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[INTERVIEWS] - Attac : 20 ans de lutte pour un autre monde

Créé le : 08/10/2018
Annick Coupé, secrétaire générale d'Attac, à Montpellier, le 27 septembre dernier - FD

Attac a 20 ans. Un anniversaire que célèbre l’organisation altermondialiste, dans le cadre de conférences-débats et de manifestations culturelles, un peu partout en France. Notamment à Marseille, au théâtre Toursky, le 29 septembre dernier, et à Montpellier, au café associatif la Carmagnole, le 27 septembre. Rencontre avec l'économiste Dominique Plihon, porte-parole d'Attac, et avec Annick Coupé, secrétaire générale d'Attac, connue notamment pour son engagement syndical.

Dominique Plihon : « Sans le mouvement social, il n'y aura pas de transition »

Dominique Plihon est économiste. Il est porte-parole d'Attac depuis 2013. Il revient avec nous sur les principaux combats d'Attac, association d'éducation populaire qui se bat pour une « autre mondialisation ».

 

 

Annick Coupé : « Les mots de ce qui est Attac »

Annick Coupé est secrétaire générale d'Attac France. Nous l'avons rencontrée à l'occasion d'une conférence-débat organisée le 27 septembre dernier, dans le cadre des célébrations des 20 ans d'Attac. Elles nous a notamment présenté L'abécédaire engagé, un livre qui vient de paraître aux éditions Les Liens qui Libèrent. Et qui revient mot après mot sur 20 années de mobilisations, d'« altermondialisme » à « zapatisme ».

 

 

À lire : L'abécédaire engagé, D'altermondialisme à zapatisme, Attac, 160p., 20 euros

 

[COMMUNIQUÉ] - Malformations sur des enfants dans l'Ain, la Loire Atlantique et le Morbihan : une nouvelle faillite de notre système de surveillance et de notre démocratie sanitaire !

Créé le : 05/10/2018
Michèle RIVASI, députée européenne écologiste - DR

Par Michèle RIVASI (députée européenne écologiste, biologiste agrégée et normalienne)

 

Depuis quelques semaines les 7 cas d'enfants nés sans bras ou sans mains dans l'Ain entre 2009 et 2014 et l'alerte donné par l'épidémiologiste du REMERA (registre des malformations en Rhône Alpes) restent sans explication et montre une fois de plus la défaillance de notre démocratie sanitaire et de notre système de surveillance.

Deux autres territoires sont concernés : entre 2007 et 2008, 3 enfants sont nés en Loire Atlantique avec le même type de malformations ; entre 2011 et 2013, 3 autres enfants sont nés avec des malformations génitales graves dans la région de Lorient.

A chaque fois, l'alerte est lancé par des médecins généralistes, des centre de surveillance locaux (REMERA) et les autorités sanitaires nationales sont prévenues (dans l'Ain dès 2014) sans que des mesures adéquates ne soient prises pour déterminer les causes (certainement d'origine environnementale -les autres facteurs d'explication ayant été écartés) de ces malformations dépassant sur un territoire restreint énormément la moyenne.

Par ailleurs, il faut savoir que le REMERA avait aussi alerté sur cet agrégat de malformations au moment du scandale de la Dépakine lorsque la presse s'intéressait aux augmentations inexpliquées d'anomalies congénitales. Suite à ce scandale, aucune leçon ne semble avoir été tirée.

Dans l'affaire des enfants de l'Ain, on apprend aussi que l'on assiste à un désengagement de l'Etat et de la Région Auvergne Rhône Alpes (présidée par Laurent Wauquiez) pour le financement du REMERA. Cela va dans le sinistre sens de l'histoire avec la Ministère de la santé qui souhaite réduire les centre de pharmacovigilance régionaux malgré les derniers scandales sanitaires (Levothyrox…). On voudrait tuer l'alerte, on ne s'y prendrait pas autrement.

Une nouvelle fois dans cette affaire, les autorités publiques sont dans le déni, Santé publique France estimant lors d'une réunion sur la question en 2016 que ces anomalies sur ces enfants sur 3 territoires différents sont certainement le fait du hasard. Scandaleux! Comme pour le sang contaminé, la Dépakine ou le scandale du Lévothyrox, on assiste toujours à un défaut d'information et de transparence sur les données de santé et l'usage qui en est fait. C'est cela qui explique la faillite de notre système de surveillance et les critiques répétées et légitimes sur la démocratie sanitaire.

