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[TRIBUNE] - Gilles Berhault : LOST IN TRANSITION ?

Créé le : 08/06/2018
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Gilles Berhault est Président du Comité 21 et du Club France Développement durable, organisateur de Solutions COP21, il a dirigé des agences de conseil au croisement du développement durable, du numérique et de la communication. Auteurs de nombreux articles sur le sujet, en parallèle de ses activités associatives, il travaille à l’Institut Mines Telecom. 

 

« Nous sommes tous acteurs : être citoyen, ce n’est pas vivre en société, c’est la changer » Augusto Boal

Les mutations actuelles ne sont pas forcément plus révolutionnaires que celles du passé - l’invention de l’écriture, la Renaissance ou la machine à vapeur - mais elles sont caractérisées par la multiplicité, leur synchronicité planétaire et surtout leur vitesse. Tout va vite, très vite… trop vite ? La règle de l’urgence prévaut pour la transition énergétique, le chômage, les migrations non désirées, l’évitement des pollutions nuisibles pour la santé, la cohésion sociale, l’évolution des modes de vie…

Quelle place prend ou devrait prendre l’entreprise dans la société ? l’ESS est-elle la réponse ? Peut-elle devenir la norme comme le propose le député Bruno Bonnel ? Elle pèse et montre la voie : 10,5% de l’emploi français ; 14% de l’emploi privé ; 2,37 millions de salariés ; 221 136 employeursavec de vraies difficultés à définir les périmètres.

Nos outils démocratiques, fondés sur l’équilibre entre représentativité et participation, sont-ils adaptés ? La vision de la démocratie est aujourd’hui tiraillée entre, d’un côté, plus de capacité contributive de chacun (facilitée par l’internet), de l’autre, une approche plus collective, qui recherche l’intérêt général au risque de devenir totalitaire dans la démarche et d’aboutir à de nouvelles injustices. La question de la responsabilité prend plus de place, les positions sociétales se renégocient, avec les entreprises par leurs politiques RSE, et de nouvelles prises de responsabilités.

L’objectif d’amélioration de la qualité de vie est heureusement de plus en plus partagé, mais il se confronte à la tension permanente entre la satisfaction de participer à la transformation du monde et l’absence de repères, dans une mise en abime vertigineuse. C’est cela la question « Lost in transitions ? », elle se situe à la convergence des métamorphoses du numérique, du développement durable, de la gouvernance, des cultures… dans une inclusion des territoires, de l’économie et des démarches citoyennes.

La digitalisation est-elle un atout au service de la transition énergétique et écologique ? Nous entraîne-t-elle vers une société bas carbone, avec des systèmes de production et de consommation locaux, des réseaux énergétiques intelligents ? Alors que le numérique est un formidable accélérateur de transformation sociétale, comment en faire une démarche juste, partagée, respectueuse et écologique ? Et saurons-nous anticiper les prochaines disruptions ? En se mettant en capacité de les vivre.

Le numérique collaboratif, outil de gouvernance horizontale, est une désintermédiation des échanges et peut ainsi amener une répartition de la valeur plus équitable, c’est tout l’espoir de la blockchain. C’est aussi une clé d’entrée de l’économie de l’usage, ce partage favorisé qui permet de sortir des modèles de consommation compulsive de la possession de la fin du 20e siècle, aux impacts environnementaux et sociaux dramatiques.

N’oublions pas aussi qu’une reconsidération de la notion du territoire va de paire avec celle de l’identité, portée par une forte envie d’individuation et un renouveau démocratique, qui se cherche de nouvelles souverainetés.

Nos structures sociales, autoritaires et verticales, s’ouvrent enfin à la coopération, essence même d’une démarche de développement durable, du fait de changements éducatifs et aussi du développement des réseaux sociaux, cette civilisation du 2.0 (deux point zéro). Est-ce qu’il y a cohérence entre les territoires physiques et numériques (souvent multiple) ? Est-ce que la “génération Minecraft”, qui n’a pas connu le 20e siècle, vit et vivra différemment sa relation aux territoires dans une approche plus systémique et responsable ?

