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Jean-Gabriel Ganascia : « L’ère de Big Brother est révolue »

Créé le : 08/10/2018

Jean-Gabriel Ganascia est philosophe, informaticien et chercheur en intelligence artificielle au Laboratoire Informatique de Paris VI. Il préside aussi le comité d’éthique du CNRS. Pour lui, la peur d’une société d’hypersurveillance étatique à la 1984, célèbre roman d’anticipation de George Orwell, n’est plus d’actualité. Car de nouveaux pouvoirs apparaissent, moins visibles et plus dangereux.

L’aéroport de Nice vient de se doter de « e-gates », des bornes de contrôle avec reconnaissance faciale. Pourquoi l’intelligence artificielle semble-t-elle aujourd’hui devenue incontournable dans le domaine de la sécurité ?

Les technologies liées à l’intelligence artificielle, telles la biométrie, la détection de comportements suspects ou l’analyse de données, permettent de désamorcer un certain nombre d’attaques. Et la population exprime de très fortes attentes en termes de sûreté. L’intelligence artificielle (IA) permet d’appréhender la masse d’informations produites, ce que l’on appelle le « big data », et de les analyser pour détecter d’éventuels risques. Toutefois, si l’IA peut servir à assurer la sécurité, elle peut également contribuer à la compromettre. Pensons à la cybercriminalité, au piratage ou au détournement de données. Les criminels se servent également des nouvelles technologies. Il s’agit d’un instrument à double tranchant.

Ces dispositifs « intelligents » ne représentent-ils pas une menace à l’encontre des libertés individuelles ?

Dans les années à venir, chaque société se dotera d’outils en fonction de ses propres besoins et valeurs. Selon les cultures, on peut très bien imaginer être identifié comme des délinquants par une caméra si on ne traverse pas la rue au bon endroit. À titre personnel, je trouve cela terrifiant. Mais les sociétés évoluent… Regardez, il y a encore 10 ans, cela nous aurait paru délirant que l’on fouille nos sacs à l’entrée d’un bâtiment. Et qu’on vide nos bouteilles d’eau ! Nous n’aurions jamais accepté cette mesure sans le spectre du terrorisme. Or cette intrusion violente est aujourd’hui acceptée !

L'artiste Banksy s'est emparé du sujet de la vidéosurveillance.

Le sentiment d’insécurité nous pousserait donc à sacrifier une partie de notre droit à la vie privée ?

Effectivement. Il existe une tension très forte entre trois exigences : la sécurité, l’intimité et la transparence. Je n’imagine pas une société sans l’une d’elles. Nous sommes attachés à la notion de vie privée depuis la fin du XIXe siècle. Mais nous sommes aussi de plus en plus sensibles à l’idée de sécurité et de transparence, qui est contraire à la vie privée. Avec le déploiement de l’intelligence artificielle, des compromis doivent être faits.

Qui fera ces compromis ? Les citoyens sont-ils en capacité d’imposer leurs choix ?

Malheureusement, dans ce nouveau monde, nous ne sommes plus des citoyens, avec des droits et des devoirs, mais des consommateurs et producteurs de données. Les gens sont de plus en plus démunis, ils ont affaire à l’émergence de nouveaux pouvoirs incontrôlés. Les grands acteurs de demain sont les possesseurs des « Orins », les « organismes informationnels », expression qui désigne les technologies capables d’interpréter et de valoriser les masses de données. Nous sommes noyés dans les flux d’informations : la question est de savoir comment donner sens à tout cela. Les détenteurs des « Orins » ont l’ambition de prendre un pouvoir considérable.


Lire notre enquête : Demain, tous vidéoprotégés ?


Les pouvoirs publics font appel à des entreprises de traitement de données pour assurer la protection et la surveillance de la population, comme c’est le cas des « smart and safe city ». Le pouvoir de l’État est-il de plus en plus marginalisé ?

Nous faisons face à des transformations politiques majeures. L’ère de 1984 et de Big Brother est derrière nous. Alors qu’avant, on craignait l’émergence de l’hypersurveillance de l’État central, aujourd’hui ce n’est plus tout à fait cela. Nous entrons dans un nouveau régime « féodal », où il faut moins se méfier de l’État que des entreprises privées qui se partagent les « Orins », tels des seigneurs. Les citoyens ont prise sur les institutions démocratiques, mais se trouvent dépossédés face aux géants de l’internet, par exemple.

