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[ENERGIE] Les éoliennes auto-construites ont le vent en poupe

Créé le : 12/07/2020
Crédit Elodie Horn

Une éolienne auto-construite, dans la Drôme se met à tourner avec le vent. Crédit : Elodie Horn

Par Élodie Horn

Des habitants de la Drôme décident de gagner en autonomie d’énergie et s’inscrivent à des stages d’auto-construction d’éoliennes, auprès de l’association Ti’Eole. L’idée ? Maîtriser le montage de l’éolienne de A à Z et  développer un réseau affranchi des grands fournisseurs d’électricité sur le territoire.

Grâce à des stages dédiés, l'association Tripalium, composée notamment de Ti'Eole dans la Drôme, propose d'apprendre à auto-construire une petite éolienne. Au programme : un savoir-faire délivré dans une ambiance conviviale qui permet de faire comprendre aux usagers qu'il est possible de combiner économie d'énergie et synergie humaine.

 

« Lorsque des personnes cherchent notre centre d’hébergement, on leur donne notre éolienne comme repère », lance Annette Julien, la codirigeante de l'association Base Nature Vercors en désignant leur installation plantée au cœur de leur terrain. Culminant à 20 mètres de hauteur, avec ses 3m60 de diamètre, il est difficile de  manquer cette éolienne avec ses grandes pâles en bois. Situé à Vassieux-en-Vercors, le centre accueille notamment du jeune public mais propose aussi le gîte et le couvert aux randonneurs, toujours plus nombreux, à l'assaut de ce massif montagneux, à cheval entre la Drôme et l'Isère. Le Vercors s'avère par ailleurs un emplacement idéal pour installer une petite éolienne grâce à son plateau venteux, culminant à 2300 m d'altitude...

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[INTERVIEW] : « Le BRF est un déclencheur de l’agriculture du vivant »

Créé le : 12/07/2020
Photo :  DR

Propos recueillis par Élodie Crézé

Chapeau : Benoît Noël est ingénieur agronome à l’association internationale Jardinier du Monde et expert en agroécologie. Selon ses recherches, le bois raméal fragmenté (BRF) favorise l’agroforesterie et permet de reconstituer les sols.

Le bois raméal fragmenté (BRF), qu’est-ce-que c’est ?
Il s’agit de branches et de rameaux d’arbres broyés, de moins de 7 cm, incorporés au sol. Le procédé a été inventé par les Canadiens dans les années 70.

Si on compare le BRF avec le compost, quels en sont les avantages ?
Le compostage, procédé hors-sol, émet du CO2 dans l’atmosphère et produit moins d’humus. Au final, le BRF permet de produire 2 fois plus d’humus dans le sol que le compost. Cela signifie aussi que de l’énergie est perdue durant le compostage, alors que si on mélange le BRF directement au sol, l’énergie reste disponible pour la vie du sol. Elle représente l’équivalent de 4000 L de pétrole à vers de terre par ha et par an(1). Le BRF est donc un excellent moyen de refertiliser le sol.

Avec le BRF, nous sommes également capables de pomper les nitrates et de les stocker à un endroit où ils seront mobilisables pour les plantes quand elles en auront besoin. Notons que l’humus formé est 10 fois plus riche que le fumier en azote, ce qui permet, à terme, d’assurer des rendements élevés. Enfin, le BRF incite à développer l’agroforesterie pour le produire, ce qui est la méthode la plus efficiente : 20% de SAU (Surface agricole utile)  apporte alors ce qu’il faut en feuilles et radicelles,  pour alimenter le sol vivant.

Et d’un point de vue écologique, pourquoi l’agroforesterie est-elle intéressante ?
Les arbres entretiennent la biodiversité, mais aussi la fertilité du sol, limitent l’érosion et fixent le CO2. Ils ont une action positive contre la sécheresse, puisqu’ils aident à stocker l’eau et font même pleuvoir ! Le BRF lui-même et l’humus constitué sont des éponges. Grâce à l’activation de la vie du sol, une structure améliorée permet aussi à l’eau de s’infiltrer au lieu de ruisseler.

Le BRF favorise donc la durabilité de l’agriculture ?
Absolument. Il est un déclencheur de l’agriculture du vivant : il peut reconstituer des sols très vite. Et même, nous travaillons actuellement sur l’agriculture vegan qui est rendue possible par ce procédé permettant en quelque sorte de recréer l’écosystème des forêts, tout en produisant des aliments pour les hommes. En résumé, c’est un système très performant écologiquement, agro-écologique et aussi potentiellement vegan, puisqu’il créé de la fertilité avec une base végétale uniquement.

