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[REPORTAGE] LIBRAIRES DE VILLE EN VILLE

Créé le : 28/11/2018

Par Jérémy Pain

Ils sillonnent l’Auvergne-Rhône-Alpe pour apporter la culture au plus près du public. Sur les marchés ou les événements locaux, les libraires itinérants viennent combler le manque d’offre culturelle, avec une volonté de lutter contre le commerce hors-sol. En ligne de mire, le géant du web Amazon.

En cette matinée de juillet, les températures grimpent déjà aux Ollières, commune ardéchoise de la vallée de l’Eyrieux, qui voit défiler durant l’été de nombreux touristes. Il est 10 heures et quelques passants déambulent dans les allées du marché. Un peu à l’écart, un véhicule baptisé le Mokiroule attire les regards. Le camion de 9 mètres de long, tout décoré de dessins aux couleurs vives, émerveille les enfants. Ces derniers ralentissent le pas des parents. « Ils ne se posent pas de questions, ils veulent monter dans le camion, les parents n’ont plus qu’à suivre », s’amuse Pascale Girard, la maître des lieux.

C’est le cas d’Albin, déterminé à emprunter des livres pour les vacances. Il a déjà dévoré la pile emportée la fois précédente. Pour la famille venue de Rennes, la librairie itinérante est une aubaine. « On voulait se renseigner au sujet d’une bibliothèque locale », explique le père de l’enfant. « C’est une librairie, pas une bibliothèque », corrige Pascale Girard, qui aime rappeler l’identité des lieux.

Combler un vide culturel

Cette ancienne intermittente du spectacle a embrassé son rêve il y a trois ans. Et, puisque la sédentarité ne l’a jamais intéressée, elle déplace son commerce de ville en ville, dans 13 communes et jusqu’à 50 kilomètres autour de son domicile. La libraire enchaîne les kilomètres sur les routes sinueuses de l’Ardèche. Elle ne compte pas ses heures. Pour suivre ses allées et venues, il suffit de se connecter sur sa page Facebook (« LeMokiroule »), afin de connaître son agenda de la semaine.

Le matin, elle est sur un marché ; l’après-midi, elle s’installe à la sortie d’une école. De temps en temps, elle passe par des événements autour du livre. Les 20 m² de surface de vente lui permettent d’embarquer jusqu’à 3 000 références : des livres de jeunesse — sa spécialité —, mais aussi des romans, des bandes dessinées, des documentaires... Dans un territoire rural qui compte peu de librairies — les premières sont à Privas (Ardèche) et Valence (Drôme) —, son activité vient combler la soif de lecture des habitants et des touristes de passage.

David Blouët se déplace à 50 kilomètres à la ronde autour de Bourbon-l’Archambault. © Stéphanie Vinot

La présence de la libraire profite aussi au réseau de bibliothèques de la région, qui bénéficie de ses connaissances relatives aux livres jeunesse. « Je n’arrivais pas à trouver de livres qui attirent les enfants, explique Chantal, bibliothécaire locale. Pascale m’a conseillée et, désormais, quand je raconte une histoire aux enfants, ils veulent immédiatement lire le livre. »

Des territoires sensibles aux alternatives

Comme Pascale Girard, nombreux sont ceux qui tentent l’expérience d’une librairie qui va à la rencontre des habitants. David Blouët est de ceux-là. Ni camion ni voiture pour ce quadragénaire. Il a choisi pour moyen de déplacement le tricycle et a créé la Libricyclette. Après avoir hésité à reprendre un café-librairie qui s’apprêtait à fermer à Bourbon-l’Archambault (Allier), il a aussi opté pour l’itinérance. Depuis plus d’un an, cet ancien éducateur spécialisé arpente la région entre Moulins et Montluçon, muni de son vélo cargo à assistance électrique, bien utile dans cette région vallonnée. Lui aussi possède une page Facebook, du même nom que sa librairie, sur laquelle on peut suivre ses déplacements. « Je suis un libraire de territoire, je participe à la vie locale, explique-t-il. La Libricyclette, ce n’est pas uniquement la vente de livres, c’est aussi du lien social ! »

Principalement situé sur le marché de Bourbon, David est capable de se déplacer dans un périmètre de 50 kilomètres à la ronde. Son tricycle pèse 120 kilos à vide et jusqu’à 250 kilos, lorsqu’il est chargé. « Je peux transporter 250 livres. Mais j’ai un stock de plus de 700 livres, dans lequel je puise », précise-t-il.

