PAROLES CITOYENNES

[Industrie automobile] : répondre à la crise en préparant la mobilité de demain

Créé le : 06/07/2020

Par négaWatt

Conséquence de la crise sanitaire et des difficultés rencontrées depuis une quinzaine d’années, le secteur automobile connaît une grave crise économique. En France, des dizaines de milliers d’emplois sont menacés. Le gouvernement a fait le choix d’un effort budgétaire massif pour stimuler la demande automobile, favoriser l’innovation et soutenir les acteurs industriels français. Si certaines mesures sont bienvenues, le plan proposé n’est clairement pas à la hauteur des engagements climatiques, ni des enjeux sociaux soulevés par le mouvement des gilets jaunes.

 

Face à des mesures centrées sur l’offre de court terme du secteur automobile français, l’association négaWatt soutient une stratégie industrielle des mobilités adaptée aux besoins de déplacement, en cohérence avec les enjeux économiques, sociaux et climatiques. Celle-ci vise tout d’abord à prioriser l’investissement public vers les modes de transports les moins polluants et garantissant un accès plus équitable à la mobilité, comme le ferroviaire et les transports en commun. Grand absent des mesures gouvernementales, un plan ferroviaire ambitieux[1] est par exemple primordial.

Cette stratégie consiste également à engager dès à présent l’évolution de la filière automobile vers un modèle plus soutenable. Cela passe d’une part par le développement de la filière électrique au-delà de la seule voiture individuelle, en intégrant également les micro-cars et les deux-roues. Il s’agit d’autre part de construire une filière bioGNV (voitures et poids-lourds alimentés au gaz renouvelable) plus adaptée aux déplacements longs. Cette filière, qui présente des atouts écologiques indéniables, peut s’appuyer sur des réseaux de distribution existants et suggère de nombreuses créations d’emplois. Elle permettrait en outre de proposer aux ménages des véhicules plus accessibles financièrement.

Ces propositions restent indissociables d’une réflexion en amont sur nos déplacements en lien avec l’approche de sobriété portée par notre association.

Créée en 2001, l’association négaWatt est animée par une vingtaine d'experts de l’énergie, bénéficiant d'une expérience de terrain et de compétences complémentaires. Ils ont notamment démontré, avec le scénario négaWatt, qu’une transition énergétique vers un avenir soutenable est techniquement possible. L’association est aujourd'hui soutenue par près de 1400 adhérents.

Plus d’infos : la note présentant les propositions de l'Association négaWatt pour renforcer le plan de relance du gouvernement. 

 

 [1] Tel que proposé dans le scénario 3 du Conseil d’orientation des infrastructures

 


 

[AGRIBASHING] : LES ASSOCIATIONS DE PROTECTION DE LA NATURE DISENT NON A UNE ANTENNE DEMETER EN BRETAGNE !

Créé le : 02/07/2020

Ce jeudi 2 juillet 2020, la préfète d’Ille-et-Vilaine doit annoncer la mise en place d’un « observatoire départemental de l’agribashing ». La Fédération Bretagne Nature Environnement (FBNE)(1) et l’ensemble de ses associations membres dénoncent la collusion et le manque d’objectivité à l’origine d’un tel projet, qui s’inscrit dans la droite ligne de la cellule DEMETER, dont la dissolution a été demandée par 27 associations(2) en février dernier.

Le monde associatif exclu de l'Observatoire

Cet « observatoire de l’agribashing » doit réunir la chambre départementale d’agriculture, les syndicats agricoles représentatifs (FDSEA, Jeunes agriculteurs, Confédération paysanne, Coordination rurale), les représentants du secteur agroalimentaire (ABEA, UGPVB) ainsi que les services de l’État (DDTM, DDCSPP, police et gendarmerie). Force est de constater que le monde associatif est, bien malgré lui, prié de ne pas rejoindre la table des discussions et que l’expertise de nos associations sur la question agricole ne pourra certainement pas y être entendue. Nous remettons donc en cause l’impartialité et l’objectivité des débats et des solutions pouvant être discutées et apportées par cet « observatoire ».

