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BLOOM : « L’interdiction aurait dû avoir lieu il y a longtemps ! »

Créé le : 01/07/2016


Hier, la Commission Européenne a finalement adopté une série de mesures protégeant les écosystèmes des fonds marins européens, avec notamment l'interdiction tant attendue du chalutage profond au-dessous de 800 mètres de profondeur. Cette décision tant attendue est l'aboutissement de 8 années de mobilisation mais reste amoindrie par l'influence des lobbies.

Nous laissons la parole à l'association BLOOM, qui a mené la mobilisation :

 

« Bruxelles, le 30 juin 2016.

Après quatre années de procédures législatives et près de quatre années supplémentaires de lobbying intense de la part des industriels de la pêche pour tenter d’empêcher, en amont, l’État français puis la Commission européenne de proposer l’interdiction du chalutage profond, un accord vient enfin d’être trouvé, ce jeudi 30 juin, entre les trois institutions européennes (Parlement, Conseil, Commission) scellant la réforme du règlement encadrant la pêche profonde européenne.

Les trois institutions ont adopté une série de mesures importantes pour la protection des écosystèmes profonds européens, notamment l’interdiction du chalutage profond dans toutes les eaux européennes au-dessous de 800 mètres de profondeur et un mécanisme juridiquement contraignant de fermeture de zones abritant ou susceptibles d’abriter des écosystèmes marins vulnérables tels que des coraux.

Le futur règlement « pêche profonde » remplacera celui de 2002, faible et inadapté, qui sert aujourd’hui encore de cadre légal à la pêche profonde. L’Union européenne se dote ainsi d’un cadre réglementaire à la hauteur des résolutions votées par l’Assemblée générale des Nations Unies sur la pêche profonde.


 


Un succès franc pour la protection des océans


« L’équipe de BLOOM travaille d’arrache-pied depuis huit ans dans le but de faire interdire le chalutage profond. L’interdiction de cette méthode de pêche absurde, destructrice et subventionnée aurait dû avoir lieu il y a longtemps mais c’était sans compter avec la désinformation, les mensonges, la mauvaise foi et les manœuvres tordues des lobbies industriels et de leurs alliés politiques » déclare Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM. « Sans le soutien de centaines de milliers de citoyens qui ont mis la pression à Intermarché pour que le groupe cesse le chalutage profond, l’UE n’aurait jamais adopté cette interdiction. Nous espérons que les citoyens ont conscience que cette victoire est la leur et que sans leur mobilisation et leur soutien financier, les ONG ne peuvent pas faire de miracles. L’interdiction du chalutage profond au-delà de 800 mètres est la mesure la plus importante de ce règlement. C’est un succès franc aux conséquences nettes : cela signifie que la déforestation sous-marine qui a lieu aujourd’hui sans aucune contrainte légale jusqu’à 2000 mètres de profondeur cessera à jamais ».

Le seuil de 800 mètres retenu pour l’interdiction du chalutage profond l’a été à la suite de la campagne tonitruante que BLOOM a orchestrée contre cette méthode de pêche et que l’illustratrice Pénélope Bagieu a relayée dans une BD en ligne partagée plusieurs centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux, conduisant la pétition de BLOOM à entrer dans les records de mobilisation environnementale en France. La campagne de BLOOM a incité les enseignes de la grande distribution à abandonner les ventes d’espèces profondes et la flotte d’Intermarché à accepter, en janvier 2014, de ne plus pêcher au chalut au-delà de 800 mètres de profondeur. C’est la profondeur que le Conseil a retenue pour l’interdiction du chalutage profond le 6 novembre 2015. L’accord trouvé le mardi 14 juin signe ainsi l’aboutissement d’une négociation de « trilogue » entamée il y a huit mois et conclue sous présidence néerlandaise.

 



Une réforme amoindrie par l’influence des lobbies


« Cette réforme aurait pu être beaucoup plus ambitieuse avec un autre rapporteur » explique Claire Nouvian, « or l’eurodéputée socialiste Isabelle Thomas, en charge du texte, a bradé le règlement pêche profonde en acceptant presque sans ciller les reculs proposés par le Conseil (les États membres), Espagne en tête ».



