Tous les articles

[INTERVIEW] Jean Ollivro : « Le Tregor doit aussi regarder son agriculture »

Créé le : 08/12/2020
crédit V. Jourdan/ lannion bis

À l'issue de ses quatre années d'engagements, conclus au moment du rachat de l'entreprise française Alcatel-Lucent, Nokia amorce son désengagement de l'hexagone. Crédit photo : V. Jourdan

Propos recueillis par Virginie Jourdan

Originaire du Trégor, le géographe Jean Ollivro observe ses évolutions et ses modèles de développement territorial.

Le désengagement de Nokia marque-t-il la fin de l'histoire des Télécoms à Lannion ?
L'arrivée du centre national d'études des télécommunications, le CNET, dans les années 1960, avec ses 1200 ingénieurs, a révolutionné le visage du territoire. Des entreprises se sont implantées. La population du secteur a doublé en 15 ans. La stagnation des grandes entreprises dominantes sur Lannion est en réalité perceptible depuis près de 20 ans. L'exemple de Highwave optical, qui a employé jusqu'à 700 personnes en 2001, et qui en a perdu 500 deux ans plus tard, en est un exemple. Mais globalement, l'emploi s'est recréé malgré tout, dans de plus petites entreprises.

Faut-il repenser le modèle de développement du territoire ?
La vision d'un développement orienté vers les technologies est encore très présente. Cela s'explique par l'importance de l'emploi généré et parce que les cadres, souvent issus du secteur, représentent 7 à 8 % de la population. Ils ont des fonctions dans des conseils municipaux. Ils tiennent aussi la baraque en quelque sorte. Ce prisme a naturellement conduit à moins privilégier d'autres secteurs de développement, comme l'agriculture.

L'économie de proximité a-t-elle un avenir ?
Il ne faut pas balayer les nouvelles technologies d'un revers de la main. Le secteur reste très porteur, d'autant qu'il se marie aussi à l'économie de proximité comme le démontre le site produitslocaux.bzh. À l'inverse, l'assez grande spécialisation et l'obsession des technologies de l'information et de la communication explique ici un virage moindre concernant la reterritorialisation de l'économie. Avec comparativement au reste de la Bretagne, assez peu de projets autour de l'autonomie énergétique et de l'agriculture locale. À l'heure de la mondialisation de l'ingénierie, la possibilité existe aujourd'hui de compléter l'économie de Lannion par ces filières complémentaires, porteuses d'avenir et peu délocalisables.

Article présent dans les magazines: 

[TELECOMS] À Lannion, l'après Nokia n'a pas encore de visage

Créé le : 08/12/2020
crédit V. Jourdan / lannion

Depuis juin, le destin de 402 salariés lannionnais de Nokia (ex-Alcatel Lucent) est suspendu aux décisions de la direction française, sur fond de stratégie décidée dans le siège finlandais.  Crédit V. Jourdan

Par Virginie Jourdan

À Lannion, l'annonce du désengagement de Nokia a provoqué une onde de choc. Après avoir annoncé 402 suppressions de postes, la direction a révisé sa copie la baisse. En novembre, un tiers des emplois est toujours sur la sellette. Un coup dur pour le secteur des télécoms qui résonne comme un appel à remodeler le paysage économique local.

Sous la bruine de l'hiver, des centaines de bustes de bois restent accrochés au grillage de Nokia comme autant de cibles humaines. Sur la façade de l'entreprise finlandaise, Nokia est barré au profit d'un chiffre. 402. C'est le nombre de poste que la société avait annoncé vouloir supprimer à Lannion d'ici la fin de l'année. Un chiffre révisé à la baisse fin octobre puisque la direction a finalement annoncé vouloir annuler 162 suppressions de postes. La création d'un nouveau pôle d'excellence sur la cybersécurité pourrait même voir le jour avec 97 nouveaux emplois à la clé. Une correction de trajectoire qui ne suffit pas à rassurer l'intersyndicale. La CFDT en tête. « Les parties prenantes, les personnes ayant travaillé au dossier doivent être remerciées pour leur implication, ministres et conseillers en tête. Mais ils ont travaillé seuls, sans consulter les organisations syndicales (…) sur les nécessaires contreparties. Bercy évoque les subsides du plan de relance. Combien ? Comment ? On ne sait pas. Et si Nokia ne respectait pas ces nouveaux engagements, que se passerait-il cette fois ? », regrettent ainsi de concert les responsables syndicaux...