Le territoire bourbonnais est rural mais, à l’image de l’Ardèche, on y trouve une appétence pour les modes de vie alternatifs et l’innovation sociale, à l’image de ce que propose la Libricylette. « L’accueil y est chaleureux, appuie David Blouët. Lorsque je viens sur le marché, ça crée de l’animation. Ça attire les gens et les commerçants apprécient l’initiative. »

Retisser du lien social, voilà la motivation première de ces routiers de la culture. Dans le massif de la Chartreuse, en Isère, Sandrine Dubuc installe toutes les semaines son commerce, Les Pages libres, sur le marché de Saint-Pierre-d’Entremont. À 50 ans, cette professeur d’histoire-géographie veut désormais retrouver davantage de liberté grâce à ce projet : « La médiation culturelle m’intéresse beaucoup, explique-t-elle. Je rencontre des gens que je ne croise pas ailleurs : des auteurs, des éditeurs, des organisateurs de manifestations... J’essaye également de développer des animations autour de la vente de livres. » L’apprentie libraire embarque chaque semaine des centaines de références dans une grande voiture aux côtés de tréteaux, parasols et étagères.

Contre le « Goliath » Amazon

Circuits courts, éducation populaire, modes de vie alternatifs... Toutes ces valeurs sont partagées par ces libraires itinérants. Un combat commun les anime : faire face à Amazon, le géant du secteur. L’ombre du mastodonte du commerce en ligne, au catalogue pléthorique, plane en permanence sur les activités de ces petits commerçants. Mais en misant sur la proximité, l’expertise et la création de liens humains, les libraires itinérants tentent à leur échelle de s’extraire de cette concurrence féroce. « Beaucoup de lecteurs sont réfractaires à la commande sur internet. Du coup, ils ne lisent plus ou se tournent vers les brocantes, mais ils n’ont pas accès aux nouveautés », déplore Pascale Girard.

Jusqu’à 3000 références peuvent être embarquées dans le Mokiroule. © Jérémy Pain

Avec son Mokiroule, la commerçante ardéchoise promet les mêmes services que la multinationale. « Je suis dans le même réseau que les autres librairies, je peux passer commande et être livrée dans les mêmes temps. Avec des prix similaires, grâce à la loi du prix unique du livre, je gagne contre Amazon ! », assure-t-elle. Sur son site internet (voir « Plus d’infos »), elle annonce qu’on peut retrouver dans sa librairie « tous les éditeurs nationaux, mais aussi (et surtout !) beaucoup de maisons d’édition à taille humaine ».

Cet engagement des libraires se retrouve aussi chez les lecteurs, et se propage dans le choix même des références de livres. Les ouvrages de personnalités engagées sur le terrain de l’écologie, tels Marie-Monique Robin ou Pierre Rabhi, trouvent une bonne place dans le rayon « Lutter » du Mokiroule. « Je travaille également avec les éditions Terres Vivantes, basées en région, et j’ai tout un fonds sur l’agroforesterie », ajoute David Blouët. Une façon de concilier l’état d’esprit de sa librairie itinérante avec les produits qu’il vend.


Plus d’infos :

www.lemokiroule.fr
www.facebook.com/lalibricyclette/  

COLLAPSOLOGIE : DES TERRITOIRES EN TRANSITION

Créé le : 22/11/2018

Ancienne ville minière, Ungersheim (Haut-Rhin), s’est convertie à la transition sous l’impulsion de son maire, Jean-Claude Mensch © Florival fr/WikiMédia Commons
 

En France, en Allemagne ou aux Etats-Unis, des villes développent des programmes pour se mettre au diapason de la transition énergétique. Fermes urbaines, production d'énergie locale... Ces territoires acquièrent au fil de leur développement des capacités de résiliences en cas de crise. 

