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[INTERVIEW] Réapprendre à manger et dormir en s'inspirant des arbres, c'est possible

Créé le : 27/08/2020

Par Sans transition ! 

A l'occasion des rencontres Agir pour le vivant qui ont lieu à Arles jusqu'à ce dimanche 30 août, Sans Transition ! a retrouvé Ernst Zürcher, auteur notamment de l'ouvrage Les Arbres, entre visible et invisible à Actes sud. Interview. 

Nos arbres pourraient-ils être nos professeurs ? L'idée semble surprenante, pourtant pour Ernst Zürcher c'est loin d'être une lubie fantaisiste. Ingénieur forestier suisse et docteur en sciences naturelles, cet amoureux des arbres revient sur son livre Les Arbres, entre visible et invisible. Une ode aux forêts dans laquelle il rappelle l'importance de réimplanter ces végétaux dans nos espaces de vie. 

 

A lire : un dossier complet sur les arbres et la forêt à paraître dans le prochain Sans transition ! (n°25)

[PLAN DE RELANCE] : les 43 milliards d'euros prioritaires pour le réseau action climat

Créé le : 31/07/2020
logo réseau action climat

Par Réseau action Climat

Aujourd’hui le Réseau Action Climat publie ses recommandations pour un Plan de relance vert et solidaire. S’appuyant sur 3 principes devant structurer l’allocation des fonds, il liste les domaines prioritaires et les montants nécessaires pour les deux prochaines années. Alors que les financements publics ont été majoritairement fléchés jusque là vers des secteurs polluants, sans réelle contrepartie demandée par l’Etat, il est temps pour le gouvernement de démontrer sa volonté d’un changement de cap.

Alors que Bruno Le Maire déclarait mardi à l’Assemblée nationale que "c'est tout le plan de relance qui visera la décarbonisation de l'économie", le Réseau Action Climat lui répond “Allons-y !”. Car ce plan doit répondre à trois principes : accélérer la baisse des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, allouer au moins 50 % des fonds à la transition écologique juste et appliquer le principe “do no harm”, c’est à dire exclure les secteurs néfastes pour le climat ou l’environnement.

Parmi les priorités, le Réseau Action Climat liste les domaines où des investissements publics supplémentaires sont nécessaires, et ceci à hauteur de 43,4 milliards d’euros pour les deux années à venir, sans couvrir la totalité du périmètre du Plan de relance. Parmi ces financements, 13,4 milliards pour les transports, 8 milliards pour la rénovation des bâtiments, 6 milliards pour les énergies renouvelables et 5 milliards pour l’industrie, mais aussi 15,8 milliards pour la transition juste. A côté des investissements indispensables pour la transition, le Réseau Action Climat ajoute des financements d'ingénierie pour augmenter les capacités humaines nécessaires dans les collectivités territoriales pour instruire les dossiers, mobiliser les acteurs des territoires et assurer la mise en oeuvre des politiques de la transition écologique l’échelle locale.

Le Réseau Action Climat appelle le gouvernement à mettre les enjeux de la transition écologique et juste au centre du Plan de relance pour enfin engager la France sur une trajectoire climatique ambitieuse, gage de créations d’emplois pérennes.

[HANDICAP] Haro sur les discriminations

Créé le : 23/07/2020
Photo : Sébastien Le Clézio. La manifestation Ni pauvres ni soumis, le 29 mars 2008, avait rassemblé entre 16 000 et 32 000 personnes à Paris pour demander que l’AAH (allocation adulte handicapé) soit équivalente au salaire minimum.

Par Guillaume Bernard

Manque d’aménagements prévus pour le télétravail, difficultés d’accès aux soins, suspicion de tri des patients au détriment des personnes en situation de handicap : la crise du Covid-19, avec son lot d’injustices, a mis en évidence un problème bien plus structurel : 15 ans de politiques discriminatoires qui ont mené à l’abandon des personnes en situation de handicap. Associations et personnes concernées n’hésitent plus à descendre dans la rue et à se mobiliser pour réclamer l’égalité.

La crise du Covid-19 a remis sur le devant de la scène un état de fait : les politiques mises en place depuis 15 ans discriminent les personnes en situation de handicap, réduisant considérablement leurs droits. Pour y mettre fin, le combat pour l'égalité passera par la reprise en main de leurs luttes et la reconnaissance de leurs problématiques par tous.

