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[ SEMAINE INTERNATIONALE POUR LE CLIMAT ] Grèves, manifestations et sommet pour le climat de l’ONU : quels enjeux ? Quelles perspectives ?

Créé le : 20/09/2019

Aujourd’hui, vendredi 20 septembre 2019, s’ouvre la semaine internationale pour le climat. Au total plus de 5225 actions sont prévues dans 156 pays avec plus de 820 organisations qui y participent, dont 73 syndicats autour du monde.

A Paris, un défilé s’élancera à 13h de la Place de la Nation pour rejoindre le parc de Bercy. Une parade avec des marionnettes géantes sera organisée par Attac au sein du cortège pour dénoncer l’impunité des multinationales et leur responsabilité dans l’aggravation des dérèglements climatiques.

Attac propose une note d’analyse à propos des enjeux que soulèvent ces mobilisations internationales et le sommet pour le climat de l’ONU qui s’ouvre ce 23 septembre.

Grèves, manifestations et sommet pour le climat de l’ONU : quels enjeux ? Quelles perspectives ?

« Le changement climatique avance plus vite que les politiques climatiques ». Urgent besoin d’un ouragan citoyen pour changer la donne
« Nous sommes en train de perdre la course » vient d’affirmer le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres. Tous les observateurs en conviennent : les politiques climatiques ne sont pas à la hauteur et rien n’indique qu’elles le deviennent à court terme. Si l’ensemble des engagements pris par les États en marge de la COP 21 étaient respectés – et ils ne le sont pas - ils conduiraient à un réchauffement climatique supérieur à 3 degrés. Soit une catastrophe.
Raison pour laquelle les grèves et manifestations pour le climat de ces 20 et 21 septembre sont décisives : loin du cynisme affiché par certains, se mobiliser ensemble pour le climat est le meilleur moyen de faire refluer les sentiments d’impuissance et de sidération qui peuvent gagner chacun.e d’entre nous face à l’immensité de la tâche. Ce ne sont pas les objectifs de 1,5°C ou 2°C qu’il faut enterrer mais les décisions politiques et économiques qui nous en éloignent de manière irréversible.
Les 5225 évènements organisés dans 156 pays – dont plus de 150 en France – (voir la carte interactive) vont faire de ces journées la plus grande mobilisation pour le climat jamais organisée. Le message envoyé aux chefs d’État et de gouvernement de la planète entière – et plus largement à l’ensemble des décideurs politiques et économiques – sera limpide : pour paraphraser Winston Churchill, « il ne s’agit pas de faire de votre mieux mais de faire ce qui est requis ».
En France, autour du mot d’ordre collectif « climat, justice sociale : mobilisation générale », nous voulons offrir la possibilité à tous les citoyen-ne-s, tous les jeunes inquiets pour le présent et l’avenir de la planète, d’apporter leur pierre à l’édifice. Parce que les inégalités sociales, les discriminations, la précarité s’aggravent sous l’effet de la crise écologique, il s’agira également d’appuyer les rapprochements et convergences entre mouvements écologistes, féministes, syndicaux, des quartiers populaires, de gilets jaunes, de gilets noirs et bien d’autres, qui souhaitent agir avec le mouvement pour le climat.

Le 23 septembre à New-York, un énième sommet inutile pour le climat ?

Agacé par l’inertie des États, inquiet par l’aggravation de la crise climatique, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a voulu organiser un sommet de l’action pour le climat afin de « rompre avec la paralysie » : il a demandé aux États d’arriver à New-York avec « des plans concrets » et des objectifs plus élevés que ceux qu’ils avaient annoncés à Paris en 2015. Et non des « beaux discours ». A ce jour, seules les îles Fidji et Marshall ont pris de tels engagements.
Sans pouvoir de coercition permettant de sanctionner les États récalcitrants, Guterres en est réduit à appeler au renforcement de la mobilisation citoyenne pour faire pression sur les États. Découpé en 10 thématiques (Neutralité carbone, Charbon, petites îles, etc), ce "sommet de l’action" verra des Chefs d’État et de gouvernement, mais aussi des dirigeants d’entreprises (Bloomberg, Allianz, Engie, etc) se succéder à la tribune. Si quelques pays emblématiques de l’inaction climatique sont invités à ne pas s’exprimer (Japon, États-Unis, Australie, Brésil etc), grand est néanmoins le risque que ce sommet se transforme en une nouvelle longue litanie de discours et en un catalogue de bonnes intentions où les engagements précis, chiffrés et vérifiables feront exception.