 

Besson (03) cherche l’indépendance

« La viande à la boucherie, le pain à l’aubergiste. On va à nouveau se fournir chez l’épicier qui vient de rouvrir. Après, on complète avec des grandes surfaces. On voudrait aussi acheter des produits au maraîcher bio », indique au quotidien La Montagne Emilie Rogue, trésorière de l’association qui gère les achats de la cantine scolaire de Besson. Cette commune de l’Allier compte à peine 800 habitants, mais ne manque pas de volonté pour répondre au maximum à ses besoins avec des ressources locales. Une chaufferie à bois alimente les bâtiments publics. Un projet de méthanisation et un parc photovoltaïque sont à l’étude.

Puy–Saint-André (05), commune sobre

Atteindre l’autonomie énergétique est aujourd’hui difficile pour une commune car, comme les particuliers, celles-ci doivent se confronter aux...

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COLLAPSOLOGIE : L'EFFONDREMENT EN QUESTION

Créé le : 22/11/2018
Crédit : Pixabay

© Pierre Lacroix. Ci-dessus, un extrait du mémoire du paysagiste Pierre Lacroix, qui a imaginé un monde « post-effondrement », sans pétrole, dans le cadre de ses études en architecture du paysage à Gembloux Agro-Bio Tech. L'intégralité de la bande dessinée est à retrouver ici : urlz.fr/82hz

Par François Delotte

Pour certains, l’effondrement de nos sociétés reposant sur l’exploitation des énergies fossiles n’est qu’une question de temps. Il serait même souhaitable pour laisser la place à un autre monde dans lequel pourraient émerger des communautés « résilientes ». Une vision des choses loin de faire l’unanimité et qui pose de nombreuses questions.

« Pour que le réchauffement climatique n’excède pas 2 °C en moyenne, il faut que le pic d’émission de CO2 soit derrière nous en 2020 », affirme le climatologue Jean Jouzel, commentant le rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), publié le 8 octobre dernier. Il poursuit : « Maîtriser le réchauffement est le seul moyen de permettre un développement harmonieux de notre civilisation. Sinon, nous risquons de voir se multiplier les conflits à l’échelle de la planète. Certains parlent d’effondrement. Je n’irai pas jusque là. » Il n’est pas le seul.



© Pierre Lacroix

« Je ne minimise pas les risques de destructions environnementales et sociales. Ce que je conteste, c’est que cela soit inévitable, comme semblent le dire les collapsologues », indique Daniel Tanuro. Cet ingénieur agronome belge se réclame de « l’écosocialisme », mouvance politique mêlant critique...

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COLLAPSOLOGIE : S'EFFONDRER POUR RENAÎTRE ?

Créé le : 22/11/2018

Ci-dessus, une image de la Michigan urban farming initiative, une ferme urbaine aménagée au coeur de la ville de Detroit (Etats-Unis). © MUFI

 
Par François Delotte

Un monde sans voitures, sans alimentation électrique permanente et basée sur des communautés « résilientes » pratiquant la permaculture. Voici à quoi pourrait ressembler notre société en 2050, selon les partisans de la collapsologie, une « science » qui prévoit l’effondrement de nos sociétés reposant sur les énergies fossiles. Et dont les analyses sont actuellement débattues tant par des militants altermondialistes que des politiques ou des chercheur-e-s.

« Si l’on poursuit cette trajectoire exponentielle de croissance, l’effondrement de nos sociétés adviendra dans la première moitié du XXIe siècle », déclare Pablo Servigne avec une sérénité confondante, devant un parterre de 300 personnes attentives. Des paroles prononcées durant une conférence que le chercheur « indépendant », spécialiste en collapsologie — ou science de l’effondrement de la civilisation industrielle reposant sur l’exploitation des énergies fossiles — donnait à l’école d’agronomie Montpellier SupAgro, en octobre dernier. « Qui a déjà entendu parler de collapsologie ? Qui est sensible à ce sujet ? », demande Servigne au début de son intervention, avant que les trois quarts de son auditoire — majoritairement composé d’étudiants — lèvent la main.

« Tout peut s’effondrer »

L’anecdote renvoie à l’intérêt que suscite actuellement la notion « d’effondrement ». Un concept qui fait l’objet de nombreux articles de presse dans les médias. Et qui touche les plus hautes sphères...