Les navires espagnols exemptés

 

C’est ainsi que le texte se limite désormais aux seules eaux européennes et aux eaux internationales de l’Atlantique Centre-Est alors que la proposition initiale de la Commission européenne, renforcée par le Parlement, englobait l’ensemble des eaux internationales de l’Atlantique Nord-Est. La perte de la majeure partie des eaux internationales est à imputer à l’Espagne, qui a pris en otage le Conseil et exercé une pression terrible sur la Commission et le Parlement pour que ses navires, pêchant principalement en eaux internationales, ne soient pas impactés par le règlement. « La rapporteure aurait dû se battre pour défendre la position du Parlement et atteindre un compromis honorable mais au lieu de cela, Isabelle Thomas, élue de gauche, a fait le jeu de la droite espagnole, cherchez l’erreur ! » analyse Claire Nouvian. « Sa loyauté ne semble s’exercer qu’envers les lobbies de la pêche industrielle. De fait, Isabelle Thomas est marraine du lobby le plus actif, Blue Fish, et ce conflit d’intérêts inacceptable a eu un impact très regrettable sur la portée du règlement, à commencer par le résultat désastreux du vote du Parlement en décembre 2013 dont elle porte la responsabilité ».

 

Un succès atteint grâce à la mobilisation des élus et des citoyens


La façon de faire de Mme Thomas a fini par susciter l’exaspération des rapporteurs fictifs (chaque groupe politique assigne un eurodéputé au suivi du « Trilogue ») qui ont fait annuler la négociation tripartite de décembre 2015 et compris qu’ils devaient surveiller de près les agissements de la rapporteure. « Yannick Jadot (EELV) en particulier a réussi à redonner de l’ambition à la négociation » indique la fondatrice de BLOOM, « ainsi que Marielle de Sarnez (MoDem) et Younous Omarjee (Parti communiste). Ils ont porté au sein des institutions la volonté des citoyens et défendu l’intérêt général contre les demandes indécentes des groupes de pression privés. Sans eux, ce règlement aurait été saboté par les lobbies ».

« Sans ces vigies politiques, sans l’extraordinaire mobilisation des citoyens, sans la volonté d’Intermarché d’en finir avec une méthode de pêche destructrice, l’Europe n’aurait pas franchi une étape aussi majeure pour la protection des océans profonds et des nombreuses espèces menacées qui s’y trouvent » conclut Sabine Rosset, directrice de BLOOM.

BLOOM tient à remercier ses collaborateurs de la Deep Sea Conservation Coalition et The Pew Charitable Trusts sans lesquels cette campagne internationale n’aurait pas été possible. »

 

Plus d'infos :

www.bloomassociation.org/

Lorient Agglomération prépare la fin des sacs plastiques

Créé le : 29/06/2016

Les sacs en plastique à usage unique seront interdits dans les commerces à compter du 1e juillet 2016. Le 1er janvier 2017, l'interdiction sera étendue à tous les sacs plastiques non compostables utilisés pour les denrées alimentaires. Dans ce cadre, Lorient Agglomération distribue des sacs en plastique biosourcés dans dix supermarchés de son territoire. Le but : familiariser habitants et grande distribution à l'utilisation de produits biodégradables. Une initiative mise en place avec le réseau national pour la collecte et la valorisation des biodéchets, Compost+ et l'ADEME. Échange avec Odile Robert, en charge de la valorisation des déchets à Lorient Agglomération.

Pourquoi avoir choisi de distribuer des sacs en bio-plastique et pas en tissu, par exemple ?

L'agglomération de Lorient a fait, dès 2000, un choix politique : celui d'éviter l'incinération et de mettre en place au maximum une logique de valorisation de matières, dont de biodéchets. Depuis cette date, une collecte de biodéchets en porte-à-porte a été instaurée pour 100% de la population. Nous avons une unité de traitement biologique pour transformer nos biodéchets en compost de qualité, labellisé pour une utilisation en agriculture biologique. Ce compost est ensuite directement revendu aux agriculteurs par l'exploitant de l'usine de traitement. Les sacs biosourcés utilisés pour faciliter le geste de tri des biodéchets à la maison, s'inscrivent donc dans un cycle de gestion des déchets qui est déjà mis en place dans l'agglomération lorientaise.

 

Si le système de gestion des déchets est déjà mis en place, quel est alors l'enjeu de cette campagne ?

Les sacs biosourcés sont déjà mis à la disposition des ménages depuis 10 ans mais il faut se déplacer en déchetterie pour les obtenir. L'objectif de cette campagne, est de les rendre plus accessibles en les distribuant en grandes surfaces. Il s'agit surtout d'une démarche de sensibilisation auprès de la population sur le tri des biodéchets.

 

Comment avez-vous sélectionné les enseignes partenaires ? Avez-vous rencontré des difficultés à faire accepter ces sacs par les grandes surfaces ?

Nous avons démarché 10 grandes surfaces, nous permettant de toucher les habitants des 25 communes de l'agglomération de Lorient. Ce sont celles avec qui nous avions déjà un contact, , mais nous ne pouvions pas approcher tous les types de commerce, faute de temps. Il n'y a pas eu de problème, puisque nous les connaissions déjà. Nous avons par contre pu remarquer que nous étions les premiers à les informer de l'interdiction des sacs plastique non-biosourcés.