Emmanuel Macron, « champion de la Terre » ou « champion du blabla et de la procrastination » ?

Il y a tout juste un an, Emmanuel Macron recevait du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) le titre de « champion de la Terre ». Le bilan français est pourtant mauvais : les émissions de GES en 2018 ont dépassé de 4,5% le budget carbone qui a été fixé, et ce pour la deuxième année consécutive. Là où la baisse des émissions domestiques n’est en moyenne que de 1% par an depuis quatre ans, il faudrait qu’elle soit a minima trois fois plus forte selon le Haut Conseil pour le climat.
« Je m’engage au nom de la France à réviser au plus tard en 2020 nos objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre » avait affirmé François Hollande en conclusion de la COP 21. Cet engagement est depuis resté lettre morte. Pire, la loi Energie-climat écarte jusqu’ici toute possibilité de donner plus d’ambition à l’objectif de 40% de réduction d’émissions de GES d’ici à 2030 par rapport à 1990. Comme si Emmanuel Macron, préférant repousser à plus tard ce qui devrait être fait aujourd’hui, instituait la procrastination comme boussole de la politique climatique de son gouvernement.

Les financements climat : loin des 100 milliards promis

En 2009, à Copenhague, les pays riches s’étaient engager à dégager 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 pour financer les politiques climatiques (atténuation et adaptation) des pays dits « en développement ». Dix ans plus tard et à la veille de 2020, on en est encore loin. Ces financements devaient être nouveaux, additionnels, prévisibles et majoritairement publics. Résultat : les États se défaussent derrière des financements privés, recyclent des lignes de financement "développement" en financement climat et n’ont, pour la plupart, pas de feuille de route prévisible. Par ailleurs, les estimations de l’OCDE, discutables du point de vue de la méthodologie suivie, indiquent un montant total de 72 milliards pour 2017.
L’OCDE elle-même préconise « de redoubler d’efforts de toute urgence pour assurer le financement public de la lutte contre le changement climatique ». La part de ces fonds (19%) qui va à des politiques d’adaptation – généralement jugées non rentables – est toujours très insuffisante, tandis que les prêts représentent une part trop conséquente du total comparée aux dons. Ainsi, la France, qui doit annoncer augmenter sa contribution, est invitée à l’orienter vers des dons plutôt que des prêts. Il est temps d’arrêter de se cacher : si nous voulons que les pays les moins riches aient les moyens de faire face aux dérèglements climatiques tout en développant des activités qui ne soient pas nocives, sans doute faudrait-il enfin débloquer les moyens qui leur sont nécessaires.

Les États et le secteur privé vont-ils continuer à financer les énergies fossiles plutôt que la transition ?

Depuis 2015 et la COP 21, l’ordre de grandeur est resté le même : à l’échelle internationale, quand un dollar est investi dans les énergies renouvelables, deux à trois dollars sont investis dans les énergies fossiles (exploration, exploitation, distribution). Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie, les investissements dans les énergies renouvelables étaient en effet en baisse de 7 % en 2017, tombant à 318 milliards de dollars, tandis que les investissements dans les énergies fossiles étaient orientés à la hausse, pour la première fois depuis de nombreuses années, à 790 milliards de dollars. Le ratio espoir-déluge est donc très mal-orienté. Selon l’Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA), rester en deçà de 2°C de réchauffement climatique implique que 700 milliards de dollars annuels soient débloqués pour que la part des énergies renouvelables dans l’offre mondiale d’énergie primaire atteigne 65 % en 2050 (contre 15% aujourd’hui).
Ces deux données illustrent l’urgence avec laquelle les investissements dans les énergies fossiles doivent tendre rapidement vers zéro : il ne s’agit pas simplement de financer les énergies renouvelables, mais d’arrêter de financer les activités qui contribuent massivement et directement au réchauffement climatique. Malgré les succès, dont certains retentissants, du mouvement pour le désinvestissement des énergies fossiles, les multinationales de l’énergie et les acteurs financiers qui les financent n’en prennent pas le chemin. Pas plus que les États : les pays du G20 ont accordé 147 milliards de dollars de soutien au secteur des énergies fossiles en 2016 contre 75 milliards de dollars en 2007. Soit 96% d’augmentation alors que les pays du G20 avaient pris l’engagement en 2009 de supprimer ces subventions. En France, on compte toujours 11 milliards de soutien annuel aux énergies fossiles.
Attac est signataire de la déclaration endossée par des centaines d’organisations et personnalités exigeant une interdiction mondiale de l’exploitation des hydrocarbures de schiste.