La lecture complète de l'article est réservée aux abonnés.
S'abonner
Article présent dans les magazines: 

[ZERO DECHET] : À Montpellier, se faire livrer sans déchet

Créé le : 06/12/2020
loopeat. crédit A.Mariette
Les boîtes Loopeat viennent directement de Suisse, où le système de consigne est déjà bien implanté. Crédit : A.Mariette

Par Alice Mariette

Armées de leurs vélos et de boîtes réutilisables consignées, la startup LoopeEat et l’association Les Coursiers montpelliérains veulent révolutionner la livraison de repas en ville. À Montpellier, salades, poke bowl et burgers sont livrés de façon éthique et zéro déchet. Une première en France.

Dans le restaurant Oh my bowl!, rue de l’Université, quelques clients rentrent, une boîte vide couleur aubergine à la main. Ils viennent la faire remplir et ainsi emporter leur déjeuner sans générer de déchet. « La gestion est très simple, : les clients reviennent avec leur boîte déjà lavée, nous n’avons rien à faire de plus que de la remplir, comme on remplit un contenant jetable », raconte Julien Lurienne, cogérant du restaurant. Pour avoir la boîte la première fois, une consigne de 10 € est collectée directement en ligne par la startup Loopeat. Ce système de fonctionnement, Adeline Lefèvre, ingénieure de formation, l’a ramené de Suisse. « Comme je pense qu’il ne faut pas réinventer la roue, je suis allée observer le mécanisme de leur système national de consigne », explique-t-elle. De son séjour en terre helvète, elle a aussi importé ces boîtes violettes fabriquées en Suisse, légères, résistantes, mais aussi esthétiques et pratiques. Avec son associée Clémence Hugot, elle a lancé Loopeat en septembre 2018. Leur ambition : supprimer totalement les contenants à usage unique dans la restauration à emporter. Un projet d’envergure, qui permet...

La lecture complète de l'article est réservée aux abonnés.
S'abonner
Article présent dans les magazines: 

[ODYSSEUS] : Ils se jettent à l’eau pour l’environnement

Créé le : 06/12/2020
crédit Jeremy pain/odysseus

Odysseus rassemble des plongeurs amateurs et confirmés. L’association possède ses propres embarcations / Photo © Jérémy Pain 

Par Jérémy Pain

Du repêchage de déchets dans les eaux du Rhône à l’exploration de lacs gelés dans les Alpes, l’association lyonnaise Odysseus 3.1 œuvre pour la préservation des milieux naturels. Elle s'est donnée comme mission d’allier recherche scientifique et transmission aux générations futures. Le tout avec une communication choc. De quoi faire des émules.

Le soleil frappe fort ce dimanche1 à Lyon et les quais du Rhône sont bondés. Près du pont de la Guillotière, les passants sont venus se balader le long du fleuve et n’avaient pas prévu d’assister à un tel spectacle. Complètement rouillé, une branche coincée dans le guidon et des algues sur les pédales, un vélo gît sur le quai. À côté, des trottinettes électriques sont dans un sale état et des panneaux de circulation font grise mine. Le Rhône recrache un à un ces objets qui n’auraient jamais dû finir leur trajet ici. « C’est abominable », souffle un couple de Lyonnais, médusé.

Depuis le matin, Lionel Rard, fondateur de l’association lyonnaise Odysseus 3.1, et son équipe s’activent dans l’eau et ses abords. « Il faut combien de personnes pour remonter la trot’ sur le bateau ? Rachid tu veux y aller ? » Combinaison et bouteille d’oxygène sur le dos, une dizaine de plongeurs sondent le fleuve en mode commando, cherchant à extirper de ses profondeurs un maximum de déchets.

