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[ COMMUNIQUÉ ] L'Union Solidarité Laïque, soutient les sinistrés de l'Aude

Créé le : 18/10/2018

Les intempéries qui ont touché le département de l’Aude ont fait plusieurs victimes et causé des dégâts considérables ainsi que des milliers de sinistrés. L'union Solidarité Laïque lance un appel aux dons d’urgence pour apporter soutien et réconfort aux enfants du département. Les dons serviront à assurer des activités périscolaires et à financer des kits de loisirs, du petit matériel sportif et créatif.

13 morts, des milliers de sinistrés, des dégâts matériels importants, notamment dans les écoles et les centres de loisirs, tel est le bilan des intempéries qui se sont abattues sur le département de l’Aude.

Solidarité Laïque apporte d’ores et déjà son aide sur le terrain en lien avec ses partenaires qui gèrent des centres éducatifs sur place.

Pour mieux répondre aux besoins, elle lance dès aujourd’hui un appel aux dons d’urgence destiné à accompagner les enfants victimes de ces intempéries.

L’ESPER, la Ligue de l’enseignement, des syndicats enseignants ont déjà rejoint la mobilisation. Elles seront rejointes par d’autres organisations membres de Solidarité Laïque liées à l’économie sociale et solidaire et à l’éducation populaire qui feront prochainement connaître leur engagement.

Cet appel à dons permettra

–        d’apporter un soutien de première urgence aux familles victimes des intempéries

–        d’aider les structures éducatives touchées et d’apporter un soutien aux activités pédagogiques

–        de proposer des activités de loisirs et de réconfort aux enfants traumatisés par ces inondations

–        d’équiper en kits sportifs et créatifs

[VIDEOS] - André Bucher : « Mon roman parle d'un combat pour la sauvegarde d'un lieu »

Créé le : 16/10/2018
André Bucher présente son nouveau roman, Un court instant de grâce (octobre 2018 – Le Mot et le Reste) - DR

Il se présente comme un écrivain-paysan. Nous avons rencontré André Bucher, durant la dernière foire bio de Montfroc (26), les 6 et 7 octobre derniers. Dans une série de trois interviews vidéos, l'homme de la vallée du Jabron nous a parlé de son dernier roman, Un court instant de grâce (octobre 2018 – Le Mot et le Reste). Roman dans lequel l'évocation du projet de méga-centrale à bois de Gardanne (13) et ses potentiels impacts dévastateurs sur la forêt ne serait que fortuite...

Retrouvez-ci dessous la chronique d'Un court instant de grâce parue dans le dernier numéro de sans Transition !


A lire : BOIS ET ENERGIE : VERS UNE GESTION RESPONSABLE DES RESSOURCES FORESTIÈRES ?


 

       

 

 

 


Chronique - LA BATAILLE DU BOIS
 
Émilie vit sur les pentes de la montagne de Palle. Depuis la mort de son compagnon, elle cultive seule ses terres, avec force et détermination. Son existence est bousculée par un projet de centrale à biomasse qui menace la forêt. Mais aussi par Victor, ami (amour ?) d’enfance, qui revient vers elle, sans crier gare... Avec ce neuvième roman, André Bucher fait référence à la controversée centrale électrique de Gardanne, dans les Bouchesdu- Rhône (lire Sans Transition ! N° 5). Loin des images d’Épinal, l’auteur décrit, avec réalisme et sensibilité, le combat, les joies et les peines de celles et ceux qui vivent au quotidien une certaine ruralité. De la résistance à la complaisance, il donne à voir le petit théâtre de la vie d’une vallée, confrontée aux impacts de ce que d’aucuns qualifient de « grand projet inutile ». Le tout sous le regard d’une nature imposante, qui semble n’en penser pas moins...
 
Un court instant de Grâce, André Bucher, Le Mot et le reste, septembre 2018, 208 pages, 19 euros

[CONFERENCE] - Les effets sur notre santé des pesticides et des Perturbateurs endocriniens – François Veillerette (Générations Futures)

Créé le : 10/10/2018
François Veillerette, directeur de Générations Futures - Crédit : Générations Futures

François Veillerette, Directeur de l'association Générations Futures, donnera une conférence exceptionnelle sur le thème « Pesticides, Perturbateurs endocriniens, quels effets sur notre santé ? » , jeudi 11 octobre à 19 heures à la Maison de l’Environnement de Lyon, 14 avenue Tony Garnier, Lyon 7ième. Un événement auquel Sans Transition ! Auvergne-Rhône-Alpes est partenaire. 

Comment nous protéger ?

