PAROLES CITOYENNES

BREIZH COP : une ambition à affirmer et à partager

Créé le : 02/05/2018
Des membres du collectif pour une transition écologique et solidaire : de gauche à droite Julian Pondaven, directeur du réseau Cohérence, Jean-Luc Toulec, Président de la Fédération Bretonne Nature Environnement, Philippe Nicol de la ferme de La Ferme de Traon Bihan, Carole Le Bechec, co-présidente du réseau Cohérence et Marie-Pascale Deleume administratrice d'Eau et Rivières de Bretagne - DR

Par le Collectif pour une transition écologique et solidaire 

Le collectif pour une transition écologique et solidaire souhaite une vraie mobilisation pour l’avenir de la Bretagne. Notre collectif pour la transition écologique et solidaire soutient l’initiative régionale Breizh COP, ses enjeux et ses ambitions. Mais nous constatons que le document d’orientation présenté aujourd’hui aux élus reste trop timoré et ne transcrit pas suffisamment les ambitions affichées.

Ce jeudi 19 avril, les élus de la Région Bretagne sont réunis à Brest pour une session extraordinaire du Conseilrégional sur la Breizh Cop, déclinaison bretonne de la COP 21. Ils vont débattre, à partir d’un document « point d’étape » présenté par le Président, d’une charte des valeurs et des principes ainsi que des trois
premières orientations de ce rapport.
 

De bonnes ambitions sont affichées :

 
Dans le document « Pont d’étape », le président de la Région écrit : « le changement climatique constitue l’un des enjeux, sinon l’enjeu majeur, requérant des transformations profondes de nos modes de penser
et de faire ».
 
Deux ambitions complémentaires guident cette Breizh Cop :
 
- développer une vision pour la société bretonne de 2040, et définir un véritable engagement dans la transition.
 
- mobiliser tous les bretons, citoyens, collectivités, entreprises pour s’engager ensemble avec la Région dans cette transition, en considérant que la principale valeur ajoutée sera d’être transversale et de croiser les approches jusque-là trop segmentées et cloisonnées.
 

Mais le document d’orientation n’est pas à la hauteur des ambitions affichées :

 
- Ce document ne s’appuie pas sur un diagnostic partagé. Le réchauffement climatique est déjà là, les atteintes graves à la biodiversité aussi. Pour mobiliser largement, il faut d’abord présenter et expliquer les enjeux et les impacts sur la vie et l’activité économique des bretons.
 
- Les orientations ne proposent pas d’objectifs ou même de pistes d’objectifs chiffrés qui puissent montrer son ambition d’impulser réellement de fortes transitions. En matière par exemple de réduction d’émission de gaz à effet de serre, de déploiement des énergies renouvelables, d’ambition pour le bio etc…
 
- Ce document ne rompt pas avec « nos modes de penser et de faire ». L’idée d’une « transformation profonde » que le Président appelle de ses voeux, disparaît progressivement à sa lecture alors que réapparaît
le productivisme quantitatif. Il continue, de manière dramatiquement classique, à exclure l’environnement du champ de l’économie et du social.
 
- la démarche de mobilisation et de concertation n’est pas suffisamment claire et soutenue. Nous attendons les contributions par exemple du comité scientifique sur la méthode de participation. Aucun moyen financier budgétaire spécifique n’est alloué à la nécessaire participation des citoyens, ni aux futures transitions. Pour notre collectif, l’enjeu de cette COP est de réunir (enfin !) les conditions de la transversalité et de la mixité entre l’économie, l’environnement, la qualité de vie. Il ne peut pas y avoir d’économie, d’agriculture, de santé durable en Bretagne dans un environnement de mauvaise qualité.
 

