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[ECOLOGIE] Sénior et écolo au quotidien, une question de volonté (publique) !

Créé le : 19/05/2020
seniors. Crédit Pixabay

Par Clara Martot

L’écologie est le problème de tous. Si les jeunes générations battent le pavé en réclamant que les dirigeants se bougent enfin pour sauver ce qu’il reste de la planète, les séniors, qui pour beaucoup ont connu la surconsommation et l’industrialisation de masse, consomment aujourd’hui globalement moins en France mais aussi de manière plus responsable. Certains font même le choix de s’installer, à plusieurs, dans les logements verts. Mais en termes d’engagement écologique, tous n’ont pas les mêmes capacités ni la même force de conviction.

C’est un fait. En France, les personnes âgées consomment moins, et mieux. Et la crise sanitaire actuelle, qui leur impose un isolement parfois douloureux, invite plus que jamais à s’interroger sur ce qui forge leurs quotidiens. Et à conclure qu’en matière d’écologie non plus, les séniors ne sont pas tous égaux.

Consommation minimale, sédentarité… En matière d’écologie, les personnes âgées apparaissent comme de bons élèves. Ces gestes sont-ils naturels ? Ou bien le signe d’une responsabilisation pour cette génération qui, de l’après-guerre aux trente glorieuses, a tant consommé ? « Avant, on ne prêtait pas autant d’attention aux papiers par terre, note Marie-Elisabeth, retraitée marseillaise de 84 ans. Aujourd’hui, ça me choque et c’est bien ! Donc je fais attention. » Des gestes écologiques que cette ancienne comptable impute surtout au vieillissement : « on change, on a moins envie de viande. Et les soucis de santé nous forcent à être responsables. Avec mon diabète, je ne peux pas acheter des plats transformés : il y a trop de sucre. »

Cette tendance est confirmée par plusieurs études. « Après le passage à la retraite, on voit moins de monde, on a donc moins besoin d’acheter de la nourriture, de s’habiller ou d’améliorer son intérieur » expliquent en 2012 des chercheurs du Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) (1). Côté assiette, les retraités sont 90% à manger de saison contre 50% des milléniaux, révèle une étude de Biocoop, qui estime aussi que la démarche zéro déchet est « plus ancrée » chez nos aînés (2).

Jardin potager

Exemplaires, mais invisibles ? « En France, les personnes âgées n’ont pas forcément de conscience de groupe, contrairement aux plus jeunes », observe Mélissa Petit, sociologue spécialiste des enjeux du vieillissement. Pourtant, aux États-Unis, la lutte environnementale est portée par des féministes âgées autour de l’actrice Jane Fonda. En Belgique, des séniors ont créé une association : Grands-parents pour le climat. Pourquoi pas ici ? « Je rêve de voir émerger un collectif. La difficulté, c’est que dès qu’on parle de militantisme de personnes âgées, la société va les marginaliser. Or, l’écologie est un droit pour les séniors, voire même un devoir ! »

Et les initiatives individuelles ne manquent pas. Dans la région de Limoges, Noëlle, 86 ans, explique limiter sa consommation alimentaire par une pratique millénaire : le jardin potager. « Je pense à l’écologie. Même si avec ma petite surface, je n’arriverai pas à m’auto-suffire. » Un comportement typique selon Philippe Cardon, auteur de plusieurs études sur l’alimentation des séniors (3) : « on estime que 40% des retraités possèdent un potager. C’est énorme ! Mais c’est naturel : l’auto-consommation, c’est l’idéal des milieux populaires. On observe aussi des séniors aisés qui s’y mettent pour le loisir. Dans tous les cas, ces générations sont nées avec l’idée de consommer frais. »

Petites retraites

Question loisirs, Noëlle ne se prive pas non plus du grand air : « je fais de la randonnée avec un club. Près de chez moi, ça revient pas cher. Mais dans les grandes villes, beaucoup de personnes âgées n’ont pas les moyens de payer une adhésion annuelle ! »

Comme pour toutes les générations, l’écologie des séniors est aussi une question de porte-monnaie. « En ville, les séniors vont se tourner vers les petits commerces. Mais en périphérie et chez les ménages plus modestes, on privilégie l’hypermarché » note Philippe Cardon. Un défi donc financier, pour une population parfois tributaire de petites retraites : « je vote écolo depuis 1974, mais je renonce souvent au bio à cause des prix » regrette Philippe, 82 ans.  Ce parisien compense alors en n’utilisant « que les transports publics. Mais j’ai des bus au pied de mon immeuble. Je suis un privilégié », concède-t-il.

