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COLLAPSOLOGIE : S'EFFONDRER POUR RENAÎTRE ?

Créé le : 22/11/2018

Ci-dessus, une image de la Michigan urban farming initiative, une ferme urbaine aménagée au coeur de la ville de Detroit (Etats-Unis). © MUFI

 
Par François Delotte

Un monde sans voitures, sans alimentation électrique permanente et basée sur des communautés « résilientes » pratiquant la permaculture. Voici à quoi pourrait ressembler notre société en 2050, selon les partisans de la collapsologie, une « science » qui prévoit l’effondrement de nos sociétés reposant sur les énergies fossiles. Et dont les analyses sont actuellement débattues tant par des militants altermondialistes que des politiques ou des chercheur-e-s.

« Si l’on poursuit cette trajectoire exponentielle de croissance, l’effondrement de nos sociétés adviendra dans la première moitié du XXIe siècle », déclare Pablo Servigne avec une sérénité confondante, devant un parterre de 300 personnes attentives. Des paroles prononcées durant une conférence que le chercheur « indépendant », spécialiste en collapsologie — ou science de l’effondrement de la civilisation industrielle reposant sur l’exploitation des énergies fossiles — donnait à l’école d’agronomie Montpellier SupAgro, en octobre dernier. « Qui a déjà entendu parler de collapsologie ? Qui est sensible à ce sujet ? », demande Servigne au début de son intervention, avant que les trois quarts de son auditoire — majoritairement composé d’étudiants — lèvent la main.

« Tout peut s’effondrer »

L’anecdote renvoie à l’intérêt que suscite actuellement la notion « d’effondrement ». Un concept qui fait l’objet de nombreux articles de presse dans les médias. Et qui touche les plus hautes sphères...

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Carine Dartiguepeyrou : «La transition doit changer d'échelle»

Créé le : 20/11/2018

Dans Un autre monde est possible, Lost in transition ?, codirigé par Gilles Berhault, délégué général de la Fondation des Transitions et Carine Dartiguepeyrou, politologue et maître de conférence à l’Institut Mines Télécom Business School, un collectif d'experts s'interroge sur les transitions en cours. Quelles voies se dessinent dans cette société nouvelle ? Va-t-on vers une société bas carbone ? Gilles Berhault et Carine Dartiguepeyrou donnaient une conférence à Arles, mardi 20 novembre, avec Sans transition ! Retrouvez également notre dossier consacré à la collapsologie dans notre numéro 14, disponible en kiosque.

Propos recueillis par Nicolas Troadec

Dans votre préface, vous évoquez la théorie de l'effondrement, « une vision noire de l'avenir qui draine un certain succès ». Est-ce que votre livre est là pour offrir un autre récit de l'avenir, qui irait concurrencer celui proposé par la collapsologie ?

Carine Dartiguepeyrou : il n'est pas en réponse à ces mouvements : la collapsologie existait avec Jared Diamond, Jean-Pierre Dupuy (dont les ouvrages Collapse et Pour un catastrophisme éclairé sont tous les deux parus en 2004, ndlr). Après, je pense qu'il y a aujourd'hui un intérêt des médias pour ce sujet. Mais on ne se positionne pas par rapport cela. Nous avons une autre manière de voir l'avenir, qui ne nie pas du tout le caractère certain de l'effondrement dans lequel on est engagé. La dimension de l'effondrement est presque un point de départ, mais on ne peut pas se satisfaire du constat que le monde va mal, même si la collapsologie a l'utilité de déclencher un électrochoc. Dans le livre, je propose des questionnements prospectifs sur la typologie des "aquoiboniste"1, des "cavapétiste"2... On pense que le véritable enjeu se situe sur les transitionneurs, qui sont beaucoup plus proactifs.

Quelle est le sens du sous-titre, Lost in transitions ?

On s'est beaucoup demandé s'il vallait encore le coup d'espèrer, ou bien continuer à penser que l'on peut encore changer le cours des choses. Pour nous, c'est un état passager. La question de Lost in transitions est justement de dire qu'il ne faut pas rester dans cet entre-deux et dépasser la situation dans laquelle on est.

Vous abordez aussi le rapport de l'homme à la machine.

