Tous les articles

[ URGENCE CLIMATIQUE ] A quand des actions dans le secteur des transports ?

Créé le : 24/10/2019

La contribution du secteur des transports au réchauffement climatique est primordiale : 31 % des émissions de gaz à effet de serre en 2018, dont 95 % en provenance de la route. De nombreux citoyens sont aujourd’hui très inquiets face à ce phénomène et sont prêts à changer leurs habitudes de déplacement, mais selon la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT), rien de sérieux n’est fait pour réduire la dépendance automobile.

Le phénomène se traduit en particulier par des canicules, qui seront à l’avenir « de plus en plus précoces, fréquentes, intenses et prolongées » selon Jean Jouzel, climatologue ancien vice-président du GIEC.

La fonte du pergélisol des parois montagneuses et la montée du niveau des mers constituent une menace sérieuse (éboulements, inondations) pour les infrastructures de transport : voies ferrées et routes.

Plus on attendra pour s’attaquer au réchauffement climatique, plus la planète se réchauffera rapidement et plus le coût économique de ses conséquences sera élevé. Or de nombreuses décisions peuvent être prises rapidement par l’Etat et les collectivités locales sans exiger des contraintes insupportables par la population ou les entreprises : elles seraient peu coûteuses, ou même rapporteraient de l’argent utilisable pour investir davantage dans les réseaux urbains et ferroviaires (tramways, RER métropolitains).

Les décisions attendues de l’Etat

- Un centime supplémentaire de TICPE sur les carburants routiers (chiffres 2018) rapporterait 520 M€ ; si seuls les carburants automobiles étaient taxés, le produit serait de 271 M. La réduction récente de l’exonération de TICPE sur le gazole consommé par les camions (2 centimes) peut être accentuée.
- La très faible taxe sur les billets d’avion (1,5 € sur les vols courts-courriers), peut être augmentée.
- On peut réduire la vitesse limite autorisée sur les routes et en ville : 120 km/h (autoroutes), 100 (voies express), 80 (autres routes), 30 en ville (50 sur les axes de transit), comme en Suisse. L’impact climatique a été évalué par l’ADEME. Les énormes dépenses (40 Md€/an) liées à l’insécurité routière diminueraient.
- La prime vélo des salariés peut être rendue obligatoire pour les entreprises. Les cyclistes quotidiens étant plus nombreux et en meilleure santé, les dépenses de la Sécurité Sociale diminueraient.
- Le malus à l’achat des 4x4 urbains (SUV) peut être renforcé.

Les décisions attendues de l’Etat et des collectivités locales

  -Les collectivités locales peuvent multiplier les mesures favorables aux cyclistes. Elles peuvent accorder à tous leurs autobus des couloirs réservés et des priorités de circulation aux carrefours.
- Elles peuvent introduire le péage urbain (et l’Etat peut réintroduire les dispositions prévues dans une version initiale de la Loi d’Orientation des Mobilités).
- Les Régions et Départements peuvent limiter les dépenses routières, prioriser les travaux ferroviaires et développer des services d’autocar à large amplitude horaire et à fréquence élevée.
 
La FNAUT invite le gouvernement à suivre l’exemple de l’Allemagne qui va accentuer ses taxes sur les billets d’avion (elles passeront de 7,5 à 13 € pour les courts-courriers) et abaisser son taux de TVA sur les billets « grandes lignes » de 19 % à 7 %, taux déjà en vigueur pour les trajets jusqu’à 50 km.

> Plus d'infos

Et découvrez dans le prochain numéro de Sans transition !, un dossier consacré au scandale du Fret !

[ DROIT D'INFORMER ] Nous ne devons pas nous habituer aux intimidations, aux gardes à vue et aux poursuites judiciaires

Créé le : 18/10/2019

Le journaliste Guillaume Bernard qui écrit pour les sites d’information Rapports de force, EcomNews, et le magazine Sans Transition !, a rejoint la longue liste des journalistes inquiétés cette année par les forces de l’ordre. Pour son 48ème samedi de couverture des manifestations des gilets jaunes à Toulouse où il diffuse A Rebrousse Poil, un petit journal papier gratuit, notre collègue a été arrêté par des policiers. Ceux-ci l’ont accusé de jets de projectile sur les forces de l’ordre. Une accusation évidemment infondée.     