Collusion à grande échelle

L’annonce de la mise en place de cet « observatoire » aura lieu au sein même de l’exploitation agricole du président de la chambre départementale d’agriculture d’Ille-et-Vilaine, illustrant parfaitement les liens douteux entre les représentants politiques départementaux et ces instances de promotion et diffusion d’un modèle agricole intensif et dévastateur. Nous notons, en outre, que cette annonce fait suite à la nomination de Thierry Merret3 , en tant que personnalité qualifiée au CESER de Bretagne, par nulle autre que la préfète elle-même : un autre geste éloquent, significatif, à l’égard et en faveur du système agricole conventionnel et de ses fervents défenseurs. Nous dénonçons fermement le manque de transparence et la complicité coupable de la Préfecture d’Ille-et-Vilaine qui appuie avec force la mise en place d’un tel projet, lequel ne peut objectivement être considéré comme une priorité départementale.

« Agribashing » : la menace fantôme

La mise en place de ce projet est en lien direct avec son expression nationale, la cellule DEMETER, projet gouvernemental déjà dénoncé par nos associations il y a tout juste quatre mois de cela. En effet, un objectif concret de cet « observatoire » est la constitution d’une base de données permettant une remontée d’informations vers la cellule DEMETER. Les actions portées par nos associations s'inscrivent dans le respect du droit pour la défense de l'intérêt général. La criminalisation d'actions associatives, assimilées à un agribashing, est en contradiction formelle avec le principe de liberté d'opinion. Que dire des intimidations faites auprès de nos militants associatifs ? Des dégradations faites au niveau des locaux de nos associations ? Du droit environnemental bafoué d'un revers de la main, sous prétexte que nous ne sommes « que » des lanceurs d'alertes, parfois traités d'écolo-terroristes... Peut-être que Madame la Préfète pourrait créer un « observatoire de l'écolo-bashing » ? C’est pourquoi nous ne pouvons que dénoncer un système agricole intensif qui aliène et dégrade autant qu’il bloque tout dialogue, dont la cellule DEMETER et ce nouvel observatoire sont la nouvelle expression.

1. FBNE fédère les associations de protection de la nature bretonne, fondée par Bretagne Vivante, CoBEN, Eau et Rivières de Bretagne, Groupe Mammalogique Breton, UMIVEM, Vivarmor Nature – Relais de France Nature Environnement

2. Communiqué de presse du 28 février 2020

3. Thierry Merret est ancien président de la FDSEA Finistère, actuellement administrateur à la FNSEA.

[Crise sanitaire ] : Quand l’agriculture régionale et durable répond à la précarité alimentaire locale

Créé le : 26/06/2020
paniers légumes

Par le collectif ALIMENT (Association Libre pour un Manger Équitable Naturel et Territorial)

La crise actuelle, et particulièrement pendant le confinement, a eu des répercussions dans tous les domaines. L’aide alimentaire n’a de ce point de vue là pas fait figure d’exception. D’un côté, son approvisionnement qui dépend habituellement de “circuits longs”, notamment internationaux, a été mis à mal. De l’autre, les “bénéficiaires” ont vu leur nombre et nécessités augmenter. A Marseille, des collectifs de citoyens solidaires ont fait se rejoindre l’offre agricole locale et durable momentanément davantage disponible avec les besoins pressants de familles dans le besoin. 

“Durant le confinement, les Français ont massivement plébiscité les circuits courts et les produits biologiques” titrait France 3 Val-de-Loire le 25 mai dernier. Mais, cela n’a pu que concerner les personnes ayant la liberté de choisir leur alimentation. Cela n’est justement pas le cas des 4 millions de personnes qui font appel à l’aide alimentaire chaque année en France pour subvenir à leurs besoins. Ceux-là en général doivent se contenter des invendus ou dons provenant majoritairement des “circuits longs” de l’industrie agroalimentaire. Or, la crise a perturbé toute l’économie, et le transport d’aliments, de surcroît international, n’a pas échappé à la règle.