La finance verte est-elle écologique ? Peut-elle sauver le climat ?

Depuis l’organisation du premier “One planet Summit” en décembre 2017, Emmanuel Macron se présente comme le promoteur du financement de la lutte contre les dérèglements climatiques et du verdissement du capitalisme : il veut faire de la place financière de Paris la capitale de la finance verte. Les financements nécessaires pour mettre en œuvre la transition énergétique mondiale, rendre l’économie mondiale soutenable et faire face aux conséquences des dérèglements climatiques sont colossaux. Ils sont généralement estimés dans une fourchette allant de 2 à 5% du PIB mondial, soit plusieurs milliers de milliards de dollars annuels. Les promoteurs de la “finance verte” prétendent que les nouveaux outils financiers verts, comme les obligations vertes, vont permettre de « shifting the trillions » – littéralement déplacer les milliers de milliards de dollars – et de relever le défi du financement de la transition écologique.
La réalité est moins nette. Si le marché des obligations vertes continue de s’étendre - à grands renforts de communication - il grossit beaucoup moins vite qu’annoncé. Il ne représente toujours qu’à peine 1% du marché obligataire mondial, soit une goutte d’eau au milieu d’un océan de finance non verte. Les obligations vertes, souvent présentées comme l’exemple à suivre, ne sont en mesure ni de verdir la finance ni de fournir suffisamment de financements à la transition écologique et à la lutte contre les dérèglements climatiques. A ce rythme-là, il faudrait plus de 100 ans pour verdir la finance. Par ailleurs, ces nouveaux outils ont permis de financer des projets (grands barrages, aéroports, rénovation de raffineries, opération de greenwashing) qui ne sont absolument pas compatibles avec la lutte contre les dérèglements climatiques. Sans une régulation drastique et précise des pouvoirs publics, le verdissement de la finance restera une chimère et la finance un secteur structurellement non climato-compatible.

Rapport d'Attac : La « finance verte » est-elle vraiment verte ?

Feux de forêt et déforestations : quelles réponses de la communauté internationale ?

Face à l’émotion internationale suscitée par les feux de forêts en Amazonie et à l’indifférence de Jair Bolsonaro, Emmanuel Macron a annoncé, à la veille du G7 de Biarritz, que la France ne soutenait plus l’accord de commerce controversé entre l’Union Européenne et le Mercosur. Cette annonce représente le strict minimum attendu mais elle ne permet de pas s’attaquer aux vecteurs de déforestation qui sont de la responsabilité de la France et de l’UE. L’initiative conjointe de la France et du Chili pour l’Amazonie, que la France souhaite voir étendue à l’ensemble des forêts humides de la planète lors du sommet pour le climat de New York, est loin d’être satisfaisante : elle non plus ne s’attaque pas aux vecteurs de déforestation qui sont de notre responsabilité, et aux violations des droits humains qui en découlent. N’est-il pas temps et urgent d’engager une “re-régulation” du commerce international, dans l’optique d’interdire à terme toute importation en France de produits agricoles et forestiers (soja, éthanol, huile de palme, etc) dont la production est directement liée à la déforestation en Amazonie ou ailleurs ?

Rapport d'Attac : Amazonie, quelle politique commerciale et quelles régulations des multinationales pour s’attaquer aux racines du problème ?

Depuis vingt ans, l’emprise des multinationales sur les sommets du climat s’étend