Les inégalités s’expriment dans tous les domaines : économiques, financiers, sociaux, écologiques, politiques. Comment se manifestent-elles et surtout quelles sont les capacités qui permettront de les réduire ? Comment mettre les transformations sociétales au service du développement humain ? Comment ne plus les subir voire les accélérer positivement ? Comment l’entreprise peut (doit) de se développer dans un contexte global.

C’est le sens affirmé par les Nations Unies quand sont votés les 17 Objectifs de développement durable (NY septembre 2015) : « ne laisser personne au bord du chemin ». Doit-on encore sacrifier des générations ? des quartiers ? des peuples ?… pour permettre aux autres de se développer et de viser à une bonne qualité de vie ? C’est une question communautaire humaine, de méthode et de valeurs. Tous les pays du monde sont confrontés à ces difficultés, même les plus riches.

Les transitions actuelles posent la question même des valeurs. Mais quelles sont celles des transitions ? Y aurait-il des valeurs plus porteuses que d’autres ?1. Les problématiques sociétales que nous avons à affronter aujourd’hui sont très lourdes. Mais, en parallèle, les initiatives citoyennes pour répondre à ces défis, se développent rapidement : le film « Demain » en est une expression. Il y a de plus en plus souvent une véritable effervescence dans les territoires, dans les entreprises et plus largement dans la société dans une approche généreuse, voire altruiste. Nous sommes au cœur d’un vaste patchwork qui cherche sa cohérence…

Un changement d’échelle par la généralisation des initiatives est une part de la solution, il faut pour cela multiplier ce qui peut l’être, inciter à inventer, mobiliser les talents, renforcer les capacités, financer… mais aussi de nous adapter. Nous devons nous transformer dans l’urgence, sans y être préparé sur les plans intellectuel, culturel et spirituel par un siècle des lumières. Bien sûr cette période plus que d’autre se centre sur elle-même, ici et maintenant. Un tel contexte de transition nous oblige à tout revoir : modes de vie, gouvernance des territoires et de l’économie, apprentissages, relation à l’autre, travail… et plus globalement sur ce qui fait l’Humain : spiritualités, amour, valeurs…

Oscar Wilde a dit « si vous savez ce que vous voulez être, alors vous le devenez inévitablement - c'est votre punition, mais si vous ne savez jamais, alors vous pouvez être n'importe quoi. »

Il est encore temps de choisir ! et de changer d’échelle vers une économie sociale, solidaire et environnementale.

Gilles Berhault

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1 Cahier des Entretiens Albert Kahn « Les valeurs de la transformation sociétale » avec la Fondation des transitions et l’Observatoire des valeurs, http://eak.hauts-de-seine.fr/les-publications/quelles-valeurs-pour-la-tr...étale

 

AIX - Un débat "mouvant" autour des médias alternatifs

Créé le : 07/06/2018
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« Une autre information est possible… mais ce n’est pas facile ». Ce sera le thème du débat organisé à Aix-en-Provence, ce samedi, de 15 h à 18 h, par le collectif Médias Citoyens Paca, à l'occasion du lancement de l'édition 2018 des Rencontres Déconnomiques. Un forum d'échanges entre grand public et économistes alternatifs créé en réponse au Cercle des économistes qui se tient dans la ville chaque année.

Un débat pas comme les autres puisqu'il sera « mouvant ». « Chacun se répartit dans un espace selon deux camps : "Une autre information est possible" et "mais ce n'est pas facile ". Chaque camp essaie de convaincre l'autre de la validité de son point de vue. Cela permet de l’interaction et de la rapidité dans les échanges », détaille Sébastien Boistel du média d'enquête et de satire en Paca le Ravi, et coordinateur du collectif des Médias Libres.

La presse indé en débat

L'occasion d'aborder les difficultés que peuvent rencontrer les médias indépendants : problématique économique, difficultés à répondre à des appels à projets publics... Mais aussi de parler des liens entre vitalité démocratique et existence d'une presse vivante.

Sera ensuite organisée une émission radio – animée et captée par radio Zinzine – dans le cadre de laquelle seront interpellés militants et citoyens à propos de la presse indépendante et des moyens de la faire vivre.

- Infos pratiques -

Le débat aura lieu au parc Saint-Mitre d'Aix-en-Provence de 15h à 18h.

