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[ENQUÊTE] - Pesticides: l’agriculture peut-elle se désintoxiquer ?

Créé le : 22/05/2018
La société toulousaine Naïo conçoit des robots électriques désherbeurs à destination des agriculteurs. Une alternative « high-tech » à l’utilisation de pesticides. © Tien Tran / Naïo

Les consommateurs désirent une alimentation sans pesticides. Et même la FNSEA commence à changer son fusil d’épaule en promettant de mettre en œuvre des « solutions » pour diminuer les doses de produits phytosanitaires. Mais l’agriculture conventionnelle peut-elle vraiment rompre sa dépendance à la chimie ?

Par François Delotte


PRODUITS PHYTO : PAR ICI LA SORTIE !

Nouvelles technologies ou agroécologie. Plusieurs pistes sont aujourd’hui débattues pour sortir des pesticides.


Pour Cécile Claveirole, référente agriculture de France Nature Environnement, une moindre utilisation de pesticides passe par la restauration des haies et un retour à des cultures diversifiées. Ici, un paysage de bocage près de Chinon (37). © Pixabay

Diminuer de 50 % l’utilisation de produits phytosanitaires d’ici 2025. C’est la proposition faite par la FNSEA dans son « contrat de solutions » présenté à l’occasion du dernier Salon de l’agriculture, fin février 2018. Le premier syndicat agricole français serait-il enfin conscient des effets délétères de l’agrochimie sur l’environnement et la santé ? Pas si sûr…« Nous pensons que les peurs sont exagérées concernant l’usage de ces produits. Le consommateur estime que ces peurs sont justifiées. Or, nous devons être en phase avec la demande », concède Éric Thirouin, secrétaire général adjoint de la commission Environnement de la FNSEA.Cependant, « Le zéro phyto n’est pas atteignable », annonce d’emblée Éric...

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Soutenez Sans Transition !

Créé le : 18/05/2018

Après la Bretagne, la Provence et l'Occitanie, Sans Transition ! arrive en Auvergne-Rhône-Alpes !

Un lancement accompagné par une opération de crowdfunding qui permettra au magazine de s'implanter sereinement dans cette nouvelle région. Mais aussi de renforcer sa présence dans les autres territoires via l'organisation de conférences avec de grands acteurs du changement.

De nombreuses contreparties sont proposées, dont des abonnements. N'hésitez plus, contribuez à soutenir une presse de qualité, libre et indépendante en vous rendant sur https://fr.ulule.com/transition-mag/

La lutte contre l'évasion fiscale en Une de Sans Transition !

Créé le : 17/05/2018

Après la Bretagne, la Provence et l'Occitanie, Sans Transition !, arrive en Auvergne-Rhône-Alpes ! Un lancement accompagné par une opération de crowdfunding qui permettra au magazine de s'implanter sereinement dans cette nouvelle région. Mais aussi de renforcer sa présence dans les autres territoires via l'organisation de conférences avec de grands acteurs du changement. 

A la Une de ce numéro de Sans Transition !  :

  • Une enquête sur l'évasion fiscale et les mesures qui peinent à être mise en place pour la combattre.

  • Un grand entretien avec Yannis Varoufakis. Figure de l’anti-austérité, l’ancien ministre des Finances grec a lancé fin mars son nouveau parti baptisé MeRA25. Il est également à l’initiative du mouvement transeuropéen Diem25, dont l’objectif est de rallier à sa cause des partis nationaux, comme Génération-s de Benoît Hamon, pour présenter un programme commun aux élections européennes de 2019. Ambition : relancer une Europe écologique, transparente et solidaire.

  • Un dossier sur l'autoconsomation d'électricité - Un décret publié il y a un an a mis en place une aide pour les installations d’autoconsommation électrique. La mesure a incité de nombreux foyers à utiliser directement une partie de l’énergie produite par leurs propres panneaux photovoltaïques. Un investissement intéressant ?

  • Une enquête sur la sortie du tout "phyto" - Les consommateurs désirent une alimentation sans pesticides. Et même la FNSEA commence à changer son fusil d’épaule en promettant de mettre en œuvre des « solutions » pour diminuer les doses de produits phytosanitaires. Mais l’agriculture conventionnelle peut-elle vraiment rompre sa dépendance à la chimie ?