Vouloir paraître trop consensuel, c’est parfois éveiller les soupçons. En pleine crise du Covid-19, Olivier Véran a pu en faire l’expérience. « Les personnes en situation de handicap doivent bénéficier des mêmes soins que le reste de la population », sermonne le ministre de la Santé, lors de sa conférence de presse du 4 avril. Nul doute ! Alors pourquoi rappeler une telle évidence ?
Stéphane Tripoteau, directeur général adjoint de l'APF-France Handicap (association des paralysés de France) a son explication : « Il y a eu des suspicions de tri pour accéder à la réanimation en défaveur des personnes handicapées. Avec d'autres associations, nous avons très vite informé le ministère, ce qui a donné lieu à cette déclaration. Si aucun cas concret de tri n'a été porté à...

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[DOSSIER - Leur monde d'après] L'écologie aux oubliettes ?

Créé le : 20/07/2020
Crédit VJ

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Par Virginie Jourdan

C’est un fait, la pandémie de Covid-19 ne peut être décorrélée de la destruction de l’environnement. Alors que certains souhaitent en tirer des enseignements et appellent de leur vœu la construction d’un nouveau monde plus vert et solidaire, les tenants du vieux monde néolibéral veulent relancer la croissance coûte que coûte, au prix, parfois, de graves régressions sociales et écologiques. Deux visions irréconciliables s’affrontent pour le monde d’après. Le choc des titans post-Covid est en cours.

Alors que les racines de la crise sanitaire ne peuvent être séparées de la dégradation de l'environnement, les tenants de l'économie conventionnelle prônent un retour à la normale de l'activité, voire un rattrapage. Entre élan productif et volonté d'assouplir les normes environnementales, les pressions s'exercent en continu. Au risque de freiner la dynamique verte en cours.

Le hiatus entre les attentes de la société civile et les actes des grands acteurs de l'économie n'aura pas disparu à la faveur de la crise. Des propositions de la convention citoyenne pour le climat, début avril, aux résultats de la consultation notamment lancée par le WWF, la Croix Rouge et le groupe SOS, le constat est unanime. La cause écologique a encore gagné du terrain chez les citoyens. Mais l'espérance partagée pourrait être de courte durée. À mesure que les secteurs économiques reprennent leur activité, les promesses de sobriété s'éloignent au même rythme. Pire, certaines tentatives de régression sont même à l’œuvre.

 

Les lobbies à l’affût

Fin avril, l’association FNE a alerté sur l'allègement des procédures d'enquête publique qui pourrait notamment avoir pour conséquence de relancer la construction d’un vieux projet routier dans l'Allier et d'une centrale de production d’électricité au fioul dans les mangroves de Guyane. « Si la démocratie et le droit de l’environnement sont ainsi mis à mal pendant le confinement, c’est de mauvaise augure pour les promesses du gouvernement sur le monde d’après », s'inquiète Arnaud Schwarzt, président de l'association de défense de l'environnement. Au même moment, l'ONG Zero Waste a ainsi dénoncé les velléités du premier syndicat patronal français, le Medef, à enterrer les avancées de la loi anti-gaspillage votée en décembre dernier. Dans un courrier daté du 3 avril, dévoilé par le Canard enchaîné, le Medef a demandé à la ministre de l’Environnement Elisabeth Borne « un moratoire sur la préparation de nouvelles dispositions énergétiques et environnementales, notamment celles élaborées en application de la loi du 10 février dernier relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire. » Autrement dit : faire battre de l’aile au projet. Dans le viseur notamment, la réforme des filières de recyclage et du principe de pollueur-payeur, qui prévoient notamment de créer un fonds dédié au financement de nouvelles activités de réparation, de réemploi et réutilisation. « Il y a clairement une volonté de la part de certains lobbies de rejouer le match sur des mesures pourtant adoptées, à une très large majorité, par les députés et sénateurs il y a seulement quelques mois », explique Laura Châtel, responsable du plaidoyer à Zero Waste France.

