Tous les articles

(Re)découvrir l'Europe sauvage

Créé le : 24/01/2016

 

Voilà 20 000 ans que nous partageons le cycle des saisons avec la nature. C'est ce que rappelle ce beau livre qui accompagne la sortie du film Les Saisons, de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud. Le documentaire et l'ouvrage proposent de redécouvrir l'Europe. Une Europe sauvage fascinante peuplée de loups, d'ours, d'oiseaux enchanteurs et de chênes robustes. Et qui vit au rythme cadencé du printemps, de l'été, de l'automne et de l'hiver depuis la fin de l'aire glaciaire, il y a 80 000 ans. Les Saisons est d'abord un objet visuel : de magnifiques photos mettent en valeur cette faune et cette flore qui peuple nos campagnes et notamment nos forêts. Forêts qui recouvraient la quasi-totalité du continent avant que l'Homme ne le défriche et l'aménage progressivement– via l'agriculture puis l'urbanisation. Car le livre s'intéresse aussi aux liens ténus existant entre trajectoires humaines et sauvages. Une façon de rappeler que notre avenir se joue avec et non contre la nature.

Les Saisons, S.Durand et J.Perrin, Actes Sud, 2015, 280 pages, 36 euros

A voir : Les Saisons, un film de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, sortie le 27 janvier 2016


 

Un enfant européen sur quatre en situation de précarité

Créé le : 20/01/2016

 

Malnutrition, manque d'accès au soin : 26 millions d'enfants européens seraient aux portes de l'exclusion sociale. Face à ce constat, le Parlement européen a voté une résolution pour demander aux États membres de faire des efforts en matière de lutte contre la pauvreté infantile, le 24 novembre dernier. Par son vote « le Parlement européen tire la sonnette d’alarme et fait la lumière sur ces chiffres dramatiques », a déclaré l’Eurodéputé PS Marc Tarabella, dans un communiqué publié le jour du vote. « À la Commission européenne et aux États membres de mettre en place les outils d’une politique plus solidaire afin de ne pas condamner le futur de la jeunesse européenne », a-t-il poursuivit.

Crédit photo : Pixabay

Centrales villageoises : vers une transition citoyenne ?

Créé le : 18/01/2016

En Provence, 4 centrales villageoises sont désormais lancées. À l’occasion de la journée de la Transition citoyenne, qui s’est déroulée fin septembre sur les territoires, zoom sur des projets concrets qui visent à relocaliser l’énergie !

 

Le 26 septembre dernier, à Forcalquier, le village des alternatives des acteurs de la Transition citoyenne, a accueilli les Centrales Villageoises de Lure-Albion. L’objectif : « Créer des sociétés coopératives locales, portées par des citoyens (avec l’appui éventuel des collectivités), qui oeuvrent au développement de centrales de production d’énergie renouvelable de petites dimensions », souligne le Parc Naturel Régional du Lubéron dans sa présentation du projet lancé cette année.

À l’échelle du Parc, deux centrales villageoises sont actuellement en projet : Lure-Albion mais aussi celles du Pays d’Aigues, grâce au soutien de l’Union européenne notamment. À buis-les-Baronnies, en Drôme provençale, sur le territoire du Parc, un autre projet est également bien avancé, ainsi qu’un second dans le Rosanais. « Ces centrales ont vocation à favoriser le développement des énergies renouvelables, de manière concertée à l’échelon local. Et participent à une prise de conscience collective des habitants d’un territoire aux enjeux d’économies d’énergie », souligne le Parc du Lubéron. La réappropriation, par les citoyens, de la politique énergétique nationale, face à la mainmise croissante de grands groupes industriels, est également au centre de la démarche.

Comment participer ?

Concrètement, les habitants d’un territoire constituent une société dont ils sont les actionnaires ou sociétaires - le plus souvent une société coopérative (SCIC) ou par actions simplifiées (SAS), sur le principe de gouvernance « 1 personne = 1 voix ». Le prix de l’action avoisine souvent les 100 euros. Chaque citoyen peut soit prendre des parts dans la société (et en recevoir potentiellement des dividendes), soit louer sa propre toiture pour la mettre à profit du projet collectif. Des groupes de projets sont ensuite formés pour coordonner l’action. Quant aux collectivités, elles peuvent également mettre à disposition des toits municipaux ou participer au projet (aide financière ou technique). Petit détail d’importance, comme le soulignent des porteurs de projet de Buis : en passant par les centrales villageoises plutôt que par une entreprise privée, « l’argent reste au pays » !

