Vie du réseau

Les Mutuelles à l'honneur dans un livre et une exposition de photos

Créé le : 14/06/2018

Un livre et une exposition photo mettent à l’honneur l’histoire des mutuelles du 19e siècle à nos jours.

À l’occasion de la sortie du livre de l’historienne Charlotte Siney-Lange, "La Mutualité, grande semeuse de progrès social", la Mutualité Française organise l’exposition photo "Vos mutuelles au cœur de la société : 150 ans d’innovation", qui se tient du 11 au 17 juin sur l’Esplanade du Corum à Montpellier simultanément au 42e Congrès de la Mutualité. Aux côtés de photographies anciennes seront exposées des images contemporaines signées par le photographe Samuel Bollendorff, illustrant le savoir-faire des établissements mutualistes en termes d’innovation et de lien humain, ainsi que leur enracinement dans les territoires.    

Alors que la Mutualité Française est le mouvement social français le plus ancien et le plus important en France, l’histoire des établissements mutualistes sanitaires, sociaux et médico-sociaux qu’elle gère est relativement méconnue. « En offrant un éclairage nouveau sur le rôle majeur de la Mutualité dans ces secteurs, l’ouvrage de Charlotte Siney-Lange permet d’apprécier la richesse de notre héritage et l’importance de nos réalisations », explique Thierry Beaudet, président de la Mutualité Française.

Edité pour la première fois, cet indispensable rappel historique permet de mieux appréhender et comprendre une véritable spécificité mutualiste. Pan encore relativement méconnu de l’activité des mutuelles, l’analyse conduite par l’auteur des réalisations sanitaires, sociales et médico-sociales depuis le milieu du XIXe siècle aide à mieux saisir leur positionnement comme compagnon du bien-être, du mieux-vivre, bien au-delà des seules questions d’assurance ou de santé. À ce titre, l’historienne lève le voile sur les premières pharmacies fondées au milieu du XIXe siècle jusqu’aux établissements de santé de pointe, en passant par l’entre-deux-guerres et le renforcement du rôle des mutuelles face aux besoins croissants de la population.

 

Des structures historiques de proximité et laboratoires d'innovation

Enrichi par de précieuses photographies d’époque, le livre se fait le témoin de l’avant-garde mutualiste et de sa lutte pour la démocratisation de l’accès aux soins et contre toute forme d’exclusion (premières cliniques dotées des appareils les plus perfectionnés, mutuelles maternelles, centres pour personnes handicapées…). Il illustre également l’enracinement historique des établissements mutualistes sanitaires, implantés sur tout le territoire depuis le début du siècle dernier.

C’est cet héritage unique que l’exposition photos se propose d’illustrer, à travers des images emblématiques des mutuelles dans leur rôle de gestionnaire d’établissements et services sanitaires et sociaux. Mettant côte à côte images d’archives et photographies contemporaines, elle montre, comme le rappelle Thierry Beaudet, que les « établissements mutualistes continuent d’être de formidables laboratoires d’innovation, d’excellents terrains d’expérimentation, en télémédecine par exemple, comme sur l’ensemble des champs de la santé numérique ».

 

Plus d'infos : www.mutualite.fr

Catastrophes naturelles : une plateforme d'entraide entre particuliers

Créé le : 14/06/2018

En cette période de sinistres météorologiques, il est bon de signaler ShareENTRAIDE, une plateforme d'entraide entre particuliers en cas de catastrophe naturelle. La MAIF la met à disposition de tous ceux qui en ont besoin, qu'ils soient assurés MAIF ou non.

Créée à l'initiative de la communauté des sociétaires MAIF, ShareENTRAIDE permet d'organiser la solidarité. Cette plateforme de mise en relation regroupe les propositions de tous ceux qui souhaitent aider et les demandes des personnes touchées. Coups de main, hébergement, transport, matériel, outils, espace de stockage... Toutes les bonnes volontés sont bienvenues.