En 1999, Koffi Annan, alors secrétaire général des Nations-Unies, créait le Global Compact (Pacte Mondial) qui regroupe, essentiellement, des entreprises multinationales. Il a contribué à faire d’elles des acteurs majeurs du processus onusien et des relations internationales au détriment de la capacité des États et de l’ONU à réguler leurs activités. Vingt ans plus tard, ce sommet du climat illustre à nouveau l’omniprésence des acteurs privés et de la défense de leurs intérêts dans les sommets dédiés à la lutte contre le réchauffement climatique : plusieurs multinationales, dont certaines sont mises à l’index pour leurs activités, vont être mises à l’honneur.
Alors qu’elles sont à la fois celles qui manœuvrent en coulisses pour éviter toutes réglementations contraignantes – notamment en matière climatique – et celles qui profitent largement d’une globalisation néolibérale totalement insoutenable, les entreprises multinationales sont à nouveau invitées à se positionner comme celles qui peuvent résoudre la crise climatique alors que leurs activités – notamment celles des entreprises du secteur des énergies fossiles – ne cessent de l’aggraver : a-t-on besoin qu’Engie & co se servent à nouveau d’un sommet du climat pour faire du greenwashing ou bien que les États-membres de l’ONU prennent des dispositions contraignantes pour limiter et réguler les activités des entreprises du secteur des énergies fossiles (ce qui n’a jamais été fait en près de 30 ans de négociations sur le climat) ?
 
Attac est signataire de la déclaration "La gouvernance globale sous l’emprise des entreprises ! L’accord de partenariat entre le Forum économique mondial (FEM) et l’ONU est une menace dangereuse pour le système onusien" publiée le 22 septembre 2019.
 

[ CLIMAT ] Aux pouvoirs publics d’agir pour une mobilité durable et un air pur !

Créé le : 18/09/2019

A l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air, le Réseau Action Climat, UNICEF France, WWF France, Greenpeace France, et la FNAUT appellent les pouvoirs publics, nationaux et locaux, à agir avec ambition pour mieux protéger les enfants et les adultes de la pollution atmosphérique.

A l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air, la Directrice générale du Réseau Action Climat, le Directeur général d’UNICEF France, la Directrice générale de WWF France, le directeur général de Greenpeace France, et le président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports, le directeur (FNAUT) appellent les pouvoirs publics, nationaux et locaux, à agir avec ambition pour mieux protéger les enfants et les adultes de la pollution atmosphérique*.

Alors que les épisodes de pic de pollution dans les grandes villes sont de plus en plus fréquents, 8 Français sur 10 se déclarent sensibles ou très sensibles à l’environnement et la pollution de l’air est une de leurs premières préoccupations. La qualité de l’air est devenue un sujet médiatique et politique. Que ce soit pendant l’examen de la loi d’orientation des mobilités ou en réponses aux actualités, des engagements ont été pris par les pouvoirs publics mais ne sont pas suffisants.

Aujourd’hui le constat n’est plus remis en cause. Les études scientifiques s’accumulent pour affirmer que la pollution de l’air a des effets très graves sur la santé, en particulier chez les enfants : asthme, allergies, dermatites, déficiences immunitaires, diabète, obésité, dépression… Les travaux publiés récemment par l’ANSES le confirment une fois de plus. Les décisions de justice tombent, elles aussi : la responsabilité de l’Etat a été retenue pour carence fautive deux fois en l’espace de 2 semaines. Et une décision de la Cour de justice de l’Union européenne, assortie le cas échéant d’amendes, est attendue prochainement. Face à un tel enjeu sanitaire, il faut agir, et au plus vite.

Alors que nous connaissons la source de cette pollution dans nos villes, force est de constater la lenteur avec laquelle les pouvoirs publics agissent. A l’échelle nationale, le  secteur des transports émet 57% des émissions d’oxyde d’azote et 15% des émissions des particules fines (PM2,5)[1]. C’est notamment la conséquence de la « diésélisation » du parc automobile et des dépassements des normes anti-pollution. Nous apprenons aujourd’hui que 9,8 millions de véhicules hérités du dieselgate circulent encore sur les routes françaises alors qu’ils émettent au moins 2 fois plus que la norme Euro[2].

A Paris, 27% des établissements recevant des publics sensibles (écoles, crèches, hôpitaux) sont exposés régulièrement à des dépassements de seuils des normes européennes. A Marseille, une école sur deux serait concernée par des dépassements de normes (source Greenpeace). Résultat, en France, trois enfants sur quatre respirent un air toxique pour leur santé selon l’Organisation mondiale de la santé.

Une chose est certaine : nous ne pourrons pas améliorer la qualité de l’air durablement sans sortir de notre dépendance à la voiture et en particulier aux véhicules essence ou diesel. Nous ne pourrons pas offrir à nos enfants la possibilité de respirer un air plus pur, sans penser, promouvoir et mettre en œuvre les conditions pour un changement de mobilité pour tous. Alors que le défi climatique s’accélère chaque jour, nous devons saisir l’opportunité de repenser nos modes de vie urbains pour des villes plus durables et plus respirables.

