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[SOCIÉTÉ VIRILE] Dans les campagnes, l’écho des femmes qui osent

Créé le : 08/03/2020

Crédit Photo : Isabelle Jouvante 
légende : Héroïnes, une pièce de théâtre documentaire

Recueilli par Elodie Crézé

En milieu rural, les préjugés sexistes restent, comme à la ville, bien présents. Édile de petite commune, comédienne, collaboratrice d’un magazine féminin ou encore agricultrice, en Ardèche, en Bretagne ou ailleurs, des femmes ne s’en laissent pas conter et œuvrent pour la cause de leur sexe.  Récits de ces amazones des champs.

*Éliette Charpentier, maire de Sauteyrargues (34)

« Il nous a traitées de "salopes", on nous a demandé de ne pas faire de vagues »

Dans cette commune de 430 âmes, dans l’Hérault, Éliette Charpentier, qui voit s’achever son 2e mandat, a dû faire face à un sexisme ordinaire. Un « incident » comme elle le nomme, l’a particulièrement marquée. « Un jour, lors d’un conseil communautaire, tandis que nous discutions avec d’autres femmes, un élu nous insulte en public, nous traitant de " salopes". » Face à la gravité de ces propos, présentés par leur auteur comme de « l’humour étudiant », Éliette Charpentier en informe le Président du conseil communautaire. Las ! Celui-ci se contentera, d’après l’élue, d’un mou « Allez, pas de vagues ». « Mais vous savez, c’est du quotidien » poursuit-elle. Car auprès des administrés, le fait d’être une femme n’est pas non plus un sacerdoce. « Il faut sans cesse s’imposer, faire preuve de caractère, justifier ses idées deux fois plus que pour un homme… » Aujourd’hui l’édile se dit « fatiguée de se battre contre des montagnes » et ne souhaite pas se représenter. Mais sa résistance aura consisté à ne rien laisser passer. Et à faire des vagues, précisément.

 

*Fanny Ortillon, chargée de mission pour le collectif  Odette &Co, à Lamastre (07)

« Parce qu’on ose tout, on nous répond rarement non »

Le collectif Odette & Co est né au nord de l’Ardèche, dans la commune de Lamastre, il y a 10 ans, créé par une quinzaine de femmes en reconversion professionnelle. Elles partent d’un constat, celui qu’on ne parle pas – ou trop peu -  des femmes en milieu rural, et lancent leur magazine féminin, avec l’aide de la Fondation Elle. Le crédo de ce magazine éponyme qui sort 6 numéros et devient cette année un blog, bientôt enrichi de podcasts ? « Mettre en valeur des initiatives locales, en Ardèche, portées par des femmes, avec de l’humour, et aussi redonner confiance aux femmes en recherche d’emploi », explique Fanny Ortillon, une « odette ». Les préjugés, elle connaît : « Les gens du territoire qui ne nous connaissent pas nous imaginent en train de tricoter autour d’un thé ». Mais la trentaine de collaboratrices, jeunes retraitées, agricultrices, femmes en recherche d’emploi n’en n’ont cure.  Pour couronner son dynamisme, le collectif a reçu en 2018 le prix du 8 mars du département de l'Ardèche. Cette année, il postule de nouveau avec son réseau de femmes entrepreneures, intitulé, « Femmes formidables ». Et « parce qu’on ose tout, et qu’on nous dit rarement non », les odettes ont monté un projet d’écriture avec l’auteure Aurélie Delahaye, « sur les thèmes qui nous sont chers… ». Fanny Ortillon ne spoilera pas plus.

 Plus d’infos : www.odetteandco.fr

 

*Anne-Cécile Richard, comédienne et directrice artistique de la compagnie On t’as vu sur la pointe, à Allaire (56)

« Un cheveu de femme tire plus que 30 paires de bœufs ».

Héroïnes, une pièce de théâtre documentaire a été créé lors d’une résidence d’artistes il y a 6 ans, à la maison de retraite de Guémené - Penfao (44). La comédienne Anne-Cécile Richard, qui en est à l’origine avec Antoine Malfettes, en explique la genèse : « Nous avons recueilli le récit de vie des résidents, et notamment d’agricultrices à la retraite. Nous avons été saisis par leurs difficultés et l’absence de reconnaissance de leur statut. » Les artistes décident de confronter leurs paroles avec celles d’agricultrices d’aujourd’hui. Le spectacle embrasse un spectre plus large de thématiques, telle celle des suicides, sur fond de crise des agriculteurs. Et, à travers une fiction, fil rouge de la pièce, les conditions de la femme en milieu rural du début du XXe siècle à nos jours. « Nous nous sommes aperçus que ces sujets ne sont pas datés, mais bien actuels, et notamment que les préjugés perdurent ». Dans le public, les réactions sont vives, avec « beaucoup de gens issus du monde rural qui ne poussent pas les portes des salles habituellement ». Anne-Cécile Richard espère que le spectacle contribuera à faire avancer les mentalités. Et de livrer un proverbe reçu d’une agricultrice : « Un cheveu de femme tire plus que 30 paires de bœufs ».