Loin d'être cantonnée à la France, cette tendance est aussi à l’œuvre à l'échelle européenne. Le 8 avril dernier, l'Eupc, un syndicat européen qui représente près de 50 000 entreprises de transformation du plastique, a ainsi demandé à la Commission européenne de reporter d'au moins un an la mise en œuvre de la directive sur les plastiques à usage unique et de « lever toutes les interdictions » déjà en vigueur. L'argument ? Sacs plastiques, couverts et assiettes plastiques à usage unique sauveraient des vies en évitant les contaminations, plaident les industriels. Aux oubliettes l'impact écologique des déchets plastiques sur l’environnement.

 

Des produits locaux aux pesticides

Un argument sanitaire également repris dans le champ alimentaire. « Le besoin d'un retour à une production locale annoncée au début de la crise est positif, mais nous sommes inquiets du discours montant sur la sécurité sanitaire assurée par l'usage des pesticides, car il se fait au détriment de l'alerte sur les effets négatifs sur les milieux naturels et la santé », explique ainsi Dominique Le Goux, chargée de mission santé pesticides à Eaux et Rivières de Bretagne. La poursuite des épandages de pesticides à moins de 5 mètres des habitations a ainsi continué ce printemps. Et fin mai, le Conseil d'État n'a pas accédé à la demande des associations environnementales qui défendaient une suspension de cette pratique en référé le 12 mai au motif qu'il n'y avait pas « urgence » à statuer. Le dossier suit donc son cours sur le fond.

 

Autre sujet d'inquiétude pour la transition écologique, l'industrie du transport. Dès avril, l’Association des constructeurs européens d'automobiles (Acea) a annoncé qu'elle aurait du mal à honorer les engagements de réductions de 15% des émissions des véhicules d’ici 2025 et de 30% et plus d’ici 2030. En France, les constructeurs PSA et Renault assurent de pas être sur cette ligne et misent sur la production de petits véhicules et d'hybrides. « Pas suffisant », tonne Maxime Combes, économiste, auteur et porte-parole d'Attac France. « Force est de constater que la transformation de l'outil de production n'est pas à l'ordre du jour. Plusieurs milliards d'euros sont annoncés pour soutenir Renault, et les aides ne sont pas conditionnées à des exigences environnementales ou à un maintien de l'emploi », précise ce dernier, en référence aux 15 000 emplois que la marque au losange a annoncé vouloir supprimer dans le monde, dont 4600 en France, d'ici 3 ans. Idem pour les plans de soutien à Air France qui incluent des invitations à réduire ses lignes de courtes distances mais pas d'obligation ni de plan de développement des transports alternatifs et moins polluants tels que le train. Pour l'économiste, les risques sur l'écologie sont réels. « De nouveaux accords de libre-échange ont aussi été signés pendant le confinement entre l'Union européenne et le Mexique, mais aussi avec la Nouvelle Zélande sur des produits alimentaires alors même qu'ils sont aux antipodes d'une relocalisation sociale et environnementale », poursuit Maxime Combes. Encore un paradoxe du gouvernement ! Ecologie et économie, pour le militant d’Attac, il faut saisir la crise du Covid pour amorcer une véritable transition, « c'est maintenant que ça se gagne ou que cela se perd. »

 

Plus d’infos :

20 associations, ONG et syndicats proposent un plan de sortie sur www.france.attac.org (Plan de sortie de crise).

 

À lire :

Manifeste pour une relocalisation sociale et écologique, collectif d'auteurs et économistes, juin 2020, éditions les Liens qui libèrent.

Le dernier avion, Sébastien Porte, juin 2020, Tanas Editions.

[CHRONIQUE LITTÉRAIRE] « L’agroécologie peut nous sauver »

Créé le : 19/07/2020
Crédit : Pixabay

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Depuis des décennies, nous nous sommes éloigné.e.s de la nature, nous l'avons détruite par une agriculture intensive et dénaturée à l'aide de process industriels. Et si, une nouvelle version de notre alimentation était possible? Dans cette Chronique littéraire, Sans Transition ! vous propose de découvrir l'agroécologie, cette agriculture qui peut nous sauver, d'apprendre à manger en pleine conscience et à se ressourcer auprès des arbres. Bonne lecture ! 