Lancée en 2016, ShareENTRAIDE a été testée dans 8 départements pendant un an, rassemblant plus de 800 volontaires potentiels. Elle est désormais ouverte à toute la France, départements d’outre-mer (DOM) inclus. La plateforme s'activera en cas de grande catastrophe, on peut s'inscrire pour être tenu au courant sur www.shareentraide.org.

En cas d'événements exceptionnels, tous les préinscrits de la zone concernée sont prévenus par mail et/ou SMS. Les personnes qui ont besoin d'aide et celles qui sont en capacité d'aider sont invitées à entrer en relation grâce à la plateforme.

Un dispositif utile aussi pour les collectivités. En effet, ShareENTRAIDE constitue également, pour les acteurs sur le terrain de l'urgence, un moyen de mieux géolocaliser des ressources invisibles, tout en leur permettant des actions à l'échelle intercommunale.

 

[VIDEO] Les acteur-ice-s qui font la transition en Auvergne-Rhône-Alpes

Créé le : 12/06/2018

Rencontre avec plusieurs partenaires acteur-ice-s du changement sur les territoires à l'occasion de la soirée de lancement de l'édition Auvergne-Rhône-Alpes de Sans Transition !
 

 « Coopérer pour avoir un partage des valeurs qui soit équitable  »

Céline Poncet (Biocoop Bourgoin-Jallieu), Mirabelle Jaoui (Biocoop Tassin-la-Demi-Lune) et Dominique Senecal (président Biocoop Auvergne-Rhône-Alpes) nous expliquent l'engagement de Biocoop - partenaire historique de la revue - dans la transition.
 

 « Garantir des partenariats solidaires qui s'inscrivent dans la durée avec les paysans »


 

Belledone est une société spécialisée dans la fabrique de pain/confiseries/biscuits bio et vrac. Céline Berthollet, responsable marketing, nous explique le rapport qu'entretient la marque avec les territoires.


« Relocaliser l'agriculture et renforcer les circuits de proximité »


Quelle est la politique de transition de Lyon, forte du label "ville équitable et durable" ? Dounia Besson (adjointe au maire de Lyon en charge de l'économie sociale et solidaire) et Bruno Charles (vice Président à l'agriculture et au développement durable à la métropole de Lyon) nous éclairent sur le sujet.

 

Le retour des blés anciens

Créé le : 11/06/2018

Belledonne fait revivre une tranche de vie de nos terroirs oubliés...

Dans une volonté de préserver la biodiversité des différents territoires, Belledonne, en collaboration étroite avec ses partenaires paysans et meuniers, a travaillé à la remise en culture de variétés anciennes de blés.

Ces blés anciens sont des blés issus de variétés datant d’avant 1950 et l’ère de l’agriculture industrielle. Ils n’ont fait l’objet d’aucune sélection ni de transformation par des semenciers et ont été préservés par quelques paysans. Véritable patrimoine de nos terroirs, ces blés anciens et quasi oubliés seraient mieux tolérés par les personnes les plus sensibles, leur teneur en gluten étant plus faible.

Aujourd’hui, Belledonne propose un pain demi-complet à base de farines de blés anciens écrasés à la meule de pierre et travaillé selon des méthodes traditionnelles (levain maison, pétrissage bref et lent, façonnage à la main, cuisson en four à sole…). A travers ces pains, l’entreprise souhaite défendre l’autonomie des paysans, la sauvegarde de la diversité du patrimoine végétal, les méthodes ancestrales de boulangerie et le goût du bon pain.


Ce pain est fabriqué uniquement dans les fournils d’Île-de-France (à partir de blés anciens cultivés en Seine-et-Marne et en Bourgogne) et d’Occitanie (avec des blés anciens cultivés dans le Tarn). Il est vendu en magasins bio spécialisés des régions concernées. L’objectif de Belledonne étant de développer dans un avenir proche des partenariats sur des farines de blés anciens avec ses 2 autres fournils, l’un en Savoie et l’autre en Provence.