 Pourtant Guillaume Bernard, en plus d’être empêché de poursuivre son travail de couverture de la manifestation du 12 octobre, a dû subir une garde à vue de 24 h, prolongée d’encore quelques heures, avant que le parquet ne décide d’abandonner les charges incongrues de jets de projectile. Malgré tout, il est ressorti du commissariat avec une convocation devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour le vendredi 18 octobre. Il devra y répondre de l’accusation farfelue de rébellion. La version policière est contestée par un témoin décrivant une arrestation dans le calme, et contredite par une vidéo montrant le journaliste embarqué sans opposer de résistance par les forces de l’ordre.

Ce n’est pas parce que le nombre de journalistes entravés dans leur métier d’informer, interpellés, voir même placés en garde à vue ou poursuivis ne cesse d’augmenter que nous devons nous habituer à ces intimidations. Nous observons ces derniers mois de trop nombreuses entraves à la liberté d’informer. La convocation de trois journalistes et du directeur de publication de Mediapart lundi 14 octobre par le parquet de Paris pour un article sur l’affaire Benalla en est une énième illustration.

Il est inacceptable que les pouvoirs publics limitent ou empêchent les journalistes d’informer le public. C’est pourquoi nous réclamons la relaxe pure et simple de Guillaume Bernard. Une condamnation ne serait en l’espèce que l’octroi d’un permis d’empêcher les journalistes de faire leur métier.   

 

Premiers signataires

Rédactions : Sans transition !, Bastamag, Fakir, Mensuel Le Ravi, Radio GI.NE, Rapports de force, Rue89 Lyon, Street Press, Alternative libertaire, L’Anticapitaliste hebdo

Journalistes : Pouria Amirshahi (directeur de publication de Politis), Syrine Attia, Nathalie Auphant (Actualités Sociales), Maxime Bayce, Asma Benazouz, Ingrid Bergo, Jonathan Bondelet (Actualités Sociales), Sarah Bos (Actualités Sociales), Magali Chouvion (Sans Transition), Maïa Courtois (Actualités Sociales), Guillaume Davranche, Camille Desmaison-Fernandez, Solène de Larquier, David Dufresne, Ivan du Roy (Bastamag), Marion Esquerré, Martin Goillandeau (CNN International), Raphaël Guillet, Eléonore Hughes, Antoine Jégat, Didier Labertrandie, Samuel Lacroix (Philosophie magazine), Maëlle Lecointre, Lorrie Le Gac (Radio GI.NE), Emeline Le Naour, Victor Mallétroit (France 2), Maxime Martinez, Nicolas Mayart, Edwy Plenel (Mediapart), Stéphane Ortega (Rapports de force), Antoine Piel, Clothilde Ravel (Afrique intelligence), Maxime Ricard (Actualités Sociales), Emmanuel Riondé, Jean Baptiste Rivoire (Canal+), Mathilde Saliou (Mind Fintech), Nesrine Slaoui, Stéphane Trouille (reporter vidéaste indépendant), Stan Vignon, Gilles Wullus (Politis), Sarah Younan

Collectifs/organisations : Les Amis du Monde diplomatique Toulouse, SNJ- Solidaires, SNJ-CGT, Université populaire de Toulouse, Fondation Copernic 31, Union syndicale Solidaires, Union communiste libertaire

Citoyen.ne.s : Jean Constance (sociologue, cofondateur du média Radio GI·NE), Jean-Jacques Gandini (coordinateur Legal Team LDH Montpellier), Jean François Mignard (président d’honneur LDH Toulouse), François Ruffin (député France Insoumise), Pascal Gassiot (Fondation Copernic Toulouse), Gilles Daré (Fondation Copernic Toulouse), Stella Montbello (Fondation Copernic Toulouse), Victor Vauquois (scénariste), Vincent Verzat (Partagez c’est sympa)

Pour signer la tribune, écrivez à "redaction@rapportsdeforce.fr"

[ LA BASCULE] Le lobby citoyen qui entend réinventer la société

Créé le : 15/10/2019
Photo : Gweltaz Rollando

Par Stéphanie Biju.

C’est dans le Morbihan, dans une polyclinique désaffectée de Pontivy que des étudiants, travailleurs, retraités et chômeurs se sont installés pour une durée variable de quelques semaines à quelques mois, afin d’ériger le lobby citoyen national La Bascule. La finalité ? Dans un cadre de gouvernance partagée, réinventer la société de demain et accélérer « la transition démographique, sociale et écologique ». Reportage au cœur d’un vaste chantier.

La Bascule a pris ses quartiers, « éphémères », dans une clinique désaffectée de Pontivy. Quelque 70 personnes ont choisi d'y mettre leur vie entre parenthèse pour servir ce lobby citoyen national, qui vise à accélérer la transition démocratique, écologique et sociale. Entre gouvernance partagée et sobriété heureuse, les Basculeurs entendent incarner le changement qu'ils veulent voir impulser à la société.