En parallèle, la production agricole locale a enregistré des surplus dû à l’arrêt de certains débouchés (restauration, marchés etc.). Comment donc l’agriculture locale (et durable) a pu servir les bénéficiaires de l’aide alimentaire, en cette période où leurs besoins ont été encore plus pressants qu’auparavant ? Coup de projecteur sur quelques initiatives solidaires marseillaises qui ont rendu une nourriture locale, saine et durable accessible à des familles dans le besoin alimentaire.

L’union de la solidarité et de l’agriculture locale et durable : Témoignages à Marseille

L’épicerie paysanne ADELE - Association de Distribution Équitable, Locale et Écoresponsable (Agnès R.) : « ADELE a proposé à ses clients un panier suspendu pour les maraudes qui se sont mises en place dans le quartier Réformés et Belsunce. Des collectifs d'habitants passent régulièrement récupérer les dons des clients. L’épicerie prend en charge 20% de ces dons. Avec les invendus cela doit représenter environ 10 kg par jour de fruits et légumes issus d’une agriculture paysanne locale, et pour partie biologique. »

Par le Collectif des Rosiers / le Panier de la Rotonde (Valérie J.) : « Des enfants ne mangent pas à leur faim dans le quartier des Rosiers depuis qu'il n'y a plus de cantine. Beaucoup de petits boulots ont disparu. Un collectif s'est monté pour venir en aide à ces familles et organiser des distributions de nourriture et de jouets. Nous avions déjà parlé de solidarité lors de notre dernière AG. Nous pensions aider une famille du quartier en finançant un panier. Avec la situation aux Rosiers, il a fallu changer d'échelle ! Aujourd'hui : Loïc Péré, notre maraîcher, fournit 20 paniers hebdo de 13€ au lieu de 17€, que nous proposons à 3€ aux familles des Rosiers. Les 10€ restants sont couverts grâce aux dons collectés sur cette page. Surpris de la grande générosité des donateurs, nous allons même fournir quelques paniers à l'ADPEI – Association Départementale pour l’Emploi Intermédiaire »

Par les Paniers de chanot (témoignage de Claudette C.) : « Certaines personnes sont confinées loin de leur Panier Marseillais, elles peuvent faire don de leur panier de légumes. Ce panier récupéré par des bénévoles est donné (ou cuisiné) pour des sans papier, sans revenu, femmes seules avec enfants, familles en grande précarité … La semaine dernière au Panier de Chanot, distribué par la maraicher Thierry Gozzerino, des soupes, tartes aux légumes ont été cuisinés pour une famille dont la maman a subi une césarienne et est, pour l’instant, dans l’incapacité de le faire elle même. Même si l’objectif reste de leur donner directement les légumes pour qu’elles les cuisinent elles-mêmes. »

Par le Panier de l'AUBERGIN (témoignage d'Alexandra S.) : "Avez-vous entendu parler des paniers suspendus? Adaptés à notre Panier Marseillais, il s'agit, pour ceux qui le désirent, de faire un don en espèces (de 1 ou 2 € ou 5, ou 10€...), de manière à acheter à notre producteur des paniers supplémentaires qui seront distribués à des personnes en détresse alimentaire. Les besoins sont encore plus criants que d'habitude et les associations qui œuvrent dans notre quartier sont débordées de demandes de personnes au bord du gouffre qui n'ont plus de quoi se nourrir. Avec vos dons remis dans une boite collective prévue lors de nos distributions, nous achetons des paniers suspendus à Loïc Péré, notre maraîcher. Ces Paniers sont donnés au collectif "Le panier en colère" qui organise la distribution alimentaire auprès de familles du quartier en lien avec le Centre Social Baussenque et des directeurs d'écoles du quartier. Il s'agit d'un circuit solidaire court ! »