Notre démarche a été celle-ci : nous leur offrons les premiers sacs, en espérant qu'ils renouvellent ensuite leur approvisionnement. Cela les interpelle, certains se renseignent déjà sur les fabricants, les prix, font des devis... Nous retournerons les voir dans quelques mois pour évaluer les progrès effectués, mais nous avons seulement un pouvoir d'incitation. Pour ceux qui ne poursuivent pas l'opération, il sera mis un étiquetage à côté des distributeurs de sacs pour informer les consommateurs du « retour au sac non-biosourcé », en espérant une réaction de leur part.

 

Amaëlle Olivier

 


Comment reconnaître un sac compostable ?

Difficile de se repérer entre les différents labels  ! La plupart des sacs plastiques portent le logo « Oxo Biodégradable ». Contrairement aux idées reçues, cela ne signifie pas qu'ils sont compostables mais qu'ils sont conçus pour se fragmenter, ce qui n'est pas idéal pour l'environnement !

Pour reconnaître un sac compostable, vérifiez qu'il est certifié « Ok Compost » ou « Ok Compost Home » !


Plus d'infos

www.lorient-agglo.fr

www.ademe.fr/

www.compostplus.org/

Nouveau scandale dans les abattoirs

Créé le : 29/06/2016

Le 29 juin 2016, L214 a révélé pour la quatrième fois en huit mois des vidéos accablantes quant aux pratiques dans deux abattoirs français, à Pézenas (dpt) et au Mercantour. Maltraitance, violations des réglementations et absence de contrôle vétérinaire apparaissent sur ces vidéos tournées entre novembre 2015 et mars 2016. Les images montrent des animaux en grande souffrance, ce qui pose de nouveau la question de la valeur éthique d'un tel système d'abattage. C'est pourquoi nous avons fait le choix d'y consacrer une enquête dans notre premier numéro qui sortira en fin de semaine prochaine.

Pour revenir sur ces images, nous laissons la paroles à L214 :

« À l’abattoir de Pézenas, les chevaux sont parfois tirés au treuil jusque dans le box d’abattage. Les dispositifs d’étourdissement étant inadaptés ou défaillants, les cochons reçoivent des chocs électriques avant d’être vraiment insensibilisés. L’abattage rituel des bovins et des moutons donnent lieu à des images cauchemardesques ; la plupart des moutons sont suspendus encore conscients en cours de saignée ; un mouton reçoit un coup de couteau dans l’oeil avant d’être égorgé ; les bovins sont saignés sans étourdissement, par cisaillement, et le sacrificateur revient découper dans la gorge des animaux conscients.

À l’abattoir du Mercantour, les conditions d’abattages des bovins sont moyenâgeuses : la mentonnière du tonneau d’abattage est tenue par une ficelle, les employés doivent immobiliser la tête des veaux à l’aide d’une corde au moment de leur saignée. Pour l’abattage rituel, là aussi, de nombreux moutons sont suspendus conscients en cours de saignée.

Le 17 mai dernier, le député de l’Hérault, Elie Aboud (LR), s’était rendu à l’abattoir de Pézenas dans le cadre de la Commission d’enquête parlementaire, lancée en avril dernier. Il n’avait alors relevé “aucun dysfonctionnement” dans l’abattoir. Le député n’avait pas souhaité voir l’abattage sans étourdissement des moutons. Avait-il vu l’utilisation du treuil pour les chevaux ? Les dispositifs d’étourdissement pour les cochons ? Les pratiques d’abattage rituel des bovins ?

Quant aux images de l’abattoir du Mercantour où les défauts de structure sont patents, elles ont été tournées après les audits mandatés par Stéphane Le Foll en avril 2016. Elles démontrent une nouvelle fois la défaillance des services de l’État dans le contrôle du respect des règles de protection animale.

L214 porte plainte pour maltraitance et actes de cruauté contre les deux établissements.

Afin de faire valoir le droit de chaque citoyen à l’objection de conscience, l’association lance une pétition pour la présence d’une alternative au minimum végétarienne, au mieux vegan dans les restaurants scolaires et les collectivités. »

 

Plus d'infos

Voir la vidéo

Voir les photos (extraites des vidéos)


 

Ronan Dantec : "Pour NDDL, il y a un compromis à trouver"

Créé le : 27/06/2016
La ZAD de NDDL - Crédit Photo : Magali Chouvion

Le 26 juin, la consultation sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-Des-Landes s'est close sur une victoire du « oui » à 55,17 % avec 51,08 % de participation. Une consultation nationale en ligne avait elle récolté 98% de « non » sur près de 90 000 votants, et un récent sondage Opinion Way pour France Nature Environnement déclarait 60% de français défavorables au nouvel aéroport. Ronan Dantec, sénateur écologiste de la Loire-Atlantique, nous a donné son interprétation des résultats du vote du weekend dernier.