Derrière lui, un mur couvert de post-it. Dans une pièce autrefois dédiée à une chirurgie ambulatoire, Pierre enchaîne les coups de fil et les mails pour recruter de nouveaux bénévoles, lui plutôt habitué aux maths et à la physique. « Je cherchais une manière de me rendre...

La lecture complète de l'article est réservée aux abonnés.
S'abonner

[ LIONEL ASTRUC ] "L’art de la fausse générosité"

Créé le : 15/10/2019
Photo : Julie Balague

Dans son enquête parue en mars 2019 intitulée L’art de la fausse générosité, la fondation Bill et Mélinda Gates, (éditions Actes Sud), le journaliste et écrivain Lionel Astruc dévoile comment le patron de Microsoft assied son empire sur une posture faussement philanthrope. Pour Sans transition !, il revient sur les coulisses de l’enquête.

Depuis quelques années, la moutarde me monte au nez à chaque fois qu’un journaliste décrit Bill Gates comme le champion du monde de la générosité. Du reste j’ai toujours trouvé naïve cette vénération suscitée par l’image de Bill Gates, qui serait une sorte de Monsieur Parfait, un demi-dieu. J’ai pris la décision d’écrire ce livre le jour où j’ai lu dans un grand journal quotidien - un supplément consacré au mécénat rédigé par des spécialistes - pour la nième fois, cette description dépourvue de distance critique. Les retours que j’avais du terrain me montraient une image aux antipodes.

 

En commençant mes recherches j’ai vite compris que je ne pourrais pas réaliser seul une enquête d’une telle ampleur. C’est donc un ouvrage presque collectif dont j’aurais voulu qu’il soit co-signé avec d’autres, mais tous n’avaient pas autant de temps à y consacrer. J’ai notamment travaillé avec Mark Curtis, un écrivain, historien et journaliste d’investigation britannique qui fut auparavant chercheur à l’Institut Royal des Affaires Internationales. Il a réalisé avec l’ONG britannique Global justice now un excellent rapport intitulé « Gated development : is the Gates Foundation always a force for good ? » malheureusement passé inaperçu. La Fondation travaille dans tant de secteurs, avec tant de filiales que la complexité fait écran à une compréhension des enjeux et notamment des conflits d’intérêts à petite et grande échelle.

Paradis fiscaux

Cette enquête montre tout d’abord qu’on ne peut pas être « généreux » avec l’argent des autres, c’est à dire avec des ressources dont on prive les états via les paradis fiscaux. Le montant de l’évitement fiscal est tel qu’il peut être équivalent à ce qui est "donné". On sait par exemple que Microsoft a déplacé à l’étranger près de 21 milliards de dollars de recettes (sur une période de trois ans), économisant ainsi 4,5 milliards d’impôts dus au Trésor américain. Cela représente une somme plus importante que les dépenses annuelles (soit 4,7 milliards en 2017) de la fondation Gates dans le monde. J’ajoute que globalement Microsoft conserve 92,9 milliards de dollars à l’étranger pour éviter de payer 29,6 milliards d’impôts aux États-Unis. Autrement dit ces dons, dès le départ, n’en sont pas, mais ce n’est que le début du problème.

Plus en aval dans le parcours que suit l’argent de Bill Gates, on constate que ce qui est destiné à être « donné » est en réalité placé dans un fonds d’investissement qui fait fructifier l’argent de la fondation. Seuls les dividendes sont ensuite « donnés ». D’autres organisations philanthropiques le font et, si les investissements sont éthiques et de nature à améliorer l’intérêt général, cela ne pose pas de problème. Mais ce n’est pas le cas ici : le trust de la fondation investit dans des secteurs et des entreprises tels que l'armement, les énergies fossiles, la grande distribution, les OGM ou encore les sodas : BAE systems, Total, BP, Walmart, McDonald’s, Monsanto, Coca-Cola, etc. Comment est-ce possible ? Venant d’un surdoué comme Bill Gates on a du mal à voir là une incohérence fortuite. Ce fonds a investi dans 35 des 200 sociétés qui émettent le plus de CO2 : géants du pétrole et du charbon notamment. Cette contradiction illustre à elle seule le problème global que pose la fondation Gates comme Albert Einstein le disait : « on ne résout pas un problème avec les modes de pensées qui l'ont engendré ».

