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[ VIVRE AVEC LA TERRE ] Entretien avec Charles Hervé-Gruyer

Créé le : 15/11/2019

Le 21 octobre dernier, nous avons eu la chance de rencontrer Charles Hervé-Gruyer à l'occasion de la conférence organisée en partenariat avec Actes Sud. Le fondateur de la ferme mondialement connue du Bec Hellouin définit l'écoculture comme étant un " véritable art de vivre avec la terre ", qui prend la nature comme modèle. Entretien.

Charles Hervé-Gruyer est d'abord spécialiste en permaculture. Une pratique qu'il définit comme étant une manière d'habiter durablement la planète à travers une culture permanente. Au fur et à mesure de l'avancée de ses travaux communs avec son épouse, Perrine, il a introduit un nouveau vocable : l'écoculture. L'écoculture est quant à elle, une agriculture qui selon lui, prend la nature comme modèle, tout en intégrant toutes les autres formes d'agricultures naturelles (permaculture, agroécologie...). C'est un véritable " art de vivre avec la terre ".

Il était en conférence à la banque éthique La Nef de Vaulx-en-Velin, le 21 octobre dernier, à l’initiative de Sans transition ! magazine.

Son dernier ouvrage, Vivre avec la terre, est paru cette année chez Actes Sud.

[ENVIRONNEMENT] : Laisser libres les herbes folles avec Gilles Clément

Créé le : 14/11/2019
Conférence à Mazan avec Gilles Clément

Le jardinier, écrivain et paysagiste Gilles Clément était présent mardi 12 novembre à la boiserie Mazan, face à une salle bien remplie, afin d’évoquer le sujet « Jardiner la terre, comment repenser notre rapport à la nature ? ». Pour lui, le jardin est un enclos où l’homme doit être le moins interventionniste possible. Une leçon à appliquer à l’échelle planétaire, face au dérèglement climatique.

Prendre garde à « l’illusion de la maîtrise de la nature par la technologie ». Rester humble face à la nature, accepter « l’idée de ne rien faire » plutôt que de vouloir sans cesse la contrôler, voilà le rappel du jardinier à la renommée internationale Gilles Clément, connu notamment pour ses concepts de « jardin en mouvement » ou encore de « jardin planétaire ». En substance, l’écrivain a martelé son message, celui d’une reconnexion impérative à la nature, et invité à « se rapprocher du vivant et réapprendre à vivre avec la diversité ». En guise d’exemples, Gilles Clément s’est attardé sur la couleuvre ou encore la taupe, symboles de ces animaux relégués au rang de « nuisibles », qui traduisent notre rapport belliqueux à l’environnement. Le préalable à cette reconnexion ? Impérativement « abandonner notre modèle économique où tout est marchandisé », ce qui fausse notre rapport à la nature et alimente notre besoin de l’assujettir.

« Le paysage, un regard porté par l’homme »

La thématique plus locale du « changement climatique, comment adapter nos jardins en Provence ? », a nourri un débat sous forme de table ronde avec, aux côtés de Gilles Clément, Sébastien Giorgis, architecte, paysagiste et urbaniste et Quentin Lefaucheux, paysagiste et créateur d’espaces verts (Les jardins de Solev). En préambule, Sébastien Giorgis a rappelé que le « paysage est avant tout un regard porté par l’homme », et à ce titre, il relève « du patrimoine culturel ». Ce à quoi Gilles Clément a enchéri : « le paysage est ce qui se trouve sous l’étendue du regard, c’est quelque chose de sensible, de personnel. Mettez 30 étudiants devant un seul paysage, vous obtiendrez 30 lectures différentes ! ». Quentin Lefaucheux a souhaité rendre hommage aux paysans dont il est lui-même un fils, soulignant « leur responsabilité dans l’aménagement du paysage ». Après ce juste rappel, Sébastien Giorgis a expliqué qu’en Provence, c’est avant tout l’eau qui structure le paysage. « Les jardins méditerranéens dépendent de cet élément géologique, avec des épisodes où elle se fait rare, et d’autres où elle est présente en extrême abondance. Ainsi, on retrouve souvent une géométrie dans ces jardins, liée aux fils d’eau qu’il faut étirer ».

« Savoir dire non »

Le débat a tourné autour de la responsabilité du paysagiste qui doit s’adapter à son environnement, avec notamment, la raréfaction de l’eau en cette période de changement climatique. Pour Quentin Lefaucheux, « il faut sensibiliser les clients à cette problématique, et savoir dire non… ». Notamment à une demande absurde de gazon dans cette région aride ! « Il y a tant à proposer à la place, comme une prairie sèche par exemple ».