Investir plus pour économiser dans le futur

Parce que l'urgence est indiscutable devant la catastrophe climatique, l'économiste et spécialiste du climat Alain Granjean, président de la fondation Nicolas Hulot, appelle à libérer le financement de la transition écologique en France, sans attendre que l'Europe s'organise après les élections. La règle budgétaire actuelle limite le déficit public qui comprend à la fois les investissements et les frais de fonctionnement. Or, il faudrait accroître les investissements publics pour aider les dépenses privées, notamment celles des ménages, par exemple pour réduire la dépense énergétique liée aux logements à rénover et isoler. Il s'agirait alors d’interpréter cette règle européenne en tenant compte des circonstances exceptionnelles de notre situation écologique en expliquant cette stratégie : investir davantage pour économiser l'énergie dans le futur.

 Agir sans attendre. Notre plan pour le climat, Alain Grandjean, Kevin Puisieux et Marion Cohen, préface de Nicolas Hulot, Les liens qui libèrent, mai 2019, 112 pages, 10 euros

 

La conscience de manger

Quelle que soit notre relation avec l'alimentation, Manger mieux en pleine conscience nous ouvre des portes. Car la surproduction de denrées, la surconsommation et les nouvelles normes corporelles imposées par la société ont biaisé notre rapport à la nourriture. Nous sommes à la fois perdus et sans cesse en prise à la culpabilité : manger trop, manger mal, trop vite. Dans ce contexte, cet ouvrage nous encourage à faire un état des lieux de notre comportement face à la nourriture afin d'en prendre conscience et d'accepter ses failles pour ensuite les désamorcer. Et apprendre ainsi une chose fondamentale : reconnaître les vrais signaux de la faim, du rassasiement et de la satiété, qui ne sont pas simplement physiques mais un imbroglio d'émotions, de pensées et de projections. Grâce à des outils et des exercices très concrets, comme manger lentement en un minimum de 20 minutes et en silence, on peut parvenir à s'alimenter exactement selon nos besoins sans restriction aucune. Cet ouvrage nous pousse à retrouver une alimentation en conscience pour substituer au contrôle l’écoute de son corps. Et faire de chacun de nos repas un véritable moment de bonheur et de plaisir.

 Manger mieux en pleine conscience, Yael Bloch et Amande Ceballos, Editions La plage, 2019, 95 pages, 9,95 euros

 

Rien ne se perd, tout se transforme

Ce guide est une véritable boîte à outils qui déborde de bons plans, conseils, recettes, témoignages, adresses, etc. pour changer son mode de consommation en achetant le moins possible de produits neufs. Les nouvelles façons de consommer s'inspirent de méthodes qui ont toujours existé et qui sont remises au goût du jour : réparation, transformation, reconditionnement, partage, don, échange, location, achat d'occasion... Les chapitres abordent les plus importants postes de dépense du quotidien : habillement, électroménager, high-tech, mobilier et décoration, soin des enfants, loisirs. On comprend aussi qu'on peut se passer de bien d'objets et d'habitudes inutiles ! Alors, prêts pour le défi ? Rien de plus simple avec ce guide. En plus, on apprend pleins d'astuces, on fait des économies, on s'allège et on est écologiquement plus cohérent.

 Mon défi Rien de neuf, Emmanuelle Vibert, Rue de l'échiquier, mai 2019, 224 pages, 18 euros

 

On veut des tartes (et autres tourtes !)

Le tout dernier livre de recettes de Cléa séduit à plusieurs titres. D'abord sur la forme, par son grand format et sa belle qualité. Il est aussi très bien organisé : à chaque légume et fruit classé par ordre alphabétique correspondent 3 ou 4 recettes, parfois davantage, illustrées par une alléchante photo. Son second atout est de proposer 200 tartes, tourtes, quiches et autres tatins, uniquement végétariennes. Les cuisinières en herbe y trouveront leur bonheur car les recettes proposées sont simples, originales et rapides à exécuter. L'auteure y ajoute cependant sa touche : remplacer la farine blanche par de la farine bise, de sarrasin ou de riz pour les personnes mangeant sans gluten... pour un nouvel élan ! Et pour les plus aguerries, ce livre permet de se renouveler en revisitant les grands classiques, en jouant sur les formes, les textures, les cuissons. Cléa redore également le blason de certains légumes souvent boudés en cuisine. La tarte fine au fenouil rôti, châtaignes et citrons, en est un exemple parmi tant d'autres. Enfin, elle met l'accent sur un thème d'actualité: la saisonnalité des fruits et des légumes. A vos fourneaux!