Une autre terre

En termes de mobilité, c’est la fracture territoriale qui détermine les comportements. Et il est souvent difficile de renoncer à la voiture. « D’une part, les retraités d’aujourd’hui ont grandi avec l’idée que la voiture, c’était la liberté, explique la psychosociologue Catherine Espinasse. D’autre part, la voiture est souvent investie comme le dernier outil permettant de rester autonome. Le deuil de l’objet-voiture ne peut s’opérer que si l’offre de transports publics est à la hauteur. »

À chacun ses moyens donc, mais Philippe est certain d’une chose : « ma génération est très consciente de l’écologie. Nous avons vu la détérioration des rivières, l’urbanisation sur les côtes… Nous avons connu une autre terre. » Ou la nostalgie sous forme de prise de conscience.

 

 Baby-boomers et surconsommation

En termes d’écologie, chaque génération s’illustre à sa manière. Pour le sociologue Philippe Cardon, il est crucial de différencier deux groupes. « Les personnes qui ont 85 ans aujourd’hui ne vont pas définir l’écologie. Elles ne vont pas changer leur comportement, que celui-ci soit bon ou mauvais. Mais globalement, elles ont toujours consommé responsable. En revanche, l’enjeu est différent pour les retraités baby-boomers. Ils ont grandi dans la surconsommation. »

La bonne nouvelle ? À l’aise avec les codes du marché, les jeunes séniors sont plus enclins à faire évoluer leurs comportements. Comme Isabelle, enseignante à la retraite de 72 ans : « avant, je trouvais que le bio, c’était de la surenchère donc j’allais au Leclerc et c’était réglé. Mais il y a quelques années, ma fille m’a offert un livre sur l’industrie agro-alimentaire. Ma conscience écologique est née. Depuis, j’ai basculé vers Biocoop ! »

Plus d’infos :

https://gpclimat.be/

  1. « Comment consomment les séniors ? » Crédoc n°296 (décembre 2012)
  1. Une étude quantitative sur les habitudes Zéro Déchet des Français, réalisée par Opinion Way pour Biocoop (octobre 2019)
  1. Regard sociologique sur les pratiques alimentaires des personnes âgées vivant à domicile, Philippe Cardon, Gérontologie et société (n° 134)

[ ÉNERGIES RENOUVELABLES ] Sortir de la crise et engager la transition écologique

Créé le : 19/05/2020
Image : Pixabay

Face à la crise majeure que les sociétés traversent actuellement, de nombreuses voix s'élèvent pour réclamer une véritable prise en compte des enjeux sociétaux et environnementaux dans les mesures qui seront prises pour en sortir. L'association négaWatt publie une tribune pour accélérer collectivement la transition écologique.

Extrait de la tribune publiée par négaWatt :

Depuis près de 20 ans, les experts de l'Association négaWatt réfléchissent à un avenir plus soutenable pour la France et aux moyens d'y parvenir.

Le scénario négaWatt dessine ainsi un chemin possible pour une transition énergétique et écologique. La trajectoire qu'il propose est une voie vers plus de résilience, porteuse d'une meilleure protection de l'environnement et de notre cadre de vie, mais aussi de justice sociale et de création d'emplois.

L'Association négaWatt se mobilise ainsi pour soutenir ces changements qu'il est de plus en plus urgent de mettre en œuvre. Après avoir publié une tribune sur Alternatives économiques, elle vient de signer, aux côtés de plus de 70 autres organisations, un appel commun à la reconstruction que nous vous invitons ci-dessous à signer et à relayer.

