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L’œuf dans la course à l’alternatif

Créé le : 09/01/2019

par Caroline Trouillet

Les exploitations agricoles où sont produits des œufs estampillés plein air et bio fleurissent à bon rythme dans nos campagnes. Depuis deux ans, entre créations et conversions d’élevages, le marché de l’œuf alternatif (bio, plein air...) à l’élevage en cage est en pleine croissance. Un développement bienvenu, mais qui suscite des questionnements.

À la fin de l’été, une omelette géante est cuisinée sur une plage bretonne, près de Carantec, sous la banderole « Vivre, décider et travailler au pays ». On parle beaucoup d’œufs, depuis plusieurs mois, dans la commune située au nord du Finistère, tiraillée entre deux visions de la préservation du territoire. D’un côté, le monde agricole, qui soutient un projet d’élevage de 30 000 poules pondeuses en plein air, conforme aux attentes du marché. De l’autre, des riverains fermement opposés à ce projet, soucieux de préserver leur cadre de vie sur le littoral. Emblématique, ce conflit augure des crispations qui pourraient croître en France autour du développement de la production d’œufs plein air et bio à grande échelle. Selon les chiffres du Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO), la part des élevages plein air dans la production globale d’œufs en France est passée de 13 à 20 %, entre 2015 et 2017. En bio, elle est passée de 8 à 10 %. Parallèlement, la production d’œufs en cage aurait chuté de 69 à 63 %.

Un marché en mutation accélérée

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Energy Observer : nouveau défi pour le breton Jérôme Delafosse

Créé le : 09/01/2019
Le catamaran de la mission Energy Observer dans le port de saint-Malo - Crédit : Energy Observer

Grand reporter et passionné d'écologie, Jérôme Delafosse prend la tête de la mission Energy Observer qui se déroule sur le premier catamaran à hydrogène du monde. Partie de Saint-Malo le 26 juin 2017, l'expédition a terminé son tour de France. La durée de la mission est de six ans et prévoit des escales dans plus de 50 pays. 

« J'en avais marre de dénoncer, de me trouver face aux mêmes problématiques. » Voilà comment Jérôme Delafosse, photographe et écrivain, justifie son choix de rejoindre Energy Observer. Il dirige l'opération avec Victorien Erussard, qui a pensé l'architecture énergétique du navire. C'est toute l'originalité de l'expédition Energy Observer : prouver que les navires peuvent être écologiques et adaptés aux conditions extrêmes. 

Jérôme Delafosse et Victorien Erussard vont embarquer sur ce bateau à hydrogène, premier navire autonome en énergie et qui n'émet ni gaz à effet de serre ni particule fine lors de ses déplacements. Le catamaran est doté d'une propulsion électrique, alimentée par un mix énergétique : 130 m² de panneaux photovoltaïques et un système de production d'hydrogène décarboné provenant d'eau de mer.

Une passion intacte

Jérôme Delafosse est un habitué des actions en faveur de l'environnement et de la défense de la biodiversité. Après une jeunesse faite d'exploits maritimes, il est le plus jeune scaphandrier de France à l'âge de vingt ans en 1991, puis il devient animateur de l'émission de Canal + : Les Nouveaux explorateurs. Il réalise alors  des « films incarnés » traitant des « peuples de l'eau » qui entretiennent un lien particulier avec l'océan. Il a aussi travaillé sur des documentaires engagés, « mais pas militants », précise-t-il, notamment sur les espèces menacées de requins. À 47 ans, Jérôme Delafosse veut continuer le combat en faveur de la mer, « qui compose 99% de la biosphère terrestre et 70% de l'oxygène que l'on respire », rappelle-t-il. Pour sa prochaine étape, l'équipage mettra le cap sur l'Europe du Nord. *

Plus d'infos : www.energy-observer.org

 

De l’agroécologie pour sauver le plateau de Valensole

Créé le : 21/12/2018
Crédit photo : Perrine Puyberthier

Par Hélène Saveuse

Derrière la carte postale du plateau de Valensole se cache une autre réalité : les plants de lavandins se meurent à cause d’une maladie véhiculée par un parasite, les sols fatiguent et les masses d’eau souterraine se dégradent. Des acteurs locaux se sont rassemblés autour du projet Regain, afin de mener à des « pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement ».

