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[ DOSSIER - Union européenne et lobbies environnementaux ] Les ONG sur le terrain de « l’écojustice » européenne

Créé le : 27/05/2019

Par Nicolas Troadec.

Les ONG de défense de l’environnement et les associations locales n’hésitent plus à user du procès pour faire avancer leurs causes. Et elles ont bien compris que les institutions européennes pouvaient être un levier essentiel, sur ce front judiciaire.

Au début du mois d’avril, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) a « fêté » la Directive oiseaux en déposant plusieurs plaintes à la Commission européenne (voir plus bas) contre l’état français. Cette directive, prise en 2009, promeut la protection et la gestion des espèces sauvages en Europe. « Ce texte est une bénédiction, il tire les pays vers le haut. En déposant ces plaintes, on communique et on explique pourquoi la France est mauvaise élève dans son application », juge Yves Verilhac, directeur de la LPO.

Les directives de l’Union européenne sont des textes fixant des objectifs à atteindre par les États membres, avec un certain délai à respecter pour leur mise en œuvre. « Nos plaintes concernent notamment l’utilisation encore trop importante, en France, du piégeage indifférencié », précise Yves Verilhac Il évoque, pêle-mêle, la chasse du pinson, celle du bruant ortolan… Des oiseaux protégés, qui font l’objet de braconnage. Des centaines de milliers d’oiseaux sont ainsi braconnés. La LPO estime par exemple que entre 150 000 et 300 000 Pinsons des arbres sont braconnés par an, ainsi que 30 000 à 50 000 Pinsons du Nord.

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[ REPORTAGE ] Au Village, on prend soin des hommes et de la terre

Créé le : 24/05/2019

Par Blandine Janin-Reynaud

Accueil inconditionnel, écologie, autonomie, gouvernance participative… Telles sont les valeurs défendues par l’association Le Village, à Cavaillon dans le Vaucluse. Un lieu de vie et d’insertion pour les personnes précarisées qui constitue une source d’inspiration dans une société en transition.

« L’ossature bois, je ne connaissais pas, mais je kiffe », s’enthousiasme Christophe. Il est 7 heures 45 et le mistral souffle violemment sur Cavaillon, dans le Vaucluse. Après avoir écouté les directives de Florian Istria, encadrant technique, Christophe s’attelle avec ses compagnons de l’atelier d’écoconstruction aux travaux du futur local de transformation de fruits et légumes, dont la structure en bois se dresse déjà élégamment.

Le chantier d’insertion, qui accompagne environ 70 personnes par an au travers d’activités d’écoconstruction, de production d’écomatériaux, de maraîchage biologique et de vie quotidienne (cantine, lingerie et propreté) n’est qu’une des multiples facettes de l’association le Village.

Un lieu d’accueil avant tout

Fondée en 1993, l’association a pour vocation l’accueil, l’hébergement et la réinsertion sociale et professionnelle des personnes en grande précarité. À Cavaillon, le taux de pauvreté frôle les 28 %. « Malgré 20 % de logements sociaux, nous n’arrivons pas à répondre à toutes les demandes et des bailleurs indélicats en profitent...

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[ REPORTAGE ] Quand les générations se mélangent

Créé le : 24/05/2019

Par Céline Cammarata.

À Montpellier (Hérault) se déroule une expérience novatrice : des étudiant·e·s se voient proposer une colocation à des prix défiants toute concurrence par la commune en échange de temps accordé chaque semaine aux personnes âgées. Pour cela, ils ont proposé d’animer des ateliers à thème, trois heures par semaine, dans un Ehpad. Sans transition ! a suivi leurs premiers pas.

Par une journée ensoleillée, nous découvrons l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) Michel-Belorgeot de Montpellier. Lumineux et spacieux, le bâtiment s’ouvre sur un jardin. À l’entrée, certain·e·s résident·e·s se regroupent. C’est là que Nour, l’une des étudiantes, leur lit la presse le week-end. La musique guide les visiteurs du jour. Roselyne, une autre étudiante, joue dans une grande salle sur son propre piano, qu’elle a accepté d’installer dans la maison de retraite pour assurer ses ateliers de musicothérapie. Son assistance l’écoute religieusement.

Solidarité intergénérationnelle

Mais que font ces étudiants dans un Ehpad ? Ils ont répondu à l’appel d’élu·e·s de Montpellier, inspiré·e·s d’une expérience menée en Europe du Nord, où des étudiant·e·s louent des chambres bon marché au sein d’une maison de retraite. Avec une différence de taille : les 11 étudiant·e· s retenu·e·s n’occupent pas de chambre à l’intérieur de la résidence, mais dans d’anciens logements de fonction indépendants. La colocation, entre étudiants, leur permet de bénéficier d’un loyer modéré dans trois des sept Ehpad que compte la ville. Ainsi, ont été mis...

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[ REPORTAGE ] Des toitures solaires et citoyennes dans le Morbihan

Créé le : 24/05/2019

Par Marie Lyan.