INTERVIEW - Nicole Briend : « Il faut arrêter l'évasion fiscale ! »

Créé le : 07/06/2018

Militante d'Attac, Nicole Briend est appelée à la barre ce jour au Tribunal de Carpentras. Elle va expliquer pourquoi elle et les autres militants d'Attac ont emprunté des chaises à l'Agence BNP de Carpentras en 2016 et pourquoi elle n'a pas accepté que la police relève ses empreintes. Interview d'une militante qui dénonce l'évasion fiscale, dossier de UNE de notre dernière revue !

Lors de votre dernière comparution il y a 4 mois à la barre, le procès n'a pas pu avoir lieu, faute de suffisamment de juges présents (1 seul était présent alors qu'il en fallait 3 pour les chefs d'accusation qui vous sont reprochées, comme le refus de relevé d'empreintes digitales). Est-ce une nouvelle occasion pour vous et pour l'association Attac, de faire le procès de l'évasion fiscale ?

En effet, l'évasion fiscale se poursuit sous nos yeux. Nous l'avons récemment démontré avec Apple puisque dans notre récente action « Apple contre Attac », la justice a reconnu que notre action poursuivait des motivations « d'intérêt général ». Nous sommes dans ce même combat avec ces chaises que nous avons empruntées à l'agence BNP Paribas de Carpentras en 2016, pour signifier par une action de non violence, que cette banque (comme d'autres d'ailleurs), ne respectait pas toutes les règles du jeu et participait à cette dynamique de l'évasion fiscale.

Outre votre action d'intérêt général comme Apple, apportez-vous de nouveaux éléments dans ce procès de l'évasion fiscale ?

Le témoignage de la salariée de la BNP qui nous a ouvert les portes de la banque en 2016 sera un nouvel élément important de ce procès. Elle va pouvoir expliquer en quoi notre action était bel et bien non violente. Et aussi que ces chaises étaient promises… au rebus ! En quelle que sorte nous avons débarrassé la banque de ses déchets. Quant au témoignage de la porte-parole d'Attac, Aurélie Trouvé, il sera étayé de nouvelles jurisprudences, suite à l'action contre Apple notamment.

Qu'espérez-vous de ce procès ?

D'abord la relaxe, bien entendu. Mais également que la justice acte le « 2 poids / 2 mesures » dans lequel nous vivons. Avec d'un côté des citoyen-e-s comme moi qui s'ils sont « hors-la-loi » doivent se rendre à un procès. Et de l'autre, des entreprises « hors-la-loi », qui organisent l'évasion fiscale, un manque à gagner criand d'impôts pour l’État que les contribuables devront ensuite combler. Eux, peuvent négocier avec Bercy des arrangements, négocier des pénalités comme on le voit récemment avec la Société Générale qui va payer 1 milliard d'euros pour solder un « litige » sans même avoir besoin de plaider coupable, comme c'est le cas par ailleurs aux États-Unis.

[Communiqué] - Journée mondiale de l'Océan - Pollution plastique : la solution ne viendra pas du nettoyage de l'Océan

Créé le : 07/06/2018
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Par la Fondation Tara Expéditions

Elles font aujourd’hui le tour des réseaux sociaux comme aucun autre sujet lié à la mer. Les images-chocs de sacs plastiques, bouteilles et autres filets de pêche flottants en mersuscitent l’indignation, tandis que de nombreuses initiatives fleurissent à la surface et à la faveur de l’Océan. Que doit-on véritablement comprendre de ce fléau, né il y a à peine 5 décennies ? Quelle réalité au-delà du bruit médiatique devenu peu à peu brouhaha ? A la lumière des recherches scientifiques, la solution ne sera pas trouvée en mer.

Ici des bateaux-poubelles ou bateaux-recycleurs, là des collectifs citoyens, ou encore des filets géants pour récupérer à la surface les plastiques flottants. La mobilisation et les idées se multiplient à travers le monde. Elles mettent bien en évidence les enjeux et contribuent ainsi à la sauvegarde de l’océan.

Mais au-delà de l’effet d’image et de la nécessaire médiatisation de cet enjeu, ce brouhaha agit comme un écran de fumée. A force de trop communiquer sur des « continents plastiques » qu’on pourrait nettoyer par des solutions-miracles, nous passons à côté de l’essentiel.

