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[AGRICULTURE] La méthanisation met les gaz dans l’Ain mais se heurte au réchauffement climatique

Créé le : 30/11/2020

Mickaël Grange devant l'un des deux moteurs du méthaniseur. Crédit photo : M.Legras-Maillet. 

Par Margaux Legras-Maillet

Complément de revenu, valorisation des déchets, Mickaël Grange a fait le pari de la méthanisation. Comme lui, d’autres exploitants agricoles de l’Ain privilégient aujourd’hui le biogaz. Dans le département, quatre unités sont en construction cette année. Cet engouement pourrait cependant prendre fin plus rapidement que prévu. Les périodes de sécheresse à répétition limitent la production de cultures et la question de privilégier la production d’énergie ou de nourrir l’humanité se pose alors.

À Courtes, en pleine région bressanne, dans le nord de l’Ain, la ferme du gaec P2MN est l’une des premières exploitations agricoles du département à avoir installé une unité de méthanisation. En 2014, les associés du groupement agricole en font le pari en raison d’un problème de stockage de lisier. « La fausse bateau n’était pas aux normes. Il y avait du lisier partout et ce n’était pas propre », explique Mickaël Grange, l’un d’entre eux. Grâce aux subventions publiques européenne (FEADER), régionale, départementale et de l’ADEME, le gaec fait dans un premier temps installer un moteur de 50 kWh par Bio4gaz. Le méthaniseur est alimenté majoritairement par le lisier, un peu de fumier et depuis 2018 également par des cultures intermédiaires à vocation énergétique dites CIVE. En 2017, l’exploitation passe en zone vulnérable, le méthaniseur est alors agrandi pour être aux normes. Une deuxième fosse de stockage est achetée, la première ne suffisant plus, de même qu’un deuxième moteur, plus puissant celui-ci, 100 kWh, le troupeau s’étant agrandi entre temps. Une bâche nénuphar est également installée sur les fosses permettant désormais de récupérer le gaz accumulé lors du stockage et de faire d’une pierre deux coups.

Pour Mickaël Grange, « c’est un nouveau métier qui peut faire soucis. Il faut constamment surveiller le méthaniseur et c’est du travail en plus. On apprend sur le tas et quand il y a une panne, il faut réparer soi-même ou connaître quelqu’un qui peut le faire ». Malgré tout, l’agriculteur ne regrette pas son investissement. En plus de valoriser les déchets, le recours à la méthanisation permet d’assurer un complément de revenu non négligeable. Le contrat signé avec EDF lui garantit un tarif de rachat à taux fixe, équivalent à 22 centimes le kWh, pour une durée de vingt ans. De quoi s’assurer 20% de chiffre d’affaires en plus chaque année. Le méthaniseur permet également de produire de l’azote ammoniacal utilisé pour les cultures, et ainsi de réduire la quantité d’engrais épandue dans les champs.

Plus qu’une ressource matérielle et mercantile, installer une unité de méthanisation avait du sens pour Mickaël Grange. Le méthaniseur permet de fournir environ 150 foyers en électricité verte, soit une bonne partie du village de Courtes qui compte près de 300 habitants. « Je ne l’ai pas précisé parce que cela me paraissait tellement évident. On essaye de faire au mieux pour l’environnement », assure-t-il. Pour les gérants du gaec, c’était aussi une manière de valoriser l’emploi local. Hormis les cuves qui viennent de Belgique, « le mécano est un voisin d’à côté, mon beau-père s’occupe des dépannages électriques, le terrassier est aussi d’ici », déclame Mickaël Grange.

Un département à haut potentiel méthanisable

Depuis 2014, d’autres exploitants agricoles ont suivi l’exemple de Mickaël Grange et fait le pari de la méthanisation. Entre 2019 et 2020, 13 dossiers ont été déposés auprès de la chambre de l’agriculture de l’Ain et 4 unités sont en cours d’installation cette année. Elles seront mises en service d’ici l’année prochaine. C’est notamment le cas de l’unité Jugnon Biogaz à Viriat. Bastien Mercier et ses sept associés ont décidé d’installer un double digesteur afin de diversifier leur activité, de s’assurer un complément de revenu, un apport en azote ammoniacale pour les cultures, de valoriser leurs déchets, mais aussi de mutualiser leur production.