Plus d’infos 

www.jardinierdumonde.be

(1) « L'énergie disponible pour la vie du sol a pour représentant emblématique le vers de terre. On peut calculer que l’énergie présente dans la dose BRF recommandée pour nourrir la vie du sol (100 m3/ha.an) est de 40 000 kWh, soit en fait l'énergie fixée par la photosynthèse sur 1 ha. L'énergie contenue dans 1 litre de diesel mis dans le réservoir d’une voiture est d'environ 10 kWh/l. Ainsi lorsque l’on composte du bois broyé, on perd en chaleur dégagée dans le tas de compost une énergie qui pourrait servir à faire vivre la vie du sol, cette énergie, pour 100 m3 de BRF est de 40 000 kWh, soit l'équivalent de 4000 l de diesel. »

 

[PROVENCE] Le bois raméal fragmenté pour une agriculture durable

Créé le : 12/07/2020
Photo :L.-N.S. Gérard Daumas, céréalier et maraîcher bio, est installé dans la plaine de Mane dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Par Hélène Saveuse

Souvent décrié pour l’utilisation de pesticides et autres produits issus de la chimie visant à augmenter les rendements, le secteur agricole pourrait pourtant participer à la diminution des gaz à effet de serre. L’une des pistes envisagées : l’intégration de bois raméal fragmenté dans les terres agricoles. Une pratique bénéfique tant pour le sol que pour l’agriculteur, ou encore pour atteindre de la neutralité carbone, l’un des futurs engagements de la France lors de la COP 21. Explications.

Depuis 15 ans, l’agriculteur Gérard Daumas, installé dans les Alpes-de-Haute-Provence, intègre à la terre des jeunes rameaux grossièrement broyés pour fertiliser le sol. Une pratique inspirée de l’humus forestier qui présente l’avantage de stocker le carbone dans la terre et d’en compenser en partie les émissions issues de l’activité humaine.

Dans sa ferme du Mas de l’Aurore, Gérard Daumas, céréalier et maraîcher bio, cultive des légumes comme des salades, mais aussi des lentilles et des pois chiches. Si à première vue rien ne distingue son exploitation de celle des autres, c’est en plantant un coup de bêche dans le sol que l’on mesure toute la différence.

Entre une à deux fois par semaine, il actionne le broyeur qui se trouve à l’arrière de sa maison. À chaque session, l’agriculteur installé en bio depuis 1987 sur la plaine de Mane, dans les Alpes-de-Haute-Provence, broie des branches et des rameaux d’arbres qu’il répand sur les 13 hectares de son exploitation. « La technique existe depuis longtemps au Canada », explique Gérard Daumas. Elle était pourtant tombée en désuétude, malgré des résultats...

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[DOSSIER - Leur monde d'après] Gouvernance : trois enjeux révélés par la crise

Créé le : 10/07/2020
Crédit Clara Martot

Devant l’IHU Méditerranée du professeur Didier Raoult le 30 mars (crédit Clara Martot)

Par Clara Martot

Dans le monde d’après, les rapports de force ne seront plus tout à fait les mêmes. Passage en revue de trois enjeux du futur.

L’État face aux experts

Le 27 mai, le gouvernement décide, sur recommandation du Haut Conseil de la santé publique, de suspendre le traitement à l’hydroxychloroquine. À l’inverse, ce même gouvernement est allé outre une autre recommandation : celle du Conseil scientifique concernant les écoles. Créé spécialement pour lutter contre la pandémie, cet organisme préconisait une réouverture en septembre. La nouveauté est là : désormais, la parole des scientifiques est relayée quotidiennement dans les médias. Ce qui donne l’occasion aux citoyens de suivre en direct ces controverses.

 

L’État face aux citoyens

Le 13 mai, la consultation lancée par 66 parlementaires du centre et de la gauche baptisée « Le Jour d’après » communique ses résultats. Les 26 000 citoyens qui y ont participé devaient choisir entre 50 propositions. Parmi les plus populaires : mise en place d’un revenu universel, valorisation des « métiers essentiels », plafonnement des hauts salaires. Mêmes tendances du côté de la consultation organisée par...