Quels contre-pouvoirs peut-on imaginer ?

L’émergence de contre-pouvoirs va être compliquée. Car il nous faut d’abord prendre conscience de l’importance de ces nouveaux pouvoirs invisibles. Il y a quelques années, les gens avaient encore du mal à comprendre l’ampleur du phénomène. Dans Voir et Pouvoir : qui nous surveille ? paru en 2009, je montrais que nous étions passés d’une logique de surveillance à la « sousveillance généralisée » dans laquelle nous avions tous la capacité d’observer autrui. On voit tout le monde et tout le monde nous voit. Donc, nous sommes tous potentiellement des contre-pouvoirs à même de diffuser de l’information et d’influencer la partie.

Dans la société que vous décrivez, fondée sur la visibilité et la transparence, l’image que renvoie l’individu est déterminante. Le projet chinois de « crédit social », système de notation des citoyens, est-il amené à se propager ?

C’est terrifiant ! Ce barème de réputation des citoyens fondé sur le statut économique et social rejoint les dystopies de Black Mirror. Mais il ne faut pas se leurrer : cela existe déjà un peu ici, de façon moins apparente. Pour accéder à un crédit bancaire, nous sommes notés, de même pour les assurances. Pour embaucher, les directeurs de ressources humaines explorent les réseaux sociaux, qui apparaissent comme une sorte de baromètre social. Dans un futur proche, les personnes qui ne produiront pas de données sur internet seront « inexistantes ».

Propos recueillis par Célia Pousset


À lire :

– Voir et pouvoir : qui nous surveille ? de Jean-Gabriel Ganascia, Editions le pommier, 2009.

– Le mythe de la Singularité : faut-il craindre l’intelligence artificielle ? de J-G Ganascia, éditions du Seuil, Collection Sciences Ouvertes, 2017.

Caméras, intelligence artificielle, « safe cities »... Demain, tous surveillés ?

Créé le : 08/10/2018

Par Célia Pousset

Que ce soit dans les grandes villes, les campagnes ou les collèges, des technologies — plus ou moins innovantes — prétendent garantir notre sécurité, au détriment du respect de la vie privée. Des dispositifs qui interrogent notre société. Et qui ont un coût, financier comme éthique.


Dans le même dossier :

Lire l'interview : Jean-Gabriel Ganascia, « l'ère de Big Brother est révolue »


Tous « vidéoprotégés »

La vidéosurveillance s’impose massivement dans l’espace public français. Depuis 2007, l’État a participé au financement de 49 353 caméras sur l’ensemble du territoire, à hauteur de 213 millions d’euros. Dans un climat de crispation sécuritaire, le recours à la « vidéoprotection » rencontre de moins en moins de résistance.

« La population en demande toujours davantage. Le débat sur le respect de la vie privée n’existe plus, même les élus d’opposition ont cessé d’être vent debout contre la vidéoprotection », assure Olivier Arsac, adjoint au maire de Toulouse, en charge de la sécurité et de la prévention de la délinquance. Dans la quatrième plus grande ville française, le nombre de caméras est passé de 21 à 350 depuis l’élection du maire Jean-Luc Moudenc (LR), en 2014. Une prouesse — issue d’un engagement de campagne — et, selon Olivier Arsac, souhaitée par les habitants, à tel point que ce dernier a plutôt « tendance à freiner les sollicitations ». Au total, huit millions d’euros ont été investis — dont un million subventionné par l’État — et trente-cinq opérateurs travaillent au centre de surveillance urbaine (CSU) de Toulouse. « Une nécessité », en réponse « au fort sentiment d’insécurité des Toulousains ». Prévention, meilleure réactivité des policiers sur le terrain, flagrants délits, élucidations d’affaires… Les caméras sont « des auxiliaires de justice » dont la municipalité se montre très fière.