Plus d'infos :

www.centralesvillageoises.fr

www.parcduluberon.fr

Pour ou contre la vaccination ?

Créé le : 18/01/2016
Le 12 janvier dernier, Marisol Touraine, ministre de la santé, a ouvert une grande concertation citoyenne sur la politique vaccinale en France. Objectif : rétablir la confiance des Français vis-à-vis de la vaccination. En effet, les autorités s’inquiètent des mouvements de défiance qui semblent s’être installés à l’égard des vaccins depuis quelques années. Pourtant il est obligatoire de se faire vacciner contre 3 maladies: la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Quelques piqûres pour « se protéger soi-

Le 12 janvier dernier, Marisol Touraine, ministre de la santé, a ouvert une grande concertation citoyenne sur la politique vaccinale en France. Objectif : rétablir la confiance des Français vis-à-vis de la vaccination. En effet, les autorités s’inquiètent des mouvements de défiance qui semblent s’être installés à l’égard des vaccins depuis quelques années. Pourtant il est obligatoire de se faire vacciner contre 3 maladies: la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Quelques piqûres pour « se protéger soi-même mais aussi les autres », comme le mentionne le ministère de la Santé. La vaccination au sens large permettrait aussi « d’éradiquer des maladies qui pourraient réapparaître si la population n’est pas suffisamment vaccinée ». Face à cette responsabilité individuelle, mais aussi collective, certains font le choix de refuser la vaccination, pointant du doigt les risques encourus par d’éventuels effets indésirables.

POUR

Judith Mueller

Professeur en épidémiologie à l’École des hautes études en santé publique (EHESP) et directrice adjointe du Réseau doctoral en santé publique.

 

« Se vacciner est un acte responsable »

Je comprends que le caractère obligatoire de certains vaccins puisse poser problème. D’ailleurs, le Haut conseil de santé publique s’interroge sur la question: liberté individuelle, confusion entre vaccins obligatoires et recommandés, contexte international qui tend à une suppression des obligations... Enfin, pour la diphtérie ou le tétanos, il n’y a pas de caractère urgent ou menaçant en France qui pourrait justifier une obligation, bien que ceci fût le cas pour la rougeole, sans qu’une obligation n’ait été établie. Ainsi, la justification de l’obligation vaccinale s’effrite et la loi pourrait évoluer prochainement vers plus de modularité. Par ailleurs, l’accès aux vaccins recommandés mérite d’être facilité, par exemple par un remboursement à 100%, afin de ne pas créer des inégalités sociales et de renforcer la cohérence de la politique vaccinale. En outre, ce point ne doit pas éluder l’intérêt de la vaccination. Même si aucun vaccin n’est efficace à 100%, la proportion de personnes protégées après vaccination est bien supérieure (ndlr, 90% environ) à celle qui reste vulnérable à la maladie malgré vaccination*. De même, le risque d’un effet indésirable existe avec tous les vaccins. Pour s’assurer qu’un effet indésirable grave ne survienne que de façon extrêmement rare, une surveillance adéquate est importante après l’introduction d’un nouveau vaccin dans la population. Les vaccins actuellement recommandés ont tous un rapport risque-bénéfice très favorable, non seulement pour la population, mais notamment pour l’individu. L’émergence de la diphtérie après la chute de l’union soviétique et l’épidémie de rougeole en France 2008-2011, illustrent que ces maladies sont toujours bien présentes. Enfin, contribuer à la lutte contre une maladie est une action noble et responsable. Chacun doit comprendre le rôle qu’il peut jouer. Si moi et mes enfants sommes en bonne santé et que nous nous faisons vacciner, nous pouvons couper la transmission de plusieurs maladies et ainsi protéger les personnes plus vulnérables autour de nous, chez qui les vaccins sont moins effectifs ou contre-indiqués: les personnes avec une autre maladie ou âgées, les nourrissons en bas âge... C’est à chacun de choisir. Mais personnellement j’espère que dans la société à laquelle j’appartiens, les gens seront sensibles à ce genre d’argument. *Exception: le vaccin contre la grippe saisonnière, pour laquelle l’efficacité peut être seulement de 50%, en fonction des années et des fluctuations du pathogène.

