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[ COVID19 & AGRICULTURE ] " Distribuer des produits frais en vente directe est encore possible "

Créé le : 26/03/2020

Faisant suite à une ordonnance du Conseil d'Etat du 22 mars, le Premier Ministre a annoncé lundi soir une restriction forte sur la possibilité de tenir des marchés de plein air pour des raisons sanitaires. La FNAB et la Confédération paysanne s'associent pour diffuser au maximum les alternatives fiables sur le plan sanitaire aux marchés de plein air et en font part dans un communiqué de presse commun.

Comment pouvons-nous maintenir, malgré une distanciation sociale demandée, le lien direct entre producteur et consommateur ? C'est la question que posent dans leur communiqué la FNAB et la Confédération paysanne. Ces modes de vente sont très présents en agriculture biologique et en agriculture paysanne, et sont au cœur d'un autre système agricole, celui dont on aura aussi besoin demain pour réinventer notre économie.
 
 Distribuer des produits frais en vente directe, est encore possible, selon les deux organisations.
 
« Cette crise nous ébranle et nous rappelle que la diversité est la clé, à la fois diversité dans les productions mais aussi dans les méthodes de commercialisation » explique Jean-Paul Gabillard, secrétaire national légumes à la FNAB.
 
Sur le web, des plateformes dédiées aux circuit court se sont créées ces dernières années pour faciliter les achats en direct à la ferme. « Nous allons mettre à disposition de tous les paysans et paysannes, sur nos sites web, la liste des outils que nous avons recensée sur lesquels ils peuvent organiser leurs ventes en ligne ainsi que le pré-paiement » explique Guillaume Riou, président de la FNAB.
 
De leurs côtés, les collectivités locales disposent de moyens logistiques comme les transports scolaires, ou des bâtiments publics vides qu'ils pourraient mettre à disposition de groupes de paysan-ne-s pour faciliter la livraison sur des points fixes ou carrément à domicile. Des mairies agissent déjà[1] « Nous appelons les acteurs publics de proximité à prendre le relai, qu'ils contribuent à maintenir ce lien social essentiel entre le monde agricole et leurs populations, ils ont des outils et un savoir-faire sur la logistique notamment qui doit pouvoir être mobilisé » conclut Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne.
 
La FNAB et la Confédération paysanne rappellent que des solutions existent pour les paysan-ne-s, consommateur-rice-s, ou acteur public de proximité :

  • Lien vers la liste de plateformes pour vendre et acheter en ligne (sans logistique de livraison) – outil non exhaustif et mis à jour régulièrement
  • Lien vers les initiatives locales et lien vers la newsletter Territoires Bio – mise à jour régulière

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[SUPERMARCHÉ COOPERATIF]: À la Chouette Coop, je distribue, tu distribues, ils distribuent

Créé le : 23/03/2020
Crédit : Natacha Scheidhauer

 Crédit photo : Natacha Scheidhauer

Par Natacha Scheidhauer

Popularisés dans la foulée de la crise économique de 2008, les supermarchés coopératifs fleurissent en France. Dans ces commerces, les clients gèrent leur magasin pour choisir leurs approvisionnements et trancher eux-mêmes la question des marges commerciales. Un choix engageant, comme à Toulouse, où la Chouette Coop ouvre ses portes.

Plus que quelques semaines et Toulouse aura son premier supermarché coopératif et participatif. Une montée en puissance pour une alternative à la grande distribution, portée par l’association Les Amis de La Chouette Coop.

La barre des 350 est passée ! Au nombre de 333 Chouettos au début de la réunion d’accueil organisée ce dimanche matin (fin février, ndlr), les coopérateurs du supermarché La Chouette Coop comptent maintenant près d’une vingtaine de nouveaux membres. « On atteint régulièrement 65% d’inscription à l’issue de chaque réunion de présentation », explique Jérôme, l’animateur de la séance. Sans compter ceux qui reviennent s’inscrire à la séance suivante parce qu’ils ont pris le temps de réfléchir, ou le plus souvent parce qu’ils avaient oublié de se munir de leur carte d’identité ou de leur chéquier. » Il faut dire que la plupart des aspirants Chouettos arrivent déjà convaincus, comme Antoine, jeune informaticien de 34 ans : « Je m’étais déjà pas mal renseigné avant de venir, et comme je suis déjà investi dans la conso locale et solidaire, j’ai pu retrouver des valeurs communes. » Mais...

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[SUPERMARCHÉ COOPÉRATIF] : À Saint-Étienne, la Fourmilière la joue collectif

Créé le : 21/03/2020
crédit Niko Rodamel

Crédit photo : Niko Rodamel

Par Niko Rodamel

Popularisés dans la foulée de la crise économique de 2008, les supermarchés coopératifs fleurissent en France, dans la lignée des pionniers nord-américains et de la Louve à Paris. Dans ces commerces, les clients gèrent leur magasin pour choisir leurs approvisionnements et trancher eux-mêmes la question des marges commerciales. Un choix engageant, comme ici à la Fourmilière de Saint-Étienne.

