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[DOSSIER] LES LOW-TECH, des technologies de transition

Créé le : 15/03/2019

Par François Delotte

Sus à l’obsolescence programmée et à la surconsommation des ressources ! Les low-tech — technologies simples, solides et sobres en énergie — proposent de répondre à une multitude de nos besoins de base, tout en réduisant nos impacts environnementaux. Plus que des objets, une véritable culture. 

Méthaniseur pour produire son propre gaz avec ses déchets organiques, eau de pluie rendue potable grâce à un filtre à sable et charbon, chauffage solaire et poêle à bois ultra-performant. Le tout autoconçu. La tiny-house réalisée début 2019 par le Low-Tech Lab est un véritable condensé de low-tech, pour « basse technologie ». « Nous voulons en faire un démonstrateur des solutions low-tech. Que tout le monde puisse l’essayer. La maison ira à la rencontre de son public. Nous la mettrons à la disposition d’associations. L’idée  : que tout le monde copie ses équipements et s’approprie ce qui l’intéresse ! », s’enthousiasme Clément Chabot. Il supervise la construction de la maison avec son compère, Pierre-Alain Lévêque. Tous deux sont membres de l’équipe du Low-Tech Lab, projet porté par l’association Gold of Bengal et hébergé à Concarneau (29) par le fonds de dotation Explore, du navigateur Roland Jourdain. Ce laboratoire des technologies simples, mais efficaces, s’est fixé un objectif : « Trouver des solutions accessibles au plus grand nombre pour réduire l’empreinte...

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[ MAZAN ] Succès pour la conférence des Bourguignon !

Créé le : 15/03/2019

La salle de la Boiserie de Mazan (84) était comble mardi 12 mars, au soir. Le public ne s'était pas déplacé pour voir le dernier chanteur à succès, mais pour entendre parler de vers de terre et de racines. En effet, la commune du Vaucluse recevait les « médecins des sols », Claude et Lydia Bourguignon, à l'invitation du magazine Sans Transition ! Provence. 

Un engouement prouvant que cette thématique mobilise et intéresse vivement les citoyen-ne-s. Les Bourguignon, couple de microbiologistes, ont fondé le LAMS (Laboratoire Analyses Microbiologiques Sols), basé à Marey-sur-Tille (Côte d'Or). Ils se sont fait connaître pour leurs diagnostiques qu'ils posent sur l'état des sols et les solutions qu'ils proposent pour les « soigner ». Une activité par l’intermédiaire de laquelle ils ont parcouru le monde, récoltant une impressionnante banque d'échantillons de sols.

Rappeler les « lois du sol »

Durant la soirée de mardi dernier, tous deux ont rappelé les méfaits de l'agriculture productiviste qui, à force d'utilisation de pesticides de synthèse et d'engrais chimiques, ont « violé les lois du sol ».

Dans un passionnant exposé à deux voix, ils ont notamment insisté sur l'importance de favoriser la vie des sols, qui permet de les fertiliser naturellement, mais aussi de les drainer. Champignons, insectes, acariens et autre vers apparaissent alors comme des alliés précieux des paysans plutôt que comme des parasites qu'il faut éliminer.

Des éléments que vous retrouverez en condensé dans l'interview vidéo suivante.

 

La deuxième partie de la soirée a donnée la parole à des acteurs locaux de l'agriculture ou du jardinage durable, mais aussi au scientifique Bernard Seguin. Chacun a pu interroger les Bourguignon sur des thèmes qui leur tiennent à cœur : liens entre sols et réchauffement climatique, alternatives aux pesticides de synthèse...

Retrouvez ci-dessous les interviews sonores de ces différents intervenants ainsi que des entretiens avec Dominique Robin (Atmo Sud) Stéphane Hardouin (France Nature Environnement Paca , Atmo Sud) et Élisabeth Hansberger (Eovi-Mcd Mutuelle).

Blaise Leclerc : quid de l'interdiction des pesticides pour le jardinage ?