Découvrez vos sujets régionaux 

Retrouvez nos reportages sur la culture du Miscanthus en Ariège (Occitanie), le LieU'topie, repaire des étudiants écolos et solidaires à Clermont-Ferrand (Aura), sur la renaissance d'une friche urbaine à Redon (Bretagne) ou encore sur l'école d'écoconstruction du Gabion (Paca).

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Occitanie : Dénichez de « bonnes adresses » avec les 3 Grâces

Créé le : 17/05/2018

On croit souvent avoir fait le tour de l'endroit où l'on vit. Les Montpelliéraines Justine Baptista, Marion Arnau et Cécile Dubois ont voulu s'attaquer à cette idée reçue en lançant Les 3 Grâces. Ce webzine propose de découvrir de bonnes adresses, près de chez vous, en région Occitanie : commerces locaux et équitables, artisanat, gastronomie... Il y en a pour tous les goûts et toutes les envies. 

« Nous sommes les touristes de notre propre région. Le projet des 3 Grâces est né de la frustration que nous avions de mal connaître notre propre région », raconte Justine. Avec ses collègues Marion et Cécile, elles se sont donc lancées dans la recherche de boutiques, de producteurs ou d'activités d’exception à Montpellier et dans sa région. « Pour l'heure, la plupart de nos références se trouvent à Montpellier et Sète. Mais nous avons vocation à dénicher progressivement des adresses dans toute la région », assure Justine.

Produits sains et locaux

Le site met déjà en avant plus de 40 commerces et services d'exception. Car Les 3 Grâces ne mettent pas n'importe qui ou quoi en avant. Et c'est là sa valeur ajoutée. Les structures qui souhaitent figurer sur le site doivent payer une adhésion à l'association qui porte le projet. Mais aussi signer une charte qui garantit la qualité de leurs prestations et le respect d'une certaine éthique. « Il s'agit de valoriser des démarches responsables. Des produits sains, si possible bio, mais pas uniquement, et locaux », défend Justine.

Des bonnes adresses que Les 3 Grâces présentent dans le cadre de circuits qui s'adressent aux particuliers. Il s'agit de parcours thématiques proposant les visites de 4 à 8 lieux ou activités dans une ville du territoire. Par exemple, un tour gastronomique à Montpellier, au travers duquel on découvrira une épicerie fine, un caviste, avec un passage obligé par la case restaurant. La culture ou encore la mode peuvent être d'autres thèmes retenus... Le tarif : entre 15 et 35 euros, en fonction des circuits qui peuvent comprendre repas et dégustations. Visites que Les 3 Grâces comptent bientôt organiser en minibus afin de sortir des villes et encore plus des sentiers battus.

Découvrez dans chaque numéro de Sans Transition ! Occitanie une bonne adresse dénichée par Les 3 Grâces

Plus d'infos : www.les3graces.fr/webzine/

 

[TRIBUNE] - Transition énergétique : sortons de l’impasse de l’éolien industriel

Créé le : 16/05/2018
Pixabay

TRIBUNE - Par le collectif Toutes Nos Energies-Occitanie Environnement

Eoliennes qui fonctionnent sans permis, promoteurs qui malgré le refus de la population et de leurs élus reviennent à la charge jusqu’à épuisement des résistances, intimidation des militants par des officines de sécurité, acharnement judiciaire à leur encontre, dévoiement du financement participatif pour acheter les citoyens, « cadeaux » aux dianes et associations locales pour les séduire, l’industrie éolienne fait feux de tous bois pour sauver la planète financière et ne règle en rien la question de la nécessaire transition énergétique.

"La transition énergétique doit-elle obéir aux seules logiques du profit ?"

Les méthodes inacceptables employées pour imposer l’éolien industriel conduisent à une impasse : la transition énergétique doit-elle obéir aux seules logiques du profit, porter atteinte à la qualité de vie des habitants et au patrimoine naturel, culturel et paysager ? Est-il normal d’affecter des avantages financiers aussi énormes à l’industrie éolienne au détriment des mesures d’économie d’énergie et des techniques de production d’énergie plus respectueuses des territoires ?

  Le collectif régional Toutes Nos Energies-Occitanie Environnement * organise un débat public, au Palais des Congrès de Mazamet (Tarn) le mercredi 30 mai de 19h30 à 22h, pour que la transition énergétique se réalise dans le respect des gens et des territoires qu'ils habitent et qu’ils font vivre. Il sera précédé dans l’après-midi par des ateliers.