La crise sanitaire que nous vivons est rapidement devenue une crise économique et donc sociale. Activité vitale, l’alimentation n’a pas fait exception au chamboulement général qui a bouleversé la société. Les populations les plus précaires ont donc vécu une double peine : la perte de revenus les ont touchés plus brutalement, et la désorganisation des filières a perturbé l’approvisionnement de l’aide alimentaire dont certains dépendaient au quotidien. En conséquence, nombreux sont ceux qui ne mangaient plus à leur faim, dont des enfants depuis la fermeture des écoles, des cantines scolaires. Ces quatre initiatives solidaires marseillaises ont démontré que l’agriculture régionale et durable constitue une des réponses à la précarité alimentaire locale." Le collectif ALiMENT - Association Libre pour un Manger Équitable Naturel et Territorial - espère qu’elles bien fassent “tâche d’huile” (locale et durable !). La Cité de l’agri va organiser à l’automne en collaboration avec Graines de Soleil une journée autour de la question de l'accessibilité à une alimentation de qualité, à Marseille dans le 15eme. De son côté, les Paniers Marseillais projetteront à la même période le film « La part des Autres » qui porte sur l’accès à une alimentation de qualité pour les personnes en grande précarité.

A lire, prochainement dans le numéro d'été de Sans transition!, un dossier spécial sur la démocratie alimentaire. 

[PACTE TRANSITION] : Les collectifs locaux appellent à se mobiliser dans les urnes

Créé le : 25/06/2020
logo pacte transition
Dans quelques jours, les Français et Françaises iront voter pour le second tour des élections municipales. C'est une opportunité à ne pas rater pour traduire les urgences de changement dans les urnes. A cette occasion, 40 organisations nationales et plus de 300 collectifs locaux appellent les citoyens à se mobiliser dans les urnes pour la transition dans une tribune parue aujourd’hui.
 
Dans une période marquée par la crise sanitaire, la volonté de construire le “monde d’après” et le report du second tour des élections municipales, la question de la transition n’a pourtant jamais été aussi présente : il est urgent d’agir maintenant pour construire un monde plus juste, plus résilient, plus participatif, et cela commence par les urnes ce dimanche. C’est ce qu’appellent de leurs voeux 40 organisations nationales et plus de 300 collectifs locaux, mobilisés depuis des mois autour du Pacte pour la Transition et ses 32 mesures concrètes à mettre en oeuvre sur les territoires.
 
Avec plus de 150 élus du premier tour engagés dans cette dynamique, et près de 450 listes présentes au second tour signataires, ce sont des milliers de citoyens et citoyennes engagées pour qu’il n’y ait pas “de retour à l’anormal”. Comme l’explique Aliette Lacroix qui coordonne le Pacte pour la Transition “cette dynamique initiée nécessite d’être concrétisée dans les urnes. Les collectivités sont mobilisées depuis des mois pour faire face à la crise, les candidats s’engagent par des promesses de campagne : le changement que nous attendons doit être traduit en acte, et cela commence dimanche”. En effet, les élus locaux sont en première ligne pour faire face aux crises et ont un rôle essentiel dans la mise en place de cette transition puisque les collectivités territoriales portent aujourd’hui plus de 70% des investissements publics (1), dans des domaines tels que l’aménagement de l’espace public, les mobilités, l’eau et l’assainissement, la gestion des déchets, la restauration scolaire, la rénovation des bâtiments, l'énergie ou encore la gestion des centres communaux d'action sociale.
 