 Tartes fines, Grosses tourtes, Belles tatins, 200 tartes végétariennes, Cléa, Editions La plage, 2019, 251 pages, 24,95 euros

 

L'agroécologie, une révolution vitale

Ingénieur agronome et spécialiste de l'agroécologie, Marc Dufumier a découvert cette pratique à Madagascar alors qu'il avait 22 ans (il en a aujourd'hui 73). Ce sont des femmes analphabètes qui l'initient alors à cette agriculture paysanne respectueuse de l'homme et de l'environnement. Dans une série d'entretiens avec le journaliste Olivier Le Naire, il explique très clairement comment l'agroécologie peut lutter de façon concrète contre la faim dans le monde, le dérèglement climatique, le gaspillage alimentaire, la malbouffe, les maladies qui en découlent, la perte de sens et de lien social... Car selon lui, tous ces problèmes sont liés et sont aussi la conséquence de la privatisation des semences, de l'utilisation des pesticides et des dérives des lobbys industriels. Leur solution est donc une réalité possible, à notre portée.

 L'agroécologie peut nous sauver, Marc Dufumier, Actes Sud / Colibris, coll. Domaine du possible, mai 2019, 160 pages, 15 euros

 

Quand la nature nous fait du bien

La science prouve comment et pourquoi la nature nous fait du bien, physiquement et moralement. Se mettre au vert renforce notre système immunitaire et nous rééquilibre : nous requinque quand nous sommes fatigués et calme notre stress. Mais nos vies trépidantes et bruyantes nous éloignent des bienfaits d'un jardin ou d'une balade dans les bois. Ce guide s'appuie sur les études scientifiques, s'inspire de techniques de relaxation et propose 52 pistes ludiques et poétiques pour se reconnecter en profondeur avec la nature. Il devient simple de se ressourcer, en toute saison, parfois en quelques minutes, même en ville ou au travail, que l'on soit seul ou à plusieurs, avec des enfants... De nombreuses attitudes peuvent faire du bien, comme simplement s'asseoir sous un arbre, cultiver des fleurs en pots, contempler des photos de nature...

 Se ressourcer toute l'année avec les arbres, Marie Martinez, Prat Prisma, mai 2019, 224 pages, 15,95 euros

[CHRONIQUE LITTÉRAIRE] « Devant l’effondrement »

Créé le : 19/07/2020
Crédit : Pixabay

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Dans cette nouvelle Chronique Littéraire, Sans Transition ! revient avec de nombreux ouvrages proposant une réflexion sur l'urgence climatique et la nécessaire transition écologique. Du guide de l'innovation frugale au sauvetage de la vie sur Terre en passant par l'effondrement... Bonne lecture !

La vie passionnante de Coline Serreau

Coline Serreau est une artiste totale et engagée, surtout connue comme réalisatrice de Trois hommes et un couffin, La crise, La Belle Verte ou Solutions locales pour un désordre global, ou comme autrice de pièces de théâtre inoubliables (et aux titres improbables comme Quisaitout et Grobêta ou Lapin Lapin). Également appréciée comme actrice, on sait moins qu'elle est aussi photographe, peintre ou directrice de chorale. Elle a abordé avant tout le monde des thèmes tels que la crise écologique, le droit des femmes, la santé, les travers du consumérisme et du libéralisme, etc. À 70 ans, elle livre pour la première fois une autobiographie originale en trois parties et vingt-trois hashtags. Elle raconte d'où elle vient et à qui elle doit ses influences, sa famille et ses ancêtres, son parcours artistique tous azimuts... Elle confie aussi ses pensées, ses réflexions sur notre société, le futur, les sujets qui la passionnent, révoltes et bonheurs. Une lecture passionnante !