Pour Jean-Daniel Ferrier, chargé de mission énergie à la chambre de l’agriculture, cet engouement dans l’Ain s’explique en partie par le haut potentiel méthanisable du département (voir rapport de l’ADEME à ce sujet)[1], par l’effet émulatif de l’accroissement du nombre d’unités de méthanisation sur le territoire, mais aussi par la communication de la chambre de l’agriculture, proactive dans ce domaine. Les subventions départementales vont également dans ce sens. Chaque année, une enveloppe de 200 000€ est consacrée au développement de la méthanisation dans l’Ain. « Il y a plusieurs enjeux que l’on situe dans le cadre de notre accompagnement, précise Jean-Yves Flochon, conseiller départemental vice-président à l’aménagement, aux aides aux communes, à l’habitat, à la ruralité et à l’agriculture. Il y a notamment la question de la réduction des déchets organiques qui pose des problèmes de voisinage, la question des enjeux d’énergies renouvelables et la dimension économique. Les agriculteurs essaient d’avoir une diversification de revenus. »

Nourrir l’humanité, produire de l’énergie, des possibilités irréconciliables ?

Avec le réchauffement climatique, la méthanisation fait toutefois débat. Les canicules réduisent la production de cultures, or une partie d’entre elles sont utilisées pour la méthanisation alors qu’elles étaient initialement destinées à l’alimentation humaine et animale. Ce sont les cultures prioritaires qui se distinguent des CIVE. « Le risque, c’est que les structures utilisent des terres agricoles pour autre chose que pour nourrir l’humanité, c’est une fuite en avant », craint Alice Courouble, porte-parole de la Confédération paysanne dans l’Ain. Une inquiétude renforcée par les prévisions climatiques pour les prochaines années. Déjà à l’époque, Mickaël Grange avait conscience de ce problème. Lui-même n’utilise aucune culture prioritaire et 75 % des déchets alimentant le digesteur proviennent du lisier et un peu du fumier de ses vaches. Il est d’ailleurs catégorique à ce sujet. S’il n’avait pas eu de troupeau, il n’aurait jamais investi dans la méthanisation. La réglementation limite de toute manière l’utilisation de cultures prioritaires à 15 % des intrants utilisés pour alimenter le méthaniseur. Dans l’Ain, les unités de méthanisation en utilisent au maximum 10 %. Cela semble tout de même trop étant donné les sécheresses à venir. Jean-Daniel Ferrier assure prendre cette problématique au sérieux : « On demande aujourd’hui aux exploitations d’anticiper les mauvaises années par des stocks de fourrage. Il faut quand-même prendre en compte ce schéma climatique sur le long terme. » Même son de cloche du côté du Département. « C’est une problématique qui pourrait arriver surtout pour les unités qui ont moins d’élevage. On est très sensible à cette question et on cible nos aides en fonction de cet aspect-là aussi », assure Jean-Yves Flochon. Du reste, si les périodes de canicule persistent, il sera inévitable de repenser le schéma actuel d’alimentation des digesteurs.

Crédit photo : ML-M. Petite exploitation d'environ 70 têtes, les recettes perçues grâce au méthaniseur ont participé à l'agrandissement de la ferme qui possède aujourd'hui un cheptel d'une centaine de vaches.

La méthanisation peut parfois aussi être source de pollutions. Un cas a par exemple eu lieu récemment dans le Finistère. Une cinquantaine de communes ont été privées d’eau potable au mois d’août en raison d’une pollution de l’Aulne. L’origine, le débordement d’une cuve dans une usine de biogaz. Une situation qui pourrait se reproduire, en théorie, pour n’importe quelle unité de méthanisation, davantage pour les méthaniseurs qui sont alimentés par des déchets en provenance d’autres exploitations agricoles et acheminés quotidiennement par camions. De ce point de vue-là, la production d’énergie n’est plus si durable puisque le transport de lisier ou cultures est source de CO2 et engendre également une pollution odorante. Dans l’Ain, ce schéma est rare puisque la majorité des unités utilisent des déchets de proximité, mais il n’est pas inexistant. Ce sera notamment le cas pour la nouvelle unité de méthanisation de Viriat qui sera mise en service l’année prochaine. Elle est alimentée par les cultures de huit exploitations agricoles, certes de proximité, mais tout de même à plusieurs kilomètres. L’un des gérants du gaec, Mercier a bien conscience du problème. Avec les autres co-gérants ils réfléchissent pour développer des partenariats avec des biscuiteries locales ou autres entreprises produisant des déchets pouvant alimenter leur méthaniseur. Une solution qui permettrait de valoriser d’autres déchets, de ne plus utiliser les cultures, et de ne plus risquer une pollution en cas de déversement d’un camion notamment. Le transport produira toujours du CO2, mais l’alternative a tout de même le mérite d’être étudiée.