 Thèmes des ateliers, ouverts à tous, de 15h à 18h (salles du Palais des Congrès de Mazamet)

  • Energies et environnement (écosystèmes, eau, biodiversité)
  • Energies et  société (choix énergétiques et alternatives sociales
  • Energies et territoire (démocratie, citoyenneté)
  • Energies et droit (contexte juridique et réglementaire)

Cet événement a reçu le label de la Commission Nationale du Débat Public (le seul en France, avec les Bretons, organisé par un collectif de citoyens !). 

Entrée libre, il est ouvert à toutes et à tous, et recommandé aux associations d’Occitanie, alors merci, merci vraiment d'être nombreux à Mazamet.

Inscriptions aux ateliers ICI.

[20 ans d'Iés] – Christophe Ramaux, membre des Économistes atterrés : « L’Économie sociale et solidaire se situe entre les intérêts privés et l'intérêt général ».

Créé le : 14/05/2018
Christophe Ramaux, membre du collectif "Les Économistes Atterrés", donnera une conférence à Ramonville (31), le 24 mai 2018 à l'occasion des 20 ans d'Iés - DR

Initiatives pour une Économie Solidaire (Iés) fête ses 20 ans le 24 mai prochain à Ramonville-Saint-Agne, près de Toulouse. Cette coopérative propose aux citoyen-ne-s d'utiliser leur épargne pour financer des entreprises locales de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). À l'occasion de sa fête d'anniversaire, Iés invite Christophe Ramaux, économiste, maître de conférences à Paris-Sorbonne, spécialiste de l’État social et membre du collectif des Économistes atterrés, à donner une conférence sur l'ESS et les nouvelles tendances économiques. Entretien.

Vous avez accepté l'invitation d'Iés pour parler des nouvelles tendances économiques, dont l'Économie sociale et solidaire (ESS). Quel doit être, pour vous, le rôle de l'ESS dans l'économie française en général ?

 

Je voudrais d'abord insister sur une chose. En France, nous n'avons pas suffisamment conscience que notre économie est mixte. Il y a des entreprises capitalistes de toutes tailles et qui peuvent fonctionner différemment. À côté de cela, le secteur public représente 30 % des emplois salariés. Puis il y a un troisième secteur : celui de l’Économie sociale et solidaire. Celui-ci concerne en premier lieu l'emploi associatif, mais aussi les coopératives, les mutuelles et les fondations. Il représente environ 10 % des emplois salariés. Notre économie est donc mixte et non pas de marché, contrairement à ce qu'on laisse souvent entendre.

Comment s'articulent ces différents secteurs ? Et comment on se propose éventuellement de les transformer ? Pour moi, ce qui relève de l'intervention publique ce sont tous les domaines relevant des services publics. Les sujets comme la santé, l'éducation ou encore les entreprises de réseaux doivent relever du secteur public. Pour certains de ces domaines, il peut y avoir des délégations de service public. Mais il faut considérer que l'intérêt général ne peut pas être réduit au jeu des intérêts particuliers. Je pense que ce qui doit relever de l’Économie sociale et solidaire est contractuel. Les structures de l'ESS sont de droit privé, tout en fonctionnant sur un autre mode que celui du capitalisme. C'est l'idée qu'entre les intérêts privés capitalistes et l'intérêt général il y a quelque chose d'intermédiaire.

Cela renvoie à la notion de bien commun, particulièrement mis en avant en ce moment. La reconnaissance des biens communs est une bonne chose. Mais, à mon sens, certains domaines relèvent davantage du bien public que du bien commun. C'est par exemple le cas de l'eau et sa gestion, qui mettent en jeu l'intérêt général. Ce n'est pas aux habitants riverains d'une rivière de la contrôler, car elle coule en amont et en aval. Une municipalité, qui possède une légitimité démocratique, est plus habilitée à gérer localement l'eau qu'un collectif citoyen.

Derrière l'éloge des biens communs, il peut y avoir une attaque contre les biens publics. Cette attaque ne vient pas des libéraux, mais plutôt d'une gauche qui n'aime pas l’État. Et la problématique peut être la même pour l'ESS : derrière elle peut se trouver une volonté de contourner la question de l’État.