La situtation actuelle présente un risque de catastrophe écologique et un risque de machinisation de la société. Les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple, ndlr) concentrent la richesse et investissent massivement dans les technologies. Il y a un risque prospectif de voir une humanité dominée par les machines. On ne sait pas ce que peut donner la convergence de différentes technologies.

Mais une machine peut-elle faire autre chose que ce pour quoi elle est programmée ?

Nous sommes déjà dans un monde très automatisé : dans les grandes entreprises, tout est processus, tout est dicté par les sytèmes d'information. Et quand on plaque là-dessus des innovations technologiques, on peut perdre le contrôle. C'est une réalité, pas du fantasme. La question qui se pose sur l'intelligence artificielle à beaucoup plus long terme est l'émergence d'une conscience propre.

Quelles solutions proposez-vous ?

Il y a d'abord un scénario culturel : il faut mettre le paquet sur la culture, pour renforcer la littératie digitale (l'aptitude à comprendre et à utiliser les outils numériques, ndlr), l'esprit critique, la capacité à croiser les informations, à percevoir ce qui relève de la désinformation.

Le deuxième scénario est social : à l'échelle de l'humanité, le seul scénario qui peut contrebalancer le scénario technologique est celui comprenant un objetif de développement durable. Ce sont les mouvements des villes en transition, les objetifs de résilience urbaine. Ce scénario est important car il nous faut un nouveau contrat social, qui reste à inventer.

La moindre politique écologique contraignante suscite immédiatement de vives réactions au sein de la population...

En écologie, il y a toujours un dimension de long terme. Mais je pense qu'il y a une étape intermédiaire de mise en conditions. Beaucoup de choses peuvent être mises en place. Par exemple, dans les Pays de la Loire, il existe un projet de recherche-action, porté par l'école Mines-Télécom Atlantique, avec les élus, et les acteurs traditionnels locaux, mais aussi des citoyens, des activistes, des chercheurs… L'idée est de tout mettre sur la table pour proposer une transition alternative.

Ne craignez-vous pas que votre vision de la transition écologique ne soit pas assez novatrice ? Qu'elle ressemble trop à ce qui est déjà proposé, qui certes mobilise de l'énergie, mais qui est insuffisante, ne serait-ce que pour contenir le réchauffement climatique ?

Certes, les institutionnels, comme le ministère de l'Ecologie, ne font pas assez. Quant aux tenants de l'effondrement, je pense qu'il proposent peu, si ce n'est renforcer sa capacité à être autonome. Mais où est le projet de société ?

Les collapsologues imaginent également des communautés résilientes, autogérées…

Il n'y a rien de nouveau ! Tout cela est très bien, mais ce n'est pas suffisant. Les écovillages, les dynamiques d'entraides, c'est très bien. Mais pour moi il y a la question du changement d'échelle. Dans le cas de Nantes, c'est le pari qu'on peut faire ensemble, avec tout type d'acteurs. Je pense que ça c'est très alternatif, nouveau et expérimental. Et ça fonctionne : on a fait tout un livre qui vient de sortir,* avec 200 pages, projet par projet, avec des exemples de chaufferie à bois, d'éoliennes, de micro-projets...

Un autre exemple de changement d'échelle est la démarche des Potes (pour Pionniers ordinaires de la transition énergétique), en Bourgogne-Franche-Comté, avec le soutien de la Région et d'Energy Cities. Eux ont identifié des acteurs pionniers, des Potes, qui viennent d'horizons différents : des entrepreneurs, des agriculteurs, des commerçants, des élus... L'idée est, à partir d'un petit mouvement, d'accélérer la transition énergétique dans leur territoire. Nous sommes là sur un petit groupe qui peut en dynamiser d'autres. L'idée est de renforcer les capacités collectives. C'est le pari de dire que tout le monde, à sa manière, peut participer à cette transition sociétale et y contribuer. C'est une démarche inclusive et non élitiste.
 

Un autre monde est possible, Lost in transitions ?, L'Aube, 20 euros, 232 p.


*Territoires en transition énergétique et sociétale: Quel rôle pour les dynamiques collectives en Pays de la Loire ? Bernard Lemoult et Carine Dartiguepeyrou, L'Harmatta, 17 euros, 164 p.