> Signer la tribune

[TRIBUNE] : Sortir de la crise et engager la transition écologique

Créé le : 11/05/2020
logo asso negawatt

Par l'association NegaWatt

Face à la crise majeure que nous traversons, de nombreuses voix s'élèvent pour réclamer une véritable prise en compte des enjeux sociétaux et environnementaux dans les mesures qui seront prises pour en sortir.

Depuis près de 20 ans, les experts de l'Association négaWatt réfléchissent à un avenir plus soutenable pour la France et aux moyens d'y parvenir.

Le scénario négaWatt dessine ainsi un chemin possible pour une transition énergétique et écologique. La trajectoire qu'il propose est une voie vers plus de résilience, porteuse d'une meilleure protection de l'environnement et de notre cadre de vie, mais aussi de justice sociale et de création d'emplois.

L'Association négaWatt se mobilise ainsi pour soutenir ces changements qu'il est de plus en plus urgent de mettre en œuvre. Après avoir publié une tribune sur Alternatives économiques, elle vient de signer, aux côtés de plus de 70 autres organisations, un appel commun à la reconstruction que nous vous invitons ci-dessous à signer et à relayer.

Appel commun à la reconstruction

Pandémies, dérèglement climatique, inégalités sociales… Notre société est vulnérable, et nous en avons plus que jamais conscience. Face à la crise actuelle, des mesures de relance vont être prises par les décideurs. Mais avons-nous vraiment envie de relancer ce système qui ne tourne pas rond ?

L'Association négaWatt s'est associée au lancement d'un grand Appel citoyen pour interpeller les décideurs et leur demander une  reconstruction réellement écologique, sociale et sanitaire.

Je soutiens l'appel : https://www.appel-commun-reconstruction.org/

 

[Covid-19] : Un carnaval A'tipik

Créé le : 07/05/2020
équipe d'A'tipik . crédit : Julien Dezécot

Par Julien Dezécot

Face au coronavirus, l'entreprise d'insertion 13 A'tipik, basée à Marseille, réalise des masques homologués en coton, tant pour les personnels soignants que pour les particuliers. Grâce à ses 25 salariés, elle pourrait produire jusqu'à 30 000 masques dans les prochains mois. Et ainsi permettre, avec les autres ateliers improvisés de France, un déconfinement progressif et sécurisé de la population.

Clac, clac, clac, clac… Une vingtaine de machines à coudre ronronnent, au rez-de-chaussée du 10 rue des Antilles, à Marseille. Leurs aiguilles piquent inlassablement le coton blanc, dans un va-et-vient mécanique qui bat la mesure. Masqués, une vingtaine de salariés en insertion s'appliquent à confectionner, depuis mars, une myriade de tissus nacrés, pour protéger particuliers et professionnels.

Situé au pied de la Bonne Mère, l'atelier de couture 13 A'tipik produit désormais les fameux masques FFP2, ainsi que des blouses de protection. Cet atelier de haute couture et prêt-à-porter a obtenu – comme une quarantaine d'autres structures - l'appel d'offres du ministère de la Défense, pour produire ces protections homologuées.

Téléphone en main, cheveux de jais et regard bienveillant, Sahouda, la cinquantaine, est une entrepreneuse sociale dans l'âme. « Encore un appel à produire des masques..., souffle-t-elle en raccrochant. Mais mon carnet de commandes est déjà plein ! » Maintenant, il va lui falloir négocier des délais de production car tous ses clients veulent les masques dès à présent, alors qu'ils mettront 3 ou 4 mois à produire les 30 000 unités souhaitées. Parmi les clients, des structures publiques comme les hôpitaux de Martigues ou des mairies de la région Sud, et d’autres privées, avec les fédérations du BTP.