L’engouement pour ce qui est appelé « vidéoprotection », depuis 2011, pour désigner de façon plus rassurante l’usage de caméras dans l’espace public*, dépasse les clivages politiques traditionnels. Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS et sociologue de la déviance et de l’action publique, rapporte : « La vidéosurveillance n’est pas de droite et son absence n’est pas de gauche, bien que les budgets consacrés diffèrent. Les grandes villes de gauche qui s’y opposaient s’y sont mises, elles aussi. »

L'œuvre d'un artiste de rue pour dénoncer la vidéosurveillance.

À Villeurbanne (69), Jean-Paul Bret (PS) faisait figure d’exception en étant l’un des seuls maires d’une ville de plus de 100 000 habitants à refuser la vidéosurveillance dans ses rues. Or, depuis juin 2018, la municipalité est dotée d’une trentaine de caméras. « Notre démarche est pragmatique », explique Didier Vullierme, adjoint à la sécurité et à la prévention de Villeurbanne : « C’est une question de coût : en 2011, une caméra valait 60 000 euros, contre environ 12 000 euros aujourd’hui. Cela nous amène à revoir notre copie. » Les autres raisons invoquées sont « une hausse des incivilités » (qui ne se traduisent pas nécessairement en dépôt de plaintes et sont difficilement quantifiables) et le choc des attentats du 14 juillet 2016, à Nice. D’un budget prévisionnel de 450 000 euros, le dispositif ne s’accompagne pas d’un visionnage continu des images, contrairement à la plupart des grandes villes. « Disposer d’un agent devant les écrans en permanence ne sert à rien. Les policiers formés au travail d’opérateur de vidéosurveillance sont plus utiles sur le terrain », estime Didier Vullierme. Il conclut : « Une caméra en soi n’est pas une baguette magique. Elle ne protège de rien. Ce sont les agents dans les rues qui protègent. »

Le paradoxe niçois

Cependant, dans de nombreuses villes, le choix de se lancer dans la vidéosurveillance semble répondre à une logique d’économie des moyens humains. « Mettre des caméras permet de faire passer la pilule du manque d’effectifs policiers et de la fermeture de brigades de gendarmerie dans les campagnes », analyse Julien Gautier, membre du collectif citoyen de Vézelay. Ce cercle informel d’habitants réclamait la tenue d’un débat public sur le projet de vidéoprotection dans leur commune de l’Yonne. Celle-ci compte seulement 500 résidents, mais sa basilique attire 800 000 touristes par an. « La gendarmerie a admis qu’il n’y avait pas de délinquance à Vézelay, commente Julien Gautier. Mais la mairie parle de risque terroriste lié à la renommée de notre basilique pour justifier les caméras. »

Le sociologue Laurent Mucchielli constate que de nombreuses villes, mais aussi des villages, se sont dotées de vidéosurveillance depuis les attentats de Charlie Hebdo. « Un des plus gros mensonges est de faire croire que les caméras nous protègent du terrorisme », clame-t-il. À titre d’exemple, il cite l’attentat de la promenade des Anglais, à Nice, le 14 juillet 2016. La préfecture des Alpes-Maritimes est la ville la plus vidéosurveillée de France, mais les 2000 caméras et 125 opérateurs n’ont pas pu empêcher l’attaque au camion-bélier sur les passants. Ni la prévenir : « Alors qu’au lendemain des attentats de janvier 2015, Christian Estrosi jurait que rien de tel n’aurait pu arriver à Nice, les images de vidéosurveillance montrent que le terroriste a fait une douzaine de repérages sur la promenade des Anglais avec un camion au tonnage illicite. »

Stratégie marketing de l’industrie de la sécurité

Ce sont ces limites que le collectif Vézelien a souhaité porter à la connaissance des habitants. Suite à une pétition, il parvient à organiser une réunion d’information au printemps 2018 avec le sous-préfet de l’Yonne. Un cahier en mairie fait office de consultation citoyenne. Résultat : les habitants sont opposés à 56 % au dispositif de vidéoprotection, mais le conseil municipal a tout de même acté le projet. « Ils se sont assis sur leur pseudo-consultation, ils veulent faire comme les villes voisines ! », déplore Julien Gautier.