Plus d'infos : www.pain-belledonne.com

Léo Miranda, la Nef : « La Nef possède la clientèle la plus altruiste »

Créé le : 08/06/2018
© Pixabay

Léo Miranda est responsable de l'innovation à la Nouvelle Économie Fraternelle (Nef), banque éthique. Rencontré lors de la dernière assemblée générale de cette coopérative, à Vaulx-en-Velin (69), le 26 mai dernier, il évoque avec nous l'implication des sociétaires dans la vie de l'entreprise.

Une vidéo et un nouveau portail des habitants participatifs

Créé le : 06/06/2018

Cette année les Rencontres Nationales de l'Habitat Participatif auront lieu à Nantes les 5-6-7 juillet. Voici une vidéo à visionner pour se donner envie... et y venir. Sans Transition! animera la première matinée de ces rencontres.

En cette année de Rencontres Nationales et dans le contexte de rénovation de la Coordin’action Nationale, cette dernière souhaité communiquer auprès du grand-public et auprès de l’ensemble des acteurs du Mouvement qu’ils soient des habitants, des associations, des professionnels ou encore des institutionnels.

Un des enjeux actuels pour développer l’Habitat Participatif est de se fédérer, de s’organiser, de faire Mouvement pour que chacun de là où il est, puisse contribuer, et c'est à cela que vous invite cette vidéo. Découvrez le mouvement en 3 minutes !


 

"Faire Mouvement" sera également une thématique importante des Rencontres Nationales qui s'organisent et auxquelles vous pouvez vous inscrire ici.

Espace(s) Commun(s) est la nouvelle plateforme des habitants participatifs : elle s'adresse à tous et pensée dans une logique de bien commun. Elle rassemble sur un même espace :
- un nouvel outil de mise en lien des habitants (créez votre fiche),
- la base de données des projets d’Habitats Participatifs (en particulier ceux recherchant des habitants),
- la liste des membres du réseau (liste appelée à s’élargir),
- un espace « contributions ».

Pour découvrir Espace(s) Commun(s) : www.coordinaction.net/?EspacesCommuns

"L'économie circulaire, levier de la transition"

Créé le : 04/06/2018
Entretien croisé avec Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l’ESS en Paca (CRESS) et Xavier Corval, président fondateur d’Eqosphere, entreprise sociale pionnière engagée en faveur de réduction du gaspillage et des déchets depuis 2012 et mandataire de la Cress sur la thématique « Économie Circulaire ».
 
A noter : la CRESS Paca inaugure une nouvelle délégation départementale dans les Alpes-maritimes, à Nice, jeudi 7 juin. Un événement animé par Sans Transition ! 

 

En quoi les entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) participent-elles à la dynamique autour de ce qui est désormais qualifié d'économie circulaire ?

Denis Philippe : L’économie circulaire propose un modèle économique innovant. L’objectif : produire durablement des biens et services, en limitant la consommation et le gaspillage de ressources (matières premières, eau, énergie), ainsi que la production des déchets. Notre mouvement d’entreprises se préoccupe depuis toujours de sa contribution à la transformation sociale. A l’avenir, l’enjeu d’une transition écologique et sociale s’impose, vers un modèle de développement durable. Certes, les nombreuses initiatives de nos entreprises y participent d’ores et déjà. Mais je constate que nous n’avons pas assez communiqué sur cet axe, qui affirme notre capacité d’entrepreneurs responsables de premier plan, en faisant circuler la richesse localement.

 
Xavier Corval : L’économie circulaire et l’ESS ont en commun d’être portées par des modèles de développement favorisant l’intérêt général et la circulation et la déconcentration des richesses. Comme nombre d’acteurs de l’ESS, nous oeuvrons au sein d’Eqosphere en faveur de cette dynamique : l’entreprise conçoit et gère des dispositifs de réduction du gaspillage pour les acteurs professionnels. Elle structure par exemple des « réseaux smart » de l‘économie circulaire et de la revalorisation des produits invendus et surplus de ses clients, de la grande distribution aux hôpitaux, pour éviter de les retrouver dans les poubelles !
 