Si des solutions existent, plusieurs problèmes ou contraintes persistent. Par exemple, il est compliqué de sortir de la méthanisation, une fois la machine enclenchée. En théorie, un méthaniseur cesse de fonctionner et de produire dès lors qu’on arrête son alimentation. Une affaire plus compliquée qu’il n’y parait. L’enjeu est d’ordre financier. Les agriculteurs investissent en général plusieurs milliers voire plusieurs millions d’euros à l’installation d’un méthaniseur. Des sommes considérables qu’ils doivent rembourser auprès des prêteurs, en règle générale grâce aux gains qu’ils tirent de la vente d’énergie. En d’autres termes, en investissant dans la méthanisation, les agriculteurs s’enferment inexorablement dans un système économique à long terme alors même que l’avenir financier des exploitations agricoles n’a jamais été aussi incertain.

D’autant plus incertain depuis la fin des tarifs réglementaires sur l’électricité annoncée cet été. Les tarifs de rachat du gaz étant indexés sur ceux de l’électricité, c’est toute la filière qui risque d’en prendre un coup. Pour les agriculteurs possédant une unité de méthanisation ayant signé un contrat avec un fournisseur d’électricité au préalable, pas de difficulté. En revanche, cette décision, qui vise notamment la réduction des prix de l’énergie, pourrait dissuader plus d’un à investir dans la méthanisation dont on ignore si elle sera toujours aussi rentable à l’avenir.

 

[ENTRETIEN] Isabelle Delannoy : « Notre vision de l’économie doit être connectée avec la nature »

Créé le : 27/11/2020
isabelle delannoy/ crédit Julien dezécot

crédit photo: JD

Propos recueillis par Julien Dezécot

Engagée depuis 30 ans, Isabelle Delannoy a co-écrit le film Home et La Terre vue du ciel avec Yann Arthus-Bertrand. Ingénieure en agriculture, cette militante a également rédigé L'économie symbiotique. À l'heure de la Covid, son livre résonne comme une proposition politique, pour une véritable transition économique. Rencontre.

 

Dans votre ouvrage L’économie symbiotique, sorti chez Actes Sud en 2017, vous développez une autre manière de connecter économie et écologie. Pourriez-vous nous expliquer cette économie symbiotique ?

C’est à travers l’économie que nous traduisons concrètement notre vision du monde, dans la manière dont on produit ou comment les humains échangent entre eux. Pour être symbiotique, c'est-à-dire pour que notre prospérité se couple avec celle de la Terre, notre vision de l’économie doit être connectée avec la nature. J'observe qu'une frange de l'économie est déjà en train de muter dans cette direction. Elle est minoritaire mais significative. Ce sont les communes qui changent, les entreprises et notamment les TPE-PME, ainsi que quelques grandes entreprises qui ont encore une dimension familiale, même cotées au CAC40. J'observe un vrai mouvement dans le monde entier : aux États-Unis, en Russie, et même en Chine… Ce sont les régénérateurs !

Pouvez-vous nous présenter les trois piliers de l’économie symbiotique qui, mis en musique ensemble, pourraient créer la symbiose catalysant le...

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[INTERVIEW] Sébastien Bohler : « Notre civilisation qui a promis le bonheur à travers la consommation est en train de détruire notre planète. »

Créé le : 25/11/2020

Crédit : Pixabay. Les galeries Lafayette, à Paris, temple de la consommation.

Propos recueillis par Catherine Stern 

Sébastien Bohler, docteur en neurosciences, nous explique que nous devons nourrir notre cerveau avec du sens plutôt qu’avec de la consommation.

Dans votre essai le bug humain, vous expliquez que notre société consumériste s’adresse à une partie de notre cerveau qui est incapable de nous apporter le bonheur...

Si on abreuve notre striatum (structure nerveuse située sous le cortex et impliqué notamment dans la motivation alimentaire ou sexuelle, ndlr) avec des séries télé, des téléphones, des voyages, il en voudra toujours plus. Il n’y a pas de joie possible de cette façon-là car toute satisfaction obtenue se traduit par une insatisfaction l’instant d’après et le besoin de nourrir de nouveaux désirs. Notre civilisation qui a promis le bonheur à travers le confort et l’accès à la consommation n’a pas tenu ses promesses et elle est en train de détruire notre planète.