Sur la table en formica de sa cuisine, Jacky Piatti, agriculteur et lavandiculteur installé à Puimoisson (Alpes-de-Haute-Provence), et Perrine Puyberthier, animatrice du projet Regain pour le Parc naturel régional du Verdon, font le point sur la saison passée.

« Quel taux de dépérissement des lavandins (*) en 2017 ? Quelle technique pour contrecarrer la prolifération de la bactérie tueuse de lavandin, le phytoplasme du Stolbur ? », s’interrogent-ils. Les deux partenaires dessinent et planifient une expérimentation de couverts végétaux dans les champs de lavandins. Ils évaluent les progrès, les risques et surveillent les rendements. Dans quelques jours, ils présenteront aux agriculteurs inclus dans le dispositif Regain les résultats de leurs expérimentations sur les parcelles de Jacky. « Le projet Regain existe pour que la ruralité reste dynamique sur ce territoire. Nous essayons de trouver le bon équilibre entre viabilité économique, valeurs environnementales et sociales », explique Perrine Puyberthier.

 

Jusqu’à 50 % des lavandins contaminés

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[ COMMUNIQUÉ ] - L'Assemblée nationale met fin à l'avantage fiscal dont bénéficiait l'huile de palme

Créé le : 21/12/2018

Dans la nuit du mardi 18 au mercredi 19 décembre, l’Assemblée nationale a voté au Projet de Loi de Finances (PLF) pour 2019 – comme ce fut le cas en première lecture – un amendement mettant fin à un avantage fiscal dont bénéficiait jusqu’alors l’huile de palme.

Par l’adoption d’un amendement que je portais avec plus de soixante-dix collègues issus de la majorité et de l’opposition, et grâce à des voix venues de tous les bancs de l’hémicycle, l’huile de palme ne pourra dorénavant plus être considérée comme un biocarburant.
Par cette décision, la France confirme son engagement dans la transition écologique du pays et envoie un message fort à destination de ses partenaires européens.
L’huile de palme, de par son empreinte carbone considérable et ses effets désastreux sur la déforestation et la biodiversité, est encore plus polluante que l’essence ou le diesel. Supprimer l’avantage fiscal dont bénéficiait ces faux biocarburants permet d’être cohérent avec les objectifs affichés par le Gouvernement sur la fiscalité écologique.
Cette mesure permet également de donner une plus grande crédibilité à la filière des biocarburants en France, et de renforcer l’ensemble des producteurs français qui utilisent des alternatives à l’huile de palme.

> Consulter l'amendement

[ COMMUNIQUÉ ] Attac, « Taxe GAFA » : on continue l’enfumage

Créé le : 21/12/2018

Le sentiment d’injustice lié à l’évasion fiscale massive pratiquée par les multinationales, notamment celles du numérique, ne cesse de progresser dans nos sociétés. Pourtant, si l’expression « taxe GAFA » - en référence aux géants du numérique que sont Google, Amazon, Facebook et Apple - est alléchante, l’ambition de cet impôt semble limitée, comme le montre son rendement modique estimé à 500 millions d’euros. Selon toute probabilité, la taxe devrait être portée à 3% du chiffre d’affaires des entreprises du net.

Fongicides : du petit lait pour remplacer le cuivre ?

Créé le : 20/12/2018
Crédit photo : Guilaume Bernard. Ferme du Vernou

Par Guillaume Bernard.