Notre objectif n’est pas de blâmer, de punir ou de contraindre les citoyens, c’est pourquoi nous demandons aux pouvoirs publics de soutenir et d’amplifier ces changements nécessaires.

Tout d’abord, il est crucial d’avoir de nouvelles données pour mieux connaître l’exposition de la population française, en particulier des jeunes populations, aux polluants et leur impact sur la santé.

Au niveau national, des fonds doivent être débloqués pour encourager et soutenir les changements individuels : prime à l’achat de véhicules véritablement moins polluants et plus légers que les SUV, en priorité pour les ménages défavorisés, et d’autres moyens de déplacement comme le vélo. La hausse des fonds publics alloués au développement des transports en commun et du vélo permettra enfin des changements collectifs à grande échelle.

Au niveau local, les collectivités qui en ont les moyens devraient renforcer ces dispositifs individuels et réduire la place de la voiture. Les zones à faibles émissions, en particulier autour des écoles ou crèches, peuvent être un outil efficace d’amélioration de la qualité de l’air à condition d’être assez ambitieuses et assorties d’alternatives pour permettre à moyen terme la fin du diesel et de l’essence en ville.

Les mesures commencent à porter leurs fruits à Grenoble, Paris, Madrid, Barcelone et ailleurs : leur mise en œuvre doit être accélérée ; c’est pourquoi nous appelons les candidats aux élections municipales à faire de la mobilité durable et de la qualité de l’air une priorité.

  • Sébastien Lyon, Directeur général d’UNICEF France
  • Morgane Créach, Directrice du Réseau Action Climat France qui rassemble 22 associations nationales
  • Bruno Gazeau, Président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT)
  • Véronique Andrieux, Directrice générale du WWF France
  • Jean François Julliard, directeur général de Greenpeace France

*Tribune publiée sur France Info

[1] Ministère de la transition écologique et solidaire, rapport Compte des transports de la nation en 2018

[2] Transport & Environment, Dirty diesels grow to 51 million across EU, as carmakers still put profit before clean air

 

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> Retouvez le dossier Sans transition ! consacré à la pollution de l'air et à son impact sur les enfants

[ TRANSITON AGRICOLE ] La Confédération Paysanne appelle à un engagement politique fort

Créé le : 17/09/2019

Dimanche 15 septembre à Pontivy, ce sont 500 personnes qui se sont rassemblées à l’appel de la Confédération Paysanne pour dénoncer des projets d'urbanisation qu'elle juge insensés et totalement indaptés au contexte environnemental actuel.

Le PLUI de Pontivy Communauté prévoit l'artificialisation de 330ha de terres. Un projet de 35,5 ha de terre à Séglien pour construire un circuit automobile apparaît  en complet décalage. Ces distractions dispendieuses sont synonymes de gaspillage et de voracité sur le plan de l’énergie. L’urgence climatique devrait pourtant nous amener à faire des choix clairs en faveur de l’agriculture et de l’alimentation.

L’autre projet concerne l’extension d’un élevage de poulets industriel à Langoëlan. La Confédération Paysanne affirme tout d’abord son soutien à l’installation d’un jeune agriculteur. Elle donne dans le même temps les conditions impératives pour que cette installation s’inscrive dans un plan d’avenir pour la filière avicole bretonne et aussi pour qu’elle soit acceptable par la population.

Tout d’abord, l’élevage breton doit rompre absolument avec les importations de soja ou de maïs importés d’Amérique du Sud. Le ministre de l’Agriculture lui-même a reconnu cette semaine dans le France Agricole « qu’il fallait arrêter les importations de soja car elles coutent cher et on ne sait pas ce qu’il y dedans ». Si le ministre ne sait pas, comment les porteurs de projet peuvent garantir un soja sans  OGM et issu de zone de non-déforestation ? La déforestation au Brésil est un crime qui peut être qualifié juridiquement d’écocide parce qu’elle nuit gravement à un écosystème vital pour l’humanité toute entière.

