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[ENTRETIEN] Isabelle Delannoy : « Notre vision de l’économie doit être connectée avec la nature »

Créé le : 27/11/2020
isabelle delannoy/ crédit Julien dezécot

crédit photo: JD

Propos recueillis par Julien Dezécot

Engagée depuis 30 ans, Isabelle Delannoy a co-écrit le film Home et La Terre vue du ciel avec Yann Arthus-Bertrand. Ingénieure en agriculture, cette militante a également rédigé L'économie symbiotique. À l'heure de la Covid, son livre résonne comme une proposition politique, pour une véritable transition économique. Rencontre.

 

Dans votre ouvrage L’économie symbiotique, sorti chez Actes Sud en 2017, vous développez une autre manière de connecter économie et écologie. Pourriez-vous nous expliquer cette économie symbiotique ?

C’est à travers l’économie que nous traduisons concrètement notre vision du monde, dans la manière dont on produit ou comment les humains échangent entre eux. Pour être symbiotique, c'est-à-dire pour que notre prospérité se couple avec celle de la Terre, notre vision de l’économie doit être connectée avec la nature. J'observe qu'une frange de l'économie est déjà en train de muter dans cette direction. Elle est minoritaire mais significative. Ce sont les communes qui changent, les entreprises et notamment les TPE-PME, ainsi que quelques grandes entreprises qui ont encore une dimension familiale, même cotées au CAC40. J'observe un vrai mouvement dans le monde entier : aux États-Unis, en Russie, et même en Chine… Ce sont les régénérateurs !

Pouvez-vous nous présenter les trois piliers de l’économie symbiotique qui, mis en musique ensemble, pourraient créer la symbiose catalysant le...

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[INTERVIEW] Sébastien Bohler : « Notre civilisation qui a promis le bonheur à travers la consommation est en train de détruire notre planète. »

Créé le : 25/11/2020

Crédit : Pixabay. Les galeries Lafayette, à Paris, temple de la consommation.

Propos recueillis par Catherine Stern 

Sébastien Bohler, docteur en neurosciences, nous explique que nous devons nourrir notre cerveau avec du sens plutôt qu’avec de la consommation.

Dans votre essai le bug humain, vous expliquez que notre société consumériste s’adresse à une partie de notre cerveau qui est incapable de nous apporter le bonheur...

Si on abreuve notre striatum (structure nerveuse située sous le cortex et impliqué notamment dans la motivation alimentaire ou sexuelle, ndlr) avec des séries télé, des téléphones, des voyages, il en voudra toujours plus. Il n’y a pas de joie possible de cette façon-là car toute satisfaction obtenue se traduit par une insatisfaction l’instant d’après et le besoin de nourrir de nouveaux désirs. Notre civilisation qui a promis le bonheur à travers le confort et l’accès à la consommation n’a pas tenu ses promesses et elle est en train de détruire notre planète.

Vous expliquez dans votre dernier essai Où est le sens ? qu’il faut donc s’adresser à une autre partie de notre cerveau…

Malgré le confort et la consommation, nous ne sommes pas plus heureux qu’avant, et même beaucoup moins, parce qu’il y a énormément de dépressions, d’anxiété, de sentiment de vide chez les gens. Si on veut chercher du bonheur, il faudrait s’adresser à notre cortex cingulaire, une partie de notre cerveau (située entre nos deux hémisphères cérébraux, ndlr) qui cherche à savoir où on va, pourquoi on agit, quel est le sens de nos actions et de nos existences. C’est une bataille à l’intérieur de nos têtes, avec un choix entre continuer à être dans la consommation, le plaisir dans l’instant, et activer la partie de notre cerveau qui désire de la compréhension, de la cohérence, une direction. Pour le nourrir, nous avons besoin d’autres carburants cérébraux, comme les valeurs, les systèmes de vision du monde.

Comment articuler cette compréhension du cerveau avec les changements nécessaires ?

