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[ SEMENCES PAYSANNES ] Préserver la biodiversité

Créé le : 04/10/2019
Photo : Léonore Virion

Jeudi 03 octobre, la maison des semences paysannes était inaugurée au Laber à Roscoff (29). Un travail de longue haleine, porté par l'association Kaol Kozh et qui a pour objectif de préserver la biodiversité.

Le site de la maison du Laber est loué à l'association Kaol Kozh par la communauté de communes du Haut-Léon. Les locaux sont composés d'un lieu d'accueil grand public, ainsi que d'un espace réservé aux maraîchers. L'association s'y installera à l'hoziron 2021. Son objectif est de collecter et sauver les variétés de semences paysannes.

" C'est du patrimoine vivant " précise Marc Sire, animateur et secrétaire de l'association. " Ces variétés sont reproductibles, donc libres de droits et nous les transmettons ". Une démarche essentielle, car " 75% de la biodiversité cultuvée a disparu en 50 ans ".

Entretien. 

Le thème des semences paysannes sera à nouveau à l'honneur, le 18 octobre prochain à Rennes, lors d'une conférence donnée par l'agronome Marc Dufumier ! Un événement organisé par Sans transition !, Koal Zoh et Biobreizh.

 

[ Jean-Louis Etienne ] « La jeunesse a cette force d’émouvoir »

Créé le : 04/10/2019
Photo : Elodie Crezé

Lors de la conférence animée ce mercredi soir à l’Université catholique de Lyon par Jean-Louis Etienne sur le thème de l’urgence climatique, la jeunesse a répondu présente pour débattre avec le grand explorateur. Médecin, impliqué dans la protection de l’environnement, il s’est fait connaîtrepour ses expéditions en Arctique et en Antarctique. Youth for climate Lyon, Alternatiba- ANV Rhône et les Jeunes écologistes de Lyon étaient à ses côtés et à ceux de Sans transition ! pour parler désobéissance civile et mobilisation.

« Climaticide »,« urgence », « nécessité de s’engager » :les mots, graves, lâchés par Max, de Youth for climateLyon, Baptiste, des Jeunes écologistes de Lyon et de Charles, d’Alternatiba ANV-Rhône, ont pris une résonnance particulière dans l’amphithéâtre de l’Université catholique de Lyon, ce mercredi 2 octobre. À leurs côtés, l’explorateur Jean-Louis Etienne a acquiescé devant cette impérieuse nécessité de se mobiliser, exprimée par les jeunes. Il a tout de même rappelé que la désobéissance civile, telle que pratiquée par ces mouvements citoyens comme levier d’action, ne doit pas occulter le principal objectif : parvenir à détourner les investisseurs des énergies fossiles, condition ultime pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique. L’important est d’instaurer « une pression permanente », a plaidé l’explorateur, mais aussi de « donner envie de changer les choses, et non pas toujours de s’opposer frontalement ».Surtout, « la jeunesse a cette force d’émouvoir et de donner envie de mettre en œuvre la solution », a-t-il ajouté face à un public acquis.

Œuvrer pour une justice climatique, voilà en substance le message qui a été martelé lors de la conférence. Mais les jeunes réunis autour de la table ont souligné qu’il ne fallait pas occulter pour autant la justice sociale. Car pour Charles, d’Alternatiba ANV-Rhône, « les 1ères victimes du changement climatique restent les plus défavorisés. Il faut viser un changement de société radical ».

« Un changement global »,a rebondi Jean-Louis Etienne, qui a toutefois tenu à rappeler que « pour l’atteindre, il faut d’abord et avant tout, changer les choses localement ». En filigrane, un appel à la responsabilité individuelle et collective ! Ce mercredi soir, la jeunesse s’est montrée prête à relever le défi. Comme l’a rappelé Max de Youth for climate Lyon, « la lutte contre le réchauffement climatique a constitué pour beaucoup de jeunes un réveil politique très puissant. Il faudra que cela se retrouve dans les urnes ». La mobilisation de la jeunesse n’est pas prête de s’essouffler.
 

Retrouvez aussi notre dossier sur la désobéissance civile dans le numéro 18 de Sans transition !