Autant de leviers mobilisables pour inverser la tendance et co-construire, avec les citoyens, les territoires de demain.
Cette transition nécessaire aujourd’hui doit se traduire en actes concrets demain, avec la participation des citoyens à la vie locale. Comme l’explique Rebecca Wangler, Alternatiba, voter pour la transition n’est pas qu’un chèque en blanc : “nous tenons aussi à rappeler que nous, associations, ONG, collectifs locaux et habitants, seront là pour assurer le suivi de ces promesses.”
 
Lire nos reportages en région sur la Transition dans le numéro St 22 ! de votre magazine Sans transition!

[ JOURNÉE MONDIALE DE L'ÉOLIEN ] Et si on mettait fin aux idées reçues ?

Créé le : 15/06/2020

La journée mondiale de l'éolien se tiendra le 15 juin prochain : l'occasion pour France Nature Environnement de tordre le cou aux idées reçues sur cette énergie, incontournable pour la transition énergétique. Car si les anti-éoliens se font beaucoup entendre, la réalité est bien différente.

Malgré une visibilité accrue dans des médias, les opposants au développement de l’éolien ne sont pas aussi nombreux qu’ils veulent bien le laisser croire. D’après les sondages, le soutien à l'éolien se renforce même. En 2018, 73% des Français indiquaient en avoir une bonne image, 80% pour ce qui est des riverains d'un parc éolien (Harris Interactive). En 2019, ils étaient 77% selon OpinionWay : la tendance est donc plutôt à un regard positif. Pourtant, des idées reçues ont la vie dure. Tour d’horizon :

Oui, les éoliennes font du bruit. C’est pour ça que leur implantation est interdite à moins de 500 m des zones d’habitation : à cette distance, ce bruit est peu perceptible, de l’ordre de 35 dB. Selon l’échelle du bruit de BruitParif, c’est l’équivalent d’une chambre à coucher. Et les progrès techniques ne cessent de réduire ce niveau.

Oui, les éoliennes modifient les paysages. Est-ce beau, ou moche ? La dimension paysagère doit être prise très en amont, par des modélisations photographiques rigoureuses. Elle peut même être intégrée à des schémas territoriaux. Après, à chacun d’en juger. Ces énergies nous libèrent d’une production d’électricité fossile et nucléaire, dont on a souvent tendance à oublier les impacts « moches » et réels, générés ici ou dans d'autres pays par leur utilisation, leur extraction et leur transport.

Oui, il peut y avoir un impact sur la biodiversité, comme toute activité humaine. C’est pourquoi leur implantation doit être réfléchie avec l’ensemble des acteurs locaux et des citoyens, planifiée, en premier lieu, pour éviter les impacts sur la biodiversité, notamment pour les espèces patrimoniales1. Une fois construits, les parcs doivent être suivis, modifiés si des impacts sont identifiés. Il est parfaitement possible d'avoir des parcs qui par leur emplacement et leur gestion génèreront des impacts réduits.

Par ailleurs, les composants des éoliennes sont recyclables à 90% et ce recyclage sera obligatoire d’ici à 2023. La réglementation prévoit déjà une provision pour le démantèlement de chaque éolienne.

L'éolien, un pilier incontournable de la transition énergétique

La prochaine Programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit une multiplication par 2,3 de l'éolien terrestre d'ici à 2028, objectif ambitieux de plus de 30 GW, nécessaire pour assurer la transition énergétique. Pour cause : la France est bien pourvue en vent, elle possède le premier gisement d’éolien terrestre en Europe et a déjà installé plus de 16 GW. Energie inépuisable, fiable et prévisible, mature technologiquement, dont les coûts ont baissé jusqu'en dessous de ceux du nucléaire, vertueuse du point de vue environnemental (faible empreinte carbone, recyclabilité forte), l’éolien est considéré dans tous les travaux prospectifs de référence comme l’une des principales sources d’électricité renouvelable.

