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Parrain comme cochon

Créé le : 02/01/2016

Un financement solidaire, à l'échelle humaine, est à l'origine de la ferme de Marie et Cédric en Baronnies provençales. Le remboursement en nature aux investisseurs, étalé sur trois années, permet aux jeunes agriculteurs de faire connaître le goût unique de leur charcuterie, dans laquelle la "qualité" est mise à l'honneur.

 

La charcuterie à l'ancienne de Marie et Cédric, issue de l'élevage de porcs « rustiques », à l'entrée des gorges des Trentes Pas (Drôme provençale), vient d'être récompensée par le concours "Talent gourmand", catégorie agriculture. Aux prémices de ce projet porté par Marie Fernandez et Cédric Bommenel à Saint-Ferréol près de Buis-les-Baronnies : la qualité de leur production. Cette exigence a permis la mobilisation d'un groupe de 50 parrains locaux. Ces derniers, par leur engagement solidaire, ont permis à la ferme d'exister .

"10 000 euros, ce ne sont jamais que 100 personnes qui te prêtent 100 euros", leur glisse un jour un ami, peu de temps après le refus du prêt qu'ils avaient demandé à la banque, pour démarrer leur activité à l'été 2012. Cette phrase est le déclencheur pour le couple. Sans l'aide des banques, les jeunes agriculteurs vont ainsi réussir à financer leur exploitation autrement. L'idée est simple : trouver des co-financeurs par le biais d'un parrainage : un parrain par animal.

Un remboursement en nature

Marie a clarifié ce projet de financement sur papier. Et a diffusé le message autour d'elle. La solidarité locale a fait le reste. En deux réunions, ils font goûter la qualité de leur produit fini aux futurs investisseurs. C'est un succès. La somme nécessaire au démarrage de l'exploitation est rapidement réunie. Chacun d'eux a investit entre 30 et 1000 euros, en échange d'une reconnaissance de dette. " Les gens nous ont fait confiance", s'émeut-elle. Le remboursement s'effectue en charcuterie ou en viande sur trois ans. "Depuis 2014, on a remboursé 3500 euros et c'est une réelle fierté pour nous. Il nous reste 6500 euros à rembourser, ce qui sera régularisé dès 2016", souligne Marie." Aujourd'hui, l'élevage compte une cinquantaine de cochons, élevés en plein air et nourris en bio durant un an. La ferme affiche également le label "nature et progrès", depuis 2014. Grâce aux 5000 euros gagnés au concours, la ferme s'apprête à investir dans la construction d'un laboratoire de boucherie. De quoi donner un nouvel élan au projet !

 

Une production en vente directe

Toute la production de la ferme (charcuterie et viande fraîche en colis) est en vente directe, du producteur au consommateur, sur les marchés, foires et auprès des Amap. Ces dernières viennent régulièrement sur place goûter le produit, afin de renseigner le consommateur sur la qualité de la viande.

 

Plus d'infos

www.cochon-rustique.jimdo.fr

Photo : Les cochons noirs de Saint Ferréol sont élevés en plein air et nourris au bio pendant un an. La ferme porte la mention "nature et progrès" depuis 2014. © MB/ LMDP

 

Des poissons mieux étiquetés

Créé le : 27/12/2015

Le consommateur européen risque moins de prendre du merlu pour du cabillaud. C'est la conclusion d'une étude sur les étiquetages de poissons vendus en supermarchés, poissonneries et marchés, publiée le 1er décembre 2015 dans le journal « Frontiers in Ecology and the Environment ». Cette enquête a été réalisée dans le cadre du projet scientifique européen LABELFISH, en partenariat avec différents groupes de recherche en Europe, dont le Centre Ifremer Atlantique à Nantes. « Entre 2013 et 2014, nous avons réalisé des tests génétiques sur des produits de la mer dans 19 villes européennes » souligne Véronique Verrez-Bagnis, co-auteure de l'étude et chercheure à l'Unité Biotechnologies et Ressources Marines (BRM) à l'Ifremer.