Vous expliquez dans votre dernier essai Où est le sens ? qu’il faut donc s’adresser à une autre partie de notre cerveau…

Malgré le confort et la consommation, nous ne sommes pas plus heureux qu’avant, et même beaucoup moins, parce qu’il y a énormément de dépressions, d’anxiété, de sentiment de vide chez les gens. Si on veut chercher du bonheur, il faudrait s’adresser à notre cortex cingulaire, une partie de notre cerveau (située entre nos deux hémisphères cérébraux, ndlr) qui cherche à savoir où on va, pourquoi on agit, quel est le sens de nos actions et de nos existences. C’est une bataille à l’intérieur de nos têtes, avec un choix entre continuer à être dans la consommation, le plaisir dans l’instant, et activer la partie de notre cerveau qui désire de la compréhension, de la cohérence, une direction. Pour le nourrir, nous avons besoin d’autres carburants cérébraux, comme les valeurs, les systèmes de vision du monde.

Comment articuler cette compréhension du cerveau avec les changements nécessaires ?

Les seules idées partagées qui permettent à notre société de tenir aujourd’hui sont la production, la consommation, le pouvoir d’achat et la croissance. Elles nous tiennent lieu de valeurs morales et sous-tendent un édifice social, économique, civilisationnel très efficace. Mais ces valeurs sont inadaptées à leur temps et nous emmènent dans le mur à très court terme. Soit on se pose ces questions, soit on disparaît. Au cœur du débat brûlant auquel on va devoir s’attaquer, il y a une révolution de valeurs pour définir celles qui nous réunissent pour fonder une vision du monde partagée.

Ce travail doit-il se faire individuellement ou collectivement ?

Une part du travail est à faire individuellement parce que le besoin de sens est à chercher à l’intérieur de soi, en se demandant si ce qu’on fait en accord avec nos valeurs aura un impact positif sur le monde de demain. Mais comme on vit dans des sociétés organisées, il faut aussi une offre politique qui s’adresse à notre besoin de sens et propose ce débat sur les valeurs.

Cette offre politique existe-t-elle ?

Il y a quelques années, la décroissance était une lubie d’extrémiste, alors qu’aujourd’hui, c’est sur la table du débat public. Certaines personnes s’interrogent et parlent de plus en plus de sobriété, d’altruisme, de pleine conscience. Mais d’autres, celles qui ont le pouvoir, se cramponnent aux valeurs de l’ancien monde. Mais quand on regarde les choses en face, on voit qu’il va falloir sacrifier des choses. Renoncer c’est dur, mais dans la logique du cerveau qui veut du sens, ça prend sa place. Nous arrivons à la fin d’un cycle qui aura lieu soit dans la douleur par l’effondrement, soit par une remise en question délibérée de nos systèmes de gouvernance.

[DOSSIER] Amish, anti-progrès, rabat-joie : l’ère de l’écolobashing

Créé le : 25/11/2020
Crédit photo : pixabay. Légende : Des paysans Amish labourant un champ. Emmanuel Macron a raillé les opposants à la 5G en les
comparant à cette communauté qui refuse la modernité.
 
Par Catherine Stern
 
Alors que l’écologie gagne du terrain en politique, comme l’ont montré les dernières élections municipales, les opposants, jusqu’au président de la République, s’adonnent parfois au dénigrement et à la caricature. Les écolos seraient des rabat-joie, des anti-progrès prêts à retourner à l’âge de pierre. Sans transition ! s’est penché sur ces clichés.  
 
 

Le Tour de France et les sapins de Noël sont associés à des moments festifs populaires et s’en prendre à ces symboles peut faire un mauvais buzz. C’est ce qu’ont découvert à leurs dépens Pierre Hurmic, le maire de Bordeaux qui avait souhaité mettre fin au traditionnel sapin de Noël géant sur la plus grande place de la ville1, et Gregory Doucet, le maire de Lyon, qui avait qualifié le Tour de France de sexiste et polluant. « La France d’après, celle des écologistes puritains, doit faire table rase de tous ces vieux éléments de culture populaire qui ont fait l’identité d’avant », n’hésite pas à écrire le très libéral Éric Verhaeghe dans un pamphlet sur Figarovox. La droite, voire l’extrême-droite, s’en sont donné à cœur joie. « Toute la fachosphère s’est mise en branle pour critiquer Pierre Hurmic qui contrevenait à cette tradition du sapin de Noël », signale Vincent Béal, maître de conférences en sciences politiques à l’université de Strasbourg.