 La question du nécessaire retour de la nature en ville a également été abordée. Mais pour cela, « il est impératif d’abandonner la notion de mauvaise herbe, et faire comprendre que la présence d’herbe en ville n’est pas signe d’abandon ou de négligence ! », a souligné Quentin Lefaucheux. Attention, a alerté Sébastien Giorgis, « à la tentation de globaliser les paysages, et à celle de céder, par exemple, à la facilité qui consiste à vouloir planter des arbres partout. Il existe plein de modèles de paysages ! » Et puisqu’« on habite un paysage auquel on s’identifie », a-t-il ajouté, « il est vital de travailler les paysages avec les citoyens ». Les trois interlocuteurs ont reconnu le nécessaire « challenge » d’aller chercher ceux qui restent souvent en dehors des débats publics, afin d’éviter « l’entre soi ». Car en matière de jardin comme de changement climatique, nous sommes tous concernés.

Gilles Clément a écrit de nombreux ouvrages, dont Les jardins planétaires, Une brève histoire du jardin et des romans dystopiques, comme Le grand B.AL.

Sans transition ! remercie ses partenaires Biocop de Carpentras, l’Atelier bio de Provence, Atmosud, Les jardins de Solev,  Les Toqués, Eovimed, Actes Sud, RCF,  France Bleu Vaucluse et la boiserie Mazan.

[ LIBERTÉ DE LA PRESSE ] Appel à rassemblement

Créé le : 12/11/2019

Sans transition ! magazine, ainsi que les autres signataires appellent à un rassemblement devant le Tribunal de Grande Instance de Toulouse vendredi 15 novembre à 8h pour soutenir le journaliste Guillaume Bernard. Travaillant pour plusieurs médias – Rapports de force, EcomNews, Sans Transition Magazine – il a été arrêté le 12 octobre lors de la manifestation toulousaine des Gilets jaunes. Alors qu’il effectuait son travail, il y a été interpellé pour « jets de projectile » et « rébellion », et placé en garde à vue aux côtés de 25 manifestants. Guillaume Bernard est ressorti de garde à vue 27 heures plus tard et il est convoqué en justice ce 15 novembre pour répondre finalement du seul fait de « rébellion », purement imaginaire.

Au commissariat, les policiers ont expliqué à Guillaume Bernard avoir recherché un homme… dont le signalement ne lui correspondait absolument pas. Guillaume Bernard, qui a couvert de nombreuses manifestations à Toulouse, a pourtant été gardé à vue alors qu’il avait communiqué sa fonction de journaliste. Alors qu’il sortait de garde-à-vue le commissaire lui a d’ailleurs fortement déconseillé de revenir en manifestation, « journaliste ou non ». En d’autres termes, lorsqu’un journaliste fait son travail – se rendre sur le terrain, interroger, constater, prendre des notes, filmer – il s’agit de l’intimider, avec garde à vue et tribunal de grande instance à la clé.

Guillaume Bernard rejoint la trop longue liste des journalistes entravés dans l’exercice de leur métier, interpellés, injuriés, blessés, placés en garde à vue ou poursuivis. Nous demandons sa relaxe pure et simple. Une condamnation ne saurait-être, en l’espèce, que l’octroi d’un permis d’empêcher les journalistes de faire leur métier.

Autres signataires : Fondation Copernic 31, Club de la Presse Occitanie, SNJ, Ecomnews, Rapports de Force, Sans-Transition Magazine, Université Populaire de Toulouse, Jeunesses Syndicalistes Toulouse.

[ JARDINS REMARQUABLES ] Balade aux jardins du Rayol

Créé le : 11/11/2019

Propriété du Conservatoire du littoral, le domaine du Rayol est un site naturel remarquable. Situé au pied du Massif des Maures et en face des Iles d'Hyères, dans le Var, cet ensemble de jardins regorge d'une riche biodiversité et permet de découvrir les différentes végétations méditerranéennes. Gilles Clément, jardinier-paysagiste de renommée internationale y a conçut le Jardin des Méditérranées. Il sera en conférence ce soir à la Boiserie de Mazan, à l'initiative de Sans transition !.

Interviews sonores du « jardinier en chef » et régisseur, Alain Menseau et d'Aurélia Leroux, coordinatrice pédagogique des jardins du Rayol.

Plus d'infos :

www.domainedurayol.org

Photo : Domaine du Rayol

[ ZÉRO DÉCHET ] Jérémie Pichon, " Le plastique est un fléau " !

Créé le : 08/11/2019

Il est le papa de la Famille Zéro déchet. Jérémie Pichon donnait une conférence hier, animée par Sans transition !, au Palais des arts de Vannes (56), dans le cadre des 30 ans de Bio Golfe.

Chaque seconde, 200 kg de déchets se retrouvent dans les océans. Ce sont les chiffres de la Surfrider Foundation pour laquelle Jérémie Pichon milite depuis 20 ans. Il y a quelques années, il a décidé de " passer à l'acte " et de calculer le bilan carbone d'une famille en prenant la sienne pour exemple.

Pari réussi ! Sachant qu'une famille produit en moyenne 390 kg de déchets par an, la Famille zéro déchet, elle n'en produit que ... 25 kg.