Un taux d'erreur de 4,9%

L'étude concerne les poissons les plus consommés, notamment la morue, le thon, l'églefin, la plie, la sole, l'espadon, l'anchois, le merlu et la baudroie. Des tests ADN ont été réalisés sur 1563 échantillons. Ils ont révélés que seulement 4,9% d'entre eux étaient mal étiquetés, « alors que des études réalisées 5 ans plus tôt avaient montré un taux d'erreur de 40% sur les étiquettes », précise l'Ifremer dans un communiqué. Une meilleure traçabilité attribuée à l'évolution de la législation européenne mais aussi à une plus grande sensibilisation des consommateurs. Une bonne nouvelle !

Photo © Pixabay

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Stop à l’abattage de loups !

Créé le : 24/12/2015

Le plafond de 36 loups pouvant être abattus entre juillet 2015 et juin 2016 a déjà été atteint cet hiver. L'association Cap Loup demande l'arrêt des tirs contre cet animal à la ministre de l’Écologie. En Paca, les départements dess Alpes de Haute-Provence, des Hautes-Alpes et des Alpes Maritimes sont concernés.

Le 7 décembre dernier, le collectif Cap Loup a adressé une lettre ouverte à Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. Le but ? Annoncer que le plafond qui autorisait l’abattage de 36 loups, de juillet 2015 à juin 2016, vient d’être atteint. C’est le 5 décembre à Valmeinier (Savoie) que le 36e a été abattu. Le problème : il est prouvé que seuls 28 loups ont été tués par l’homme. Pour les 8 autres, la cause de la mort est incertaine. « Mais nous suspectons que l’homme y soit pour quelque chose. Des analyses sont en cours pour connaître la vérité », explique Marion Fargier, juriste de l’association ASPAS (Association de Protection des Animaux Sauvages) qui est membre du collectif Cap Loup, avec 34 autres associations de protection de la nature. « Des loups sont morts percutés par une voiture. C’est notamment pour ces derniers que l’on a des doutes » ajoute la juriste. « Par le passé, il y a déjà eu des cas de loups renversés. Mais ceux-ci étaient déboussolés à cause d’un empoisonnement. Sinon l’animal ne s’approche pas des axes routiers », précise-t-elle.

Le combat continue

La lettre ouverte adressée à Ségolène Royale est pour le moment sans réponse. « Nous avons fait circuler une pétition en ligne, qui a obtenu plus de 100 000 signatures. Nous allons donc essayer de rencontrer Mme la Ministre, pour les lui remettre » explique Marion Fagier. Le collectif espère se faire entendre, d’autant plus que les éleveurs ovins sont écoutés. Ces agriculteurs qui connaissent d’importantes pertes de bétail à cause des loups, ont déjà été reçus au ministère. « Nous comprenons que c’est un problème pour eux, mais il est plus judicieux de prendre des mesures pour protéger les élevages que d’éradiquer les loups » livre Marion Fagier. L’an passé, l’arrêt ministériel fixait le nombre de loup à abattre à 24. L’espèce n’est pas plus nombreuse mais 12 loups supplémentaires ont pu être tués cette année. Le collectif va continuer à se mobiliser pour protéger l’espèce… Affaire sensible.

Plus d’infos sur www.cap-loup.fr

Photo © P-A Bourquin

Smaïn Laacher : "Une frontière est faite pour être franchie"

Créé le : 20/12/2015

Smaïn Laacher est professeur de Sociologie à l’Université de Strasbourg, spécialiste des questions de migration en Europe. Pour nous, il revient sur la crise migratoire que traverse l’UE. Alors que le gouvernement se demande s’il ne faudrait pas remettre en place des contrôles aux frontières. Et que le FN et une partie de la droite se sont tirées la « couverture » des réfugiés durant la campagne des élections régionales...

PCE D : Le gouvernement a annoncé qu’il accueillerait 24 000 migrants en 2 ans. Un chiffre qui semble peu élevé au regard des 800 000 demandeurs d’asile enregistrés cette année en Allemagne. La France a t-elle un déficit de générosité à l’égard de ces personnes qui fuient la guerre et les persécutions ?