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Carine Dartiguepeyrou : «La transition doit changer d'échelle»

Créé le : 20/11/2018

Dans Un autre monde est possible, Lost in transition ?, codirigé par Gilles Berhault, délégué général de la Fondation des Transitions et Carine Dartiguepeyrou, politologue et maître de conférence à l’Institut Mines Télécom Business School, un collectif d'experts s'interroge sur les transitions en cours. Quelles voies se dessinent dans cette société nouvelle ? Va-t-on vers une société bas carbone ? Gilles Berhault et Carine Dartiguepeyrou donnaient une conférence à Arles, mardi 20 novembre, avec Sans transition ! Retrouvez également notre dossier consacré à la collapsologie dans notre numéro 14, disponible en kiosque.

Propos recueillis par Nicolas Troadec

Dans votre préface, vous évoquez la théorie de l'effondrement, « une vision noire de l'avenir qui draine un certain succès ». Est-ce que votre livre est là pour offrir un autre récit de l'avenir, qui irait concurrencer celui proposé par la collapsologie ?

Carine Dartiguepeyrou : il n'est pas en réponse à ces mouvements : la collapsologie existait avec Jared Diamond, Jean-Pierre Dupuy (dont les ouvrages Collapse et Pour un catastrophisme éclairé sont tous les deux parus en 2004, ndlr). Après, je pense qu'il y a aujourd'hui un intérêt des médias pour ce sujet. Mais on ne se positionne pas par rapport cela. Nous avons une autre manière de voir l'avenir, qui ne nie pas du tout le caractère certain de l'effondrement dans lequel on est engagé. La dimension de l'effondrement est presque un point de départ, mais on ne peut pas se satisfaire du constat que le monde va mal, même si la collapsologie a l'utilité de déclencher un électrochoc. Dans le livre, je propose des questionnements prospectifs sur la typologie des "aquoiboniste"1, des "cavapétiste"2... On pense que le véritable enjeu se situe sur les transitionneurs, qui sont beaucoup plus proactifs.

Quelle est le sens du sous-titre, Lost in transitions ?

On s'est beaucoup demandé s'il vallait encore le coup d'espèrer, ou bien continuer à penser que l'on peut encore changer le cours des choses. Pour nous, c'est un état passager. La question de Lost in transitions est justement de dire qu'il ne faut pas rester dans cet entre-deux et dépasser la situation dans laquelle on est.

Vous abordez aussi le rapport de l'homme à la machine.

La situtation actuelle présente un risque de catastrophe écologique et un risque de machinisation de la société. Les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple, ndlr) concentrent la richesse et investissent massivement dans les technologies. Il y a un risque prospectif de voir une humanité dominée par les machines. On ne sait pas ce que peut donner la convergence de différentes technologies.

Mais une machine peut-elle faire autre chose que ce pour quoi elle est programmée ?

Nous sommes déjà dans un monde très automatisé : dans les grandes entreprises, tout est processus, tout est dicté par les sytèmes d'information. Et quand on plaque là-dessus des innovations technologiques, on peut perdre le contrôle. C'est une réalité, pas du fantasme. La question qui se pose sur l'intelligence artificielle à beaucoup plus long terme est l'émergence d'une conscience propre.

Quelles solutions proposez-vous ?

Il y a d'abord un scénario culturel : il faut mettre le paquet sur la culture, pour renforcer la littératie digitale (l'aptitude à comprendre et à utiliser les outils numériques, ndlr), l'esprit critique, la capacité à croiser les informations, à percevoir ce qui relève de la désinformation.

Le deuxième scénario est social : à l'échelle de l'humanité, le seul scénario qui peut contrebalancer le scénario technologique est celui comprenant un objetif de développement durable. Ce sont les mouvements des villes en transition, les objetifs de résilience urbaine. Ce scénario est important car il nous faut un nouveau contrat social, qui reste à inventer.

La moindre politique écologique contraignante suscite immédiatement de vives réactions au sein de la population...

En écologie, il y a toujours un dimension de long terme. Mais je pense qu'il y a une étape intermédiaire de mise en conditions. Beaucoup de choses peuvent être mises en place. Par exemple, dans les Pays de la Loire, il existe un projet de recherche-action, porté par l'école Mines-Télécom Atlantique, avec les élus, et les acteurs traditionnels locaux, mais aussi des citoyens, des activistes, des chercheurs… L'idée est de tout mettre sur la table pour proposer une transition alternative.