Ensuite, il est incompréhensible qu’en 2019 un projet agricole puisse se concevoir sans aucun lien au sol. Aucune autonomie alimentaire. Expédition le plus loin possible des déjections. Les erreurs du passé ne servent à rien et les aviculteurs sont pieds et poings liés à Sanders Bretagne qui leur fournit poussins, aliments, médicaments et enfin, la rémunération qu’ils fixeront unilatéralement par contrat !

Enfin la montée en gamme n’est pas au rendez-vous : 45 jours pour produire du poulet de 3,2 kg quand il faut 120 jours à un poulet bio pour peser 1,9 kg… Est-ce cela une viande de qualité ? Il faut 1,7 kg d’aliment pour produire 1 kg de viande. Est-ce vraiment nécessaire d’élaborer un tel processus d’élevage industriel alors qu’il aurait été si simple de proposer directement ces céréales à la consommation humaine ?

Il est probable que le préfet du Morbihan publiera un arrêté d’autorisation à ce poulailler.
Des recours juridiques seront déposés sur la base des réserves émises par la Commissaire Enquêtrice dans son rapport et qui concernent :
- l’utilisation de la réserve en eau et aux risques de pollution des eaux
- la pollution de l’air par les poussières et les émanations massives d’ammoniac
- l’atteinte à la biodiversité et notamment à la zone Natura 2000 toute proche

La modification des habitudes alimentaires et la lutte contre le changement climatique va amener naturellement une diminution de la consommation de viande. Nous devons intégrer cette donnée si nous voulons défendre les éleveurs. Plutôt que crispation et dialogue de sourds, la Confédération Paysanne souhaiterait la voix d’un dialogue constructif sur l’avenir d’une agriculture bretonne responsable. « Ce sont des paysans et des paysannes nombreux qui sont en mesure de nourrir la planète sans accaparer les terres, sans piller les ressources naturelles et sans opprimer les populations ». C’est Olivier de Schutter qui le disait quand il était rapporteur du Droit à l’Alimentation à l’ONU.

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[ PESTICIDES ] La FNE soutien les maires du 04 et 05 dans la démarche de protection de leurs concitoyens

Créé le : 13/09/2019

Alors que le gouvernement a lancé lundi 9 septembre une consultation portée conjointement par les ministères de la Santé, de l’Agriculture et de la Transition écologique sur le projet de décret visant à respecter une distance minimale entre les cultures traitées aux pesticides et les habitations, France Nature Environnement en Paca, salue l’engagement des Maires de Revest-des-Brousses, d’Aubenas-les-Alpes (04) et de Puy-saint-André (05) qui ont signé des arrêtés municipaux encadrant strictement l’épandage de pesticides sur leurs communes.

Protéger les riverains des expositions directes aux pesticides : une nécessité

La consommation des pesticides en France est en hausse : + 12,4% en 10 ans. Les effets nocifs des pesticides sur la santé des agriculteurs et des riverains sont connus. Pourtant, seuls quelques espaces (écoles, hôpitaux, zones de captage) bénéficient aujourd’hui de mesures protectrices face aux épandages. Cela va à contre-courant des études scientifiques, du principe de précaution et des attentes de la société.

Face à l’inertie de l’Etat, en témoignent les projets de décret et d’arrêté qui prévoient une distance minimale d’épandage de 5 à 10 mètres entre les zones traitées et les habitations, la mobilisation des élus locaux est indispensable. Nous saluons donc l’engagement des maires qui portent la voix de leurs concitoyens et assument publiquement de prendre des arrêtés illégaux pour préserver la santé et l’environnement.

Pour Martine Vallon, Présidente de France Nature Environnement Alpes de Haute-Provence « L’arrêt des pesticides de synthèse est une nécessité, mais l’interdiction pure et simple n’est pas suffisante. Seul un changement des pratiques agricoles permettra de protéger les citoyens de ces produits nocifs. L’ensemble des acteurs – agriculteurs, riverains, chercheurs, élus locaux, associations, syndicats – doit travailler de concert pour construire des solutions à la hauteur de l’enjeu sanitaire et environnemental ».

France Nature Environnement se mobilise 

Parce que la population appelle à vivre #LoinDesPesticides, la FNE souhaite interpeller les membres du gouvernement qui ont le devoir d’assurer cette protection en créant des zones de non traitement (ZNT) pour les riverains, à l’instar de ce qui  est déjà mis en œuvre pour les cours d’eau (pétition à signer).