À Saint-Étienne, moins d’un an après l'ouverture du premier supermarché coopératif ligérien, la Fourmilière transforme l’essai en passant la barre des 600 collaborateurs. Le bilan humain est d'ores et déjà des plus positifs : un tissu de bonnes volontés s'est créé entre le collectif de « clients-propriétaires » et les producteurs locaux.

De sa gestation à ses tout premiers pas, la Fourmilière a bénéficié d'un incroyable alignement d'étoiles. Tout est parti d'une expérimentation menée en mars et avril 2017, à l'occasion de la 10ème biennale du design qui avait pour thème « les mutations du travail ». Un espace éphémère de consommation collaborative associe habitants et producteurs locaux, reposant sur un mode d’approvisionnement qui met en œuvre des véhicules doux. Deux mois plus tard, la projection du film Food Coop au cinéma Le Méliès enfonce le clou. Chez une poignée de Stéphanois, l'exemple du supermarché coopératif new-yorkais fait naître l'envie concrète de se retrousser les manches. En septembre 2018, forte de 75 souscripteurs, l'association originelle devient alors société coopérative à but non lucratif et se...

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[ CONFINEMENT ] Sans transition ! prend soin de vous

Créé le : 20/03/2020

Pour rendre cette situation de confinement moins oppressante, Sans transition! vous propose un peu de lecture ! Nous vous avons concocté une sélection d'articles en libre accès. Bonne lecture !

L'équipe a choisi des articles relevant de thèmes adaptés à ce contexte si particulier. Vous trouverez de quoi vous informer, vous creuser les méninges et surtout, de quoi vous faire du bien !

 

> GILLES CLÉMENT :  " Nous appartenons à la Nature et nous en dépendons ! ".

Pour ce jardinier paysagiste et philosophe, il faut cesser de concevoir la nature comme une altérité, et accepter d’en faire intimement partie. Notre avenir en dépend ! Entretien.

> ÉCOLOGIE : Un revenu universel pour sortir du productivisme ?

Produire moins permettrait de réduire la production de CO2. Mais comment faire pour que la baisse de la production n’appauvrisse pas davantage les plus pauvres ? À cette question certains répondent : « revenu universel ».

> LA SÉLÉCTION DE NOS LIBRAIRES : Renaissance écologique, 24 chantiers pour le monde de demain de Julien Dossier

Interloqués ou révoltés, pragmatiques ou rêveurs, lanceurs d’alerte, poètes ou romanciers, des auteurs, sélectionnés par des libraires qui diffusent Sans transition !, manient la plume et l’encre pour dire leurs convictions en termes d’écologie et d’humanisme.

> LOW TECH : Des technologies de transition

Les low-tech — technologies simples, solides et sobres en énergie — proposent de répondre à une multitude de nos besoins de base, tout en réduisant nos impacts environnementaux.

> LA RUÉE VERS L'ORGE : La Berlue, apporter sa bière à l'édifice

Située à Gaillac dans le Tarn, la microbrasserie la Berlue tente de se faire une place dans la région, tout en conciliant son artisanat avec le choix d’une économie circulaire et le respect de l’environnement.

> SANTÉ & HUILES ESSENTIELLES : Comment faire les bons choix ?

Leur succès commercial qui cache parfois un manque d’informations et de conseils sur des produits vendus librement.

> EDGAR MORIN : " Tout ce qui peut faire régresser le pouvoir économique doit être mis en œuvre ! "

Cet ancien résistant, témoin du Front populaire, reste habité par la lutte pour les progrès sociaux et écologiques. Du haut de ses 97 ans, il demeure un observateur averti de la vie politique. Rencontre.

> CARBURANTS : Quelles alternatives aux carburants fossiles ?

Agrocarburant, bioGNV, hydrogène... Des alternatives à l’essence et au gazole existent déjà. Mais la faiblesse des réseaux de production et de distribution les cantonne encore à des flottes captives, pour les entreprises et les collectivités.

> ROB HOPKINS : " Exorter le pouvoir de l'imagination ! "

Enseignant en permaculture puis initiateur du mouvement des Villes en transition, il rappelle le puissant pouvoir de l’imagination, indispensable pour créer des villes en transition. Il donne ici des clés et des exemples pour un futur positif et joyeux qui reste à construire.

 

[SUPERMARCHÉ] Breizhicoop, l’épicerie coopérative à Rennes

Créé le : 19/03/2020
Breizhicoop Crédit Virginie Jourdan

Crédit photo : Virginie Jourdan. 