En Bretagne, une vingtaine de projets citoyens de centrales solaires sont en cours de création. Plus discrets et plus petits que les projets de Bonnemain, en Ille-et-Vilaine et Baud dans le Morbihan, ils entendent tirer profit d’espaces rapidement disponibles. Reportage à Lorient, où une centrale a été installée sur le toit d’une Biocoop.

Dans le quartier de Keryado à Lorient, dans le Morbihan, les avions survolent les toits des grandes enseignes. Au cœur de la zone commerciale, la surface des bâtiments se compte en centaines de mètres carrés. Les toitures aussi. Au-dessus d’un magasin du réseau Biocoop, Jean-Luc Danet va à la rencontre d’un ouvrier qui tire des câbles électriques. Dans son dos, une mer de panneaux aux cellules noires et brillantes occupe la quasi-totalité de l’espace. Depuis 15 jours, cet ancien professeur d’anglais suit la pause de 120 panneaux qui produiront de l’électricité directement destinée à cette moyenne surface commerciale. « C’est le quatrième projet de centrale citoyenne que nous réalisons à Lorient », raconte le vice-président de Bretagne énergie citoyenne.

La transition énergétique par le bas

Créée il y a 10 ans, cette association a initié sa première centrale solaire en 2009, à Mellac, sur le toit d’un magasin alimentaire appartenant lui aussi à Biocoop. « Notre souhait est d’agir...

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[ DOSSIER - Union européenne et lobbies environnementaux ] Les institutions européennes, cibles des ONG

Créé le : 24/05/2019

Par Nicolas Troadec.

Pour défendre leurs intérêts, plusieurs ONG ont des bureaux à Bruxelles, afin d’être en contact direct avec les représentants politiques des différentes institutions européennes. D’autres s’organisent différemment et travaillent « en amont », au niveau national. Elles font face à des véritables armées de lobbyistes industriels, plus nombreux et mieux dotés financièrement. Mais cela ne les empêche pas de remporter des batailles.

Un épisode de la lutte contre la pêche électrique, qui a été définitivement interdite en février dernier par l’Union européenne (UE), illustre les marges de manœuvre des ONG et de la société civile à Bruxelles. Il y a plus d’un an, les eurodéputés du Parlement européen devaient se prononcer pour ou contre la stricte interdiction de cette pratique, qui bénéficie de dérogations, utilisées par les pécheurs néerlandais. 5 % de leur flotte, comme celles des autres États membres de l’UE, pouvaient jusqu’alors pratiquer cette pêche, qualifiée de « redoutable » par l’ONG Bloom, car électrocutant « toute la vie marine » qui se trouve à sa portée. Frédéric Le Manach, directeur scientifique de cette association dédiée à la protection des océans, se rappelle de cet épisode : « Alain Cadec, qui est président de la commission pêche du Parlement, était pour un statu quo législatif. Mais on a commencé à le faire douter quand on lui a montré que la Commission avaitpris une décision contre l’avis de ses scientifiques. » Le conseil scientifique technique et économique des pêches (CSTEP), composé de...

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[ ENTRETIEN ] Rob Hopkins exhorte le pouvoir de l’imagination

Créé le : 24/05/2019

Par Nicolas Troadec.

Enseignant en permaculture puis initiateur du mouvement des Villes en transition, Rob Hopkins a réalisé ce printemps un grand voyage, à travers toute la France, avec Sans transition ! Il a donné des conférences à Lyon, Nice, Montpellier, Marseille et Chartres-de-Bretagne, près de Rennes, où il a invité le public à imaginer, à ses côtés, des projets de transition.

Durant le cycle de conférences qui était organisé par Sans transition !, Vallée du Gapeau en transition et Actes Sud, en avril, Rob Hopkins a rappelé le puissant pouvoir de l’imagination, indispensable pour créer des villes en transition, concept dont il est l’initiateur. Voici de larges extraits de l’intervention de l’enseignant en permaculture, issu de Totnes, en Angleterre. Il donne ici des clés et des exemples pour un futur positif et joyeux qui reste à construire.

 

« Une étude a montré que l’imagination et le QI ont évolué de façon égale jusqu’au milieu des années 1990. Le QI a ensuite continué à augmenter, mais l’imagination, elle, a commencé à diminuer. Les résultats de cette étude ont fait beaucoup de bruit. Quelles pouvaient en être les conséquences pour la croissance économique, pour Hollywood ? Mais personne ne s’est demandé quelles pouvaient être les conséquences pour nous, qui luttons contre le dérèglement climatique et faisons des efforts pour la justice sociale.

En parallèle de ce déclin, nous avons assisté à un autre : celui du jeu libre et non structuré. Auparavant, on voyait des gamins jouer partout. Dans le cadre de ces jeux, ils apprenaient à coopérer et à gérer les conflits. Ils se créaient des univers, des langages codés, à l’insu des parents. Le problème, c’est que, maintenant, on s’inquiète du CV des enfants à partir de 4 ans. On élève des enfants qui vont devenir des adultes inaptes à prendre des risques, et c’est la dernière chose dont nous avons besoin.

Dans le cadre de mon travail de documentation pour l’un de mes livres, je...

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