FNE Provence-Alpes-Côte d’Azur portera ce discours lors de la Commission Régionale de l'Agro-écologie, qui se tiendra le 19 septembre à la Préfecture de région à Marseille en présence de M. le Préfet Pierre-Étienne BISCH, chargé d'une mission de coordination interministérielle du plan de réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires et de sortie du glyphosate.

Le Conseil d’État a jugé que l'absence de mesure de protection des riverains contre la pulvérisation des pesticides était illégale. Si le gouvernement ne répond pas aux attentes des citoyens, la FNE attend continuer à faire pression sur celui-ci.

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[ SOUTIEN A CAMILLE HALUT ] Observer l'action de la police et de la gendarmerie est un droit !

Créé le : 12/09/2019

Camille Halut, membre d'un Observatoire des libertés publiques est poursuivie pénalement pour son activité en matière de défense des droits fondamentaux exercée dans le cadre des manifestations des gilets jaunes. La Ligue des droits de l'Homme rappelle dans un communiqué que les observateurs et défenseurs des droits doivent être autorisés à opérer librement dans le cadre de leur mission.

Camille Halut a participé à l'observation des pratiques des forces de police et de gendarmerie en matière de maintien de l'ordre public, lors du mouvement des « gilets jaunes ». Ses observations ont ainsi permis la rédaction de plusieurs rapports, dont l'un a été produit devant le Conseil d'Etat dans le cadre du référé liberté tendant à l'interdiction de l'usage des LBD 40. Ses observations ont également servi de support à des saisines de l'IGPN et ont, notamment, participé à l'identification de l'auteur d'un tir de LBD 40 sur un manifestant pacifique, au cours d'une manifestation à Montpellier.
Dans le cadre de sa mission d'observatrice, elle a été victime d'insultes et de violences policières, comme d'autres observateurs.
Convoquée au commissariat pour une audition libre, Camille Halut a été immédiatement mise en garde à vue et renvoyée ensuite à l'audience du tribunal correctionnel de Montpellier du 1er octobre 2019 pour « entrave à la circulation », alors qu'elle accomplissait sa mission d'observatrice en suivant une manifestation de trois mille personnes qui s'était déplacée sur l'autoroute le 6 avril.
En poursuivant Camille Halut, parmi trois mille manifestants pour une violation du Code de la route, le parquet, qui n'ignorait rien du rôle de celle-ci, a-t-il l'intention d'interdire l'observation des actions de la police et de la gendarmerie en détournant la loi de son objet ?
Dans un Etat de droit, à l'instar des médias, les observateurs et défenseurs des droits (dont la protection est rappelée, notamment, par les « Lignes directrices » adoptées par la Commission pour la démocratie par le droit du Conseil de l'Europe et par la Déclaration de l'ONU sur les défenseurs des droits de l'Homme), doivent être autorisés à opérer librement dans le cadre de leur mission d'observation de l'exercice de la liberté de réunion et de manifestation. Et cette activité ne peut légitimement constituer un délit.
Les membres du Comité soutiennent Camille Halut et demandent à toutes les autorités administratives et juridictionnelles de respecter les normes internationales, européennes et internes (rappelées par le Défenseur des droits), en matière de liberté de réunion et de manifestation, et d'assurer la protection effective des observateurs et défenseurs des droits fondamentaux.

Organisations membres du Comité de soutien :

Action non-violente COP21 (ANV-COP21), Alterniba, Amis de la Terre, Amnesty international France, Anticor, Association des Tunisiens en France (ATF), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association européenne pour la défense des droits de l'Homme (AEDH), Attac, Centre de recherche et d'information pour le développement (Crid), Confédération générale du travail (CGT), Confédération nationale du logement (CNL), Confédération paysanne, Comité pour le respect des libertés et des droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT), Comité Vérité pour Adama, Coordination nationale Pas sans nous, Délinquants solidaires, Droit au logement (Dal), Droits et solidarité, Emmaüs France, EuroMed Droits, Fédération des associations de solidarité avec tous-te-s les immigré-e-s (Fasti), Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), Fédération française des motards en colère (FFMC), Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), Fédération internationale des Ligues des droits de l'Homme (FIDH), Fédération nationale de la Libre pensée, Fédération syndicale unitaire (FSU), Femmes Egalité, Fondation Copernic, France nature environnement (FNE), Gilets jaunes de Commercy, Gilets jaunes signataires DECLA TA MANIF, Greenpeace, Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), Ligue des droits de l'Homme (LDH), Ligue de l'enseignement, Mouvement pour une alternative non-violente (Man), Médecins du monde, Mémorial 98, Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), Mouvement national lycéen (MNL), Oxfam France, Planning familial, Réseau Sortir du nucléaire, Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat national des journalistes (SNJ), Syndicat national des personnels de l'éducation et du social-Protection judiciaire de la jeunesse (SNPES PJJ), SOS Racisme, Union nationale des étudiants de France (Unef), Union nationale lycéenne (UNL), Union syndicale Solidaires.