Pour Nicolas Hulot : « L’économie circulaire se place au coeur de la transition énergétique. Nous devons arrêter ce procédé infernal qui amène à épuiser nos ressources ». Comment l’ESS peut-elle apporter sa pierre à cet édifice ?

DP : Nous sommes en train de mobiliser les 300 entreprises de l’ESS adhérentes de la Chambre régionale, afi n de co-construire avec l’ensemble des acteurs - associations, coopératives, mutuelles, fondations, - des réponses collectives aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques que porte l’économie circulaire. Recyclage des déchets, lutte contre le gaspillage alimentaire, valorisation de la biomasse…, sont autant de directions vers lesquelles nous pouvons apporter notre expertise et nos solutions, pour proposer des emplois et des réalisations locales. Les entreprises de l’ESS contribuent à fournir à l’action politique des voies à suivre et des expériences réussies, afin d’avancer vers la transition écologique. Le plus souvent, elles sont par ailleurs pionnières en matière d’innovations radicales. C’est là l’enjeu du travail que nous engageons avec nos partenaires.

 
XC : Eqosphere s’est impliquée depuis 18 mois dans un grand défi aux côtés des collectivités locales en Région Paca. Car les sols seront saturés en termes de capacités d’enfouissement des déchets dès 2020. Voilà pourquoi il faut déployer rapidement des coopérations efficaces au sein des filières et entre les filières. La Cress a décidé de renforcer la mobilisation de ses expertises et capacités de coopération au service de l’économie circulaire.

Une biofaçade fête ses deux ans de fonctionnement

Créé le : 02/06/2018

En 2013, le consortium SymBIO2 piloté par XTU, est désigné lauréat d’un financement gouvernemental français pour un programme visant à développer un projet pilote de biofaçade de 200 m2. A la clé : des performances thermiques supérieures, la valorisation des eaux usées et du CO2 produit par le bâtiment, mais aussi la production d’une biomasse très intéressante pour de nombreux secteurs industriels.
 

Flash-back : l’année 2016 est celle de la concrétisation du projet, avec la finalisation de la construction de la première biofaçade pilote au CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) à Champs-sur-Marne (77). Cette biofaçade de près de 200 m2 constituée de 16 photobioréacteurs, couvrant quatre étages d’une tour au centre du site, est une première mondiale. Elle doit sa sortie de terre à l’engagement des membres du consortium SymBIO2, soutenu par ses financeurs - BPI France, les régions Île-de-France et Pays de la Loire, et la Mairie de Paris.

La mise en service de cette biofaçade au printemps 2016 a permis de confirmer la pleine capacité de cette innovation à produire des microalgues. Afin de permettre à l’algoculteur une utilisation facilitée de cet outil de production, un logiciel de pilotage permettant une prise en main à distance et une automatisation de certaines actions a été développé. Il permet le suivi et la régulation en temps réel des conditions de culture des microalgues, notamment le pH et la température.

Exploitation de la biofaçade

Depuis sa mise en service, la biofaçade a été exploitée pendant 12 mois. La culture de la microalgue robuste Chlorella vulgaris a permis l’acquisition de données de productivité et de performances thermiques de la biofaçade, ainsi que l’élaboration de protocoles à suivre à chaque étape de la production de microalgues (inoculation, culture en continu, récolte des microalgues, nettoyage de la biofaçade…). Toute une série de tâches reproductibles à grande échelle...

Cette phase d’exploitation a aussi contribué à l‘optimisation de la biofaçade, et en particulier du système de régulation de la température du milieu de culture. En parallèle, des tests à petite échelle ont été effectués sur la SymBIO2 BOX (un autre petit prototype de biofaçade situé sur la plateforme AlgoSolis à Saint-Nazaire) et au laboratoire, afin de déterminer les conditions optimales de culture de différentes espèces de microalgues. Ces tests ciblaient notamment le pH, la température et l’intensité du bullage d’air.

