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Chômage : le projet anti-crise d'ATD quart monde

Créé le : 03/12/2015

Le chômage, avec 2,4 millions de chômeurs de longue durée, en octobre 2015 (d’après l’Insee), n’a qu’à bien se tenir ! Le mouvement Agir Tous pour la Dignité (ATD) quart monde a lancé, en 2011, le projet national « Territoire zéro chômeur de longue durée ». L’association propose d’utiliser les coûts du chômage de longue durée pour créer de nouveaux emplois utiles à la société. Un projet de loi « d’expérimentation » a été déposé en novembre dernier, afin de tester cette méthode sur quatre territoires.

 

En attente de pouvoir être « expérimenté», le projet d’ATD quart monde « Territoire zéro chômeur de longue durée » est né, en 2011, d’un simple constat. « Un chômeur de longue durée coûte à la collectivité environ 15 000 € par an en prestations diverses », explique Patrick Valentin, responsable national du projet. Ce montant est relativement proche des 22 000 € annuels d’un smic à plein temps. « Si ces prestations pouvaient être directement versées pour financer des CDI, le coût manquant serait donc de 7 000 € » explique le responsable. Selon ATD, cette somme pourrait largement être couverte par les richesses de l’activité elle-même, sans dépenses publiques supplémentaires. « Concrètement, « L'objectif de l'opération est de proposer à toutes les personnes privées durablement d’emploi et qui le souhaitent, un CDI au SMIC, à temps choisi, adapté à ses compétences » explique Patrick Valentin. « D’autant plus qu’il existe, une multitude de travaux utiles à la société, non réalisés, car pas suffisamment solvables » ajoute-t-il.

Une grève du chômage

Pour faire parler du dispositif, une « grève du chômage » a été organisée le 15 octobre dernier sur les quatre territoires* locaux susceptibles de tester le projet « Territoire zéro chômeur de longue durée ». « Désherbage, classement de factures ou encore travaux de terrassement, ces opérations symboliques avaient pour but de promouvoir le projet » explique Denis Prost, responsable sur le territoire de Pipriac et Saint-Ganton (35). « Mais aussi de se préparer aux expérimentations qui commenceront, normalement, au second semestre 2016, pour 5 ans » ajoute-t-il. « Cette grève a permis d’impliquer les acteurs locaux. On a besoin de la mobilisation des entreprises et des élus pour développer le projet».

Des chômeurs qui veulent travailler

« Une façon aussi pour nous, en recherche d’emplois, de montrer que l’on veut travailler » explique Raphaël Le Gal, en recherche d’emploi depuis un an et demi dans la chimie industrielle. « J’ai participé à la grève du chômage et je veux trouver un CDI grâce au projet d’ATD. La méthode classique ne fonctionne pas, alors pourquoi ne pas essayer cette démarche inédite ».

*La Communauté de communes du pays de Colombey- sud Toulois (54), le territoire du grand Mauléon (79), les communes de Pipriac et Saint-Ganton (35) et la Communauté de commune « Entre Nièvres et Forêts » associée à Chateauneuf-Val-de-Bargis (58).

Plus d’infos

www.atd-quartmonde.fr

Photo : Des demandeurs d’emploi, le 15 octobre à l’occasion de la grève du chômage, mettaient en place un jardin partagé à l’initiative du foyer de vie d’adultes handicapés à Pipriac (35). © Roseline Martin

Un management « égalitaire » chez Scarabée Biocoop

Créé le : 20/11/2015

La société rennaise de vente de produits bio Scarabée Bioccoop expérimente l'holacratie depuis cette année. Un mode de gestion d'entreprise qui supprime la logique pyramidale du pouvoir pour établir un modèle égalitaire. Et dans lequel les rôles des salariés ne sont pas figés. 

Difficile d'imaginer une entreprise de 130 salariés sans hiérarchie... Scarabée Biocoop l'a fait ! Cette société coopérative regroupe 4 magasins de produits bio, 3 restaurants, un salon de thé et un traiteur dans l'agglomération rennaise. Depuis février, elle expérimente l'holacratie : « une technique managériale qui permet d'aller chercher au sein de l'entreprise la personne la plus à même de remplir une fonction » explique Isabelle Baur, chargée de la communication et du développement chez Scarabée. « Le pouvoir est divisé et non plus concentré par quelques personnes qui donnent des ordres » précise Mme Baur. L'objectif : « apporter du mieux être au travail en valorisant les ressources de chacun ».

Un fonctionnement démocratique

Pendant 3 mois, Scarabée a été accompagnée par le cabinet spécialisé IGI Partners pour la mise en place ce cette nouvelle organisation. L'entreprise est divisée en 12 « cercles » qui sont autant de domaines d'activités : magasin, restaurant, traiteur, marketing... Une réunion hebdomadaire a lieu dans chaque cercle. Elle permet aux salariés d'exprimer leurs interrogations et de proposer leurs projets. Des réunions de gouvernance ont aussi lieu régulièrement pour déterminer le rôle de chacun (600 rôles ont été identifiés). Les cartes des rôles y sont rebattues dans chaque cercle : une personne chargée de faire la vaisselle dans un restaurant peut ainsi être amenée à s'occuper des commandes si elle le souhaite et si ses compétences le permettent. Un cercle général réunit les représentants des différents cercles. Les décisions stratégiques de l’entreprise y sont prises de « manière transparente et démocratique » indique Isabelle Baur.

Une autre culture du travail

De tels changements ne s'assimilent pas en un jour. Et Isabelle Baur confie « qu'il y a des résistances. C'est une nouvelle culture du travail qu'il nous faut apprendre et cela prend du temps ». De son côté, Matthieu France, employé du cercle « traiteur », indique que « le système n'est pas toujours adapté à la cuisine. Quand nous sommes dans l'urgence, il n'est pas possible de refuser d'aider le reste de l'équipe aux fourneaux sous prétexte que nous avons une autre tâche attribuée, comme le voudrait l'holacratie ». Pour le jeune homme, le plus positif «  est que chaque chose est discutée. Et chacun peut proposer ses idées. C'est très valorisant ». Un fonctionnement démocratique qui prolonge l'esprit coopératif de cette entreprise socialement innovante.

 

Plus d'infos

 

www.scarabee-biocoop.fr

 

Photo : Depuis le début de l'année, les salariés de Scarabée Biocoop (35) n'ont plus de responsables. © M. Bourven et L. Mercier, studio Timelaïn 

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