1 « Aquoiboniste » : catégorie qui estime qu'il faut profiter de la vie avant l'effondrement.

2 « Cavapétiste » : catégorie qui estime que l'effondrement est mérité.

[DOSSIER] - HANDICAP, LE GRAND OUBLIÉ DE L'EMPLOI ?

Créé le : 19/11/2018
Le café Joyeux, à Rennes emploie principalement des personnes en situation de handicap. Il fait figure d'exception sur le marché de l'emploi - Crédit Benoit Vandestick

Par Cyprien Caddeo


Il est rarement sur le devant de la scène politique ou médiatique, ne s’invite jamais comme une thématique majeure lors des périodes électorales. Pourtant, le handicap concerne près d’un Français sur six, avec un taux de chômage important (lire page 46). Certaines initiatives montrent pourtant qu’il est possible de concilier emploi et handicap

L’emploi, un chemin de croix pour les handicapés ? Selon l’Agefiph, qui gère le fonds d’insertion professionnelle pour les personnes handicapées, 500 000 d’entre elles étaient inscrites au chômage en 2017. Le taux de chômage des personnes en situation de handicap atteint 22 %, alors que la moyenne nationale pointe à 8,9 %... « Des chiffres alarmants », commente Anne Baltazar, présidente de l’Agefiph. Mais celle qui est également en charge du handicap pour le syndicat Force Ouvrière, veut nuancer le tableau : « En revanche, le taux d’emploi des handicapés progresse tout doucement, de 0,1 % par an environ. »


Pour Anne Baltazar, ce taux très élevé de chômage s’explique de plusieurs manières : d’abord, la crise de 2008, qui a frappé tout le monde. Ensuite, le recul de l’âge de la retraite qui, mécaniquement, augmente le nombre de personnes handicapées sur le marché du travail : « On a de nouvelles personnes assez âgées qui se déclarent handicapées tardivement, lorsqu’elles se retrouvent par exemple au chômage, explique Anne Baltazar. Elles n’avaient pas eu besoin...

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« Rendre aux jeunes le goût de la politique ! », entretien avec Jean-Claude Perrin, fondateur de l'assocation Res Publica

Créé le : 15/11/2018

Entretien avec Jean-Claude Perrin, fondateur de l'association Res publica, organisatrice du festival La Chose Publique, qui se déroule à Lyon du 15 au 24 novembre prochain. Ce chef d’entreprise a mis une part importante de sa fortune personnelle au service du « progrès social et du développement ». A travers l'association Res Publica, il entend susciter le débat démocratique dans la Cité.

Pourquoi avoir choisi de cibler les jeunes pour cette nouvelle édition du festival « La Chose Publique », qui se déroule à Lyon fin novembre ?

Grâce aux nombreux débats politiques proposés, notre souhait est d'impliquer les jeunes dans la vie de la Cité. Objectif : leur montrer l'importance de l'action citoyenne et de la citoyenneté, des enjeux sociétaux. Concrètement, on veut politiser les jeunes ! Et les accompagner dans une co-construction de ce que l'on appelle la société civile.
En partenariat avec le média Rue89Lyon, nous invitons les jeunes à produire des contenus en ligne durant le festival. Ces derniers pourront alors être valorisés via la plateforme Villavoice.fr.
Des lycées sont également invités à participer aux débats, en partenariat avec les Académies locales, et en lien avec le ministère de l’Éducation Nationale.

Le format des débats s'inscrit dans une démarche participative, inclusive, à laquelle les jeunes sont particulièrement sensibles.

 

Vous partez du constat que la démocratie demeure une idée très récente et qu'il est nécessaire de tester sa réelle efficacité par la vox populi. Que proposez-vous pour revitaliser la démocratie  ? Une sortie du capitalisme ?
En effet, nous sommes loin de la démocratiepuisque une personne sur troisne vote pas en France. Les non-inscrits sur les listes sont toujours plus nombreux. Et le vote des extrêmes s'inscrit durablement dans le paysage Français.
Mais à mon sens, le capitalisme -malgré ses défauts- reste pour l'instant le seul système économique qui fonctionne peu ou prou. Le problème du capitalisme : que la seule valeur soit désormais l'argent. Car ceux qui savent mieux le fabriquer finissent par dominer. Et les inégalités se creusent.
Comment agir alors ? En construisant une société qui débat, implique les citoyens dans les décisions, agit sur les inégalités, ré-équilibre les forces en présence notamment par une société civile forte qui interviendrait comme contre-pouvoir.