Aujourd’hui : la culture d’algues se poursuit. Chlorella cèdera bientôt la place à Haematococcus pluvialis, une microalgue étonnante, capable de changer de couleur, et de produire une molécule hautement valorisable : l’astaxanthine ! Cet antioxydant très puissant présente de grandes potentialités dans le domaine de la santé, de la cosmétique et de l’alimentation.

Débouchés d’avenir pour les biofaçades

Le bâtiment « Algo House » du projet M5A2, lauréat de l’appel à projet Réinventer.Paris, arborera plusieurs centaines de mètres carrés de biofaçade au-dessus du Boulevard des Maréchaux dans le 13ème arrondissement de la capitale. Ce bâtiment-laboratoire aura toute sa place dans un écosystème rassemblant de nombreux acteurs des sciences du vivant et de la ville. Il pourra permettre la production locale de biomasse fraîche, à destination de la nutraceutique, la recherche en santé, la cosmétique... Le consortium travaille sur d’autres applications prometteuses, avec ses partenaires en France et à l’étranger.

 

Le consortium SymBIO2 est constitué de :

XTU, agence d’architecture et d’urbanisme spécialisée dans la ville durable
CSTB, établissement public au service de la qualité, la sécurité et l’innovation dans le bâtiment
AlgoSource Technologies, société d’ingénierie spécialisée dans les procédés de culture et de bioraffinage des microalgues
Viry, entreprise de construction d’ouvrages complexes verre et acier
Oasis, bureau d’études expert en thermique et performance environnementale des bâtiments
Séché Environnement, un des leaders dans la valorisation et le traitement des déchets ménagers et industriels
GEPEA, laboratoire de recherche public expert dans le domaine des microalgues

Bienvenue au Festival Kokopelli – Les Tambours de Gaïa

Créé le : 01/06/2018

Organisé par l'association Kokopelli, le Festival des Tambours de Gaïa se déroulera du 8 au 10 juin prochain, sur le site de Castagnès, au Mas-d’Azil (09), au cœur de la nature ariégeoise.

 

Kokopelli est une association à but non lucratif qui œuvre pour la libération des semences et la protection de la Biodiversité alimentaire, en rassemblant tous ceux et toutes celles qui souhaitent préserver le droit de semer librement des semences potagères et céréalières, de variétés anciennes ou modernes, libres de droits et reproductibles.

Durant 3 jours, le Festival proposera des conférences, une bourse au graines, des ateliers, des concerts... pour informer, sensibiliser et partager.

L’alimentation est un point très important pour Kokopelli, l’ensemble des produits proposés sur le Festival est issu de l’Agriculture Biologique et provient le plus possible de productions ariégeoises.

Les conférences, ateliers et tables rondes se dérouleront autour de la maison de Kokopelli. Les concerts (en soirée) se dérouleront dans la plaine de Castagnès.

Un avant-goût ?



Plus d'infos :
kokopelli-semences.fr
festival-kokopelli.fr

[Communiqué] - Projet de loi Agriculture et Alimentation: poudre de perlimpinpin!

Créé le : 30/05/2018
Pixabay

Communiqué commun: La Loi Agriculture et Alimentation adoptée aujourd’hui n’est pas à la hauteur de nos attentes! 

Ce mercredi 30 mai 2018 à partir de 15h, le tant attendu projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation est voté en première lecture à l’Assemblée Nationale.

De ce texte ne ressortent ni les engagements pris durant les ateliers des Etats Généraux de l’Alimentation, ni les engagements du Président Emmanuel Macron. Les représentants de la société civile ne décolèrent pas de voir une loi si faible adoptée par des députés qui suivent l’avis du gouvernement.

Un faible espoir réside-t-il dans le passage prochain au Sénat pour que nos représentants se saisissent des véritables enjeux? Dans le cas contraire, les représentants de la société civile que nous sommes se désolidariseront de cette loi.