atelier A'tipikcrédit photo : Julien Dezécot

En consultant les réseaux sociaux sur son smartphone, Sahouda se réjouit. C'est une très bonne nouvelle qui tombe pour la fondatrice de l'atelier, ancienne salariée d'une mission locale à Avignon. « Nos masques viennent juste de permettre au Gang des casseroles marseillais – un collectif associatif composé notamment de la Banque alimentaire et des Apprentis d'Auteuil- de servir des repas sains aux plus démunis dans de bonnes conditions sanitaires ». Au même moment, c'est une pharmacienne et un citoyen du quartier qui toquent à l'atelier, pour tenter de commander à leur tour les précieux sésames, vendus entre 3 et 4 euros pièce. Tandis que Sahouda accepte l'aide de son neveu pour venir travailler à l'atelier la semaine prochaine...

Avant le Coronavirus, « on a commencé par réaliser des masques pour nous, pour pouvoir continuer à travailler, avec des chutes de tissus, poursuit Sahouda. C'est l'une des salariés, Shanon, sourde et malentendante, qui a créé un modèle qui nous plaisait. Puis je me suis dit, début mars, et si on produisait une petite série de 300 en coton, pour les donner aux gens de notre entourage ? » Mais l'aventure ne s'arrêtera pas là. Sahouda se blesse accidentellement à la jambe le jour du confinement, mi-mars. Vissée devant son ordinateur, elle découvre l'appel d'offres du ministère. Un coup de fil et quelques essais plus tard, l'atelier qui confectionnait jadis du prêt à porter féminin de qualité, notamment pour de grandes marques, se métamorphose en carnaval solidaire pour produire des masques.

Comme dans une famille

Si les masques sont récents dans cet atelier d'insertion créé il y a 9 ans, la solidarité y est quant à elle ancrée depuis toujours. « Nous sommes comme une petit famille au sein de l'atelier. Dès que les uns ou les autres ont des soucis, ils savent qu'ils peuvent venir m'en parler et que j'ai toujours une oreille attentive pour eux », souligne Sahouda dans une forme de management maternaliste. Elle poursuit : « J'ai reçu un à un tous les salariés avant de me lancer dans ce pari des masques, en leur demandant s'ils étaient prêts à venir travailler masqués à l'atelier ou de chez eux et à s'engager avec moi. » Résultat : seule une salariée angoissée par le Covid-19 s'est vu, en lien avec son médecin, proposer un arrêt maladie. Quatre autres, des personnes soit âgées soit fragiles, travaillent désormais de leur domicile. « Je leur ai apporté les machines à coudre chez eux. Et tous les autres ont souhaité revenir à l'atelier. », rebondit Sahouda, convaincue que le travail est l'outil indispensable pour exister en société. « Mais pour que chacun s'épanouisse, le travail ne doit pas être qu'une contrainte », souffle-t-elle. Et l'entreprise doit pouvoir accompagner les salariés, en leur proposant notamment de ne pas travailler le mercredi pour pouvoir s'occuper de leurs enfants ou d'avoir des horaires calés sur l'école, entre 9h et 16h. Et même d’avantage selon Sahouda. « Lorsqu'ils cherchent un logement, je me porte caution pour les salariés et chacun donne un petit quelque chose pour faciliter l’emménagement. C'est moi qui prends parfois rdv chez le médecin. Il m'est même arrivé de régler la dette de certains en échelonnant ensuite sur leur salaire... »

Les mains parallèles à la table de couture, Najet, une petite brunette réservée, s'applique à finaliser sa pièce. Ses doigts guident le tissu dans un tempo maîtrisé. Depuis un an, elle est l'une des 15 femmes qui travaillent à l'atelier. « La couture, c'est ma passion », déclare-t-elle spontanément. Malentendante, Nadjet a obtenu un CAP-BEP couture avant d'intégrer l'atelier. Et à la fin de son CDDI, contrat à durée déterminée d'insertion de 2 ans maximum, elle aimerait si possible pouvoir rester car « le travail est agréable et diversifié ».