Par Virginie Jourdan

Dans la lignée des pionniers nord-américains et de la Louve à Paris, des Rennais ont ouvert le premier supermarché participatif breton. Depuis mars 2019, les sociétaires de l'épicerie, située dans un quartier populaire de la capitale rennaise, gèrent leur propre commerce pour donner du sens à leurs achats.

 

Installée derrière une caisse-enregistreuse, Christine demande conseil à un de ses collègues bénévoles. « Hamid !, lance la femme depuis son poste, je viens d'entrer les nouveaux prix des fruits et légumes dans le logiciel, il faut que je redémarre la caisse ? » Au fond de l'épicerie, devant les réfrigérateurs destinés aux poissons fumés et à la viande, Chanterelle s’attelle à relever les températures de chaque colonne froide et les reporte sur un tableau de papier qu'elle classera ensuite dans les archives du magasin. Comme Jean-Pierre, Morgan et Hélène après elles, Christine et Chanterelle sont venues donner trois heures de leur temps à la boutique Breizhicoop, le premier supermarché participatif breton.

Pour répondre à toutes les questions, Hamid a pris le rôle de bénévole référent pour la journée. Ce jeune retraité de 63 ans vient dans ce quartier du sud de Rennes entre une à trois fois par semaine depuis Pleumeleuc (35), une commune rurale située à une vingtaine de kilomètres de Rennes. Comme Alexis, également présent ce jour dans le magasin, il fait partie des membres fondateurs de cette épicerie pas comme les autres. Ce qui lui a plu ? « ...

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[SUPERMARCHÉ COOPERATIF]: « Un système qui n’exclue pas la dimension marchande »

Créé le : 19/03/2020
virginie jourdan Breizhicoop

Crédit photo Virginie Jourdan. Breizhicoop

Propos recueillis par Elodie Crézé

Bruno Claverie est enseignant en économie à l'Université Toulouse – Jean Jaurès, ISTHIA. Il estime que le supermarché coopératif est un modèle de consommation plus humain, qui s’inscrit dans une transformation sociale globale.

Comment pourrait-on définir le modèle du supermarché coopératif ?
Il s’agit d’un modèle plus humain, l’humanisme étant au fondement même de ces supermarchés coopératifs. C’est aussi un lieu, qu’on pourrait qualifier de tiers-lieu - d’après la définition du sociologue Ray Oldenburg – qui n’est ni un lieu de vie domestique, ni un lieu de travail ordinaire. Le consommateur y est un « consom’acteur »(1), au sens où il apprend, développe des compétences en logistique, vente, etc. Il est ainsi un employé, mais pas au sens traditionnel du terme. Et il s’investit dans le produit, qu’il connaît et choisit, et celui-ci ne disparaît pas derrière son seul usage.(2) Enfin, il est sociétaire, et de ce fait gouverne, prend des décisions. On se rapproche des visions solidaires du XIXe siècle, avec le grand mouvement des mutuelles et coopératives.

Il s’agit d’un modèle basé sur le bénévolat. Cela n’est-il pas sa principale limite ?
Ce n’est pas du bénévolat au sens philanthropique qu’on lui assigne habituellement, et pas tout à fait du volontariat d’après sa définition juridique non plus. Ici, même s’il n’y a pas de rémunération(3) les employés ne sont pas désintéressés. Les bénéfices psychologiques sont considérables, ils acquièrent une variété de compétences et jouent un rôle dans la transformation sociétale. Il s’agit d’une nouvelle forme d’économie du tiers-secteur, en pleine expérimentation. Bien que ne visant pas le profit, et s’inscrivant dans un système solidaire, le supermarché coopératif n’exclue pas la dimension marchande. Dans cette économie collaborative que l’on pourrait qualifier d’alternative, la relation marchande devient un catalyseur de lien humain.

Ce modèle, récent en France, a-t-il vocation à essaimer ?
Il tend à essaimer sur tout le territoire, même si pour l’instant il reste majoritairement lié à un cadre urbain. L’environnement dans lequel il s’implante et la volonté propre des sociétaires le fera peut-être évoluer différemment, davantage vers le périurbain, voire le rural. Pour l’heure, chaque supermarché coopératif est un laboratoire en soi.

(1)Le client possède le statut de coopérateur et achète une part du magasin quelques dizaines d’euros. Il doit accorder quelques heures de son temps par mois à faire tourner la boutique, environ 3 ou 4 heures.
(2) Les marges sont généralement fixes sur les produits, où la qualité, le bio et le local, sont privilégiés pour un moindre coût.
(3)On trouve tout de même un minimum de salariés pour certains postes, comme pour orchestrer la participation des coopérateurs.

Plus d’infos : https://forum.supermarches-cooperatifs.fr/

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