De son côté, Henry Busquet, de la ligue des droits de l’homme (LDH) de Nice, critique aussi la systématisation du recours à la vidéosurveillance sans diagnostic sérieux des besoins : « Les caméras agissent comme un placébo, regrette-t-il. Je n’y suis pas opposé par principe, mais quasiment toutes les demandes d’autorisation auprès de la préfecture sont acceptées. La commission départementale chargée de les étudier est une chambre d’enregistrement. »

Des opérateurs de vidéosurveillance.

Et le sociologue Mucchielli va même plus loin. Selon lui, le succès de la vidéosurveillance est le résultat d’une conjonction d’intérêts particuliers : logiques électorales, police en mal de reconnaissance, sentiment d’insécurité lié aux fragilités individuelles de la population... Et stratégie marketing de l’industrie de la sécurité : « Contrairement aux élus, les industriels savent très bien ce qu’ils font. Ils vendent leurs produits en faisant croire que cela va révolutionner nos vies. D’abord, il s’agissait de simples caméras fixes, puis tournantes, à infrarouge, et maintenant prédictives. La course à la technologie est lancée ! », dénonce encore le scientifique.

Surveillés par les machines

Analyse des traits du visage, de l’expression, de la démarche, de la voix : les caméras ne sont plus seulement des boîtes enregistreuses : elles deviennent « intelligentes » et sont capables d’analyser les images qu’elles produisent. « Les villes aiment de plus en plus les outils de gestion de crise et le traitement intelligent de la vidéosurveillance », admet Jacques Roujansky, délégué général du conseil des industries de la confiance et de la sécurité (CICS). Ce lobby représente plus de 1 000 entreprises de l’industrie de la sécurité, soit 22 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Il se présente comme le premier interlocuteur des pouvoirs publics. À l’écouter, les progrès technologiques en matière de vidéosurveillance feraient gagner en efficacité : « Avant, il fallait qu’un agent soit présent pour regarder les images, c’était un système coûteux et assez inefficace. Avec l’intelligence artificielle, le traitement automatique de la vidéo détecte les chutes, mouvements de foule, un bagage oublié… » Il y voit aussi un intérêt pour la vie privée : « On gagne en termes de protection de la vie privée. Plus personne n’est derrière l’écran, en train de regarder en permanence ce qu’il se passe. »

Une ambiance Big Browser, qui a notamment séduit la ville de Toulouse avec l’équipement de trente de ces caméras dès juin 2017, en contrat avec l’entreprise IBM. Laurent Mucchielli est quant à lui catégorique : en plus d’envoyer de fausses alertes qui démobilisent les policiers, elles contribueraient à disqualifier l’intelligence humaine. Le chercheur s’interroge : « Qui a démontré que l’homme était moins capable d’anticiper, d’analyser et d’interpréter que les machines ? »

* Dans tous les textes législatifs et réglementaires, le mot : « vidéosurveillance » est remplacé par le mot « vidéoprotection » depuis la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure du 14 mars 2011.


À lire : Vous êtes filmés ! Enquête sur le bluff de la vidéosurveillance, Laurent Mucchielli, Armand Colin, 17,90 €

[INTERVIEWS] - Attac : 20 ans de lutte pour un autre monde

Créé le : 08/10/2018
Annick Coupé, secrétaire générale d'Attac, à Montpellier, le 27 septembre dernier - FD

Attac a 20 ans. Un anniversaire que célèbre l’organisation altermondialiste, dans le cadre de conférences-débats et de manifestations culturelles, un peu partout en France. Notamment à Marseille, au théâtre Toursky, le 29 septembre dernier, et à Montpellier, au café associatif la Carmagnole, le 27 septembre. Rencontre avec l'économiste Dominique Plihon, porte-parole d'Attac, et avec Annick Coupé, secrétaire générale d'Attac, connue notamment pour son engagement syndical.

Dominique Plihon : « Sans le mouvement social, il n'y aura pas de transition »

Dominique Plihon est économiste. Il est porte-parole d'Attac depuis 2013. Il revient avec nous sur les principaux combats d'Attac, association d'éducation populaire qui se bat pour une « autre mondialisation ».