François Veillerette décrira les graves effets nocifs de ces produits dangereux et surtout nous donnera des clefs pour nous protéger et protéger nos enfants. Il est est une voix forte en Europe sur le sujet et auteur de nombreux ouvrages, notamment Perturbateurs endocriniens, la menace invisible, coécrit avec Marine Jobert aux éditions Buchet – Chastel (2015). Plus récemment, il a écrit avec Fabrice Nicolino le manifeste Nous voulons des coquelicots, (Les Liens qui Libèrent, 2018) en lien avec la pétition du même nom demandant l'interdiction des pesticides de synthèse.

A lire : notre enquête, Pesticides: l’agriculture peut-elle se désintoxiquer ? 

Entrée libre.

Plus d'infos : www.facebook.com/events/179310989615389/

Edgar Morin : « Tout ce qui peut faire régresser le pouvoir économique doit être mis en œuvre »

Créé le : 09/10/2018

Propos recueillis par François Delotte

Cinquante ans après Mai 68, le philosophe Edgar Morin voit une filiation indirecte entre ce mouvement et les actions des collectifs citoyens comme Alternatiba, les Jours heureux ou encore les Faucheurs de chaises. Du haut de ses 97 ans, il demeure un observateur averti de la vie politique. Cet ancien résistant, témoin du Front populaire, reste habité par la lutte pour les progrès sociaux et écologiques. Rencontre.

Vous avec été témoin ou acteur de plusieurs mouvements de lutte pour le progrès : 1936, la Résistance et 1968. Cette dernière étape était-elle dans la continuité des deux premières, ou était-ce une rupture ?

Je pense qu’il y a des éléments communs. Dans la Résistance, nous étions beaucoup de jeunes. Je faisais partie de la génération qui avait entre 20 et 23 ans, à l’époque. Et nos responsables avaient entre 28 et 30 ans. Il y avait des gens plus âgés, bien sûr. Mais une partie de la jeunesse — notamment la jeunesse maquisarde qui n’était pas partie en Allemagne — a joué un rôle important dans ce mouvement.

Concernant 1936, nous avions senti une aspiration profonde à une autre vie, qui s’est manifestée par ce « juin 1936 » de grèves, avec les gens qui se parlaient entre eux... Un peu comme la première semaine de Mai 68.  Avec un climat euphorique, qui dans un second temps a été condamné et réprimé.

J’appelle ces moments des « extases de l’Histoire...

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[VIDEO] - Jean Jouzel : « Nous avons deux ans pour agir »

Créé le : 09/10/2018
Jean Jouzel, sur la scène de la Boiserie de Mazan (84), le 4 octobre dernier -FD

Le climatologue Jean Jouzel, ancien membre du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) était l'invité de Sans Transition !, pour donner une conférence exceptionnelle le 4 octobre dernier, à Mazan, dans le Vaucluse. Nous l'avons interrogé à propos du dernier rapport du Giec, paru lundi 8 octobre. Rapport particulièrement alarmant sur l'évolution du climat, si nous n'arrivons pas à rester sous la barre des 1,5°C de réchauffement par rapport à la période pré-industrielle...

 


Quelques témoignages de partenaires de la soirée de Mazan...

L’organisation de cette soirée n'aurait pas pu être possible sans le concours de nos nombreux partenaires. Nous donnons la parole ci-dessous à trois d'entre eux.

 

 

 

Jean-Gabriel Ganascia : « L’ère de Big Brother est révolue »

Créé le : 08/10/2018

Jean-Gabriel Ganascia est philosophe, informaticien et chercheur en intelligence artificielle au Laboratoire Informatique de Paris VI. Il préside aussi le comité d’éthique du CNRS. Pour lui, la peur d’une société d’hypersurveillance étatique à la 1984, célèbre roman d’anticipation de George Orwell, n’est plus d’actualité. Car de nouveaux pouvoirs apparaissent, moins visibles et plus dangereux.

L’aéroport de Nice vient de se doter de « e-gates », des bornes de contrôle avec reconnaissance faciale. Pourquoi l’intelligence artificielle semble-t-elle aujourd’hui devenue incontournable dans le domaine de la sécurité ?

Les technologies liées à l’intelligence artificielle, telles la biométrie, la détection de comportements suspects ou l’analyse de données, permettent de désamorcer un certain nombre d’attaques. Et la population exprime de très fortes attentes en termes de sûreté. L’intelligence artificielle (IA) permet d’appréhender la masse d’informations produites, ce que l’on appelle le « big data », et de les analyser pour détecter d’éventuels risques. Toutefois, si l’IA peut servir à assurer la sécurité, elle peut également contribuer à la compromettre. Pensons à la cybercriminalité, au piratage ou au détournement de données. Les criminels se servent également des nouvelles technologies. Il s’agit d’un instrument à double tranchant.