Justement, pour le spécialiste de l’État social que vous êtes, une forme d'économie animée par des structures privées, comme l'est l'ESS, peut-elle être véritablement sociale ?

Oui, tout à fait. Dans l'ESS, on ne peut néanmoins pas évacuer le sujet du pouvoir. Animées par un état d'esprit autogestionnaire, les structures de l'ESS ne sont en réalité pas des structures sans pouvoir. Dans toutes les associations il y a du pouvoir. C'est une bonne chose car cela donne une consistance propre à la structure au-delà du jeu de ses parties. Dans n'importe quelle association, coopérative ou mutuelle, il y a un besoin de pouvoir. Les dirigeants sont élus en assemblée générale. L’abus de pouvoir peut conduire au pire, on le sait, même dans l'ESS, mais pour surmonter cela encore faut-il ne pas nier la ,nécessité du pouvoir.

Notons une autre dimension critique qui existe à l'égard de l'ESS : les travaux du sociologue Matthieu Hély ont montré que parfois, au dos de l'affichage social, il y a des modes de gestion dans l'ESS qui peuvent être plus régressifs que dans les entreprises classiques. Des syndicalistes du secteur de la prise en charge de la dépendance disent parfois qu'ils préfèrent travailler dans des établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) gérées par des entreprises capitalistes plutôt que par des associations qui imposent des conditions de travail plus rudes et paient moins bien. Même chose dans la culture où on entend parfois la petite musique: « vous travaillez dans la culture, c'est génial, vous n'allez pas en plus demander de bons salaires » Donc il faut faire attention à ce que l'ESS ne soit pas un prétexte pour jouer contre les statuts des salariés.

Quelle est la position générale des Économistes atterrée sur le rôle que doit jouer l’Économie sociale et solidaire dans l'économie en général ?

Nous estimons que son rôle est important. Il y a un débat aujourd'hui qui porte sur les entreprises, porté notamment par le récent rapport Notat-Senard, Entreprise et intérêt général, remis au gouvernement en mars dernier. Ce document est important car il interroge le fonctionnement des entreprises capitalistes. Seuls 20 % des Français travaillent dans des entreprises de moins de 10 salarié. Plus de 30 % travaillent dans des structures de plus de 5000 personnes. Enfin, 20 % travaillent dans des structures comprenant entre 250 et 5000 salariés. L'idée que la majorité de l'emploi se trouve dans des PME est fausse. De plus, de nombreuses entreprises de moins de 50 salariés font de la sous-traitance pour de grandes sociétés. Beaucoup des grandes entreprises sont gérées selon le modèle des firmes actionnariales. Il s'agit pour elles de satisfaire les intérêts des actionnaires. Le rapport Notat-Senard dit que cette financiarisation est contre-productive. Les gestionnaires de fonds s'occupent de portefeuilles colossaux. Ils évitent de détenir des parts trop importantes des entreprises car ils veulent pouvoir vendre à tout moment sans que cela ne fasse chuter le cours de leurs actions. Ils préfèrent diluer leurs portefeuille : détenir 0,2 ou 0,5 % d'une entreprise. Ainsi, si l'on vend ses parts, cela ne se voit pas. Ils exigent juste de ces entreprises du rendement financier (dividende et hausse du cours). Les sociétés sont alors soumises à la logique du court terme. Et ce au détriment de ce qu'est véritablement une entreprise : une structure qui s'engage sur le long terme. Le rapport Notat-Senard préconise que l'on change de logique, de passer d'un système où seuls les actionnaires ont tendance à être reconnus à un mode de gestion où les salariés, les travailleurs sont impliqués dans les décisions de l’entreprise, un peu comme dans le modèle de codétermination allemand.

Une des questions qui traversent aujourd'hui l'ESS est que faire de ce rapport ? Car si l'on systématise les responsabilités sociales et environnementales, elle risque de perdre sa singularité. Et même chez les Économistes atterrés il existe un débat : certains, dont je suis, disent qu'il faut développer l'ESS et simultanément remettre à le fonctionnement des autres entreprises plat, en s’inspirant du modèle allemand. D'autre, pensent que cela est vain car, selon eux, les entreprises capitalistes sont irréformables.

Plus d'infos :  www.ies.coop/1998-2018-20-ans-d-IeS

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