#COLINESERREAU, Coline Serreau, Actes Sud, octobre 2019, 208 pages, 29 euros

 

Pendant le compte à rebours

L'homme politique, mathématicien et collapsologue Yves Cochet, expose ses théories et pratiques sur l'imminence de l'effondrement et comment s'y préparer. Il vit aujourd'hui dans une ferme expérimentale en Bretagne où il a déjà tout mis en place pour faire face au basculement dans les 30 prochaines années. Il examine les origines écologiques, économiques, financières et politiques de cet effondrement et, surtout, leurs relations systémiques. Les étapes de l’effondrement seront notamment une réduction importante de la population mondiale, une ruine des États incapables de gérer les questions de santé ou de sécurité, la fin des énergies fossiles et nucléaire, le passage obligé vers une alimentation plus végétale, plus locale, plus saisonnière ou l’avènement d’une mobilité low tech, sans voitures ni avions. Un dernier livre avant la fin d'un monde ?

 Devant l'effondrement, Essai de collapsologie, Yves Cochet, Les Liens qui Libèrent, septembre 2019, 256 pages, 18,50 euros

 

Une réponse à l'urgence sociale et écologique

Les auteurs, conseiller en innovation et professeur de marketing, montrent comment les entreprises peuvent répondre aux attentes des consommateurs en quête de sens et soucieux de l'environnement. Ce livre s'adresse plutôt aux dirigeants, décideurs et étudiants. Il propose de répondre aux objectifs de développement durable de l'ONU plus vite, mieux et pour moins cher ! Cette stratégie de croissance révolutionnaire vise à innover grâce à des produits durables, à l'impact positif sur la société et la planète. Ils s'appuient sur l'expérience de 50 entreprises pionnières, et néanmoins multinationales, et des exemples français. Les six principes fondamentaux sont des outils pour réussir dans ce sens. Une vision optimiste.

 Le guide de l'innovation frugale. Les 6 principes clés pour faire mieux avec moins, Navi Radjou et Jaideep Prabhu, traduit de l'anglais (États-Unis) par Anaïs Bon, préface de Paul Polman, Diateino, 384 pages, 24 euros

 

Sauver la vie sur Terre

Qu'est-ce que le New Deal Vert ? Jérémy Rifkin expose son projet économique et sociétal basé sur une prise de conscience sur l'état de la planète. Il s’agit d’un véritable plan de transition globale pour un monde post-énergies fossiles qui permettrait de produire 100 % de l’électricité à partir de sources propres et renouvelables ; d’améliorer et d’augmenter l’efficacité du réseau énergétique, du réseau des transports ou du secteur du bâtiment ; d’investir dans la recherche et le développement de technologies vertes ou de proposer de nouveaux emplois nés de cette nouvelle économie. Les solutions existent et sont à notre portée. Aujourd’hui, les intérêts des dirigeants politiques, économiques et financiers convergent avec ceux des citoyens : c’est ce que démontre Jérémy Rifkin dans ce manuel documenté qui redonne de l’espoir et l’envie d’agir pour la planète.

 Le New Deal Vert Mondial, Pourquoi la civilisation fossile va s'effondrer d'ici 2028. Le plan économique pour sauver la vie sur Terre, Jérémy Rifkin, Les Liens qui Libèrent, octobre 2019, 304 pages, 21,80 euros

 

Changer la ville et… le Monde

Dans Tous acteurs de la Révolution verte. Changer la ville, changer le monde, le collectif « Merci Raymond » invite à repenser le modèle de nos villes afin de s'y sentir mieux.
Pour eux, la clé réside dans la réintroduction du végétal à laquelle chacun à son échelle peut participer. Par exemple, l'agriculture urbaine développée sur des espaces non exploités comme des parkings ou des terrains vagues permettrait de redonner à la ville sa fonction nourricière. Cette idée illustrée par la mise en fonction de jardins partagés montre qu'en plus de favoriser la sociabilisation, d'être source d'intégration pour certaines populations, elle offre des vertus thérapeutiques tout en permettant à nos petits citadins d'apprendre les bases du jardinage. Ces jardiniers urbains comme ils aiment se nommer, nous expliquent également comment il est possible de re-végétaliser nos cités grâce à une nouvelle vision verte de l'architecture. Pour eux, cette dernière doit devenir durable en visant le biomimétisme et la ville résiliente. Par exemple, il est possible comme certains l'ont déjà fait de développer l'apiculture sur les toits des immeubles. Très pragmatiques, 25 actions très simples sont détaillées avec des illustrations pour devenir acteur de la révolution verte. Voici un livre très instructif et positif redonnant espoir en l'avenir d'une vie urbaine. Ce livre permet de prendre conscience qu'il est possible de vivre mieux en ville en étant acteur du changement. Il ouvre également une voie possible vers tout un panel de nouveaux métiers qui sont en train de se développer : Agriculteurs dépollueurs, Designer végétal ou encore e-agriculteurs. Il donnerait presque envie de retourner vivre en ville pour répondre à ce défi !