S L : Il ne s’agit pas de générosité, mais de « real politic ». La France n’a pas la même Histoire que l’Allemagne. Elle a certes accueilli des Harkis, des Pieds noirs ou des « boat people », mais cela reste sans commune mesure avec les millions de personnes venant d’Europe de l’Est accueillies par l’Allemagne après la seconde guerre mondiale. Aussi, lorsque le Mur de Berlin est tombé, 3 millions d’Allemands de l’Est ont rejoint l’Ouest. L’Allemagne fait face à une pression plus importante que la France de ce que nous appelons improprement les « réfugiés ». Notamment parce que ces gens désirent moins aller en France qu’en l’Allemagne.

PCE D : Manuel Valls envisage un retour temporaire aux contrôles des frontières. Cela aurait-il une utilité ?

S L : Cela peut avoir une efficacité temporaire. Mais cette mesure ne pourra pas arrêter ces mouvements de populations. Sauf si l’on militarise la protection des frontières, ce qui est plus dissuasif. Mais il paraît impossible de stopper des déplacements massifs et forcés comme ceux que l’on observe aujourd’hui. Une frontière est aussi faite pour être franchie.

PCE D. : Certaines régions, notamment frontalières, sont plus concernées par la situation que d’autres. Ne pourrait-on pas organiser une répartition plus équitable des migrants entre les régions ?

S L : Bien sûr. Mais toutes les régions ne se valent pas sur le plan économique. Toutes ne peuvent pas supporter de la même manière le coût que représente l’accueil de ces populations étrangères. D’ailleurs, la gestion de ce coût peut aussi provoquer des rapports compliqués entre l’État et les régions. Mais cela n’est pas exclusif à la France : en Allemagne, une tension État/länder existe aussi sur ce sujet. 

PCE D : Est-ce que cette situation peut, selon vous, avoir une influence importante sur le vote FN aux prochaines élections régionales ?

S L : Je pense que cela aura des effets. Mais personne ne peut dire s’ils seront importants.Le FN tente de tirer profit de la situation. Mais le courant de la droite « dure » incarnée par Nicolas Sarkozy s’est aussi emparé de cette question. Et je ne crois pas que le rapport de force politique soit franchement modifié lors des élections. Les enjeux du scrutin restent locaux.

Photo  © Smaïn Laacher

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Loi de santé : Un bilan mitigé. Une autre loi s'impose pour réorienter la politique du médicament

Créé le : 18/12/2015

Par Michèle RIVASI (députée européenne, vice-présidente du Groupe Verts / ALE)

Généralisation du tiers payant, expérimentation des salles de shoot, facilitation du don d'organes... Pour Michèle Rivasi, député européenne EELV, la loi de santé voté jeudi dernier à l'Assemblée nationale, comprend des avancées notables. Mais aussi des dispositions "plus inquiétantes"... Son point de vue dans ce communiqué daté du 17 décembre.

 

La loi de santé votée définitivement aujourd'hui à l'Assemblée nationale contient des dispositions positives et d'autres plus inquiétantes ainsi que de grands oubliés à l'instar de la lutte contre la corruption et les conflits d'intérêts dans le domaine de la santé.

Des avancées 

La loi votée par l'Assemblée contient des avancées notables à l'instar de la généralisation du tiers payant, l'introduction des actions collectives dans le domaine de la santé et celle du paquet neutre malgré les pressions du lobby du tabac, la mise en place d'un service public d'information en santé pour se repérer dans le parcours de soins, l'expérimentation des salles de shoot, la facilitation du don d'organes, la consécration du droit à l'oubli pour les anciens malades du cancer devant souscrire des contrats d'assurance et des prêts bancaires .

La colusion des intérêts privés avec l'intérêt général

Nous ne pouvons en revanche que regretter que cette loi cadre n'ait pas été l'occasion de s'attaquer au cœur du problème : les intérêts privés qui  viennent heurter l'intérêt général et qui gangrènent tout notre système de santé publique. Cette connivence entre les autorités de santé, leurs tutelles et les firmes pharmaceutiques révélée par l'affaire J. Cahuzac ou le scandale du Médiator devient indécente avec les dernières révélations de Médiapart et du Canard Enchaîné.