L’éolien ouvre en outre la voie à une dynamisation des territoires d’implantation, tant en termes d’emplois (18 000 emplois existent déjà sur l’ensemble de la filière) que de retombées économiques locales. En pleine crise sanitaire, l’éolien a de plus montré toute sa résilience en continuant de fournir une électricité renouvelable quand d’autres moyens de production d’origine fossiles ou nucléaire étaient à l’arrêt.

Éoloscope terrestre : un outil au service du développement de projets éoliens exemplaires

Compte tenu de ses objectifs de développement et de la part significative que l’éolien devra prendre dans le futur mix électrique, l’exemplarité doit être l’objectif de tous les projets de parcs, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Il est indispensable que les projets intègrent rigoureusement la prise en compte de l’environnement, de la biodiversité, de l’implication et de la participation des collectivités et des citoyens, et qu’ils soient planifiés à différentes échelles territoriales. Des exemples réussis existent déjà, c'est sur eux qu'il faut s'aligner !

Pour apporter des éléments de réponse et faciliter la mise en place des meilleures pratiques, France Nature Environnement a créé en début d’année l’Eoloscope terrestre. A la fois outil de dialogue territorial, d’aide à l'évaluation à destination des associations, mais aussi des porteurs de projets éoliens et des collectivités qui souhaitent mieux intégrer les enjeux environnementaux dans leurs démarches, l’Eoloscope terrestre répond de manière concrète à la question : que faire lorsqu’un projet émerge sur son territoire ?

Découvrir l’Eoloscope terrestre

En créant cet outil, France Nature Environnement entend favoriser l'implication de tous les acteurs pour un développement responsable et exemplaire de la filière, bâti sur le dialogue, ainsi qu'un processus d'amélioration continue des pratiques et des connaissances. La réussite de la transition énergétique est de la responsabilité de toutes et tous.

1 Espèces protégées, menacées, rares.

> Voir le communiqué en ligne

[ PÉTITION ] Stoppez la « ferme des 1 000 vaches » en Normandie

Créé le : 15/06/2020
Photo : Waltteri Paulaharju / Pixabay

Dans l'Eure, un élevage menace de s'agrandir et de devenir la plus grande exploitation laitière de Normandie. Le projet prévoit d’enfermer plus de 600 vaches dans des bâtiments sans accès à l’extérieur et séparées de leurs petits. L214 relaie une pétition lancée par les riverains et les associations pour que ce projet d'élevage intensif ne voie pas le jour.

Le projet initial prévoyait de parquer dans des bâtiments près de 1 500 animaux, des vaches laitières, mais aussi leurs veaux exploités pour la viande. En novembre 2019, la préfecture avait ordonné une enquête publique sur le projet qui a abouti à un avis défavorable du commissaire enquêteur.

Pourtant, le projet est toujours d'actualité : légèrement revu à la baisse, il a de nouveau été soumis au préfet, qui rendra sa décision fin juin, au risque d'autoriser l'augmentation du nombre d'animaux exploités.

Rappel :  dans les élevage laitiers, les vaches sont inséminées pour donner naissance à leurs veaux qui leur sont instantanément retirés à la naissance, afin de pouvoir recueillir leur lait. Seule une partie des veaux femelles sera gardée pour renouveler le cheptel. Les autres veaux seront engraissés pour leur chair dans des élevages de « veaux de boucherie ». Au-delà des souffrances infligées aux animaux, les conséquences environnementales, sanitaires et sociales d'un tel projet sont elles aussi extrêmement inquiétantes.

> Signer la pétition

[ AIX-EN-PROVENCE ] Des associations citoyennes appellent à manifester en soutien à l'Hôpital public

Créé le : 15/06/2020
Photo : Mohamed Hassan / Pixabay

Alternatiba, Amis de la Terre,  Attac Pays d’Aix et Attac Gardanne, Citoyens pour le Climat Aix, Collectif climat, Collectif d’échanges citoyens du Pays d’Aix, ANV Cop 21, Gilets Jaunes du Pays d'Aix,  LDH Aix, Résister Aujourd’hui, XR Aix… lançent un appel à manifester notre soutien à l’hôpital public d’Aix-en-Provence et à tous les personnels du secteur de la santé dans le cadre de l’appel national « Plus jamais ça ! 34 mesures pour un plan de sortie de crise »

 Les associations convient tous les citoyens à se rassembler mardi 16 juin à 9h30 place de la Rotonde à Aix-en-Provence pour une manifestation à l’appel de la CGT.