Assis à côté d'elle depuis 3 mois, Djamel, 42 ans, se régale dans son boulot. Après une carrière dans la restauration à Marseille, il décide de se réorienter, pour retrouver des horaires de travail « plus normaux ». Et pour mieux s'occuper de sa fille de 11 ans. « Il me fallait du sens et des horaires adaptés, résume-t-il. Ici, j'ai les deux grâce au Plie qui m'a conseillé de frapper chez A'tipik! ». Le Plie, c'est Le Plan local pour l’insertion et l’emploi de Marseille. Cet outil de politique territoriale propose un accompagnement individualisé et renforcé des publics. Leurs conseillers sont en lien avec de nombreux chantiers d'insertion. « À la fin de mon contrat, j'aimerais moi-aussi créer une entreprise dans le domaine du textile, du vintage, pour donner une seconde vie aux habits », espère Djamel, avant de reprendre le travail.

Changement de vie possible

Amel, la quarantaine, regard pétillant, travaille également au Plie comme conseillère. Mais aujourd'hui, elle est ici comme bénévole : « Sahouda m'a dit : c'est chaud en ce moment, j'ai voulu lui donner un coup de main ! Pour moi qui suis en télétravail avec un salaire assuré, c'est bien plus confortable que pour ces TPE traversées par la crise actuelle. Nous devons vraiment les soutenir ! », explique cette femme engagée dans l'économie sociale, par ailleurs organisatrice au sein du Plie des Rencontres solidaires pour les entreprises d'insertion.

Un peu plus loin dans l'atelier, Saïd, 31 ans, est un ancien détenu qui a appris les rudiments de la couture en prison.  Ancien peintre en bâtiment, il travaille ici depuis près de 2 ans. « J'aime beaucoup le boulot, je me sens bien, ça m'aide pour trouver un équilibre avec ma femme et mes 2 enfants car ici on travaille sans pression, sans avoir la boule au ventre. Grâce à 13 Atipik, j'ai pu passer le code et bientôt le permis, c'est eux qui me l'ont payé ! » Son idée une fois sa mission terminée : ouvrir un snack à Marseille pour y créer des sandwichs. En attendant, Saïd reste concentré sur sa machine à coudre. Il sait que ce changement de vie en cours est sur de beaux rails. Et que grâce à lui, d’autres personnes pourront bientôt reprendre le chemin du travail et de la vie sociale.

Plus d'infos
13atipik.com
plie-mpmcentre.org

 

Engagés contre le Covid

On dit souvent que la solidarité est dans l’ADN des coopératives. En ces temps de crise, elles participent activement à l'élan de solidarité sur les territoires, en produisant des masques mais aussi en s'adaptant, afin de lutter contre la pandémie. Zoom sur quelques entreprises résilientes en régions.

ELAN SOLIDAIRE
Six couturières de la coopérative d'activités Elan Créateur en Ille-et-Vilaine (35), ont uni leurs talents au sein du réseau des Couturières solidaires, pour fabriquer des masques en tissu, à toutes celles et tous ceux qui travaillent chaque jour au contact du public. Elles ont déjà réalisé une cinquantaine de masques pour les salariés des magasins Biocoop Scarabée de Rennes et continuent sur leur lancée !

FACILITER LA LECTURE
La Scop Librairie des Volcans, implantée à Clermont-Ferrand a eu une idée originale, en collaboration avec la Bibliothèque de l’Université Clermont-Auvergne : ouvrir une page Facebook dédiée au confinement. Les libraires et les bibliothécaires sollicitent ainsi des auteurs et des éditeurs, afin de mettre à disposition gratuitement des textes récents encore sous droits !

LIVRAISON À VÉLO
Le magasin Biocoop de Caen s’est appuyé sur la Scop Toutenvélo, afin de proposer une solution alternative à ses clients. Avec un panier d’achat minimum de 50 euros et à condition qu’ils habitent à deux kilomètres maximum du magasin, ils peuvent désormais être livrés en vélo. En maintenant les gestes barrière évidemment !