Pour une nouvelle loi

Il faut d'urgence une loi qui garantisse un corps d'experts indépendants comme le prévoyait la proposition de loi Blandin, une formation initiale et continue des médecins indépendante de l'influence des lobbys (c'est un vrai levier pour lutter contre la sur-prescription en France), l'extension des missions de contrôle de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique étendues aux membres des instances liées à la santé publique. Cette loi devra permettre notamment d'obtenir une baisse générale des prix des médicaments par leur fixation à partir des données européennes et non plus de façon opaque comme actuellement par le CEPS (Comité économique des produits de santé) qui doit être profondément réformé. Elle devra aussi trouver les moyens de mettre un terme aux autorisations de mise sur le marché de complaisance, pour des médicaments sans plus-value thérapeutique et à prix prohibitifs et purger les médicaments mis sur le marché qui ne servent  à rien de la liste des médicaments remboursés. Mais aussi optimiser la prescription médicale dans toutes les classes thérapeutiques avec la généralisation des génériques.Plus que jamais, notre combat pour une opération Mains propres sur la santé est une nécessité.

Plus d'infos :

www.michele-rivasi.eu

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Des cueillettes solidaires et anti-gaspi

Créé le : 16/12/2015

L'association grassoise Renouer organise des « cueillettes solidaires ». Depuis 3 ans, ses travailleurs en insertion et bénévoles récoltent des fruits voués à la perte chez des particuliers. Pour les revendre et payer une partie de leur salaire. 

Vergers abandonnés, personnes âgées dans l'incapacité de cueillir les fruits de leurs arbres... Les campagnes provençales et azuréennes sont jalonnées d'oliviers, d'orangers et autres pruniers dont les productions ne sont jamais ramassées. A Grasse, l'association d'insertion Renouer a eu l'excellente idée de valoriser ces denrées pour s'auto-financer.

« Social et écolo »

Depuis 2012, la structure intervient dans les jardins de particuliers via des « cueillettes solidaires ». « Nous répertorions des parcelles non-entretenues. Et nous proposons aux propriétaires de récolter les fruits » précise Sophie Allain, bénévole qui coordonne l'opération. Tous les ans, entre 10 et 15 employés en insertion participent au ramassage et à la valorisation des produits. L'action mobilise aussi des citoyens : « environ 150 personnes, enfants, adultes et retraités, se joignent régulièrement aux récoltes » explique Sophie Allain. C'est le cas de Françoise et Bernard Heim, « cueilleurs » depuis 3 ans. « La dimension à la fois sociale et écolo de l'initiative nous a tout de suite séduite » confie Françoise. « En plus l'ambiance est très chaleureuse » complète son mari.

Des produits locaux

Les paniers de Renouer ne désemplissent pas : « L'année dernière, nous avons récolté 6 tonnes d'agrumes. Et, il y a deux ans, 10 tonnes d'olives. Cette année, nous tablons sur 20 tonnes » affirme Sophie Allain. « Nous allons jusqu'à Menton. Sur la côte, des personnes ont hérité d'anciennes propriétés agricoles mais ne sont pas en mesure de ramasser leurs fruits » poursuit la coordinatrice. « Il nous arrive d'intervenir sur des terrains avec 30 ou 40 orangers. Les propriétaires sont ravis de savoir que tous ces produits ne seront pas perdus ». L'activité de l'association ne connaît pas de répit : ramassage du raisin en automne, des olives en hiver, oranges amères en février, cerises au printemps, pêches et prunes en été... Les fruits sont ensuite vendus à des grossistes ou des confituriers locaux. Et une partie de l'huile d'olive est achetée par le moulin chargé de le presser. Une boutique en ligne permet de commander les produits confectionnés avec les récoltes. Nouveauté : Renouer vient de recruter une cuisinière en insertion et a aménagé des locaux pour réaliser ses propres confitures maison. Autant de ventes qui permettent de pérenniser les emplois de l'association. Local et solidaire.

 

Plus d'infos :

 

www.renouer.com/nos-membres/la-cueillette-solidaire/

www.boutique.renouer.com

 

Photo : Salariés en insertion et bénévoles luttent contre le gaspillage au travers des cueillettes solidaires de l'association Renouer. © Renouer 

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