 

Quels sont alors, selon vous, les chemins de Transition pour une véritable démocratie au sein du système capitaliste ?

La première solution qui me vient a déjà été mise en œuvre en 1789, et a eu pour objet d’abattre une élite. Est-ce souhaitable au XXIe siècle ? Je ne le crois pas.
La seconde voie est celle proposée par la Chine en ce moment : une forme de centralisme démocratique qui contrôle 1,4 milliard d'individus. Ce pouvoir me paraît d'autant plus dangereux qu’il est efficace économiquement puisqu'une importante classe moyenne chinoise - de plus de 100 millions de personnes - est en train d'émerger. Et désormais, ils affichent leur modèle global d’omni-surveillance des citoyens, à travers des conférences partout dans le monde !
La dernière solution, selon moi, est l’avènement d'une prise de pouvoir par la société civile. Doit-elle prendre la place du politique ? Pas sûr. Mais dire que c'est la société civile qui décide des grandes orientations à 20-30 ans, autrement dit du long terme, me semble inéluctable. Cette temporalité n'est plus compatible avec celle de nos politiques et de leurs intérêts propres. Le seul défaut de ce système : les citoyens doivent accepter d'être acteurs de cette Transition. De passer du consommateur au citoyen et donc de travailler à la démocratie. Ce qui ne sera pas une mince affaire !


C'est quoi « Res publica » ?
Du latin, la chose publique, relatif à l'Intérêt Général. Ce terme fait référence à la défense des valeurs de la République. Il se réfère à un état défendant le bien commun face aux intérêts privés. Créée en 1997 sous statut associatif et financée sur fonds propres, Res Publica se définit comme laïque et indépendante de tout pouvoir politique, intellectuel et financier. L'association intervient sur des sujets d'intérêt général, en véhiculant des valeurs telles que la solidarité, la citoyenneté, la liberté de penser, de s'exprimer et d'agir.

 

Christiane Taubira sera notamment présente au Festival La Chose Publique, le 23 novembre.

Victor-Hugo Espinosa, Ecoforum : « Nous demandons une cartographie de l'habitat insalubre »

Créé le : 15/11/2018
Vue de Marseille - Crédit : Pixabay

Victor-Hugo Espinosa est ingénieur, expert en risques majeurs. Il anime Ecoforum, collectif marseillais dédié à l'environnement, à la solidarité et au cadre de vie. L'association plaide pour la création d'une cartographie transparente de l'habitat insalubre dans la cité phocéenne.

Suite à l'effondrement des immeubles, rue d'Aubagne, le 5 novembre dernier, Ecoforum a organisé une conférence, le lundi suivant. Pour quelles raisons ?

Il s'agissait d’abord d'être solidaire avec les victimes et leurs familles. Je suis intervenu en tant qu'expert sur la prévention des risques. L'architecte, ex-président du conseil de l'Ordre des architectes de Paca, Marc Jolivet et le géologue du CNRS Michel Villeneuve sont respectivement intervenus sur les question liées à l'état des bâtiments et à la nature des sols. L'objectif était de formuler des propositions pour éviter que le pire ne se reproduise.

 

Quelles sont ces propositions ?

Nous avons d'abord proposé la création d'ambassadeurs des risques. Ce type de fonction existe déjà dans le cadre des risques d’inondations. Des personnes sont missionnées par les municipalités pour indiquer aux habitants comment se mettre en sécurité.

Les fonctions de ces ambassadeurs pourraient être complétées. Ils pourraient aussi être dédiés aux risques liés à la dégradation de l'habitat. Ils pourraient par exemple se rendre dans des squats ou des des immeubles délabrés. Et informer les personnes sur l'état réel de leur habitation, leur dire quels sont les signes avant coureur qui indiquent qu'elles devraient quitter l'immeuble... Il faut développer une culture du risque partout. Il ne s'agit pas de faire peur au gens, mais de développer un sens du risque.