 

 

Annick Coupé : « Les mots de ce qui est Attac »

Annick Coupé est secrétaire générale d'Attac France. Nous l'avons rencontrée à l'occasion d'une conférence-débat organisée le 27 septembre dernier, dans le cadre des célébrations des 20 ans d'Attac. Elles nous a notamment présenté L'abécédaire engagé, un livre qui vient de paraître aux éditions Les Liens qui Libèrent. Et qui revient mot après mot sur 20 années de mobilisations, d'« altermondialisme » à « zapatisme ».

 

 

À lire : L'abécédaire engagé, D'altermondialisme à zapatisme, Attac, 160p., 20 euros

 

[COMMUNIQUÉ] - Malformations sur des enfants dans l'Ain, la Loire Atlantique et le Morbihan : une nouvelle faillite de notre système de surveillance et de notre démocratie sanitaire !

Créé le : 05/10/2018
Michèle RIVASI, députée européenne écologiste - DR

Par Michèle RIVASI (députée européenne écologiste, biologiste agrégée et normalienne)

 

Depuis quelques semaines les 7 cas d'enfants nés sans bras ou sans mains dans l'Ain entre 2009 et 2014 et l'alerte donné par l'épidémiologiste du REMERA (registre des malformations en Rhône Alpes) restent sans explication et montre une fois de plus la défaillance de notre démocratie sanitaire et de notre système de surveillance.

Deux autres territoires sont concernés : entre 2007 et 2008, 3 enfants sont nés en Loire Atlantique avec le même type de malformations ; entre 2011 et 2013, 3 autres enfants sont nés avec des malformations génitales graves dans la région de Lorient.

A chaque fois, l'alerte est lancé par des médecins généralistes, des centre de surveillance locaux (REMERA) et les autorités sanitaires nationales sont prévenues (dans l'Ain dès 2014) sans que des mesures adéquates ne soient prises pour déterminer les causes (certainement d'origine environnementale -les autres facteurs d'explication ayant été écartés) de ces malformations dépassant sur un territoire restreint énormément la moyenne.

Par ailleurs, il faut savoir que le REMERA avait aussi alerté sur cet agrégat de malformations au moment du scandale de la Dépakine lorsque la presse s'intéressait aux augmentations inexpliquées d'anomalies congénitales. Suite à ce scandale, aucune leçon ne semble avoir été tirée.

Dans l'affaire des enfants de l'Ain, on apprend aussi que l'on assiste à un désengagement de l'Etat et de la Région Auvergne Rhône Alpes (présidée par Laurent Wauquiez) pour le financement du REMERA. Cela va dans le sinistre sens de l'histoire avec la Ministère de la santé qui souhaite réduire les centre de pharmacovigilance régionaux malgré les derniers scandales sanitaires (Levothyrox…). On voudrait tuer l'alerte, on ne s'y prendrait pas autrement.

Une nouvelle fois dans cette affaire, les autorités publiques sont dans le déni, Santé publique France estimant lors d'une réunion sur la question en 2016 que ces anomalies sur ces enfants sur 3 territoires différents sont certainement le fait du hasard. Scandaleux! Comme pour le sang contaminé, la Dépakine ou le scandale du Lévothyrox, on assiste toujours à un défaut d'information et de transparence sur les données de santé et l'usage qui en est fait. C'est cela qui explique la faillite de notre système de surveillance et les critiques répétées et légitimes sur la démocratie sanitaire.

J'exige pour répondre à cet impératif d'explication pour les familles des victimes et pour éviter d'autres scandales que :

  • Ces registres de surveillance des malformations régionaux (à l'instar du REMERA), qui ne couvrent aujourd'hui qu'un tiers du territoire, aient des moyens renforcés car il ont un rôle capital dans l'alerte ;
  • Et que l'Anses (agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail) lancent au plus vite des études de terrain sur ces trois territoires où ont été repérés des agrégats de malformations d'enfants en étudiant le lien avec les intrants chimiques et pesticides utilisés par les paysans sur ces territoires ruraux.

Je me rendrai prochainement dans l'Ain pour rencontrer Emmanuelle Amar et les familles de victimes et mènerai la bataille sur le terrain législatif national et européen pour renforcer l'évaluation de l'impact sanitaire des produits chimiques utilisés dans l'agriculture intensive et renforcer la protection des femmes enceintes et des enfants.