Ces dispositifs « intelligents » ne représentent-ils pas une menace à l’encontre des libertés individuelles ?

Dans les années à venir, chaque société se dotera d’outils en fonction de ses propres besoins et valeurs. Selon les cultures, on peut très bien imaginer être identifié comme des délinquants par une caméra si on ne traverse pas la rue au bon endroit. À titre personnel, je trouve cela terrifiant. Mais les sociétés évoluent… Regardez, il y a encore 10 ans, cela nous aurait paru délirant que l’on fouille nos sacs à l’entrée d’un bâtiment. Et qu’on vide nos bouteilles d’eau ! Nous n’aurions jamais accepté cette mesure sans le spectre du terrorisme. Or cette intrusion violente est aujourd’hui acceptée !

L'artiste Banksy s'est emparé du sujet de la vidéosurveillance.

Le sentiment d’insécurité nous pousserait donc à sacrifier une partie de notre droit à la vie privée ?

Effectivement. Il existe une tension très forte entre trois exigences : la sécurité, l’intimité et la transparence. Je n’imagine pas une société sans l’une d’elles. Nous sommes attachés à la notion de vie privée depuis la fin du XIXe siècle. Mais nous sommes aussi de plus en plus sensibles à l’idée de sécurité et de transparence, qui est contraire à la vie privée. Avec le déploiement de l’intelligence artificielle, des compromis doivent être faits.

Qui fera ces compromis ? Les citoyens sont-ils en capacité d’imposer leurs choix ?

Malheureusement, dans ce nouveau monde, nous ne sommes plus des citoyens, avec des droits et des devoirs, mais des consommateurs et producteurs de données. Les gens sont de plus en plus démunis, ils ont affaire à l’émergence de nouveaux pouvoirs incontrôlés. Les grands acteurs de demain sont les possesseurs des « Orins », les « organismes informationnels », expression qui désigne les technologies capables d’interpréter et de valoriser les masses de données. Nous sommes noyés dans les flux d’informations : la question est de savoir comment donner sens à tout cela. Les détenteurs des « Orins » ont l’ambition de prendre un pouvoir considérable.


Lire notre enquête : Demain, tous vidéoprotégés ?


Les pouvoirs publics font appel à des entreprises de traitement de données pour assurer la protection et la surveillance de la population, comme c’est le cas des « smart and safe city ». Le pouvoir de l’État est-il de plus en plus marginalisé ?

Nous faisons face à des transformations politiques majeures. L’ère de 1984 et de Big Brother est derrière nous. Alors qu’avant, on craignait l’émergence de l’hypersurveillance de l’État central, aujourd’hui ce n’est plus tout à fait cela. Nous entrons dans un nouveau régime « féodal », où il faut moins se méfier de l’État que des entreprises privées qui se partagent les « Orins », tels des seigneurs. Les citoyens ont prise sur les institutions démocratiques, mais se trouvent dépossédés face aux géants de l’internet, par exemple.

Quels contre-pouvoirs peut-on imaginer ?

L’émergence de contre-pouvoirs va être compliquée. Car il nous faut d’abord prendre conscience de l’importance de ces nouveaux pouvoirs invisibles. Il y a quelques années, les gens avaient encore du mal à comprendre l’ampleur du phénomène. Dans Voir et Pouvoir : qui nous surveille ? paru en 2009, je montrais que nous étions passés d’une logique de surveillance à la « sousveillance généralisée » dans laquelle nous avions tous la capacité d’observer autrui. On voit tout le monde et tout le monde nous voit. Donc, nous sommes tous potentiellement des contre-pouvoirs à même de diffuser de l’information et d’influencer la partie.

Dans la société que vous décrivez, fondée sur la visibilité et la transparence, l’image que renvoie l’individu est déterminante. Le projet chinois de « crédit social », système de notation des citoyens, est-il amené à se propager ?

C’est terrifiant ! Ce barème de réputation des citoyens fondé sur le statut économique et social rejoint les dystopies de Black Mirror. Mais il ne faut pas se leurrer : cela existe déjà un peu ici, de façon moins apparente. Pour accéder à un crédit bancaire, nous sommes notés, de même pour les assurances. Pour embaucher, les directeurs de ressources humaines explorent les réseaux sociaux, qui apparaissent comme une sorte de baromètre social. Dans un futur proche, les personnes qui ne produiront pas de données sur internet seront « inexistantes ».

Propos recueillis par Célia Pousset


À lire :

– Voir et pouvoir : qui nous surveille ? de Jean-Gabriel Ganascia, Editions le pommier, 2009.

– Le mythe de la Singularité : faut-il craindre l’intelligence artificielle ? de J-G Ganascia, éditions du Seuil, Collection Sciences Ouvertes, 2017.

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