Plus d’infos : www.ontavusurlapointe.com

[VILLE VIRILE] « L’hégémonie masculine conduit, aujourd’hui encore, à façonner des villes à l’image des hommes »

Créé le : 07/03/2020
skate-park

Propos recueillis par Élodie Crézé

Yves Raibaud est géographe, maître de conférences à l'Université de Bordeaux Montaigne, Adess CNRS. Pour lui, la ville durable risque d’augmenter les inégalités de genre si on n’écoute pas la voix des femmes.

Pourquoi semblez-vous craindre que la ville dite durable et intelligente augmente les inégalités de genre dans la ville ?
La ville durable découle d’abord de l’idée que l’on épuise les ressources fossiles et qu’il faut changer de modèle général. Petit à petit, les pouvoirs publics s’en saisissent et instaurent des normes dites durables. Comme l’idée de favoriser le vélo ou la trottinette. Or, ces normes peuvent être remises en question. En quoi par exemple le vélo ou la marche rendent-ils la ville plus durable ? Les jeunes enfants, les personnes handicapées ou âgées en sont exclues. Si on n’interroge pas ces outils, on risque de hiérarchiser les valeurs, de discriminer ceux qui ne peuvent y adhérer, et ainsi d’augmenter les inégalités. Or souvent, justement, on ne questionne pas ces normes à l’usage des femmes.

Est-ce à dire que les femmes restent les perdantes des villes de demain ?
Si on leur impose ces normes sans les interroger, oui. On se réfugie derrière une illusion d’égalité alors que le mode de vie des femmes ne change pas : ce sont toujours elles, qui en majorité, s’occupent...

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[FEMMES] : DES MARCHES À L'ASSAUT DE LA VILLE VIRILE

Créé le : 07/03/2020
Crédit Pixabay - femme

crédit Pixabay

Par Florence Brau

Alors que les villes de demain se dessinent, l’égalité femmes-hommes reste une fable. Des villes dessinées par et pour les hommes, un espace public souvent accaparé par la gent masculine, des campagnes aux normes patriarcales encore bien présentes… Partout, des femmes luttent pour se faire entendre : marches à travers la cité, innovations impulsées dans les régions, agricultrices qui tentent de moderniser leur profession…le socle de l’hégémonie masculine vacille.

Beaucoup de femmes se sentent illégitimes ou en insécurité dans la ville, évitent certains lieux ou horaires qui seraient « réservés aux hommes ». Pour contrer ces inégalités de genre et afin que les femmes se réapproprient l'espace public, les marches collectives se multiplient.

Confortablement chaussées et chaudement vêtues pour affronter un froid Mistral de décembre, les habitantes du quartier Hauts de Massane, à Montpellier, sont prêtes pour leur « marche exploratoire ». Une déambulation de deux heures entre barres d'immeubles et jardins familiaux, qu'elles ont concoctée avec l'association de proximité Pacim. « Nous allons repérer les situations qui vous mettent mal à l'aise au quotidien, puis réfléchir aux améliorations possibles », rappelle Catherine Barrière, carnet d'enquête à la main, à une quinzaine de femmes volubiles. Cette anthropologue, fondatrice de Pacim, coordonne des marches exploratoires depuis 2018. Elle en est persuadée, « les femmes sont les premières usagères du quartier, elles sont donc les mieux placées pour savoir comment le faire évoluer ». Après quelques mètres dans des...

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[MUNICIPALES] : Réseau action climat analyse les programmes

Créé le : 03/03/2020
logo réseau action climat

Le Réseau Action Climat publie aujourd’hui une analyse des programmes des principaux candidats à la métropole de Lyon, de Nice et de Toulouse au regard de leurs propositions pour faire face à l’urgence climatique et sociale.

Le Réseau Action Climat propose un décryptage des programmes au prisme de 10 mesures concrètes et ambitieuses pour le climat et analyse si la mesure est soutenue ou non par chacun des  candidats. [...]

A Lyon, les engagements portés par Gérard Collomb, Bruno Bernard, David Kimelfeld et François-Noël Buffet ont été décryptés au prisme de 10 mesures concrètes à mettre en œuvre au cours du prochain mandat. Résultat : Bruno Bernard se détache tandis que David Kimelfeld et Gérard Collomb peuvent mieux faire, François-Noël Buffet n’ayant toujours pas sorti son programme.

*LIRE plus sur https://reseauactionclimat.org/municipales-lyon-2020/

 

A Toulouse, les engagements portés par Jean-Luc Moudenc, Antoine Maurice, Pierre Cohen et Nadia Pellefigue ont été décryptés au prisme de 10 mesures concrètes à mettre en œuvre au cours du prochain mandat à la mairie toulousaine. Résultat : Nadia Pellefigue et Antoine Maurice se détachent, alors que Pierre Cohen et Jean-Luc Moudenc peuvent aller plus loin.