 Tous acteurs de la révolution verte. Changer la ville, transformer le monde. Merci Raymond (collectifs de jardiniers urbains), Marabout ed., 175 pages, 14,90 euros

 

Cocooner dans sa maison écolo

Dans Ecocooning, une maison écolo, c'est confortable, Elise Rousseau nous livre une BD pleine d'humour qui met du baume au cœur. Grâce à une poule bio très inspirante qui débarque inopinément dans son jardin, la narratrice devenue très récemment hyper allergique va revoir entièrement sa façon de vivre. Ainsi, tout va passer au crible: ses produits d'entretien, de salle de bain, ses matériaux de construction, l’intérieur de ses placards, sa façon de cuisiner, son jardin. Rien n'est oublié! Sans professer une leçon moraliste, cette gallinacée prénommée Cocotte donne des clés afin de se sentir davantage en adéquation avec ce dont nous avons réellement besoin tout en faisant du bien à soi-même et à la planète. Sortir de la société de surconsommation, repenser son intérieur tout autant que son extérieur vont encourager l’héroïne à se créer une vraie maison douillette et écologique avec tout ce que cela revêt. Sans tomber dans le minimalisme extrême, elle exhorte par exemple à réfléchir à ses vrais besoins. En ce sens, des exercices pratiques personnels: « le cahier pratique de Cocotte» jalonnent toute la BD en officiant presque comme un guide de développement personnel pour revenir au principe de « sobriété heureuse ». Tout cela avec beaucoup de légèreté.
Voici donc une BD très drôle qui invite finalement à réfléchir en profondeur sur sa façon de vivre. De façon sous-jacente elle touche à une question essentielle de notre existence: comment être heureux ?

Ecocooning, Une maison écolo, c'est confortable ! Elise Rousseau, Delachaux et Niestlé  ed.Paris, 2019, 125 pages, 15,90 euros

 

Comment renverser les multinationales

Vandana Shiva, la militante et féministe indienne, démontre de façon saisissante le pouvoir destructeur des multinationales et des milliardaires. Ces ultra-riches (dont Bill Gates, Warren Buffett, Mark Zuckerberg) représentent 1 % des habitants de la Terre et ont conduit les autres 7 milliards à des inégalités sociales exacerbées, à la pauvreté et la malnutrition, aux crises migratoires... Leurs fondations et fausses œuvres humanitaires ne sont qu'une façon d'échapper au contrôle des structures démocratiques pour accroître leur pouvoir et multiplier leurs profits. Ils supervisent l'alimentation, l'information, la finance, l'énergie... Vandana Shiva propose des pistes pour renverser la balance, sauver la démocratie, renouer avec la nature et l'identité humaine.

 1 % : reprendre le pouvoir face à la toute-puissance des riches, Vandana Shiva, Rue de l'échiquier, août 2019, 184 pages, 19 euros

 

Nous voulons des produits sains

L'auteur de Nous voulons des coquelicots, Fabrice Nicolino, livre une enquête choc sur le scandale sanitaire des fongicides SDHI (Succinate DeHydrogenase Inhibitor : inhibiteurs de la succinate deshydrogénase) qui servent à détruire les champignons et moisissures des récoltes. Ils sont présents dans 80 % des surfaces de blé, sur l’orge, les arbres fruitiers, les tomates, les semences, les pommes de terre, les terrains de sport, etc. Or, ils s’attaquent à la fonction respi­ratoire des êtres vivants (la SDH) et entraînent chez l'homme des maladies neurologiques et des cancers. Des scientifiques du CNRS, de l’Inserm et de l’Inra ont alerté en 2018 les autorités, mais les lobbies de l'industrie agro-chimique nient tout problème de santé publique. L'auteur dénonce les liens étroits entre ces lobbies et les institutions publiques de veille sanitaire, dont l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), d'où des conflits d’intérêts graves pour notre santé.