J'exige pour répondre à cet impératif d'explication pour les familles des victimes et pour éviter d'autres scandales que :

  • Ces registres de surveillance des malformations régionaux (à l'instar du REMERA), qui ne couvrent aujourd'hui qu'un tiers du territoire, aient des moyens renforcés car il ont un rôle capital dans l'alerte ;
  • Et que l'Anses (agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail) lancent au plus vite des études de terrain sur ces trois territoires où ont été repérés des agrégats de malformations d'enfants en étudiant le lien avec les intrants chimiques et pesticides utilisés par les paysans sur ces territoires ruraux.

Je me rendrai prochainement dans l'Ain pour rencontrer Emmanuelle Amar et les familles de victimes et mènerai la bataille sur le terrain législatif national et européen pour renforcer l'évaluation de l'impact sanitaire des produits chimiques utilisés dans l'agriculture intensive et renforcer la protection des femmes enceintes et des enfants.

5 OCTOBRE, JOUR DE FÊTE NATIONALE : ATTENTION, LE SOULEVEMENT PACIFIQUE DE LA SOCIETE A COMMENCÉ.

Créé le : 03/10/2018
Pixabay

Par le collectif Nous voulons des coquelicots

Vendredi 5 octobre à 18h30, les signataires de l'Appel "Nous voulons des coquelicots" se retrouvent devant la mairie de leurs villes et villages.  La carte et la liste des 265 évènements prévus, c’est ici

L’Appel des coquelicots (https://nousvoulonsdescoquelicots.org) pour l’interdiction des pesticides est d’ores et déjà un grand succès, avec près de 250 000 soutiens en trois semaines. En outre, il s’enracine et va montrer sa force le vendredi 5 octobre 2018 à 18h30, devant les mairies. Les porteurs de coquelicots s’y retrouveront, dans la joie et la détermination, pour envisager ensemble des centaines et des milliers d’événements à venir. A cette date, entre 250 et 400 rassemblements sont prévus, depuis le plus petit des villages jusqu’aux grandes villes. Paris est pour l’heure à la traîne, mais les choses ont le temps de changer, car le mouvement se donne deux ans pour rassembler 5 millions de signataires. D’ores et déjà, la mobilisation est impressionnante – des maires, des magasins et de grands salons, des fondations sont à nos côtés -, et ne cessera de monter en puissance, car nous voulons un pays sans pesticides. Avec des oiseaux, des papillons, des abeilles. Sans ces milliers de malades des pesticides, dont le nombre s’accroit chaque année, et qu’un pouvoir politique aveugle refuse de prendre en considération. Le 5 octobre, les porteurs de coquelicots occupent les villes de France et se retrouveront, plus nombreux encore, le vendredi 2 novembre. Attention, le soulèvement pacifique de la société a commencé. 

Loïc Blondiaux : « Nous avons une culture politique qui sacralise l’élu et l’expertise »

Créé le : 25/09/2018
© Pierre-Yves Beaudouin/WikiMedia Commons

Propos recueillis par Nicolas Troadec

Loïc Blondiaux, professeur de sciences politiques à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, travaille depuis longtemps sur le sujet des budgets participatifs. Selon lui, ces dispositifs donnent un vrai pouvoir au citoyen, mais peuvent encore faire mieux, au pays du centralisme politique, où la parole de l’expert est sacralisée.

Les budgets participatifs sont-ils de réels leviers d’action pour les citoyens ?

Oui, et pour deux raisons : d’abord, soumettre un projet élaboré par une personne au vote des habitants d’une ville donne une réalité à l’initiative citoyenne. Ensuite, au moment du vote : pour une fois, on ne vote pas pour une personnalité, mais pour un élément de l’action publique, une partie du budget d’investissement d’une ville.

Est-ce que les budgets citoyens peuvent contribuer à la transition énergétique ?

La majorité des solutions proposées pour aller vers la transition énergétique viennent de la société civile et des citoyens. Les budgets participatifs permettent de faciliter la prise en compte de ces solutions, ils vont donc dans le sens de la transition écologique.

Que reste-t-il à améliorer dans ces dispositifs ?

Il y a d’abord la différence de temporalité entre l’action citoyenne et l’administration. L’enjeu est de pouvoir réaliser le projet d’un budget participatif dans un délai qui permet au citoyen d’observer un résultat. Il peut y avoir des effets de déception, de frustration, quand les propositions ne se transforment pas en réalisations. Il y a aussi un déficit de réflexion sur l’après-participation. En général, une fois la décision actée, les citoyens ne sont pas associés à la réalisation du projet. L’une des évolutions est de permettre une co-construction des projets.