Le cortège déambulera ensuite, dans le respect des gestes protecteurs (masques et distanciation physique) jusqu’à l’hôpital public (Avenue Henri Pontier) où se tiendra un rassemblement de soutien, à partir de 10h30 avec des témoignages des soignants, une pride parole des syndicats et une prise de parole unitaire pour les associations.

[ INITIATIVE ] La coopérative Railcoop prépare la réouverture de la ligne Bordeaux-Lyon

Créé le : 11/06/2020
Photo : Pixabay

Par Railcoop 

Railcoop, première société coopérative d'intérêt collectif de France dédiée au ferroviaire, vient de déclarer à l’Autorité de Régulation des Transports son projet de faire de nouveau rouler des trains de voyageurs sur la ligne Bordeaux-Lyon. Cette notification constitue la première étape vers la mise en place du service prévue pour l’été 2022. Un reportage à lire dans Sans transition ! °24

" Alors que le monde des transports est en pleine mutation avec l’ouverture à la concurrence totale du transport ferroviaire de voyageurs à compter de décembre 2020 et avec l’interdiction programmée des vols intérieurs bénéficiant d’une alternative ferroviaire, la réouverture de la liaison ferroviaire transversale Bordeaux - Lyon qui traverse le Limousin et l’Auvergne constitue un premier pas vers le développement de nouvelles offres ferroviaires adaptées aux territoires.

Depuis la suppression du service en 2014, il n’existe plus de liaison directe ferroviaire entre Lyon (deuxième plus grande métropole de France) et Bordeaux (cinquième métropole). “Le marché Province-Province en train classique reste largement inexploité en France. Pourtant, il y a une forte demande”, rappelle Dominique Guerrée, le Président de Railcoop. 

Avec un temps de parcours prévu de 6h47, le service sera plus lent que la connexion via Paris. Mais, pour Quentin Neurohr, sociétaire de Railcoop et dirigeant de COPOMO, un cabinet de conseil en mobilités, “il y a une vraie demande pour des services ferroviaires directs, confortables, sûrs, à un prix abordable et pour lesquels l’enjeu de vitesse est secondaire”. Avant de se lancer sur cette ligne, Railcoop a d’ailleurs fait valider le potentiel de marché par Systra, le leader de l’ingénierie et du conseil dans le monde ferroviaire.

Cette ligne, qui desservira Bordeaux, Libourne, Périgueux, Limoges, Saint-Sulpice-Laurière, Guéret, Montluçon, Gannat, Saint-Germain-des-Fossés, Roanne et Lyon, constitue un premier test pour Railcoop. S’il s’avérait concluant, Railcoop ouvrira d’autres liaisons en train classique avec comme objectif de mieux connecter les territoires aux services ferroviaires."

Un reportage à lire dans Sans transition ! °24

> Plus d'infos

[ CE QUI DÉPEND DE NOUS ] Manifeste pour une relocalisation écologique et solidaire

Créé le : 10/06/2020

Les militants d'Attac ont rédigé un manifeste pour encourager une relocalisation écologique et solidaire qui s'annonce urgente et nécessaire.

Présentation du manifeste par les militants d'Attac :

Le manifeste Ce qui dépend de nous - manifeste pour une relocalisation écologique et solidaire, constitue un bien commun à la disposition de toutes celles et ceux qui veulent empêcher le « retour à l’anormal » et construire un « monde d’après » solidaire et désirable.