Le crime est presque parfait, Fabrice Nicolino, Les liens qui libèrent, septembre 2019, 224 pages, 20 euros

 

Pour un cerveau éclairé

Stéphanie Brillant a réalisé le film documentaire Le cerveau des enfants, un potentiel infini (2017) et consacre désormais son travail à l’éducation éclairée. Dans cet ouvrage, elle explique comment assurer aux enfants un meilleur équilibre psychique et physique, ainsi qu'un plus grand épanouissement social et professionnel, avant la naissance et pendant les premières années. Elle ouvre des pistes de réflexion originales pour comprendre le fonctionnement du cerveau et aborde divers sujets liés entre eux : émotions, croyances, fonctionnement de la mémoire, hygiène de la pensée, importance de l’engagement physique et social. L’essentiel est dans la qualité de la relation qu'on entretient avec eux, de la façon la plus positive possible. Avec des exemples concrets, des exercices pratiques et des jeux faciles à expérimenter au quotidien.

 Guide du cerveau pour parents éclairés, Stéphanie Brillant, Actes Sud, septembre 2019, 304 pages, 22 euros

 

La Terre nous écrit pour la sauver

Geneviève Azam, économiste, spécialiste du climat et altermondialiste, écrit un essai sous la forme originale d'une lettre à la Terre, une déclaration d'amour face au désastre écologique, aux dérèglements climatiques (et humains) et au mirage d'un capitalisme vert. Elle propose, aux Terriens « déterrestrés » que nous sommes devenus, un rapport plus sensible et direct à la Terre, un lien à renouer. L'autrice a également imaginé la réponse de la planète qui est d'accord avec les alliances, mais pas n'importe lesquelles ni avec n'importe qui, quitte à détruire des projets contre-Nature. La Terre nous demande de nous soulever avec elle pour répondre à l'immense défi pour la sauver, car ce sont nous, humains, qui gardons l'action politique. Geneviève Azam lance un appel à la désobéissance, à la résistance et à la lutte contre ce qui menace la vie.

 Lettre à la Terre. Et la Terre répond, Geneviève Azam, Seuil, septembre 2019, 192 pages, 17 euros

 

Rester (ou devenir) vegan et convivial

Annie Nichols est anglaise et ses talents culinaires sont internationaux. Elle dirige un « super club » végétalien et sait faciliter la vie des végans avec une cuisine rapide et goûteuse pour tous. Le véganisme comptent des millions d'adeptes avec des approches multiples : choix éthique, environnemental, politique ou simplement gustatif pour qui préfère les aliments d'origine végétale. Mais parfois, les habitudes alimentaires des végans sont restrictives et difficilement compatibles avec celles des autres. Du petit déjeuner en passant par l'apéro et le souper, voilà une foultitude d'idées, d'astuces et de conseils, et 65 recettes pour continuer à partager de bons repas avec ses amis. Pour que plaisirs et convivialité s'invitent à toutes les tables !

Comment manger végan et garder ses amis ? Annie Nichols, Ulmer, septembre 2019, 160 pages, 16,90 euros

 

Mode d'emploi positif pour la transition

Grégory Derville est maître de conférences en science politique et a participé à Beauvais en transition. Déjà auteur d'un livre sur la permaculture, il crée un écolieu à la campagne pour mettre en œuvre concrètement ses travaux. Avec ce livre pratique sur la transition écologique, il explique, en expert et praticien, comment transformer en profondeur le territoire : quartiers, villages, villes. Lucide face à la situation écologique, il propose cependant une vision positive et stimulante du futur pour la construction d'une autre société, en unissant les forces et compétences (famille, amis, voisins, associations, élus locaux...). Voilà un véritable mode d'emploi pour savoir comment s'y prendre et quelles actions mener, s'appuyant sur 9 types d'initiatives détaillées et des exemples précis déjà existants.

 Réussir la transition écologique. Outils pratiques pour agir ensemble, Grégory Derville, préface de Pablo Servigne, Terre Vivante, octobre 2019, 208 pages, 25 euros

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