[ CLAUDE & LYDIA BOURGUIGNON ] « Pour faire de l’agriculture durable, il faut rendre aux agriculteurs leurs connaissances des sols »

Créé le : 03/10/2019
Photo : Anaïs Maréchal

Ce mardi 1er octobre, l’amphithéâtre de la Toulouse Business School affichait salle comble. Près de 300 citoyens sont venus assister au débat citoyen organisé par Sans Transition ! et Actes Sud sur une agriculture durable et respectueuse des sols. Les stars du jour ? Claude et Lydia Bourguignon, spécialistes mondiaux des sols. « Certains sont fans de Johnny, moi je suis fan de vous ! », clame quelqu’un dans le public. À cette occasion, nous vous proposons de revenir sur les pistes évoquées par les microbiologistes pour améliorer la santé des sols.

Prenons d’abord un peu de recul : qu’est-ce qu’un sol en bonne santé ? La faune joue un rôle fondamental. Les animaux – les vers de terre par exemple – brassent le sol, permettant à l’eau d’y pénétrer plus facilement. « C’est bien plus efficace que le travail manuel des sols ! », rappelle Claude Bourguignon. Autres travailleurs importants : les micro-organismes. Bactéries, champignons et microbes régulent les cycles naturels et permettent d’apporter les éléments minéraux indispensables pour nourrir les plantes. « Le rôle des agriculteurs est de faire travailler ces organismes, pas de les remplacer », assène Claude. Pour les microbiologistes, un sol en bonne santé est un sol vivant.

Ces spécialistes ne sont pas en manque d’idées pour enclencher la transition. Lydia Bourguignon le martèle : « Il faut commencer par remettre de la connaissance chez nos agriculteurs ! On a vendu de la technique aux paysans, et on leur a volé leur savoir. » Intégrer la biologie des sols dans les cursus est un premier pas auquel participent les époux Bourguignon. Lydia, applaudie par le public, rappelle également qu’il faut soutenir les paysans plutôt que de taxer : « Il faut maintenir les aides, comme l’aide à l’agriculture biologique qui a pourtant été suspendue pendant trois ans … » Et quand un membre de l’association Toulouse en transition s’interroge sur les actions individuelles, Claude Bourguignon poursuit : « En tant que citoyen, nous devons accepter de mettre le prix pour des produits de qualité et une agriculture durable. Il faut boycotter les produits importés en hiver, et respecter les saisons. »

Pour rendre sa santé au sol, les époux Bourguignon préconisent de nombreuses pratiques agronomiques. « Lever l’interdiction de la commercialisation des semences paysannes permettrait de réutiliser des espèces adaptées au terroir, qui pousseraient mieux et nécessiteraient moins d’intervention sur le sol », détaille Lydia. Réparer les sols passera enfin par un apport de matière organique en surface, et moins de labourage ! Ils sont les fervents défenseurs du semis direct. Cette technique, que vous pourrez retrouver plus en détail dans le dernier numéro de Sans Transition, consiste à semer les cultures sur un couvert végétal précédemment écrasé. « C’est une technique complétement innovante qui permet de gagner du temps et d’utiliser moins de fioul », détaille Lydia.

Si l’agriculture intensive a presque tué les sols français, ceux que l’on appelle les « médecins du sol » parcourent la France et le monde pour identifier les solutions. Et la démonstration réalisée ce mardi démontre que nous avons tous les éléments pour mettre en place un nouveau modèle agricole.

[ URGENCE CLIMATIQUE ] "Rallumer l'espoir", Jean-Louis Etienne

Créé le : 01/10/2019
Photo : Noel Bauza / Pixabay

Jean-Louis Étienne est médecin, spécialiste en nutrition et biologie du sport. Il a mené de nombreuses expéditions en Himalaya, au Groenland, en Patagonie. En 1986, il est le premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire en chiens de traineaux. En 2010, il réussit la première traversée de l’Océan Arctique en ballon. Sans transition ! a l'immense privilège de le recevoir le 02 octobre prochain à Toulouse, pour une conférence dédiée à l'urgence climatique.

Quels rôles jouent les océans dans la régulation du climat ?