5 OCTOBRE, JOUR DE FÊTE NATIONALE : ATTENTION, LE SOULEVEMENT PACIFIQUE DE LA SOCIETE A COMMENCÉ.

Créé le : 03/10/2018
Pixabay

Par le collectif Nous voulons des coquelicots

Vendredi 5 octobre à 18h30, les signataires de l'Appel "Nous voulons des coquelicots" se retrouvent devant la mairie de leurs villes et villages.  La carte et la liste des 265 évènements prévus, c’est ici

L’Appel des coquelicots (https://nousvoulonsdescoquelicots.org) pour l’interdiction des pesticides est d’ores et déjà un grand succès, avec près de 250 000 soutiens en trois semaines. En outre, il s’enracine et va montrer sa force le vendredi 5 octobre 2018 à 18h30, devant les mairies. Les porteurs de coquelicots s’y retrouveront, dans la joie et la détermination, pour envisager ensemble des centaines et des milliers d’événements à venir. A cette date, entre 250 et 400 rassemblements sont prévus, depuis le plus petit des villages jusqu’aux grandes villes. Paris est pour l’heure à la traîne, mais les choses ont le temps de changer, car le mouvement se donne deux ans pour rassembler 5 millions de signataires. D’ores et déjà, la mobilisation est impressionnante – des maires, des magasins et de grands salons, des fondations sont à nos côtés -, et ne cessera de monter en puissance, car nous voulons un pays sans pesticides. Avec des oiseaux, des papillons, des abeilles. Sans ces milliers de malades des pesticides, dont le nombre s’accroit chaque année, et qu’un pouvoir politique aveugle refuse de prendre en considération. Le 5 octobre, les porteurs de coquelicots occupent les villes de France et se retrouveront, plus nombreux encore, le vendredi 2 novembre. Attention, le soulèvement pacifique de la société a commencé. 

[Chronique] - Jean Jouzel – Un pacte pour « éviter le chaos climatique et financier »

Créé le : 26/09/2018
Jean-Jouzel

Il ne nous reste plus que deux ans pour inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre. C'est l'avis de nombreux scientifiques, dont Jean Jouzel, co-auteur avec Pierre Larrouturou, co-fondateur du mouvement politique Nouvelle Donne, de Pour éviter le chaos climatique et financier. Jean Jouzel donnera une conférence sur le changement climatique en Provence, le 4 octobre prochain, à Mazan, à l'invitation de Sans Transition !

1000 milliards pour le climat

Si le constat est peu réjouissant, les deux hommes estiment qu'il n'est pas trop tard. Leur idée : la mise en place d'un « Pacte-finance-climat européen » qui pourrait « diviser par 4 les émissions de CO², dégonfler la bulle financière et créer plus de 5 millions d’emplois ». De quoi, selon les auteurs, éviter la catastrophe climatique, mais aussi financière en investissant dans une économie vertueuse et réeelle. « Pour sauver les banques, on a mis 1 000 milliards. Pourquoi ne pas mettre 1 000 milliards pour sauver le climat ? », écrivent-ils. Nous en discuterons avec Jean-Jouzel, le 4 octobre prochain, à Mazan (84), dans le cadre de la conférence-débat que le climatologue donnera à l'invitation à de Sans Transition ! Provence.

À lire : Pour éviter le chaos climatique et financier, Jean Jouzel et Pierre Larrouturou, Odile Jacob, 2017, 419 pages, 22 euros

 


"Et demain, quel climat pour la Provence ?" - La Conférence, en pratique 

- Entrée 9€ (ou 9 Roues à régler sur place) -  Entrée offerte pour toute souscription d'un abonnement à Sans Transition ! - 

Librairie, buvette, petite restauration en partenariat avec la Biocoop L'AUZONNE, à Carpentras et massages sur place.

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- Où acheter / réserver vos places ? (vivement conseillé) -  

Achetez vos places à partir de début septembre dans :

Informations et demandes spécifiques à : reservation@sans-transition-magazine.info / 09 73 53 36 87 .

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