 

 

Bernard Seguin : quel stockage du carbone dans les sols ?

 

 

Julien Bourreli : comment réformer la Politique agricole commune (PAC) ?

 

 

Quelles adaptations de la viticulture méditerranéenne aux changements climatiques ?

 

 

La parole à quelques partenaires de la soirée 

Elisabeth Hansberger : santé des sols et santé humaine 

 

 

Dominique Robin (Atmo Sud) et Richard Hardouin (FNE Paca & Atmo Sud) : rendre de la matière organique au sol en évitant les brûlages

 

SEVERN CULLIS-SUZUKI - "Au nom des générations futures"

Créé le : 14/03/2019
David Suzuki Foundation

A l'occasion de la mobilisation sans précédent menée depuis plusieurs semaines par les étudiants du monde entier contre l'inaction climatique des décideurs politiques et à l'aube des grandes manifestations climat des 15 et 16 mars prochains dans toute la France, nous avons choisi de republier une interview de Severn Cullis-Suzuki, parue en mai 2016 dans le dernier hors-série de Bretagne Durable. Cette canadienne prit la parole à l'âge de 12 ans, comme Greta Thunberg, mais lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, afin d'alerter les politiques sur l'état de la planète. Un combat qui n'a pas pris une ride, trente ans plus tard... Inaction vous avez dit ?

« Je suis ici pour parler au nom des enfants affamés partout dans le monde et dont les cris ne sont plus entendus. J’ai peur de m’exposer au soleil à cause du trou dans la couche d’ozone. J’ai peur de respirer l’air car je ne sais pas quelles substances chimiques il contient... »

Ces paroles ont été prononcées lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 par Severn Cullis-Suzuki, alors âgée de 12 ans et dotée d’un aplomb hors du commun. A 37 ans, cette canadienne poursuit son combat, en donnant des conférences et en sensibilisant le plus grand nombre grâce à sa visibilité dans les médias.

Severn, on a particulièrement entendu parler de vous en france à travers le film éponyme de Jean-paul Jaud, « severn, la voix de nos enfants » sorti en 2010. vous êtes connue pour votre engagement. Quelle est votre action principale aujourd’hui ?

Mon rôle le plus important est celui de mère. J’ai 2 petits garçons ; et non seulement cela m’a appris des choses sur moi-même, mais cela m’a également fait penser aux changements que nous affrontons chaque jour. Aux changements que nous demandons aux gens de faire et à quel point il est difficile de les mettre en oeuvre. Je dirais même que c’est presque impossible. Soyons franc. Qui prend les décisions sur la tenue d’une maison, sur les concessions quotidiennes que les humains font ? Ce sont les femmes, les mères. Or ces mêmes femmes, déjà tellement occupées et qui ont tellement de responsabilités à qui on demande de faire des efforts colossaux pour préserver la planète. C’est injuste. Je réfléchis à cette question fondamentale en lien avec le fait que les individus ont besoin d’aide, d’infrastructures, de changement systémique pour répondre favorablement aux enjeux environnementaux.

En tant que femme, mère, épouse tout en étant engagée pour défendre l’écologie, peut-on dire que vous êtes une « chercheuse d’équilibre » ?

Il est certain que je suis constamment en train de chercher un équilibre. Et pour le garder , je passe beaucoup de temps dans la nature. Mais dans le même temps, je ne pense pas que l’équilibre soit véritablement quelque chose qu’il est possible d’atteindre. Je fais partie de la génération des femmes du XXIe siècle. Ma génération suit celle des années 60 qui s’est battue pour l’égalité et les droits des femmes. Aujourd’hui, on attend de nous de tout faire, tout réussir. Or il y a moins de femmes dans la politique qu’il y a quelques temps. Pourtant le rôle des femmes dans ce champ maintient la société dans un certain équilibre. Je m’interroge.

Qu’est-ce qui a changé depuis vingt ans, depuis votre première prise de parole publique ?