 

CONTRE

Jean-Marie Mora

Président de la Ligue nationale pour la liberté des vaccinations depuis une vingtaine d’années. Depuis 60 ans, cette association conteste les obligations et les abus des vaccinations.

 

«Vaccinations: l’abus de la solidarité »

Au mépris du consentement de l’individu préalablement à un acte médical le concernant (ou ses enfants), la France est l’un des rares pays à exiger des vaccinations (contre Diphtérie, Tétanos, Polio: DTP, pour ne parler que de la population générale), et ce, sans avantage sanitaire par rapport aux pays, notamment de l’union européenne, qui ignorent de telles obligations. L’acte médical relève chez nous de la formalité administrative. Pour s’opposer à une liberté individuelle fondamentale, les promoteurs des vaccinations soutiennent qu’on ne se vaccine pas seulement pour soi, mais aussi, voire d’abord, pour les autres.Cet argument est totalement déplacé pour une maladie non contagieuse comme le tétanos, ou des maladies inconnues en France depuis plus de 20ans, ce qui est la cas de la diphtérie et de la polio. C’est donc inutilement que l’obligation fait courir des risques à la majeure partie de la population.Les vaccins strictement DTP apportent une garantie de l’État pour les dommages causés aux vaccinés, du fait de leur caractère obligatoire. Mais on associe systématiquement au DTP d’autres valences (coqueluche, haemophilus influenza b, hépatite B) dont la présence fait perdre cette garantie. Autour de ces vaccinations obligatoires inutiles et déjà parasitées par d’autres valences, se développent un calendrier vaccinal régulièrement enrichi et des campagnes tapageuses (antigrippe notamment). Or, comme tout médicament, la vaccination comporte des risques et la multiplication de ces sollicitations du système immunitaire est inquiétante. Ainsi, la vaccination contre le papillomavirus (Gardasil®, Cervarix®), abusivement présentée comme une prévention du cancer du col de l’utérus, multiplie de par le monde des scléroses en plaques, des stérilités, etc. Certains adjuvants ou composants (aluminium, squalène, borax...) induisent des risques supplémentaires.Face à ces risques, le bénéfice attribué aux vaccins (antivariolique, BCG, antipolio...) est tout aussi exagéré que le sont les dangers des maladies contre lesquelles ils sont censés protéger la population. C’est pourquoi la Ligue Nationale pour la Liberté des vaccinations recommande la vigilance: «Pas de vaccination, sans réflexion !

 

Plus d'infos

www.inpes.sante.fr

www.hcsp.fr

www.infovaccin.fr

Gilles Petitjean, Directeur de l'Ademe Bretagne : « Développons la coopération ! »

Créé le : 15/01/2016

En ce début 2015, l'Ademe Bretagne (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) fait le bilan de l'année passée. Et dresse ses perspectives pour celle qui débute. Rénovation des bâtiments, bois-énergie ou encore économie circulaire : autant de champs d'intervention de l'Agence. Interview avec son directeur régional, Gilles Petitjean.

 

Quel bilan tirez-vous de l'action de l'Ademe Bretagne pour 2015, année de la Cop21 ?

GP : Soyons francs : les ressources disponibles sur le territoire ont été moindre en 2015, du fait des élections et d'une baisse de motivation des collectivités confrontées aux baisses de dotations et au changement des contours des EPCI (Établissements publics de coopération intercommunale), via la réforme territoriale. Mais le budget de l'Ademe reste constant dans ce contexte, même s'il demeure relativement faible. Ainsi, ce qui est au cœur de la transition énergétique ne sera pas financé uniquement par l'Ademe mais par l'ensemble des acteurs du territoire.

Par ailleurs, nous pouvons nous réjouir en Bretagne d'une très bonne coopération entre les services de l’État, la Région et l'Ademe. Il serait aberrant que l'Ademe travaille de façon isolée.

Ces éléments nous ont permis de nous concentrer au mieux sur nos priorités :

  • Le bâtiment et sa rénovation. Ce secteur est celui qui consomme le plus d'énergie

  • La transformation des déchets, dans une logique d'économie circulaire

  • La promotion de la chaleur renouvelable. L'Ademe n'intervient pas sur la question des tarifs. Mais elle met en place une dynamique de croissance des énergies renouvelables via son « fond chaleur »

Pouvez-vous citer une initiative phare de l'année qui vient de se terminer ?