DON DE MATERIEL
Scop TI, coopérative provençale de thés et infusions, a fait don de matériel de protection aux soignants de la région. Ainsi, ce sont plus de 1 000 masques, blouses, combinaisons intégrales et charlottes qui ont été distribués aux hôpitaux d’Aubagne et de la Timone à Marseille.

LOCAUX A DISPOSITION
Alors que les activités de Hello Montélo, la plateforme de services e-commerce de Montélimar portée par la CAE Prisme, sont désormais dématérialisées, les locaux de la Scic ne restent pas vides. Ils servent de points de collecte de paniers de producteurs locaux, trois fois par semaine.

[EDUCATION] : Faire des écoles des « démonstrateurs » de la transition

Créé le : 04/05/2020
crédit : pixabay

Par Olivier Ciais, porteur du projet Écoles en Transition

La situation singulière que nous traversons nous invite à réinventer le monde. Lors de sa dernière tournée en France, Rob Hopkins avait d’ailleurs insisté sur la place centrale de l’imagination dans le processus de transition. Ceci interroge directement la façon dont l’éducation - au sens large - l’inhibe ou la promeut, et dans le second cas, si cela se passe à un niveau individuel ou collectif.

 Écoles en Transition est justement un accompagnement à la Transition pour écoles primaires : dans chaque école, les formatrices-teurs facilitent :

- l’émergence d’une vision partagée par les outils de la permaculture sociale et de la Transition (fresque du climat, introduction à la permaculture, intelligence et design collectifs, solutions techniques…),

- la mise en place effective des transformations, permettant tout à la fois aux enfants d’acquérir des compétences pratiques permettant la résilience et la régénération, et de redécouvrir le sens des notions scolaires grâce à une intégration de la permaculture et de la pédagogie de projet,

- l’émergence d’une « culture de la permanence » au sein de l’école pour qu’à l’issue des 3 ans d’accompagnement, l’école soit la plus autonome possible dans la poursuite de sa transformation.

 Le programme provoque donc la rencontre de différentes parties prenantes : enfants, parents d'élèves, enseignants, agents et services techniques des territoires, Éducation Nationale (label E3D), Inspé (pédagogie de projet), associations (solutions pratiques/organisationnelles) et centres de permaculture (démonstrateurs, accompagnateurs). Toutes sont invitées à vivre une expérience fondatrice :

​​- co-créer la vision/fresque de la ré-invention de leur école selon plusieurs principes : végétalisation/biodiversité ; 0 déchet/circularité ; collecte d’eau et d’énergies ; co-créativité, démocratie et bienveillance ; santé environnementale et ergonomie/physiologie du cadre scolaire ; conception systémique/intégrative…
- déterminer ensemble la façon de s’organiser pour y parvenir,
- vivre et célébrer ensemble ces transformations : un vécu qui confère aux enfants assise, espoir et capacité de rebond au moment où ils commencent à appréhender la situation de la biosphère.

Dans le cadre plus large de la transition sociétale dans son ensemble, faire des écoles des « démonstrateurs » de la transition peut également permettre d’en rendre concrètes, visibles et palpables au plus grand nombre les différentes facettes, facilitant ainsi sa généralisation.

Sur la région niçoise, où nous sommes basés, l’accompagnement est financé par la Maison de l’Environnement et des écoles y ont donc accès gratuitement. Afin de diffuser plus largement ce programme, un MOOC/plateforme numérique est en cours de réalisation et vient de se voir accorder le dispositif Coup de main/Génération Climat par la Fondation pour la Nature et l’Homme, avec 5 000€ permettant de filmer les premiers modules avec de merveilleux intervenants, pour :

- indiquer clairement les enjeux de chaque facette de la Transition : pourquoi ? Comment ? (co-créer, végétaliser, tendre vers le 0 déchet… cf principes au paragraphe 3)

- proposer des ponts pédagogiques entre la conception et la mise en place de ces solutions d’une part, et les programmes scolaires d’autre part, pour leur redonner tout leur sens et raviver l'intérêt des enfants,

- nourrir et inviter les enfants dans les projets par des vidéos utilisables en classe et par des activités inspirées de la permaculture, les invitant à une reconnexion au vivant…. Et à leur imagination !