Nous avons toujours une seule planète pour 7 milliards d’habitants. Et nous n’avons plus les capacités de continuer de la même manière. Nous sommes dans une nouvelle ère, dans laquelle nous devons nous inscrire dans une montée en puissance en matière de développement durable. Notre ingéniosité ne peut plus être une simple option. Encore faut-il que les décideurs aient la connaissance et la capacité d’avancer et d’intégrer une vision des ressources à long terme. Car nous continuons de traiter le climat par exemple avec une approche politique et une pensée linéaire, ce n’est pas suffisant. Aujourd’hui, nous sommes dans une crise de culture et nous devons être capables d’identifier les liens entre les crises énergétiques, économiques et environnementales. Nous vivons un moment historique.

 

Redécouvrez son discours de 1992 à Rio de Janeiro :

AGROLOGIE - Dégradation des sols : un phénomène « réversible »

Créé le : 12/03/2019
Claude et Lydia Bourguignon au Chili en 2017 - Crédit photo : LAMS

par Julien Dezécot

Lydia et Claude Bourguignon, spécialistes mondiaux des sols, seront à la boiserie de Mazan (Vaucluse), le 12 mars prochain, pour une conférence, à 19h, organisée par Sans transition !. A cette occasion, nous republions un entretien, paru dans le numéro 4 de Sans transition ! Bretagne, avec les fondateurs du laboratoire d’analyses microbiologiques des sols (LAMS).

Dans quel état sont les terres agricoles de l’Hexagone ?

Les sols agricoles sont relativement endommagés. Les techniques culturales actuelles ne sont pas adaptées aux sols, dans la mesure où elles ont fait disparaître en 50 ans la moitié de la teneur en matière organique des sols. Conséquence : le sol a perdu sa fertilité. Et les agriculteurs sont condamnés à utiliser des fertilisants pour atteindre d’importants rendements. Paradoxalement, alors que le potentiel génétique des céréales devrait permettre des rendements en blé avoisinant les 150 quintaux par hectare, nous ne dépassons que rarement les 80 quintaux aujourd’hui. Des chercheurs néo-zélandais ont montré que la cause résultait bel et bien de la baisse de fertilité du sol.

Comment évoluent les rendements en céréales ?

Ils s’effondrent dans tous les pays. En raison notamment de la déforestation, d’une trop forte irrigation, voire d’une salinisation des sols… Et la conséquence directe de la dégradation des terres arables, ce sont ces baisses de rendements avec, comme corollaire, le risque de malnutrition, de carences, voire de famines dans certaines contrées. En France, on grignote également de plus en plus les terres agricoles de qualité, on bétonne également ! Quant aux terres cultivées, la qualité et les rendements se dégradent eux-aussi.

Comment en est-on arrivé là ?

C’est d’abord l’arrivée massive, après la guerre, des engrais, pour augmenter les rendements. Cette utilisation importante des intrants a signé le début de la dégradation des sols. La spécialisation des cultures, les monocultures, en sont les causes majeures, ainsi que les engrais qui ont favorisé la perte de la matière organique et la minéralisation des sols. Ces engrais ont puisé dans le sol comme dans un garde-manger. Et comme les paysans n’ont pas toujours remis cette matière organique (car les bêtes ont souvent été déplacées hors des champs…), cela implique une chute drastique des rendements. De plus, on a utilisé des engins de plus en plus lourds. Ces derniers, en tassant les sols, ont diminué leur porosité, c’est-à-dire l’entrée de l’air dans les sols, autre facteur de dégradation. Puis on a utilisé les herbicides, l’irrigation à grande échelle, tout cela concourt à la dégradation des sols !

Infos événement.

[ PROVENCE ] - Semer une graine pour lutter contre l’érosion des sols

Créé le : 08/03/2019
Un suivi post-revégétalisation a été réalisé au col Agnel dans le cadre de Sem’Les Alpes, afin de mesurer le taux de recouvrement de la végétation. © S. Huc

Par Marie Lyan           

Dans les Hautes-Alpes, le Conservatoire botanique national alpin (CBNA) s’est saisi de la la lutte contre l’érosion des sols en montant un programme, baptisé Sem’les Alpes. L’objectif ? Végétaliser des espaces naturels fortement dégradés, en accompagnant le marché de semences locales.