GP : L'une des initiatives phares est la poursuite du déploiement de l'appel à projet « plate-forme de rénovation énergétique du bâtiment ». L'objectif national est fixé à 45 000 logements à rénover par an à l'horizon 2020. Pour ce faire, nous nous appuyons sur des plate-formes locales de rénovation énergétique de l'habitat. Les particuliers peuvent y recevoir des renseignements techniques, financiers et juridiques sur leurs projets et travaux de rénovation. Ces informations et conseils sont dispensés sur place ou par téléphone. La plate-forme suit le dossier du particulier du début jusqu’à la fin. Du plan de financement aux travaux, en passant par les prêts.

7 plate-formes de ce type ont été mises en place en Bretagne, en 2015. C'est une bonne chose car le parcours d'un particulier qui rénove son logement est long. Nous espérons que soit créé ainsi un véritable tissu régional pour accompagner les projets.

Quelles sont les perspectives pour 2016 pour l'Ademe Bretagne ?

GP : Concernant le secteur du bâtiment, il s'agit de promouvoir les plate-formes locales de rénovation. Mais aussi de continuer à accompagner les artisans. L'Ademe et la chambre des métiers promeuvent des regroupements d'artisans. Et nous comptons augmenter la quantité d'artisans Reconnus Garants de l'Environnement (RGE). Nous espérons une reconnaissance de ce travail avec une progression du chiffre d'affaires des artisans et des créations d'emplois en Bretagne.

Concernant l'économie circulaire, l'enjeu est de mettre en place une nouvelle façon de penser et d'agir. Il faut sortir de l'économie linéaire qui consiste à utiliser puis à jeter. Il faut inverser la tendance, aller vers une logique de service. C'est aussi une opportunité pour relocaliser des emplois en Bretagne, plutôt que de produire pas cher à l'étranger. Il vaudrait mieux produire localement des produits coûteux mais plus facilement réparables et durables. Nous allons développer des actions autour de l'économie de la fonctionnalité et de la gestion des déchets, notamment dans les zones portuaires et artisanales. Il nous faut aussi faire la promotion de la réutilisation et du recyclage. Les bretons trient bien leurs déchets. Mais ne sont pas bons sur la valorisation locale de ce tri. En effet, la Bretagne exporte la majeure partie de ces produits pour les traiter ailleurs.

Nous sommes aussi intéressés par la « chaleur fatale » : chaleur basse température produite par des industriels. Mais que ceux-ci ne réutilisent pas. Or celle-ci pourrait intéresser leurs voisins, notamment parce que cette énergie est peu chère.

Nous allons aussi poursuivre le développement de la chaleur renouvelable via le bois énergie. Le Plan État / Région sur le sujet s'étend de 2015 à 2020. Il doit mobiliser 200 000 tonnes de bois. Et générer la création de 200 chaufferies.

Concernant la « chaleur renouvelable », nous envisageons aussi d'appuyer des territoires et les projets développant une dynamique en la matière. Car les engagements de la Cop21 ne peuvent être atteints que si les territoires sont mobilisés. Toutes les collectivités, et notamment les EPCI, doivent s'engager pour promouvoir la transition. Ainsi, nous croyons beaucoup aux Plan Climat-Énergie Territorial.

Pour finir, nous comptons aussi mobiliser davantage les entreprises locales privées, quelques soient leurs tailles. C'est une cible qui paraît très importante et qui est aujourd'hui un peu délaissée par l'Ademe. Les entreprises sont logiquement intéressées par la critère de rentabilité. L'objectif est donc de les rendre plus réceptives à la transition énergétique et écologique. Elles ont besoin de réduire leurs coûts de production et de se positionner sur de nouveaux créneaux de la croissance verte. Si nous n'avons pas d'entreprises capables de développer cela, nous n'y arriverons pas.

Pourquoi la Bretagne peut elle être exemplaire en matière de développement durable ?

GP : Elle l'est déjà à plus d'un titre ! Il existe en Bretagne une sensibilité environnementale depuis longtemps. J'observe que cette dynamique est plus importante en Bretagne que dans d'autres régions.

Par ailleurs, la bonne entente entre l’État, la Région et l'Ademe en Bretagne est facilitatrice pour mettre en œuvre des projets.La Bretagne, qui n'a pas de tissu industriel lourd et qui est relativement excentrée par rapport à l'Europe, a intérêt à se saisir des opportunités des la croissance verte.