Pour les scientifiques engagés avec la Fondation Tara, il est urgent de mettre en lumière cette pollution invisible au pouvoir de nuisance le plus important : les micro-plastiques. Plus petites qu’un grain de riz, ces particules entrent en interaction avec un très grand nombre d’organismes marins et représentent un danger potentiel - encore très peu documenté - pour toute la chaine alimentaire marine. Du plancton jusqu’à notre assiette.

A mieux regarder les chiffres, 250 milliards de particules flottent à l’échelle toute relative de la Mer Méditerranée. On se demande comment se débarrasser d’une pollution aussi diffuse à l’échelle planétaire. Et les chercheurs de montrer que contrairement à l’idée de plus en plus répandue d’un seul « continent plastique », tel un conglomérat, en fait il y a des micro-plastiques partout, y compris en Arctique. Ces micro-plastiques ne pourront bien entendu pas être collectés. Et les marins qui connaissent l’immensité de l’océan savent bien que le « ramassage » est vain face à l’étendue du fléau. Les solutions devront venir de la terre.

A bord de Tara, les scientifiques étudiant la dégradation et les interactions avec le vivant, ne voient pas d’autre solution que de limiter drastiquement les plastiques à usage unique, de mieux gérer les déchets à terre, d’empêcher qu’ils atteignent la mer et d’inventer de nouveaux matériaux. Car aujourd’hui, rares sont les plastiques dits biodégradables qui se dégradent réellement en mer.

Bien sûr, ce que nous nettoierons sur les plages ou dans l’Océan sont des symboles aussi forts que pédagogiques. Mais il est fondamental de soutenir la recherche et l’innovation sur les plastiques biodégradables, les emballages de demain et l’éco-conception des produits.

Pour la Fondation Tara - engagée sur cette question depuis dix ans - la science doit permettre de réelles prises de décisions politiques et convaincre les industriels comme les consommateurs. Car loin des clichés d’une mer-poubelle, des tortues qui s’étranglent ou des oiseaux marins morts sur les plages, c’est aussi dans les hémicycles qu’il faut innover pour une économie circulaire. A l’instar de la mobilisation internationale pour régler le problème de la couche d’ozone, c’est au G7, à l’ONU et à l’Union Européenne d’en faire une question de santé publique internationale.

 


Actuellement dans le Pacifique, la goélette scientifique Tara traversera - entre le 19 juin et le 2 juillet prochain - le gyre du Pacifique Nord où la concentration de plastique compte parmi les plus importantes (Great Pacific Garbage Patch). À son bord, l’équipe scientifique menée par Maria-Luiza Pedrotti (Laboratoire Océanologique de Villefranche-sur-Mer) étudiera la vie qui prolifère dans ce vortex de plastique et les interactions entre le vivant et microplastiques. 

Pour suivre la traversée du Pacifique Nord :
www.taraexpeditions.org

[Communiqué] - Trois expertises invalident les résultats de l’étude « Seralini 2012 » sur le maïs OGM

Créé le : 05/06/2018

Dans un communiqué paru le 4 juin 2018, le CRIIGEN (Comité de Recherche et d'Information Indépendant sur le génie Génétique) s’indigne du traitement réservé à l’étude du professeur Seralini sur le maïs OGM, réalisée en 2012.  Trois expertises invalident les résultats de cette étude. Celles-ci oublient de « comparer ce qui est comparable »  et sont qualifiées d’ « acharnement à discréditer », écrit le CRIIGEN. 

Par le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN).
 

Certains détracteurs de l’étude « Séralini 2012 » continuent avec acharnement à discréditer cette étude. Ils oublient avec une mauvaise foi patente à : « Comparer ce qui est comparable ».

En effet, les résultats des études GRACE, G-TwYST et OGM90+ ne remettent pas en cause les résultats de l’étude « Séralini 2012 » car les protocoles et les objectifs sont trop différents. L’étude Séralini était une étude de toxicologie générale sur 2 ans recherchant les effets d’un maïs OGM tolérant au Roundup ainsi que ceux de l’herbicide associé. Celle-ci a été suivie de 4 publications mettant en œuvre les techniques de transcriptomique, protéomique et métabolomique. Ces études ont montré entre autres l’absence d’équivalence en substance entre ce maïs OGM et son équivalent non transgénique, ainsi que des pathologies notamment du foie (stéatose hépatique) chez les animaux ayant consommé des doses très faibles (inférieures à celle autorisée dans l’eau potable) d’herbicide à base de glyphosate (études consultables sur le site http://www.criigen.org).