Ne craignez-vous pas que votre vision de la transition écologique ne soit pas assez novatrice ? Qu'elle ressemble trop à ce qui est déjà proposé, qui certes mobilise de l'énergie, mais qui est insuffisante, ne serait-ce que pour contenir le réchauffement climatique ?

Certes, les institutionnels, comme le ministère de l'Ecologie, ne font pas assez. Quant aux tenants de l'effondrement, je pense qu'il proposent peu, si ce n'est renforcer sa capacité à être autonome. Mais où est le projet de société ?

Les collapsologues imaginent également des communautés résilientes, autogérées…

Il n'y a rien de nouveau ! Tout cela est très bien, mais ce n'est pas suffisant. Les écovillages, les dynamiques d'entraides, c'est très bien. Mais pour moi il y a la question du changement d'échelle. Dans le cas de Nantes, c'est le pari qu'on peut faire ensemble, avec tout type d'acteurs. Je pense que ça c'est très alternatif, nouveau et expérimental. Et ça fonctionne : on a fait tout un livre qui vient de sortir,* avec 200 pages, projet par projet, avec des exemples de chaufferie à bois, d'éoliennes, de micro-projets...

Un autre exemple de changement d'échelle est la démarche des Potes (pour Pionniers ordinaires de la transition énergétique), en Bourgogne-Franche-Comté, avec le soutien de la Région et d'Energy Cities. Eux ont identifié des acteurs pionniers, des Potes, qui viennent d'horizons différents : des entrepreneurs, des agriculteurs, des commerçants, des élus... L'idée est, à partir d'un petit mouvement, d'accélérer la transition énergétique dans leur territoire. Nous sommes là sur un petit groupe qui peut en dynamiser d'autres. L'idée est de renforcer les capacités collectives. C'est le pari de dire que tout le monde, à sa manière, peut participer à cette transition sociétale et y contribuer. C'est une démarche inclusive et non élitiste.
 

Un autre monde est possible, Lost in transitions ?, L'Aube, 20 euros, 232 p.


*Territoires en transition énergétique et sociétale: Quel rôle pour les dynamiques collectives en Pays de la Loire ? Bernard Lemoult et Carine Dartiguepeyrou, L'Harmatta, 17 euros, 164 p.

1 « Aquoiboniste » : catégorie qui estime qu'il faut profiter de la vie avant l'effondrement.

2 « Cavapétiste » : catégorie qui estime que l'effondrement est mérité.

[DOSSIER] - HANDICAP, LE GRAND OUBLIÉ DE L'EMPLOI ?

Créé le : 19/11/2018
Le café Joyeux, à Rennes emploie principalement des personnes en situation de handicap. Il fait figure d'exception sur le marché de l'emploi - Crédit Benoit Vandestick

Par Cyprien Caddeo


Il est rarement sur le devant de la scène politique ou médiatique, ne s’invite jamais comme une thématique majeure lors des périodes électorales. Pourtant, le handicap concerne près d’un Français sur six, avec un taux de chômage important (lire page 46). Certaines initiatives montrent pourtant qu’il est possible de concilier emploi et handicap

L’emploi, un chemin de croix pour les handicapés ? Selon l’Agefiph, qui gère le fonds d’insertion professionnelle pour les personnes handicapées, 500 000 d’entre elles étaient inscrites au chômage en 2017. Le taux de chômage des personnes en situation de handicap atteint 22 %, alors que la moyenne nationale pointe à 8,9 %... « Des chiffres alarmants », commente Anne Baltazar, présidente de l’Agefiph. Mais celle qui est également en charge du handicap pour le syndicat Force Ouvrière, veut nuancer le tableau : « En revanche, le taux d’emploi des handicapés progresse tout doucement, de 0,1 % par an environ. »


Pour Anne Baltazar, ce taux très élevé de chômage s’explique de plusieurs manières : d’abord, la crise de 2008, qui a frappé tout le monde. Ensuite, le recul de l’âge de la retraite qui, mécaniquement, augmente le nombre de personnes handicapées sur le marché du travail : « On a de nouvelles personnes assez âgées qui se déclarent handicapées tardivement, lorsqu’elles se retrouvent par exemple au chômage, explique Anne Baltazar. Elles n’avaient pas eu besoin...

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