Il est vrai que certains secteurs restent un peu en retrait de ce mouvement, comme le monde agricole. Mais nous ne désespérons pas d'y créer une dynamique. La méthanisation est, par exemple, quelque - chose d'intéressant d'un point de vue énergétique. Mais c'est aussi le moyen pour une famille de mieux vivre de son exploitation.

Il faut trouver de nouvelles logiques de coopération entre les mondes agricoles et urbains, trop souvent séparés. Le traitement des déchets peut être envisager dans ce sens. Les matières organiques issues de la tonte des pelouses ou les boues des stations d'épuration peuvent être, par exemple, utilisées pour amender les sols agricoles. Ce sont ces nouvelles formes de coopérations que nous voulons développer.

Plus d'infos :

www.bretagne.ademe.fr 

 

 

René Louail (EELV) : « L'agroalimentaire et l'agriculture industrielle vont piloter la politique environnementale bretonne »

Créé le : 13/01/2016

En Bretagne, le PS et la liste d'union des écologistes n'ont pas réussi à s'entendre entre les deux tours des élections régionales. Plus aucun élu écologiste ne siège à l'assemblée régionale. René Louail, tête de liste EELV-Bretagne Ecologie aux dernières élections, a de la rancœur envers Jean-Yves Le Drian. Mais il regarde vers l'avenir.

ST : Votre liste a atteint le score de 6,7% des voix au premier tour des dernières régionales. En 2010, vous faisiez 12,21% au premier tour et 17,37 au second. Comment expliquez-vous cette perte d'une bonne partie de votre électorat ?

RL :Nous avions pour ce scrutin une liste des écologistes réunis, mais pas d'union avec les régionalistes. En 2010, nous étions dans une autre dynamique et EELV avait le vent dans le dos. En 2015, la campagne et les débats n'ont pas eu lieu. Jean-Yves Le Drian a instrumentalisé la situation nationale et internationale pour éviter de parler de la situation bretonne. Nous n'avons jamais débattu avec lui sur les compétences de la région et de son bilan. Nous étions l'une des rares listes qui avaient un programme. Nous aurions aimé le partager. Nous avons tout de même fait un meilleur score que dans la plupart des autres régions. Mais il n'est pas suffisant. La montée de l'extrême droite a pris une telle place que l'environnement est passé au second plan. Alors que nous étions en pleine Cop21...

ST : Vous n'avez pas réussi à trouver d'accord avec J-Y Le Drian dans l'entre-deux-tours. Pourquoi ?

RL : En réalité, cela fait plusieurs mois que J-Y Le Drian a décidé de ne pas s'allier aux écologistes. Cela remonte au moment où Olivier Alain, président de la Chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor, a rejoint sa liste. Olivier Alain a dit à Le Drian qui le rallierait uniquement s'il n'y avait pas d'alliance avec les écologistes au second tour. Le Drian nous a fait croire qu'il allait négocier alors que la décision était prise depuis longtemps ! La petite phrase lâchée par Le Drian lors du débat d'entre deux tour, « un peu ça va, beaucoup c'est trop » à propos des écologistes fait penser à la phrase de Sarkozy « l'environnement ça suffit ». Je crains que Le Drian ne soit demain l'allié de Bruno Retailleau, le président très à droite, des Pays-de-la-Loire. Notamment concernant l'évacuation de la Zad de Notre-Dame-des-Landes.

ST : Aucun élu écologiste ne siège donc au sein du conseil régional. Comment EELV Bretagne souhaite-t-il donner suite à son combat politique dans ce contexte ?

RL : Les 80 000 bretonnes et bretons qui ont voté pour notre liste ne sont en effet pas représentés au sein d'un Conseil régional soit-disant de gauche. L'agroalimentaire et l'agriculture industrielle vont piloter la politique environnementale bretonne. Ce qui est très grave. Le Drian a une responsabilité importante dans ce dossier. C'est l'homme des lobbies agro-industriels. Je ne lui fais pas confiance sur la question de l'environnement. Nous n'avons plus d'élus. Mais le combat écologiste continue. Notamment au travers des associations et des syndicats. Nous allons continuer à agir. Et nous serons à nouveau candidats pour la prochaine échéance électorale.

Plus d'infos :

www.bretagne.eelv.fr

Photo © DR

 

Tags: 

Pages

Partager