Alors que la neige occupe une grande partie des massifs alpins, sonne l’heure du premier bilan pour les acteurs du projet Sem’les Alpes. Partout où ils sont passés, la végétation a repris le dessus. Il n’y a plus aucune trace de foin ou de restes de fond de grange sur les sentiers, vestiges d’un processus de revégétalisation. Ni dans les Hautes-Alpes, sur la piste de ski de la station Saint-Léger-les-Mélèzes, qui a retrouvé sa végétation de prairie, ni sur les terrains caillouteux du désert de Valjouffrey, en Isère. Expérimenté depuis 2016, ce projet européen, dirigé par le Conservatoire botanique national alpin (CBNA), l’Irstea et la Société d’économie alpestre de la Haute-Savoie (SEA 74), vise à réensemencer une dizaine de sites pilotes dégradés, en raison de la fréquentation humaine ou de travaux. Un premier test « grandeur nature », à l’échelle française, a été mené au sein de domaines skiables, de sentiers et prairies naturelles. « Chaque fois que l’on touche à une prairie de montagne, il s’agit d’un véritable trésor, qui est là depuis près de 10 000 ans », met en garde Antoine Rouillon, directeur de la...
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Aix : trois heures de séminaires pour esquisser le futur de l'habitat

Créé le : 08/03/2019

Imaginer l'habitat de demain. Tel était le thème du second séminaire prospectif et participatif organisé, le 7 mars dernier, par l'Agence d'urbanisme du Pays d'Aix-Durance (Aupa) et la Ville d'Aix-en-Provence. Un séminaire qui, comme l'an dernier, était animé par le magazine Sans Transition ! Provence.

L'événement a rassemblé plus de 300 personnes venues écouter les experts invités et échanger avec eux durant plus de trois heures. 
 
Ce moment de réflexion et d'échange était structuré autour de deux grands axes : l'habitat intergénérationnel et l'habitat durable. 
 
Durant la première partie, le sociologue Guy Tapie, spécialiste de l'habitat intergénérationnel, professeur à l’École nationale d'architecture et du paysage de Bordeaux, a exposé les grands enjeux de l'habitat intergénérationnel contemporain. Il a présenté ce dernier comme une solution permettant de « réinsérer les seniors dans une société bienveillante ». 
 
L'architecte Rüdiger Krisch a ensuite présenté le projet d'habitat intergénérationnel de Tübingen, ville allemande jumelée avec Aix. Puis, une table-ronde a réuni Guy Tapie, Franck Le Huede, chef de projet senior au Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc), et Agnès Filizetti, responsable de l'agence Paca de Recipro-Cité, structure qui met en place des actions autour de la mixité générationnelle dans les différents modes d'habitat.
 

Économie d'énergie 

 
Le séminaire s'est ensuite orienté vers l'habitat durable et les questions d'économie d'énergie. Une table-ronde a notamment réuni Thierry Salomon, fondateur du collectif négaWatt, qui propose un scénario de réduction de 50% des dépenses énergétiques dans le bâtiment, en France, d'ici 2050, Florence Rosa, présidente de l'association EnvirobatBDM, qui réunit les professionnels de la construction durable en Paca, et l'architecte et urbaniste Michel Chiappero. 
 
En conclusion, Thierry Salomon a tracé quelques priorités pour l'avenir : se concentrer sur l'habitat passif (qui consomme très peu de chauffage) et positif (qui produit plus d'énergie qu'il n'en consomme), sur la modularité des logements et développer des habitats connectés « intelligents ».
 
Le séminaire a par ailleurs fait l'objet de riches discussions avec le public. Des initiatives et des projets portés localement par des associations, citoyens et entreprises ont également été présentés. A Aix, le futur de l'habitat s'invente maintenant. 

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