  • Ce qui dépend de nous, c’est d’agir aux côtés des personnels hospitaliers, pour augmenter les salaires et les effectifs, pour préserver et étendre les organisations coopératives et horizontales du travail de soin qui ont sauvé tant de vies pendant l’épidémie.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de désobéir à la gouvernance par les chiffres pour initier une refondation des services publics centrée sur le care, le soin des autres et de la nature, l’attention aux usager·es et aux élèves, à commencer par les plus fragiles.
  • Ce qui dépend de nous, c’est d’imposer par nos luttes un partage des richesses, un revenu garanti, un droit au logement et aux papiers pour les précaires et chômeurs victimes d’une crise sociale qui ne fait que commencer.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de poursuivre et d’amplifier les multiples réseaux de solidarité concrète que nous avons tissés pendant l’épidémie.
  • Ce qui dépend de nous, c’est d’empêcher que repartent comme avant, soutenues par l’agent public, les activités insoutenables pour la vie.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de décider, en nous réunissant sur nos lieux de travail et de vie, ce à quoi nous devons renoncer, ce que nous voulons transformer, ce que nous voulons inventer pour mieux vivre et respecter les limites de la planète.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de défendre bec et ongles nos libertés et nos droits contre d’illusoires promesses de sécurité et une surveillance électronique généralisée.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de sauvegarder les terres en installant des paysan·ne·s, de défendre la
    biodiversité en bloquant les projets de béton et d’extraction, de protéger l’eau contre les pollueurs et les traders.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de délégitimer et rejeter le pouvoir exorbitant des multinationales sur nos vies, pour que Big Oil&Gaz, Big Pharma, Big Data... laissent la place à l’économie solidaire et aux communs.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de déployer à grande échelle les expériences alternatives, inclusives et féministes, comme autant d’utopies réelles qui érodent le capitalisme.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de soumettre au principe démocratique nos mouvements et nos luttes, afin de n’y pas reproduire les dominations sociales, sexuées, racistes qui empoisonnent nos sociétés.
  • Ce qui dépend de nous, c’est de construire un projet enthousiasmant de relocalisation écologique et solidaire, pour discréditer les simulacres néolibéraux, la régression nationaliste, et proclamer notre interdépendance avec les autres peuples et le vivant.

Ce qui dépend de nous - manifeste pour une relocalisation écologique et solidaire, aux éditions Les Liens qui Libèrent (96 pages - 10€), sortira en librairie le 24 juin.

> Plus d'infos

[ AGRO-ALIMENTAIRE ] Les journalistes bretons marquent leurs premiers points dans la bataille pour la liberté d'expression

Créé le : 04/06/2020
Photo : Borko Manigoda / Pixabay

En Bretagne, un collectif de journalistes brise l'omerta liée à la difficulté d'informer sur la pollution provoquée par le secteur agro-industriel local1. Des engagements ont été pris par la Région, grâce aux actions entreprises par le collectif ces dernières semaines.

" Une chape de silence pèse sur l'information touchant le secteur agroalimentaire en Bretagne, et ce depuis des décennies. Nous venons d'y ouvrir une brèche, que nous allons continuer à creuser ". Le collectif de journalistes bretons Kelaouiñ se félicite ainsi des retombées positives et du nombre de soutiens recueillis ces derniers jours pour défendre la liberté d'expression face à l'agro-business breton.

Quatre représentant.e.s du collectif ont pu s’entretenir, le 29 mai dernier, avec Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, et Jean-Michel Le Boulanger, son vice-président à la culture et à la démocratie. Une avancée notable est à souligner : le président a proposé que la Région se désengagerait des entreprises et acteurs qui ne respecteraient pas les règles démocratiques, à commencer par la liberté d'informer. Le chantier d'un observatoire indépendant des libertés de la presse est également lancé en Bretagne.

> Lire le dossier de presse, le compte-rendu de la réunion et la lettre ouverte :

 

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