Quant aux études menées grâce à un total de 15 millions d’euros d’argent public, l’étude GRACE s’est intéressée à un autre OGM, insecticide (Bt) et non tolérant le Roundup, et si les études G-TwYST et OGM 90+ ont bien évalué le même OGM que celui de l’étude Séralini, leurs objectifs et protocoles sont bien différents de celle-ci. Et pour cause ! L’étude G-TwYST visait à évaluer la carcinogénicité, question plus spécifique qui a bien été adressée pendant 2 ans, mais son étude de la toxicologie générale (avec analyses d’urine et de sang régulière) n’a pas excédé un an, au lieu de 2 ans dans l’étude Séralini. Quant à l’étude OGM90+, malgré la mise en œuvre de techniques dites « omiques », elle s’est limitée à 90 jours, comme son nom l’indique, et répondait à une toute autre problématique.

Une autre différence fondamentale réside dans le choix de la souche de rats : des Sprague-Dawleys dans l’étude Séralini (comme dans toute étude de toxicologie), des Wistars dans les 3 autres. Leur sensibilité est différente, notamment en ce qui concerne les tumeurs mammaires comme les fibroadénomes dont la sur incidence était montrée dans l’étude Séralini. C’est pourquoi la souche Sprague-Dawley est recommandée par le programme américain de toxicologie (https://ntp.niehs.nih.gov/) pour ce type de recherche du fait de leur sensibilité qui reflète mieux celle des populations humaines.

Plus important encore, le volet pesticide de l’étude Séralini, à savoir l’étude des effets à long terme de l’herbicide à base de glyphosate Roundup, n’a été repris dans aucune de ces études. Et l’étude Séralini reste la seule au monde à avoir évalué les effets d’une consommation chronique de faibles doses d’un pesticide dans sa formulation commerciale. Ces résultats demeurent dans le corpus scientifique, et n’ont jamais été remis en cause ni infirmés.

Une fois de plus les lobbys tentent de détourner le débat face aux risques graves sur la santé publique de produits qui contaminent régulièrement nos écosystèmes et notre alimentation et que l’on retrouve dans le sang et les urines de la population mondiale.

 

[ENQUÊTE] - Pesticides: l’agriculture peut-elle se désintoxiquer ?

Créé le : 05/06/2018
La société toulousaine Naïo conçoit des robots électriques désherbeurs à destination des agriculteurs. Une alternative « high-tech » à l’utilisation de pesticides. © Tien Tran / Naïo

Les consommateurs désirent une alimentation sans pesticides. Et même la FNSEA commence à changer son fusil d’épaule en promettant de mettre en œuvre des « solutions » pour diminuer les doses de produits phytosanitaires. Mais l’agriculture conventionnelle peut-elle vraiment rompre sa dépendance à la chimie ?

Par François Delotte


PRODUITS PHYTO : PAR ICI LA SORTIE !

Nouvelles technologies ou agroécologie. Plusieurs pistes sont aujourd’hui débattues pour sortir des pesticides.


Pour Cécile Claveirole, référente agriculture de France Nature Environnement, une moindre utilisation de pesticides passe par la restauration des haies et un retour à des cultures diversifiées. Ici, un paysage de bocage près de Chinon (37). © Pixabay

Diminuer de 50 % l’utilisation de produits phytosanitaires d’ici 2025. C’est la proposition faite par la FNSEA dans son « contrat de solutions » présenté à l’occasion du dernier Salon de l’agriculture, fin février 2018. Le premier syndicat agricole français serait-il enfin conscient des effets délétères de l’agrochimie sur l’environnement et la santé ? Pas si sûr…« Nous pensons que les peurs sont exagérées concernant l’usage de ces produits. Le consommateur estime que ces peurs sont justifiées. Or, nous devons être en phase avec la demande », concède Éric Thirouin, secrétaire général adjoint de la commission Environnement de la FNSEA.Cependant, « Le zéro phyto n’est pas atteignable », annonce d’emblée Éric...

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