Après près d’un an de travaux lancés dès l’annonce de l'organisation des Etats Généraux de l'Alimentation (EGA), les organisations de la société civile (1) désespèrent de voir un texte législatif aussi vide et contraire à l’esprit des EGA. C’est pourtant l’ensemble des acteurs agricoles, sociaux, économiques et environnementaux de la société française qui ont été mobilisés par le gouvernement. Alors que les consensus obtenus lors des ateliers sur les EGA à la fin 2017 promettaient de réelles avancées, quasiment aucune d’entre elles n’a été reprise dans ce projet de loi. A quoi bon ces 35 000 heures de mobilisation et de travaux pour accoucher d'une souris et ignorer les conclusions partagées par une majorité d'acteurs ? L’esprit des EGA semble bien loin ! Comment expliquer tous  ces renoncements face aux engagements pris par le Président de la République, que ce soit durant la campagne présidentielle ou face à l’ensemble des acteurs lors de son discours à Rungis ?

La Loi Agriculture et Alimentation adoptée aujourd’hui n’est pas à la hauteur de nos attentes et bien loin des enjeux de notre siècle. Elle ne permettra pas aux agriculteurs de mettre derrière eux les crises agricoles et de vivre dignement de leur travail. C’est une illusion de croire que cette loi permettra de rééquilibrer le rapport de force économique entre agriculteurs et distributeurs. Elle ne leur donnera pas non plus les outils économiques et législatifs nécessaires pour engager une véritable transition des modes de production. Le gouvernement et les députés ont ainsi raté l’opportunité de montrer que l’agroécologie permettrait de réconcilier économie et écologie.

Les organisations de la société civile rappellent que la loi ne pourra remplir son rôle que si l'ensemble des leviers déterminants et urgents pour la transition y sont intégrés de manière obligatoire. Le renvoi très fréquent par Stéphane Travert  lors des débats aux engagements volontaires des filières, des fabricants et distributeurs de produits alimentaires ou à d’éventuelles évolutions à l’échelon européen ressemble fort à une démission des législateurs et responsables politiques, alors que c’est au contraire leur rôle, pour protéger l’intérêt général, que d’ancrer des objectifs clairs dans la loi, et d’entériner des mesures qui s’appliquent à toutes et à tous.

Les représentants de la société civile appellent, au vu des enjeux sanitaires, environnementaux et économiques qui entourent cette loi, à un sursaut des parlementaires et du gouvernement pour lui donner corps et la muscler. Dans le cas contraire, nos organisations se désolidariseront de cette loi.

(1) Action contre la Faim / ActionAid France / Agir Pour l’Environnement / Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières / Amis de la Terre France / Association française des Diététiciens Nutritionnistes / Association Max Havelaar France / Attac France / BLOOM / CCFD-Terre Solidaire / Commerce Equitable France / CIWF France / CMR (Chrétiens dans le Monde Rural) / Comité français pour la solidarité internationale / Coordination SUD / CRID / Criigen / Eau et Rivières de Bretagne / Fédération Artisans du Monde / Fédération des Associations pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural (FADEAR) / Fédération Nationale d’Agriculture Biologique / Fermes d’Avenir / Filière Paysanne / Fondation pour la Nature et l’Homme / Foodwatch / France Nature Environnement / Générations Futures / Greenpeace France / Ingénieurs Sans Frontières AgriSTA (Agricultures et Souveraineté Alimentaire) / Justice Pesticides / LPO / Miramap / Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique / Nature et Progrès / OGM dangers / Oxfam France / Plateforme pour une petite pêche / REFEDD (Réseau Français des Etudiants pour le Développement Durable) / RENETA (Réseau National des Espaces-Test Agricoles) / Réseau Action Climat / Réseau CIVAM / Réseau Cocagne / Réseau Environnement Santé / RESOLIS / SOL / Syndicat National d’Apiculture / Terre & Humanisme / Terre de Liens / UFC que choisir / Union Nationale de l’Apiculture Française / WECF France / WWF France

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