 

 

Le oui au nouvel aéroport l'emporte sans ambiguïté, mais les communes les plus concernées ont voté non au projet d'aéroport... Qu'est-ce que cela révèle, selon vous ?

 

On constate, et ce malgré le oui significatif, que les deux communes les plus concernées par le projet, c'est-à-dire celle de l'actuel aéroport Nantes Atlantique et le territoire de Notre-Dame-Des-Landes ne sont pas favorable au nouvel aéroport. Cette consultation révèle donc la photographie étonnante d'un projet qui n'est pas désiré par les plus impactés. Ce qui fait basculer le oui, c'est un vote politique des territoires de droite et notamment des territoires en souffrance du nord du département qui voient dans le projet une aubaine économique. Les résultats doivent donc être observés avec attention, on ne peut pas parler d'un oui massif et homogène, ce n'est pas le cas. Nous avons affaire à une consultation biaisée, à la fois de part le choix du périmètre mais aussi le manque d'informations : le coût réel du réaménagement de l'aéroport de Nantes Atlantiques n'étant pas connu. La consultation de ce week-end n'est pas à prendre comme autre chose qu'une simple consultation : elle ne règle pas le problème et ne démobilise pas les opposants.

 

Et maintenant, que va-t-il se passer concrètement quant au projet de Notre-Dame-Des-Landes ?

 

Il faut maintenant respecter les recours juridiques. Il n'y a toujours pas eu de réponse quant au contentieux européen ni quant à la loi sur l'eau. Il reste de même la question du projet en lui-même : il a été demandé un projet plus réduit, cette option est à explorer pour trouver un compromis environnemental. Pour cela, il faudra examiner le rapport qui a été remis à Ségolène Royal.

 

 

Vous dites que le résultat ne démobilise pas les opposants, que reste-t-il alors comme moyens d'action après la consultation ?

 

Il reste l'action politique, il s'agit de ramener ce projet sur le terrain politique. C'est la mobilisation à droite qui a permis le succès. On voit que le débat divise profondément la gauche. C'est désormais dans les urnes qu'il reste à s'exprimer, puisque c'est le terrain central de la démocratie. Je ne remets pas en cause le résultat, plus de la moitié de la population s'est déplacé. Cela montre tout de même que le projet reste très clivant. Il y a une solution à trouver pour arriver à un compromis et c'est notre responsabilité à tous.

Amaëlle OLIVIER

Plus d'infos :

Pour le Projet d'aéroport : www.desailespourlouest.fr/

Collectif d'élus Doutant de la pertinence de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

nddl-debatpublic.fr/

Macha Meril : « La transition, une nouvelle aventure »

Créé le : 23/06/2016

A Marseille, nous avons rencontré Macha Meril, artiste aux moyens d'expression diversifiée, pour parler des luttes des femmes et des problématiques de transition. Son livre, L'Arithmétique de la Chair, est paru en mars 2016.

Retrouvez son interview sur le Soundcloud du magazine.

 

Plus d'infos :

http://livre.fnac.com/a9324856/Macha-Meril-Arithmetique-de-la-chair

Le potager de mon grand-père

Créé le : 23/06/2016

Les racines, ça se transmet !

Après avoir perdu sa femme, le grand-père de Martin Esposito se met à cultiver son potager. Venu se ressourcer, Martin va le filmer au quotidien, d’où le récent documentaire, Le Potager de mon grand-père.

 

 

Ce documentaire propose de redécouvrir l’agriculture à une petite échelle. L’histoire du grand-père filmé par le petit-fils permet de montrer une histoire de transmission intergénérationnelle. Martin Esposito apprend à cultiver à la manière de son grand-père, qui l’avait lui-même appris de son grand-père. L’aïeul lui transmettra ainsi son savoir, un peu de leurs racines et les secrets de ce potager. Issu de cette génération fast-food, Martin prendra conscience de la valeur de ce précieux héritage. Tomates et courgettes sont au rendez-vous, avec une superbe image qui prend le temps de se poser.

Car prendre le temps de se poser est aussi un des thèmes de ce film réalisé au fil des saisons. A l’heure où tout va trop vite, le retour à la terre, au jardinage et à l’agriculture est un moyen de se ressourcer. Auprès de son grand-père et de son potager, Martin retourne aux sources d’une histoire d’amour familiale, de transmission et de mémoire.

Le Potager de mon grand-père, un film de Martin Esposito, sortie le 20 avril 2016.

 

Plus d’infos sur :

www.destinydistribution.com/

 

 

 

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