Ajouter du petit lait pour enlever du cuivre dans sa solution fongicide, c’est le pari écologique d’un pomiculteur bio ariégeois. Si son initiative demeure expérimentale, elle exprime néanmoins le besoin de renouveau de la filière, dans une période où l’Union européenne prévoit de réduire l’usage du cuivre.

Au milieu du verger de la ferme du Vernou, les pommes bio que ramassent patiemment Audrey Tremouroux et Amélie Astoury, pomicultrices, affichent une santé éclatante. Cette année, la récolte de la petite exploitation ariégeoise a échappé à l’une des maladies les plus redoutées par la profession : la tavelure. Alex Franc, propriétaire de l’exploitation, rayonne : « Je ne m’attendais pas à de tels résultats. »

Depuis le printemps 2016, cet ancien ingénieur agronome teste un nouveau mélange à base de petit lait pour affronter le champignon responsable de l’apparition de tâches et de crevasses sur le fruit. « Il y a deux ans, j’en avais mis sur une seule rangée et j’avais l’impression que l’expérience était fructueuse. Je l’ai donc généralisée en 2018 », explique l’agriculteur. La tavelure, capable de ruiner toute une récolte, n’aura pratiquement pas atteint ses sept hectares de pommiers. Un succès, pour un pomiculteur qui travaille en bio, tant par conviction que par nécessité.

« L’agriculture conventionnelle, ce n’était plus possible. Mon père ne pouvait plus toucher à un produit phytosanitaire. On pense qu’il a développé de grosses allergies à force d’y être exposé », témoigne l’Ariégeois. Lorsqu’Alex Franc récupère le verger familial en 2010, celui-ci est déjà cultivé en bio depuis dix ans, un choix qui n’a pourtant rien d’évident dans la filière. La pomme, fruit préféré des Français avec une consommation moyenne de 18 kg par an et par foyer, est aussi l’un des plus traités. Une étude de 2015, menée par Greenpeace, révèle qu’elles reçoivent en moyenne 35 traitements par an en agriculture conventionnelle.

Du bio dopé au cuivre

Cultiver en bio et refuser la douche de pesticides pour ses récoltes, c’est évidemment s’exposer davantage aux maladies du verger. Pour s’en prémunir, il reste néanmoins une solution aux agriculteurs bio : la bouillie bordelaise, un mélange bleuté à base de cuivre.

Or, ce métal lourd a des effets néfastes sur la croissance et le développement de la plupart des plantes. Elle a aussi un impact sur les communautés microbiennes et la faune des sols, nuisant ainsi à leur durabilité.

Un rapport de l’EFSA (Autorité européenne pour la santé alimentaire), publié en janvier 2018, soutient qu’il est également nocif pour la santé des agriculteurs, lorsqu’il est employé à haute dose. Car même s’il n’est pas classé comme cancérogène, une surexposition peut entraîner une accumulation dans les organes, des irritations oculaires… « Face à ces problèmes, je me suis mis à chercher une alternative. C’est là que des collègues qui travaillent en biodynamie m’ont parlé du petit lait », raconte Alex Franc.

Si les propriétés fongicides du lactosérum sont connues depuis longtemps, il aura fallu attendre 2009 pour qu’il soit autorisé en agriculture biologique. Et pratiquement dix ans de plus pour que l’Ariégeois tente l’expérience. « J’étais prêt à le faire, mais je n’avais pas le principal : le petit lait lui-même », raconte l’agriculteur. Avec un besoin d’environ 15 litres pour 500 litres de mélange, il lui manquait quelqu’un capable de le fournir en grande quantité.

Heureux hasard de la géographie : le précieux lactosérum encombrait justement la station d’épuration d’une laiterie bio située à une quinzaine de kilomètres de la ferme du Vernou. Alex Franc avait trouvé son fournisseur ! Grâce à lui, il a réduit par cinq son utilisation de cuivre et réussi à éloigner la tavelure, malgré un printemps très humide, propice au développement de la maladie.