En lien avec l’atmosphère, l’Océan gouverne le climat. Il joue le rôle de tampon thermique, de régulateur. Il distribue également la chaleur et en absorbe de grandes quantités. Ainsi, 93 % de l’excès de chaleur est absorbé par l’Océan. Conséquences : la montée du niveau de la mer (3,2 mm par an), l’érosion des côtes ou la submersion des villes basses. C’est encore un formidable puits de carbone car le CO2 se dissout dans la mer et le phytoplancton (des algues microscopiques), par photosynthèse, absorbe ce CO2 . C’est le départ de la vie. Or un excès de CO2 dans l’eau conduit à l’acidification des océans. Ce phénomène menace la vie calcaire. Pour préserver le climat, il faut donc protéger l’Océan ! Dont la faune et la flore marines. En effet, l’homme a besoin de l’ensemble du vivant pour réussir cette tâche colossale. Autrement dit, l’homme doit organiser une co-évolution avec la nature, pour protéger la biodiversité marine.

" Pour préserver le climat, il faut donc protéger l’Océan ! "

À l’heure du dérèglement climatique, comment se porte l’Océan Arctique ?

À l’échelle planétaire, le constat est sans appel : + 0,8°C de hausse moyenne en 100 ans. Si cette hausse ne nous apparaît pas perceptible pour l’instant, elle est pourtant bien réelle, comme si la terre avait une légère fièvre. Les régions polaires – dont l’Arctique – en sont les premières affectées. Illustration : cette région est en train de changer de couleur. Avant, son Océan était recouvert par la glace durant la grande majorité du temps et se teintait de blanc. Désormais, la neige arrive plus tard, repart plus tôt. Par conséquent, la banquise se réduit. Il y a de plus en plus de zones sombres ; provoquant un moindre réfléchissement solaire. Quant au permafrost, ce terrain gelé, il est affecté lui aussi. Il fond de plus en plus, en libérant une grande quantité de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane, les fameux gaz à effet de serre. Là-bas, on assiste à une accélération du réchauffement climatique, avec une hausse moyenne qui a atteint jusqu’à 4°C en 60 ans ! C’est le phénomène d’emballement climatique.

Lors de vos conférences, vous dites : « Nous avons laissé la porte du frigo ouverte », est-ce bien decela dont il s’agit à présent ?

Oui ! Et cette quantité de froid va manquer à équilibrer la chaleur tropicale. En médecine, on commence maintenant à parler de complications dues à une fièvre chronique, en lien avec le dérèglement climatique. Et des conséquences bien visibles : plus de cyclones, davantage de pluies diluviennes, de phénomènes extrêmes… Plus ça chauffe sur l’Océan et plus il y a d’évaporation et de précipitations. D’une certaine manière, nous observons aussi une accélération du cycle de l’eau. Ainsi, une hausse de la température en mer, proportionnelle au réchauffement, conduit à plus de cyclones et de tempêtes tropicales, comme aux Antilles où ces derniers surviennent par la libération brutale et massive de cette chaleur accumulée à la surface de l’Océan.

Êtes-vous inquiet pour la planète, pour l’homme ?

Je suis réaliste plus qu’inquiet. Le climat a une inertie colossale. Il faut donc agir tout de suite pour réduire l’impact du changement et ses conséquences. Si l’on suit les préconisations du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), qui consistent à limiter au maximum à + 2°C en moyenne le réchauffement climatique d’ici la fin du siècle, alors il convient de laisser 75% des ressources fossiles dans le sol. J’ai malheureusement bien peur que cela soit très compliqué à court terme. En Europe par exemple, la Pologne produit 93% de son électricité par le charbon… Leur dire d’arrêter net serait par ricochet couler le pays. D’où l’importance de la transition à mettre en oeuvre. Car chacun doit prendre sa part et se tourner vers les énergies renouvelables. Celles-ci ne représentent que 20% du mix énergétique dans le monde. Dès à présent, les économies d’énergie sont le gros levier d’action. Peu de gens ont conscience de l’importante quantité d’énergie qu’ils consomment au quotidien. J’ai fait de nombreuses expéditions durant lesquelles on rationalisait l’énergie… C’est lorsque nous n’avons plus d’énergie abondante que nous prenons conscience de l’importance de ne pas la gaspiller !