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[INTERVIEW] « Pour Railcoop, la reconstitution du marché est un vrai défi »

Créé le : 09/07/2020
© C.Pelaprat

©C.Pelaprat

Propos recueillis par Élodie Crézé

Pierre Zembri*, spécialiste en géographie des transports, explique que l’État s’est désengagé de nombreuses liaisons ferroviaires, comme celle assurant la traversée du Massif central, à laquelle la coopérative Railcoop tente de pourvoir. Mais le marché reste à reconquérir…

Les trains intercités sont-ils appelés à disparaître, tout comme les petites lignes assurant les liaisons en milieu rural ?
Il faut d’abord préciser que les trains intercités ne relèvent pas de la même logique que celle des petites lignes, assurant la desserte fine des territoires ruraux. Cependant, dans un cas comme dans l’autre, la décision du maintien de la ligne est motivée par des raisons diverses, comme l’état des voies, ou encore la rentabilité du service. Dans le cas des trains intercités, le payeur est l’État et dans le cas des autres services, ce sont plutôt les régions. État et collectivité ont chacun leur stratégie et décident de desservir ou non certains territoires. Le choix est d’abord politique.

Pourquoi un tel désengagement de l’État et des collectivités ?
L’État, qui a besoin de faire des économies, avait commandité un rapport à Philippe Duron en 2015 sur « l’Avenir des trains d’équilibre »1, et il était ressorti que certaines lignes n’étaient pas prioritaires, sauf s’il n’existait pas d’alternatives autoroutières. Un certain nombre d’arbitrages ont été faits à ce moment-là. C’est dans ce cadre que les liaisons à travers le Massif central n’ont pas été jugées prioritaires.

Pourtant les passagers sont toujours là !
Et ils ne demandent qu’à monter dans les trains s’ils sont à l’heure et mettent un temps non déraisonnable !

Railcoop représente-t-il une alternative intéressante dans ce contexte ?
L’idée de Railcoop est de se substituer à la SNCF défaillante et d’assurer des trains de longue distance. À l’heure actuelle, la ligne sur laquelle se positionne Railcoop - la traversée du Massif central - n’offre plus de trains directs. Ils n’ont pas été rétablis après des travaux alors qu’ils figurent  toujours dans la convention Intercités, et que la SNCF devrait les exploiter. Il y a pourtant une vraie demande : une pétition  a recueilli 12000 signatures  pour demander le rétablissement du service ! S’il existe potentiellement un marché, il va tout de même falloir le recréer, car les usagers ont pris d’autres habitudes pour se déplacer. Cette reconstitution du marché est un vrai défi.

 

1. Rapport et convention Trains d’équilibre du territoire : www.ecologique-solidaire.gouv.fr/trains-dequilibre-du-territoire-tet

*Il est également professeur à l'université Paris-Est et directeur du Laboratoire ville mobilité transport (LVMT).

 

Plus d’infos : www.lvmt.fr

[INITIATIVE] Railcoop : Des citoyens reprennent le train en marche

Créé le : 08/07/2020
Photo :  C. Pelaprat

Quid de la gare de Figeac, tant pour le fret que pour les voyageurs ? (Crédit : C.Pelaprat)

Par Christophe Pélaprat

Railcoop, premier projet coopératif ferroviaire de France, s’est donné pour mission de remettre le train au service de tous les territoires, y compris les plus enclavés. Un projet citoyen qui entend palier le désengagement de la SNCF, de l’Etat et des collectivités, notamment dans le Lot où l’abandon des lignes gagne.

Penser le transport différemment, telle est l'ambition de Railcoop, premier projet coopératif ferroviaire de France. L'objectif : une réappropriation citoyenne du rôle du train, dans toutes ses dimensions de service public. Une aventure inédite qui prend ses racines dans le Lot.

On ne pouvait faire plus symbolique : la gare de Cajarc fut l'un des arrêts de la ligne Cahors-Capdenac dans la vallée du Lot, supprimée dans les années 80, aujourd'hui destinée à être reconvertie en voie verte. Cajarc est aussi l'un des lieux emblématiques de Quercy Rail, qui anima avec brio ce bout de voie ferrée jusqu'en 2004 avec son train touristique ; l'association défend toujours la sauvegarde de ce patrimoine ferroviaire et se bat contre l'abandon de la ligne.

C'est donc là que s'est créée Railcoop, le 30 novembre 2019, la première société coopérative d’intérêt collectif (Scic) dédiée au ferroviaire en France et, à priori, en Europe. Son but : remettre le train au service de tous les territoires.

 

Le rail comme un bien commun

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