfices. Le CETA ne comprend en revanche aucune obligation pour ces investisseurs.

La décision démocratique en péril 

Les accords de libre-échange existants tels que l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) montrent que la majorité de telles poursuites incrimine des lois et réglementations protégeant la santé publique, l’environnement et le droit du travail, et permet aux intérêts lucratifs particuliers de supplanter l’intérêt général. Comme le souligne le rapport, le chapitre investissement du CETA conduirait à l’explosion des plaintes d’investisseurs contre des États. Ces plaintes sont tranchées dans des cours d’arbitrage sises hors des juridictions nationales ou européennes. Ce système de justice parallèle rend les procédures extrêmement coûteuses, opaques et partiales ; il alourdit par ailleurs les dépenses publiques et met la décision démocratique en péril.

Lora Verheecke, chercheuse et chargée de campagne chez CEO, observatoire des lobbies à Bruxelles, coordinatrice du rapport, souligne : « Ce nouveau rapport passe en revue les promesses de la Commission européenne censées rassurer les citoyens sur l’innocuité du chapitre investissement du CETA. Mais en dépit des changements apportés aux dispositions du précédent chapitre, le CETA ne démontre toujours pas qu’il protégera les États membres et l’UE d’une pluie de plaintes de la part d’investisseurs estimant leurs espoirs de profits frustrés ».

Amélie Canonne, présidente de l’AITEC, complète : « Le système juridictionnel sur l’investissement ne présente aucune évolution significative qui permettra aux États de retrouver leurs capacités à légiférer et réglementer sans crainte d’être poursuivis. Les plaintes liées aux secteurs pétrole-gaz/mines/électricité sont de plus en plus nombreuses, et représentent déjà un tiers du total des poursuites. Cela signifie que les entreprises canadiennes qui sont leaders de l’extraction énergétique et minière dans le monde ne se priveront pas d’attaquer des politiques conçues pour lutter contre le changement climatique. »

Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France, conclut : « Au nom de la protection de leurs investissements, les multinationales américaines et européennes pourront bien davantage imposer leurs desideratas aux citoyens : moins de normes environnementales, sanitaires et sociales pour plus de profits financiers. Cet énorme risque, qui a été mis en évidence dans le TAFTA, est bien présent dans le CETA. Voilà pourquoi, tout comme le TAFTA, il faut repousser le CETA. »

En dépit des mobilisations massives de l’opinion publique contre le traité, et notamment son chapitre investissement, les gouvernements de l’Union européenne et du Canada prévoient la signature de l’accord avant la fin de cette année. Des marches et des actions exigeant de renoncer au CETA sont organisées dans toute l’Europe dans le cadre de l’Automne d’action. En France et notamment à Paris, une initiative portée le Collectif Stop TAFTA/CETA aura lieu le samedi 15 octobre.

Plus d'infos :

www.france.attac.org

 

 

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