Les seules idées partagées qui permettent à notre société de tenir aujourd’hui sont la production, la consommation, le pouvoir d’achat et la croissance. Elles nous tiennent lieu de valeurs morales et sous-tendent un édifice social, économique, civilisationnel très efficace. Mais ces valeurs sont inadaptées à leur temps et nous emmènent dans le mur à très court terme. Soit on se pose ces questions, soit on disparaît. Au cœur du débat brûlant auquel on va devoir s’attaquer, il y a une révolution de valeurs pour définir celles qui nous réunissent pour fonder une vision du monde partagée.

Ce travail doit-il se faire individuellement ou collectivement ?

Une part du travail est à faire individuellement parce que le besoin de sens est à chercher à l’intérieur de soi, en se demandant si ce qu’on fait en accord avec nos valeurs aura un impact positif sur le monde de demain. Mais comme on vit dans des sociétés organisées, il faut aussi une offre politique qui s’adresse à notre besoin de sens et propose ce débat sur les valeurs.

Cette offre politique existe-t-elle ?

Il y a quelques années, la décroissance était une lubie d’extrémiste, alors qu’aujourd’hui, c’est sur la table du débat public. Certaines personnes s’interrogent et parlent de plus en plus de sobriété, d’altruisme, de pleine conscience. Mais d’autres, celles qui ont le pouvoir, se cramponnent aux valeurs de l’ancien monde. Mais quand on regarde les choses en face, on voit qu’il va falloir sacrifier des choses. Renoncer c’est dur, mais dans la logique du cerveau qui veut du sens, ça prend sa place. Nous arrivons à la fin d’un cycle qui aura lieu soit dans la douleur par l’effondrement, soit par une remise en question délibérée de nos systèmes de gouvernance.

[DOSSIER] Amish, anti-progrès, rabat-joie : l’ère de l’écolobashing

Créé le : 25/11/2020
Crédit photo : pixabay. Légende : Des paysans Amish labourant un champ. Emmanuel Macron a raillé les opposants à la 5G en les
comparant à cette communauté qui refuse la modernité.
 
Par Catherine Stern
 
Alors que l’écologie gagne du terrain en politique, comme l’ont montré les dernières élections municipales, les opposants, jusqu’au président de la République, s’adonnent parfois au dénigrement et à la caricature. Les écolos seraient des rabat-joie, des anti-progrès prêts à retourner à l’âge de pierre. Sans transition ! s’est penché sur ces clichés.  
 
 

Le Tour de France et les sapins de Noël sont associés à des moments festifs populaires et s’en prendre à ces symboles peut faire un mauvais buzz. C’est ce qu’ont découvert à leurs dépens Pierre Hurmic, le maire de Bordeaux qui avait souhaité mettre fin au traditionnel sapin de Noël géant sur la plus grande place de la ville1, et Gregory Doucet, le maire de Lyon, qui avait qualifié le Tour de France de sexiste et polluant. « La France d’après, celle des écologistes puritains, doit faire table rase de tous ces vieux éléments de culture populaire qui ont fait l’identité d’avant », n’hésite pas à écrire le très libéral Éric Verhaeghe dans un pamphlet sur Figarovox. La droite, voire l’extrême-droite, s’en sont donné à cœur joie. « Toute la fachosphère s’est mise en branle pour critiquer Pierre Hurmic qui contrevenait à cette tradition du sapin de Noël », signale Vincent Béal, maître de conférences en sciences politiques à l’université de Strasbourg.

Taper sur les écolos devenus dangereux

L’occasion était trop belle pour ne pas taper sur des écolos que le succès aux dernières élections...

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[VOYAGE EN TRANSITION] Replay des émissions

Créé le : 20/11/2020
Voyage en transition

Par Sans transition !

Pendant le mois de l'économie sociale et solidaire, Sans transition ! et ses partenaires ont organisé un cycle d’émissions avec des conférenciers de divers horizons afin de présenter des solutions possibles pour permettre une transition écologique, énergétique et solidaire. Vous êtes déjà près de 15 000 à avoir suivi nos émissions sur nos différents réseaux, alors mille merci !