* LIRE plus sur https://reseauactionclimat.org/municipales-toulouse-2020/

 

A Nice, les engagements portés par Patrick Allemand, Christian Estrosi, Jean-Marc Governatori et Philippe Vardon, ont été décryptés au prisme de 10 mesures concrètes à mettre en œuvre au cours du prochain mandat à la mairie niçoise. Résultat : Jean-Marc Governatori se détache, Patrick Allemand, Christian Estrosi peuvent aller plus loin, et Philippe Vardon est à la traine.

*LIRE plus sur https://reseauactionclimat.org/municipales-nice-2020/

Toutes les villes analysées à retrouver sur https://reseauactionclimat.org/actualites/

[LOUP] Un « cadeau » honteux

Créé le : 02/03/2020
loup/ pixabay

Crédit photo : pixabay

Par FNE

Vendredi dernier, Cécile Bigot-Dekeyzer, Préfète des Hautes-Alpes s’est vue offrir un « cadeau » par le Président du Conseil Départemental des Hautes-Alpes, Jean-Marie Bernard, lors de sa cérémonie de départ. Ce cadeau n’était autre qu’une queue de loup. Nos associations dénoncent de tels agissements qui attisent la colère et renforcent les clivages.
 

N’en déplaise à certains, le loup est une espèce protégée.

Au titre des réglementations nationales et européennes, le loup est un animal protégé. Aussi toute détention, transport, mise en vente, achat, etc. de spécimen, qu’il soit mort ou vivant sont interdits sauf autorisation dérogatoire. FNE, FNE Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Société Alpine de Protection de la Nature ont donc porté plainte et ont demandé au procureur de Gap et ses services de vérifier la provenance de cette queue de loup et sa légalité.

Une provocation puérile dans un contexte très conflictuel

Une personne en charge de responsabilités publiques doit porter un discours d'équilibre en tenant compte des opinions divergentes et de l’intérêt général : il se doit de pacifier les situations conflictuelles. Or M. JM Bernard, par ce geste, ne manque pas d'attiser le clivage autour de la question du loup.

Un « humour » qui ne fait rire personne

Ce geste est offensant pour les éleveurs puisque loin de proposer une solution il utilise le problème pour une mise en scène démagogique. Les associations de protection de la nature jugent que cette mascarade est injurieuse devant l’effort de dialogue pour lequel nous œuvrons non sans mal depuis plusieurs années.


*France Nature Environnement PACA qui est la fédération régionale de France Nature Environnement regroupe avec ses fédérations départementales 250 associations soit environ 21 000 bénévoles. Soucieuse de préserver la nature et l’environnement le réseau FNE en PACA défend aussi l’humain en agissant pour l’intérêt général. Intervenant sur l’ensemble des domaines du champ du développement durable en s’impliquant dans les grands débats régionaux et locaux et en portant des projets à chaque échelle de territoire. Retrouvez-nous **http://www.fnepaca.fr/****Facebook* <https://www.facebook.com/FNE-PACA-1634427356836085/>*et Twitter (@FNEPACA)*

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[CLIMAT] Efficacité énergétique : la France fait l'autruche

Créé le : 29/02/2020
logo asso Negawatt

Alors qu’Emmanuel Macron réaffirme publiquement son souhait de faire de l’écologie une des priorités de la deuxième moitié de son quinquennat, le Haut Conseil pour le Climat rappelle que la France « n’est pas du tout sur la bonne trajectoire » pour tenir ses engagements climat. Comment expliquer un tel écart ?

Par l'association Negawatt

En matière de transition énergétique, la décarbonation - ou l’électrification massive des usages - ne suffit pas : la maîtrise des consommations est essentielle pour répondre aux enjeux climatiques. Or, si le gouvernement engage une politique volontariste sur la première, force est de constater qu’il semble avoir rendu les armes sur la seconde : révision à la baisse des objectifs de réduction de la consommation dans la récente loi Énergie-Climat, absence de mesures adaptées dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie, modifications tendancieuses de la règlementation énergétique dans le bâtiment, augmentation des budgets carbone dans la Stratégie nationale bas carbone, etc.

Le constat est clair : face à un retard qui s’accumule et à une situation qui s’aggrave, le gouvernement se montre plus préoccupé par l’efficacité de sa communication que par celle de son action. [...]

  • Dans le secteur du bâtiment, où les réformes annoncées, sous couvert de technicité, [les révisions] vont à l’encontre de l’objectif de massification de la rénovation performante qui a fait ses preuves dans nombre de territoires.
  • [Même constat] dans le secteur des transports, où l’électrification des véhicules routiers ne constitue qu’une solution parcellaire pour se passer du pétrole. Elle ne prend tout son sens qu’en complément de la réduction des distances parcourues et du report modal qui semblent être ignorés.
  • [Idem]sur la trajectoire d’évolution du mix énergétique de la France, où l’obsession de la décarbonation de l’électricité se fait au dépens de l’efficacité énergétique tout en pénalisant le développement de la chaleur renouvelable.

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