Lire aussi : À Grenoble, une reconquête participative de la biodiversité 


Il arrive pourtant que les citoyens soient associés à ces réalisations ?

Il y a une évolution, mais l’appel aux citoyens se fait pour les projets d’assez faible envergure. Ce n’est pas la même chose pour les projets d’urbanisme plus structurants, dans lesquels le maître d’ouvrage reprend la main. L’argument qui revient souvent est celui du déficit de compétences techniques, qui est en partie juste. Mais l’idée serait de pouvoir être, a minima, informé de l’évolution des travaux et de pouvoir évaluer la conformité de ce qui va être réalisé avec ce qui a été décidé au moment de la concertation.

Le système politique français est-il adapté aux budgets citoyens ?

On n’efface pas en quelques années des décennies, voire des siècles de centralisme politique ! Et, surtout, nous avons une culture politique qui sacralise l’élu et l’expertise, au détriment des citoyens et des associations. Ces dernières années, certains mouvements politiques ont porté l’idée selon laquelle la décision relevait d’une expertise. C’est très frappant de voir qu’à l’échelon national, l’impératif de concertation n’est pas du tout une priorité, dès lors qu’une technocratie pense savoir ce qui relève de l’intérêt général.

Rennes - Une économie au service de leur quartier

Créé le : 25/09/2018
En janvier dernier Jean-Jacques Ateni, 26 ans, a aménagé son salon de tatouage dans le centre d’affaires du Blosne pour proposer ses services au cœur de son quartier © V. Jourdan

 

par Virginie Jourdan

Une association d’entraide et un projet d’auto-école : voilà deux exemples de créations qui, dans le quartier populaire du Blosne, à Rennes, permettent de faire vivre l’économie locale. Parce que l’innovation n’est pas l’apanage des centres-villes et des zones industrielles.

Sous le toit d’un petit centre commercial construit dans les années 1960 dans le Blosne, quartier populaire situé au sud de Rennes, les perceuses, visseuses et ponceuses vibrent et sonnent. Ce matin, François, Thierry, Murielle et Fanny sont venus prêter main-forte à l’association qui a investi son nouveau local il y a un an : le P’tit Blosneur. Cette conciergerie d’un nouveau genre est à la fois un lieu ouvert aux habitants et un espace de mise en relation pour de menus services. Tous les quatre adhèrent à la structure et vivent dans le quartier.

Porté par Claire-Agnès Froment, habitante du Blosne et seule salariée de l’association, le projet est né en 2015, avant de prendre définitivement forme début 2017. En cette chaude journée d’été, le programme est calé. « Nous allons refaire la cabane à dons qui est installée à l’extérieur, monter de nouvelles caisses pour ceux qui viennent déposer des livres et faire un paravent décoratif sur l’une des façades », détaille Fanny, une jeune femme qui s’investit bénévolement dans le projet. Ce matin, pour avancer, les...

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La permaculture, un mode de vie

Créé le : 25/09/2018
La formation commence avec un jeu des prénoms, pour détendre l’atmosphère et apprendre à se connaître © B. Vandestick

Par Benoît Vandestick

À Montcontour, dans les Côtes-d’Armor, Sylvaine et Gregory conçoivent leur vie dans les principes de la permaculture depuis huit ans, avec leurs trois enfants. Depuis 2015, ils ont ouvert le centre de formation en permaculture La Pâture es Chênes. Ils y proposent un stage de création d’espaces nourriciers. L’occasion d’y découvrir une philosophie de vie, loin de se limiter au jardinage.

« La permaculture n’est pas une technique agricole. » La sentence ouvre le cours de Gregory. Nous sommes samedi matin, 10 heures, au centre de formation en permaculture La Pâture es Chênes, à Montcontour, dans les Côtes-d’Armor. Autour de lui, sept stagiaires, arrivés de toute la France, écoutent attentivement. « C’est une méthodologie de conception de systèmes durables pour les humains, inspirés de la nature », poursuit le formateur. Cahier sur la table et stylo à la main, chacun prend note en sirotant son café. Objectif du week-end : savoir créer un espace nourricier en permaculture. Mais attention, il ne s’agit pas d’apprendre le jardinage ! Le stage, que Gregory organise avec son épouse Sylvaine, invite à « penser sa vie » en utilisant les principes de la permaculture. « La question de la nourriture est une porte d’entrée mais, petit à petit, avec la fleur de la permaculture, chacun va réfléchir aux autres domaines comme le transport, l’énergie, l’habitat, etc », précise-t-il.

Le week-end de stage débute le vendredi soir, avec...

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