"Ecologie : l'arbre qui cache la forêt ?"
Retrouvez le replay de l'émission avec Francis Hallé, botaniste et auteur, spécialiste des arbres et forêts primaires. Il revient avec nous sur l'importance des forêts et de leur bonne gestion pour préserver la biodiversité et permettre la construction d'une société plus durable.



 

"De Dieselgate aux transports du futur"
Retrouvez le replay de l'émission avec Karima Delli, députée européenne depuis 2009 et présidente de la Commission Transports et tourisme. Elle revient sur le scandale du Dieselgate qui a ébranlé l'industrie automobile et les institutions européennes et sur l'importance du développement d'un modèle de mobilité plus durable.

"Dépasser l'effondrement"
Retrouvez le replay de l'émission avec Arthur Keller, ingénieur aérospatial de formation, auteur et conférencier spécialisé dans l’étude des risques systémiques et des stratégies de résilience collective. Il nous informe sur les risques d'effondrement de notre civilisation et sur l'importance des récits pour construire de nouveaux imaginaires et faire advenir une société plus résiliente.

"1 000 milliards pour le climat !"

Retrouvez le replay de l'émission avec Jean Jouzel, climatologue et glaciologue, ancien vice-président du conseil scientifique du GIEC. Il revient avec nous sur les conséquences du dérèglement climatique et sur les solutions possibles pour financer la transition.

Des émissions organisées en partenariat avec : Macif, la Fondation Macif, Actes Sud, la région Occitanie, le Conseil départemental de Haute-Garonne, UniLaSalle Rennes-Ecole des métiers de l'environnement, Université de Haute-Alsace, Le Coq Gadby.

[DOSSIER] AMAZON, l’ogre qui voulait conquérir le monde

Créé le : 12/11/2020
Colis Amazon

Photo : José Miguels/Pixabay

Par Guillaume Bernard

La crise de la Covid-19 a dopé la croissance d’Amazon et le « Monde d’après » pourrait bien être celui de la prolifération de ses entrepôts. D’autant plus avec les reconfinements un peu partout en Europe et ailleurs, qui promettent de booster encore son chiffre d’affaires. Une mauvaise nouvelle : car l’entreprise est nocive pour l’environnement et l’emploi, refuse de payer ses impôts et fait peu cas du droit du travail. Mais qu’est-ce qui pourrait donc stopper l’extension sans fin du géant Amazon ?

Le Vernet, Haute-Garonne, 2800 habitants, trois boulangeries, deux boucheries et, depuis peu, un Amazon Locker. Installé à proximité de la petite gare communale qui transporte les habitants vers leurs bureaux toulousains, ses grands casiers métalliques affichent clairement leur fonction : "Commandez sur Amazon, retirez vos colis ici". Plus besoin d’attendre le livreur chez soi, vos objets sont directement livrés dans ces lockers et le client est libre de les récupérer quand il le souhaite dans un délai de trois jours.

Apparus en France dès 2017, les lockers ont d’abord été installés dans 230 villes françaises et se sont multipliés peu à peu sur le territoire jusqu’à être implantés dans des communes d’à peine quelques milliers d’habitants. Au Vernet, la date d’installation du locker, juste après le confinement, est elle aussi lourde de sens. D’aucuns pourraient y voir le symbole d’une victoire : celle de la pieuvre Amazon qui, dopée par les effets de la crise du coronavirus, étend encore et toujours ses tentacules. De fait, avec le confinement et la réduction des déplacements, le commerce en ligne a explosé. Amazon, ténor en...

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[LE WEB SONNE] Le replay de la conversation citoyenne avec Jean Jouzel

Créé le : 06/11/2020

Par Sans transition! 

Le troisième épisode du Web Sonne, l’émission en direct de Sans transition ! avait pour invité Jean Jouzel, climatologue et glaciologue, ancien vice-président du groupe scientifique du GIEC. Vous êtes déjà près de 2 000 à avoir suivi cette émission en partenariat avec Harmonie Mutuelle sur nos différents réseaux. Alors mille merci !

 

Retrouvez le replay de cette émission avec Jean Jouzel !

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