Alex Franc et l'atomiseur avec lequel il répand sa solution fongicide. Crédit photo : Guillaume Bernard

Le petit lait, solution miracle ?

Cette association locale entre laitier et pomiculteur a permis à Alex Franc de devenir un précurseur dans la lutte contre la maladie dans la région. Son expérience intrigue d’ailleurs les chambres d’agriculture des départements voisins, notamment celle du Tarn-et-Garonne, plus gros verger du Sud-Ouest.

« Le lactosérum est surtout utilisé comme fongicide en viticulture, mais pas en pomiculture. On peut supposer que ce sont les mêmes molécules qui agissent contre l’oïdium (une maladie fongique, NLDR) pour préserver les raisins et contre la tavelure pour les pommes », décrypte Jean-François Larrieu, conseiller en arboriculture fruitière à la chambre d’agriculture du Tarn-et-Garonne. L’expérience concluante d’Alex Franc n’atteste toutefois pas à elle seule des propriétés du petit lait. Car ce dernier utilise toujours un peu de cuivre. « Pour connaître son efficacité réelle contre la tavelure, il faudrait répéter l’expérience avec une solution qui en serait totalement dépourvue », précise Jean-François Larrieu.

En attendant, l’expert doute que sous un climat propice au développement du champignon, les pomiculteurs puissent se passer totalement du métal. Alex Franc le regrette : « Après le succès de cette année, j’aurais envie de ne plus en utiliser du tout... Mais c’est risquer ma récolte et je ne peux pas me le permettre. » Jean François Larrieu rappelle que, si l’efficacité du lactosérum en tant que fongicide n’est pas encore avérée, celui-ci présente au moins l’avantage de ne pas être toxique.

« L’interdiction du cuivre finira par arriver, c’est sûr »

Alex Franc, pomiculteur

Passer au zéro cuivre demeure néanmoins difficile. Dans une étude publiée en janvier 2018, l’Inra (Institut national de recherche en agronomie) recense les différentes manières de réduire son utilisation, mais concède que sa suppression totale du jour au lendemain serait très compliquée pour la filière bio. Parmi les nombreuses alternatives envisagées par le rapport, il n’est jamais fait mention du petit lait. « Nous nous sommes basés sur la littérature scientifique existante et nulle part on ne parle du lactosérum », explique Didier Andrivon, pilote scientifique de l’étude.

Le cuivre dans le viseur de l’UE

Les chercheurs pourraient pourtant être bien inspirés de tourner la tête vers la petite exploitation ariégeoise, puisque la nécessité de trouver une alternative au métal lourd se fait pressante au sein de l’Union européenne : son autorisation en agriculture prend fin le 31 janvier 2019. Son renouvellement, qui doit être voté par les États membres au cours de l’automne 2018 est, comme l’a été le glyphosate avant lui, largement sujet à débat.

« Certains pays du Nord de l’Europe sont pour une interdiction totale du cuivre en agriculture, mais après le vote de cet automne, on devrait passer d’une autorisation de 6 kg par hectare, lissé sur cinq ans, à 4 kg », pronostique Jean-François Larrieu. C’est d’ailleurs cette position qui sera défendue par le ministère de l’Agriculture français, à la Commission européenne. À l’inverse, le Danemark et les Pays-Bas ont déjà interdit l’utilisation du métal à l’intérieur de leurs frontières.

Pour notre pomiculteur ariégeois, « l’interdiction finira par arriver, c’est sûr ». En attendant, il se prépare en cultivant des variétés de pommes plus résistantes à la tavelure et ajoute du soufre à sa solution fongicide pour en améliorer l’efficacité. Le lactosérum s’avère selon lui un levier, parmi d’autres, dans la lutte contre l’utilisation du métal. Mais il reste dans l’angle mort de la recherche actuelle. Peut-être plus pour longtemps : Jean-François Larrieu évoque la possibilité de reproduire ce test au sein de sa chambre d’agriculture en 2019. Chiche ?

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