+ d’infos : Vous résonnez ? C’est par ici ! contact@shilakong.org

[Tribune] : CRISES SANITAIRES, ECOLOGIQUES, SOCIALES, ECONOMIQUES : POUR UN MONDE VIVABLE, COOPERONS

Créé le : 04/05/2020

Par Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement

Face au Covid-19 et aux multiples crises qu’il révèle, Arnaud Schwartz appelle chacun.e à préférer la coopération à la compétition. Défendre nos intérêts personnels au détriment de l’intérêt général nous fera tous perdre. Car si cette pandémie révèle et exacerbe nos fragilités individuelles et collectives, elle nous démontre aussi que la coopération nous grandit quand la compétition, au mieux nous ridiculise et au pire, nous met collectivement en danger.

Coopérer fait d’abord du bien d’un point de vue individuel. De toutes ces initiatives pour soutenir les soignants, à la réorganisation des solidarités, qui s’opère du mieux possible : aide scolaire pour les enfants, places d’accueil pour des personnes sans domicile vivant avec un chien… Comme trop souvent, ce sont les plus fragiles qui souffrent le plus durement de la crise. Si la solidarité ne peut pas tout résoudre, elle adoucit les difficultés.

La coopération, c’est la voie choisie par FNE depuis plus de 50 ans. Aujourd’hui, parmi les millions d’actifs dans une grande incertitude professionnelle se trouvent de nombreuses associations du mouvement, qui ont dû opter pour le chômage partiel. Notre fédération a été fondée sur une conviction : ensemble, nous sommes plus forts. Alors dans cette période pleine d’incertitudes, le mouvement s’attache à coopérer. Une nécessité pour nous, mais aussi pour l’intérêt général, afin que les défenseurs de la nature puissent apporter leur expertise aujourd’hui, demain, à toutes les échelles et sur l’ensemble du territoire.

Devoir commun

Préférer la coopération à la compétition, c’est aussi un devoir commun. Cette pandémie nous rappelle, s’il fallait encore le prouver, que les intérêts économiques ne peuvent être au-dessus de tout. Le Covid-19 s’est abattu sur la France en pleine crise de l’hôpital, soulignant le caractère vital d’un système de santé robuste. La pandémie se révèle par ailleurs intimement liée à la crise environnementale : destruction des écosystèmes ou encore multiplication des élevages intensifs favorisent l’apparition et la diffusion de tels virus. Résultat ? L’économie en pâtit rudement, comme la société toute entière. Coopérer, malgré nos divergences, est bien une nécessité.

Le président Macron a annoncé vouloir des « décisions de rupture » après la crise. Associer toutes les composantes de la société civile et ne plus dissocier les crises serait un pas immense. Car ces crises sanitaires, environnementales, sociales et économiques sont interdépendantes. Les solutions doivent être mises en cohérence. Déploiement de l’agroécologie, des énergies renouvelables, des PME de l’artisanat… Envisageons une relance économique basée sur la résilience durable des territoires. Notre appel est simple : décideurs publics et privés, osons la coopération au nom du bien commun. Proposons un projet stimulant d'après crise, porteur à la fois d'espérance et de bon sens !

Loin des replis nationalistes, la coopération s’avère également vitale à l’échelle européenne. Travaillons entre États pour combattre le coronavirus mais aussi pour lutter contre ses causes et ses conséquences. Les pandémies futures, tout comme les pollutions, le dérèglement climatique ou encore la crise de la biodiversité, ne connaissent pas les frontières.

Le défi semble immense et ce n’est pas seuls que nous réussirons à y répondre. Mon appel est donc sans ambiguïtés : pour sortir de ces crises, mettons nos égoïsmes de côté et coopérons au service de l’intérêt général. Prenez soin de vous, de vos proches, des inconnus dans le besoin, du monde vivant qui vous entoure et déployons nos énergies pour sortir par le haut des crises inédites que nous traversons.

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