" S'engager dans la transition vers le zéro déchet implique un changement complet de mode de vie et une responsabilisation ". Les résultats sont effectivement très positifs pour la famille et plus nombreux qu'attendus. Les gains concernent tous nos modes de vie. " Le Zéro déchet préserve notre santé, l'environnement et réoriente l'économie vers le local. C'est un cercle vertueux qui a pour fondement les circuits courts ".

" Faire son marché est le meilleur endroit pour faire du zéro déchet ! On y trouve du bio, du local et sans emballages ! ".

C'est bien une véritable révolution domestique et sociale qui s'est produite pour Jérémie, sa femme et leurs deux enfants. Tous les quatre vivent désormais loin de l'hyperconsommation ambiante, et cela pour leur plus grand bien, assure le papa. 

" Bob le bocal" est le contenant annuel de déchet de la famille.

" Chacun peut le faire ", assène le super papa et infatigable militant. "  Il faut se donner du temps, être indulgent avec soi-même et ne pas partir en croisade contre ceux qui ne pensent pas comme nous ".

Car oui, nous en sommes convaincus, la transition vers le zéro déchet se fera à l'image de Jérémie Pichon : avec passion et bonne humeur !
Son dernier ouvrage, illustré par Bénédicte Moret, " La Famille vers la transition écologique " est paru en mars 2019 chez Thierry Souccar.

Plus d'infos : www.famillezerodechet.com

Les 30 ans de Bio Golfe continuent ! Retrouvez François Veillerette, fondateur et porte-parole de Générations Futures, vendredi 15 novembre au Palais des Arts de Vannes !

[ENVIRONNEMENT] Les lobbies, du local au global

Créé le : 06/11/2019
Salle comble pour la table ronde consacrée aux lobbies de l'environnement (crédit : Magali Chouvin / Sans Transition).

Oui, l’environnement aussi a ses lobbies, souvent portés par le soutien des citoyens dans les territoires. Un sujet brûlant, décortiqué mardi 5 novembre lors d’une table-ronde organisée par Sans Transition ! et le Salon de l’écologie à Montpellier. Salle comble : plus d’une centaine de personnes étaient réunies pour échanger avec les spécialistes du sujet qui ont répondu à l’appel : Frédéric Le Manach, directeur scientifique de l’association Bloom ; Édouard Bouin, administrateur du Pacte finance-climat ; et Benoît Prévost, chercheur en économie à l’Université de Montpellier. Retour sur les temps forts de cette soirée.

À Bruxelles, environ 12 000 lobbyistes déclarent exercer des activités à la Commission et au Parlement Européen d’après le registre commun de transparence. Seulement un quart d’entre eux sont des ONG. Frédéric Le Manach le rappelle : « Il existe deux types de lobbying : celui d’intérêt privé, et celui d’intérêt commun. C’est là où se placent les associations environnementales. » Chez Bloom par exemple, on cherche à faire bouger les lignes du monde de la pêche, à l’image de la bataille gagnée sur la pêche profonde contre Intermarché. 

Les lobbies jouent également sur le terrain de la finance, comme le détaille Édouard Bouin : « Avec le Pacte finance-climat, nous avons fait du lobbying, du plaidoyer. Quasiment toutes les listes ont repris nos idées aux dernières élections européennes : le milieu de la finance s’interroge désormais. Les banques travaillent sur la finance verte, elles savent que les aléas climatiques vont coûter des fortunes. »

L'information comme bien commun

Pourtant, dans une société où les intérêts économiques sont prédominants, l’ombre du greenwashing plane sur cette « verdisation » de l’économie. « La première bataille à mener est celle de l’information comme bien commun », explique Benoît Prévost. Et la transparence n’est pas la réponse, elle n’est qu’un outil. Pour le chercheur, l’interpénétration du monde industriel et scientifique dans la politique est une véritable catastrophe. L’association Bloom tente elle de lutter pour une information fiable en employant des chercheurs et en disséminant l’information.

Tous s’accordaient hier sur le rôle fondamental des citoyens pour changer les décisions au sein de l’Union Européenne. Et quoi de mieux que l’accès à l’information pour faire réagir ? Frédéric Le Manach l’observe : « Lorsqu’ils sont sensibilisés à un sujet, les citoyens peuvent adhérer à nos actions. Et avoir l’adhésion du public, c’est un rouleau compresseur à Bruxelles. » Si le lobby se joue dans les hautes sphères politiques, les actions locales sont donc elles aussi fondamentales ! Clothilde Ollier, candidate EELV pour les élections municipales à Montpellier, en témoigne également : « Le poids des associations et des militants est important, les politiques en ont besoin, cela nous porte. » La lutte pour l’environnement se jouera du local au global.

Sans Transition ! remercie ses partenaires : le Salon de l'écologie, la Fondation Macif, Biocoop, Oyas environnement, RCF et l’Université de Montpellier.

Retrouvez très bientôt l'intégralité de la soirée en podcast sur le site de la radio RCF.

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