Taper sur les écolos devenus dangereux

L’occasion était trop belle pour ne pas taper sur des écolos que le succès aux dernières élections...

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[VOYAGE EN TRANSITION] Replay des émissions

Créé le : 20/11/2020
Voyage en transition

Par Sans transition !

Pendant le mois de l'économie sociale et solidaire, Sans transition ! et ses partenaires ont organisé un cycle d’émissions avec des conférenciers de divers horizons afin de présenter des solutions possibles pour permettre une transition écologique, énergétique et solidaire. Vous êtes déjà près de 15 000 à avoir suivi nos émissions sur nos différents réseaux, alors mille merci !

"Ecologie : l'arbre qui cache la forêt ?"
Retrouvez le replay de l'émission avec Francis Hallé, botaniste et auteur, spécialiste des arbres et forêts primaires. Il revient avec nous sur l'importance des forêts et de leur bonne gestion pour préserver la biodiversité et permettre la construction d'une société plus durable.



 

"De Dieselgate aux transports du futur"
Retrouvez le replay de l'émission avec Karima Delli, députée européenne depuis 2009 et présidente de la Commission Transports et tourisme. Elle revient sur le scandale du Dieselgate qui a ébranlé l'industrie automobile et les institutions européennes et sur l'importance du développement d'un modèle de mobilité plus durable.

"Dépasser l'effondrement"
Retrouvez le replay de l'émission avec Arthur Keller, ingénieur aérospatial de formation, auteur et conférencier spécialisé dans l’étude des risques systémiques et des stratégies de résilience collective. Il nous informe sur les risques d'effondrement de notre civilisation et sur l'importance des récits pour construire de nouveaux imaginaires et faire advenir une société plus résiliente.

"1 000 milliards pour le climat !"

Retrouvez le replay de l'émission avec Jean Jouzel, climatologue et glaciologue, ancien vice-président du conseil scientifique du GIEC. Il revient avec nous sur les conséquences du dérèglement climatique et sur les solutions possibles pour financer la transition.

Des émissions organisées en partenariat avec : Macif, la Fondation Macif, Actes Sud, la région Occitanie, le Conseil départemental de Haute-Garonne, UniLaSalle Rennes-Ecole des métiers de l'environnement, Université de Haute-Alsace, Le Coq Gadby.

[DOSSIER] AMAZON, l’ogre qui voulait conquérir le monde

Créé le : 12/11/2020
Colis Amazon

Photo : José Miguels/Pixabay

Par Guillaume Bernard

La crise de la Covid-19 a dopé la croissance d’Amazon et le « Monde d’après » pourrait bien être celui de la prolifération de ses entrepôts. D’autant plus avec les reconfinements un peu partout en Europe et ailleurs, qui promettent de booster encore son chiffre d’affaires. Une mauvaise nouvelle : car l’entreprise est nocive pour l’environnement et l’emploi, refuse de payer ses impôts et fait peu cas du droit du travail. Mais qu’est-ce qui pourrait donc stopper l’extension sans fin du géant Amazon ?

Le Vernet, Haute-Garonne, 2800 habitants, trois boulangeries, deux boucheries et, depuis peu, un Amazon Locker. Installé à proximité de la petite gare communale qui transporte les habitants vers leurs bureaux toulousains, ses grands casiers métalliques affichent clairement leur fonction : "Commandez sur Amazon, retirez vos colis ici". Plus besoin d’attendre le livreur chez soi, vos objets sont directement livrés dans ces lockers et le client est libre de les récupérer quand il le souhaite dans un délai de trois jours.

Apparus en France dès 2017, les lockers ont d’abord été installés dans 230 villes françaises et se sont multipliés peu à peu sur le territoire jusqu’à être implantés dans des communes d’à peine quelques milliers d’habitants. Au Vernet, la date d’installation du locker, juste après le confinement, est elle aussi lourde de sens. D’aucuns pourraient y voir le symbole d’une victoire : celle de la pieuvre Amazon qui, dopée par les effets de la crise du coronavirus, étend encore et toujours ses tentacules. De fait, avec le confinement et la réduction des déplacements, le commerce en ligne a explosé. Amazon, ténor en...

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