 

Vous plaidez aussi pour une cartographie détaillée des points noirs de l'habitat...

Oui. Nous demandons aux pouvoirs publics que soit réalisée une cartographie de la ville, dans laquelle seraient représentés les secteurs et immeubles qui posent problème. Ce document devra être transparent et accessible à tous les citoyens. Il pourrait comporter une sorte d'échelle de la dégradation allant de l'habitat en bon état, jusqu'à celui qu'il faut démolir, en passant pas celui sur lequel il faut faire des travaux.

Cette cartographie pourrait être réalisée par des experts. Mais citoyens et associations pourraient être partie-prenante de sa conception. Il faut également expliquer au gens comment repérer des éléments de dégradations : fissures, portes qui ne ferment pas... Marc Jolivet préconise de faire un état des lieux, îlot par îlot. Par ailleurs, il faut bien saisir qu'elle est la nature des sols avant de construire un immeuble. Michel Villeneuve estime qu'il faut entamer un travail afin de mieux connaître la géologie marseillaise.

Nous rappelons par ailleurs que la non-assistance à personne en danger relève du droit pénal. Nous demandons à ce que soit mieux définie la responsabilité, entre celle des pouvoirs public, des syndic, des marchands de sommeil. Il faut sortir de cette approche où tout les monde est responsable mais où, au final, personne n'est coupable !

 

 

 

[ COMMUNIQUÉ ] - Le 11 novembre, la France doit adresser un message fort en faveur de la paix

Créé le : 09/11/2018

Mouvement pour une Alternative Non-violente

Il y a une indécence à célébrer l’armistice du 11 novembre et à entretenir par ailleurs une politique militariste.

« On ne peut construire la paix qu’avec les armes de la paix. » Jean Jaurès

Que faisons-nous du cri des soldats français et allemands qui lançaient dans leurs tranchées « plus jamais ça ! », et dont les rescapés promirent que ce serait « la Der des Ders » ? La Première Guerre mondiale se solda en effet par environ 18,6 millions de morts, dont 9,7 millions de militaires et 8,9 millions de civils (Wikipédia). Derrière ces chiffres, se cachent des millions d’ouvriers et de paysans de toute l’Europe – et plusieurs centaines de milliers venus des colonies françaises (pays du Maghreb, Sénégal, Madagascar, Viêt-Nam...).

Lors de la commémoration du centenaire de l’armistice de 1918, il serait juste de rappeler que cette guerre a d’abord été voulue et préparée par des gouvernements français et allemands, avec le concours des industriels de l’armement.

Si nous voulons construire la paix, il nous faut donc aussi faire mémoire de celles et ceux qui ont lutté contre l’idéologie de la guerre, comme par exemple Rosa Luxembourg en Allemagne et Jean Jaurès en France. Ils mesuraient parfaitement que cette guerre allait être la cynique mise en opposition des mêmes classes sociales exploitées dans leurs pays, ouvriers et paysans contre ouvriers et paysans. Car « la guerre est le massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas » (Paul Valéry). C’est toujours la même histoire !

C’est pourquoi, le Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN) demande des gestes significatifs de la France pour construire une politique de paix :

  • la réhabilitation des 600 soldats fusillés pour l’exemple, toujours réclamée par leurs familles ;
  • l’arrêt immédiat des ventes d’armes à l’Arabie saoudite, laquelle utilise déjà au Yémen des chars Leclerc et des Mirage 2000-9. La guerre au Yémen est en train d’engendrer, selon les Nations Unies, « la pire crise humanitaire depuis la fin de la seconde guerre mondiale » ;
  • la ratification du Traité d'Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) adopté par 122 pays à l'ONU en juillet 2017. Ce Traité interdit la fabrication, la possession, le stockage, le transfert d'armes nucléaires, et de fait toute politique de dissuasion nucléaire. La Bombe assure plus notre insécurité que notre sécurité.

 

Contact presse : François Vaillant, porte-parole du MAN - 06 16 08 41 95

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