Contact presse :
Service communication de la Ligue des droits de l'Homme (LDH)
presse@ldh-france.org / 01 56 55 51 15

> Pour signer la pétition

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[ LE FINISTERE S'ENGAGE POUR L'ENVIRONNEMENT ] La parole à Nathalie Sarrabezolles

Créé le : 11/09/2019
Samedi 28 septembre, à l’occasion de l’Année de l’environnement et des 50 ans du Parc naturel régional d’Armorique, le Conseil départemental du Finistère organise une grande conférence sur le thème « Le Finistère s’engage pour l’environnement ». Sans transition ! Bretagne s’associe à l’événement en travaillant au contenu et à l’animation de la journée. La parole à Nathalie Sarrabezolles, présidente du Conseil départemental du Finistère.
 

Le 28 septembre s’annonce une journée importante pour le Finistère avec la participation debeaucoup d’acteurs, tant publics que privés, à la Conférence de l’environnement. Quels sont vos objectifs pour cette journée ?

Je souhaite surtout faire passer un message de mobilisation pour la nécessaire préservation de l’environnement. Nous avons, dans le Finistère, une longue tradition de préoccupation environnementale, qui a été marquée dans l’histoire à la fois par des oppositions et des propositions. Cette préoccupation a été traduite par exemple au Conseil départemental par une politique engagée sur le sujet : acquisitions d’espaces naturels sensibles, préservation de la ressource en eau, développement du réseau de transports collectifs et de covoiturage... Une valorisation positive du travail collectif e ffectué est souhaitable, même si, je le concède, il reste des défis à relever. Nous avons besoin de ces encouragements pour mieux œuvrer, ensemble, à la protection de l’environnement. Et si nous voulons qu’il y ait un élan général – qui est essentiel pour changer de trajectoire -, nous devons toucher l’ensemble des champs sur lesquels nous pouvons être acteurs. Et l’ensemble des personnes, de l’individu au collectif, dans toutes ses composantes. Ces préoccupations doivent imprégner tout le monde, tout le temps.

Au cours de cette journée, 3 conférences tables- rondes seront organisées sur 3 thématiques : le changement climatique avec Laurent Bopp, l’érosion de la biodiversité avec Gilles Boeuf et la Transition avec Rob Hopkins. Pourquoi travailler sur ces 3 axes ?

Ces 3 thèmes sont étroitement liés. Il faut agir puissamment sur les 3 et en même temps pour conduire une politique efficace. La préoccupation est environnementale, mais le sujet est de savoir comment la planète va évoluer et avec quelles conséquences sur l’espèce humaine. Chacune de nos décisions a des conséquences. D ans cette préoccupation environnementale, la biodiversité est un sujet majeur. Elle contribue à un équilibre que nous devons préserver. Mais je pense également, à l’instar de beaucoup d’acteurs, que l’être humain et la question sociale/sociétale sont des problématiques essentielles que nous devons prendre en compte dans ce débat. Car au cœur des inégalités environnementales se retrouvent aussi des inégalités sociales.

Justement, Rob Hopkins exhorte aujourd’hui à travailler au pouvoir de l’imagination pour changer la société. Que pensez-vous de cette idée ?

J’aime bien ce concept d’imaginer. On a pendant longtemps, sur un certain nombre de sujets, essayé de compenser nos actions pour sortir des impasses. Or quand on se projette dans une pensée différente, on a plus d’ouverture et de possibilités. Et on peut associer la population plus facilement à nos projets. Le fait de se positionner différemment, de faire valoir l’imagination, peut permettre d’avancer. C’est ce que nous essayons de faire au Département, dans l’ensemble de nos politiques publiques, comme celle de la gestion des déplacements ou la lutte contre les précarités.

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