En somme, il faut « Persévérer » vers l’objectif, comme vous l’écrivez dans votre ouvrage paru en 2015 ?

Je suis issu d’une formation technique (tourneurfraiseur). J’avais une assurance-vie dans mes 10 doigts. Pourtant, j’ai choisi une autre voie, en persévérant. Il faut sans cesse remettre le rêve à la surface. Si on se laisse noyer par les difficultés, on n’y arrive pas. Il convient en permanence de se remobiliser, de rallumer l’espoir. Il faut persévérer pour nourrir ce feu car on ne construit pas sa vie sur des frustrations, ni sur des projets inachevés. Lors de mes expéditions, j’ai su résister aux tentations de l’abandon, j’ai persévéré, il ne faut pas attendre qu’on vienne nous chercher. Je suis comme tout le monde, je suis sans arrêt en train de faire avancer des projets. Parfois je suis découragé. Mais même si ça demande beaucoup d’énergie, il ne faut pas se démobiliser.

C’est ce que vous faites précisément avec Polar Pod, votre prochain projet d’exploration marine ?

Polar Pod est une plate-forme océanique abritée, spécialement conçue pour dériver autour de l’Antarctique, dans les cinquantièmes hurlants. Nous sommes en train de boucler le projet. Le plus difficile consiste à trouver des financements. Je lance des courriels tels des bouteilles à la mer, à la pêche aux financements. Je suis sans arrêt en train d’avancer. J’ai voulu construire un bateau de l’extrême… une expérience unique. Tout ça est en route, je suis toujours très excité à l’idée d’un nouveau départ. Trouver le chemin de ce que l’on sait faire et réussir à l’inscrire dans la marche du monde, voilà mon leitmotiv.

Le Polar Pod en position verticale. © Océan Polaire / JL Etienne.

Propos receuillis par Sans transition ! en 2015.

> Réservez vos places pour la prochaine conférence de Jean-Louis Etienne, le 02 octobre prochain à Toulouse !

Et retrouvez Jean-Louis Etienne dans le prochain numéro de Sans transition ! (n°19) !

[ AGROSEMENS ] Le savoir-faire ancestral des semences paysannes

Créé le : 24/09/2019
Photo : Elodie Crezé

À l'occasion de la semaine européenne des semences paysannes, Sans transition ! est allé aux portes ouvertes d'Agrosemens, entreprise familiale implantée à la ferme du petit Sambuc, à Aix-en-Provence. Nous y avons rencontré Cyriaque Crosnier Mangeat, chef d'exploitation et cofondateur de cette maison semencière potagériste, travaillant en biodynamie, à 100 % bio.

Interviewé au milieu d'un champ de courges, non loin des rutabagas, tomates anciennes et autres produits du terroir, l'entrepreneur décrit les valeurs d'Agrosemens, basées sur la cocréation de semences avec les paysans dans « le respect des savoir-faire ancestraux, respectueux des terroirs », et reposant sur « la maîtrise des techniques modernes ». Le résultat ? Deux gammes de graines de semences ; l'une dédiée aux maraîchers professionnels, l'autre aux jardiniers amateurs. Un défi que l'entreprise relève depuis 17 ans.

Cyriaque Crosnier Mangeat (à gauche), agronome spécialisé dans la recherche et le développement, et son frère Judicaël, ingénieur spécialisé dans la finance, sont tous deux dirigeants d'Agrosemens, créée en 2002.

[ CLIMAT ] Le rendez-vous incontournable de la jeunesse

Créé le : 20/09/2019
Photos : Sans transition !

La jeunesse du monde entier se donnait à nouveau rendez-vous ce vendredi 20 septembre pour manifester en faveur du climat. Une mobilisation croissante et "indispensable" pour alerter et inciter les pouvoirs publics à prendre des mesures drastiques. Reportage à Brest, où plusieurs centaines de personnes étaient réunies place de la Liberté.

Marin, étudiant en prépa littéraire à Brest manifeste depuis le mois de mars en faveur du climat. Pour lui, la convergence des luttes sociales et écologiques est en enjeu majeur.

> Retrouvez l'intégralité du programme d'actions proposé par les mouvements brestois en faveur du climat

   

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