Les flux financiers issus de ce Mécano opaque alimentent ce qui motive réellement Bill Gates : acquérir de plus en plus de pouvoir sur des domaines comme la santé ou l’agriculture afin d’imposer des solutions qui placent (maintiennent) les multinationales au cœur du système. OGM, géoingénierie, vaccins sans discernement : cela se vérifie dans tous les secteurs où il intervient. Plus que jamais soyons vigilants !

Plus d’infos : https://www.actes-sud.fr/catalogue/ecologie-developpement-durable/la-voie-des-paysans

[ RHONE ] Les animaux au chevet des patients

Créé le : 11/10/2019
Photo : Catherine Maciocia

Par Florence Genestier.

Ehpad, instituts médico éducatif (IME), cliniques, mais aussi particuliers, nombreux sont ceux qui se tournent vers la zoothérapie pour apaiser et soutenir des personnes âgées, handicapées ou encore des jeunes en difficulté. Si les bénéfices de cette pratique ne sont pas encore prouvés scientifiquement, les retours positifs sur le terrain justifient cet engouement. Dans le Beaujolais, Catherine Maciocia en a fait son travail et sa vocation.

Dans ce coin du Beaujolais Vert, Catherine Maciocia a choisi d’installer son centre de médiation animale : Mini’maux. Un engagement à la fois professionnel et personnel pour cette mère d’un enfant autiste. Dans son sillon, de nombreux centres médicaux et d’accueil de personnes handicapées recourent à des zoothérapeutes. Avec l’apaisement et la progression des patients à la clef.

Suivie par sa nouvelle pensionnaire, une agnelle câline de 4 mois appelée Pimprenelle, Catherine Maciocia joue les guides en son domaine. Rien ne destinait cette quinquagénaire à s'occuper un jour d'un centre de médiation animale. Inspectrice principale des impôts à Lyon il y a encore une quinzaine d'années, c’est la naissance de son fils Jérémy, âgé aujourd'hui de vingt ans et diagnostiqué autiste Asperger en 2004, qui a tout changé. « De 2004 à 2014, j'ai réfléchi à ce projet, explique-t-elle. Nous avons d'abord déménagé à la campagne, sur les hauteurs de Saint Clément, puis j'ai pris mon temps. J'ai aussi observé les relations innées que pouvait avoir mon fils avec nos...

La lecture complète de l'article est réservée aux abonnés.
S'abonner

[ CHRONIQUE LITTÉRAIRE ] Vivre avec la terre ! Charles Hervé-Gruyer

Créé le : 07/10/2019

Comment nourrir l’humanité de demain ? Il semble évident que notre modèle agricole actuel, dépendant des énergies fossiles, destructeur des terres et de la biodiversité, émetteur de gaz à effet de serre, ne pourra pas assurer cette tâche. La Ferme du Bec Hellouin en Normandie, initiée par Perrine et Charles Hervé-Gruyer, expérimente une nouvelle forme d’agriculture, en rupture profonde avec les modèles actuels : l’écoculture, qui se fonde sur l’imitation des écosystèmes naturels.

Cette démarche favorise l’autonomie des paysans et la sécurité alimentaire des communautés locales. De plus, la “miniaturisation” des cultures qu’elle préconise permet l’implantation de microfermes en tous lieux, y compris en milieu urbain, entraînant création d’emplois et résilience des territoires. Les recherches menées au Bec Hellouin inspirent déjà des agriculteurs du monde entier, mais aussi des politiques, des responsables de collectivités territoriales, l’enseignement agricole, l’Éducation nationale... Fruit de six années de travail, Vivre avec la terre est un projet littéraire et scientifique exceptionnel, qui donne aux lecteurs les moyens de s’engager dans cette démarche “bio-inspirée”. En apprenant à comprendre le fonctionnement des milieux naturels, ils découvrent de très nombreuses applications simples et efficaces, qui permettent de créer un jardin ou une ferme d’une haute performance écologique. L’ouvrage reflète l’expérience vécue au Bec Hellouin, mais il propose également une synthèse de milliers d’informations récentes sur la nature et les cultures vivrières, issues de la veille scientifique et technique menée à la ferme et jusqu’alors peu ou pas accessibles. Ce manuel, qui s’adresse à tous ceux qui désirent “vivre avec la terre” (jardiniers mais également professionnels de l’agriculture et chercheurs, ainsi que tous ceux qui aspirent à créer une microferme), accompagnera ses lecteurs des années durant.

 

 

 

 

 

Charles Hervé-Gruyer, devant la ferme du Bec-Hellouin en Normandie. Photo : Perrine Hervé-Gruyer

Pages

Partager