« Explorer sans peur, éduquer sans reproche »

En septembre 2019, l’association...

La lecture complète de l'article est réservée aux abonnés.
S'abonner
Article présent dans les magazines: 

[EN CHANTIER] : Le Bel Espoir s’offre une seconde vie

Créé le : 04/12/2020
Manon Boquen/ bel espoir

L'équipe en charge du rouf, en pleine construction. Crédit : M. Boquen

Par Manon Boquen

La voile, l’association les Amis de Jeudi Dimanche (AJD), créée par le père Michel Jaouen, en a fait sa raison d’être. Sur leur chantier naval de Lannilis dans le Finistère, stagiaires, formateurs et bénévoles s’activent pour mettre en route leur bateau : un nouveau navire du même nom, Le Bel Espoir. Un chantier où règnent la mixité et l’autonomie.

Imperturbables, les regards concentrés sur l’ouvrage, Manon et Mathilde s’interrogent : « On fait comme ça, tu crois ? » puis commencent à tailler une barre de bois. Celle-ci prendra place sur la pièce sur laquelle elles travaillent depuis quelques semaines : le rouf d’un bateau, cette petite construction surélevée sur le pont des navires. Et pas n’importe quel bateau puisque cet abri de bois agrémentera le Bel Espoir, le nouveau trois-mâts de l’association les Amis de Jeudi Dimanche (AJD), créée en 1951 par le père Michel Jaouen, Jésuite aujourd’hui décédé, qui souhaitait faire de la navigation un tremplin pour les jeunes exclus de la société.

« L’ancien Bel Espoir, qui avait été acheté par Michel Jaouen en 1968, avait bien vécu. Lorsqu’on l’a amené en chantier il y a quatre ans, il a glissé et s’est complètement cassé », pointe Sacha, formateur du chantier naval Le Moulin de l’Enfer à Lannilis sur l’atelier métal, usinage et soudure. Échoué sur la cale du chantier après presque cinquante années de bons services et 13 000 passagers à son bord, le navire en bois est maintenant dépollué par l’équipe de l’AJD....

La lecture complète de l'article est réservée aux abonnés.
S'abonner
Article présent dans les magazines: 

[Centrale de Gardanne] : riverains et associations rejettent le Pacte pour la transition

Créé le : 04/12/2020
FNE/centrale de Gardanne

Photo : La centrale thermique de Gardanne, en pleine activité. Crédit : FNE

Par Elodie Crézé

Alors que l’État souhaite mettre un terme à la production d’électricité au charbon le 1er janvier 2022, un Pacte pour la transition doit être élaboré pour accompagner la transition écologique des territoires de Gardanne-Meyreuil. Au centre des discussions, l’avenir de la centrale thermique de Gardanne et des employés de la branche charbon. Mais le consensus entre les différents acteurs est loin d’être atteint.

C’est une enveloppe de 10 millions d’euros que l’État s’est engagé à mettre sur la table pour concrétiser le Pacte pour la transition. Celui-ci doit être signé avant la fin de l’année et doit sceller le sort, notamment, de la centrale thermique de Gardanne. Car le temps presse : le 1er janvier 2022, la production d’électricité au charbon sera définitivement interdite. État, collectivités, élus, acteurs associatifs, collectifs de citoyens, CGT, et le propriétaire du site, Gazel Energie, filiale du groupe EPH, se sont réunis en juillet, puis début octobre afin de finaliser le document dans lequel l’avenir des 180 salariés de la branche charbon de la centrale doit être décidé.

Mais le document d’une vingtaine de pages ne fait pas l’unanimité. En cause, en 1er lieu, justement, le sort des salariés concernés. Des mesures doivent être mises en place « pour accompagner les salariés vers de nouveaux emplois », telles des passerelles ou des formations vers d’autres secteurs de l’énergie, notamment dans un rayon de 60 kilomètres, ou des aides à la reconversion. Une enquête devrait également se porter sur les entreprises sous-...

La lecture complète de l'article est réservée aux abonnés.
S'abonner
Article présent dans les magazines: 

Pages

Partager