Nous demandons que les élus :

 
- écoutent l’appel des 15000 : il y a URGENCE pour le climat, l’environnement et l’Homme ;
 
- écoutent les citoyens et la société civile bretonne, par exemple le CESER (Conseil Économique, Social et
 
Environnemental de la Région) dont nous soutenons l’avis, voté à l’unanimité des représentants :
 
« Dans son rôle de stratège et de fédérateur, c’est au Conseil régional de Bretagne d’impulser, de se donner les moyens, avec ses partenaires, de mettre en oeuvre le grand projet régional, de créer les conditions de sa réussite. Des orientations fortes auraient ainsi pu être soumises à la concertation et au débat telles que : la Bretagne en 2040 : territoire zéro carbone, territoire zéro chômeur, territoire à énergie positive ? » - mettent en place des modalités et des moyens suffisants pour informer, sensibiliser et mobiliser les bretonnes et les bretons autour de ces enjeux qui engagent l’avenir de notre région La voie est loin d’être toute tracée, c’est certain, mais de nombreux projets et actions existent déjà en Bretagne, qui doivent permettre de s’engager dans cette expérimentation, cette transition dans les
territoires, dans les entreprises, dans les associations, dans les collectivités territoriales.
 
Notre collectif est, pour reprendre là encore les mots du Président, le symbole même « du volontarisme, de la responsabilité et de l’engagement ». C’est pourquoi le collectif appelle tous les acteurs à se mobiliser et à contribuer. Nous appelons tous les citoyens, les collectivités et entreprises à nous faire part de leurs idées, leurs réflexions, leurs actions pour continuer d’alimenter les expertises et expérimentations que nous avons déjà recensées depuis de longues années. Nous présenterons avant l’été nos 10 priorités partagées pour une BRETAGNE A VIVRE ECOLOGIQUE ET SOLIDAIRE.
 
Rejoignez nous !
@collectiftransition

[Communiqué] Vigil'Oust et Attention Mines contre les permis de recherche minière exclusifs accordés à Variscan Mines en Bretagne

Créé le : 17/04/2018

Les associations Attention Mines et Vigil'Oust Merléac s'indignent des permis de recherche minière exclusifs (PERMS) accordés dans des conditions bien particulières à Variscan Mines en Bretagne . Rachat de filial, investisseur principal basé dans un paradis fiscal, absence d'information... Tous les détails dans le communiqué ci-dessous.

 
Par Attention Mines et Vigil'Oust Merléac

A l’attention de Mesdames et Messieurs les Maires, adjoints et conseillers communaux, Présidents et conseillers communautaires, départementaux et régionaux, Députés et Sénateurs, Présidents et membres de CLEs de SAGEs bretons,

Mesdames, Messieurs,

Conscients des impacts économiques, sanitaires et environnementaux des permis exclusifs de recherche minière accordés à Variscan Mines SAS en Bretagne, vous avez exprimé votre opposition à ces PERMS et demandé leur abrogation, sans réponse à ce jour du Ministère de l’Industrie en charge du dossier. Il nous semble important aujourd’hui d’attirer votre attention sur les récents rebondissements concernant la propriété de ces permis.

Variscan Mines Ltd (Australie) a annoncé le 8 mars dernier la vente de sa filiale française Variscan Mines SAS et du PERM de Couflens à une autre société australienne : Apollo Minerals Ltd. Les 6 permis du Grand-Ouest dont les 3 bretons
(Loc Envel, Silfiac et Merléac en Bretagne, Tennie, Saint-Pierre et Beaulieu en Pays de La Loire) seraient transférés à une nouvelle filiale anglaise, Variscan Mines Europe Ltd dotée d’un capital de 1 livre sterling et déclarée comme société dormante.

En pratique, les 3 permis bretons vont d'abord être transférés vers Apollo. L’article 43 du décret 2006-648 sur les titres miniers le prévoit impliquant seulement d’informer l’Etat de la cession de la société, suite à quoi l’Etat a deux mois pour se prononcer (la non réponse valant accord). La décision sera vraisemblablement prise d’ici au 28 avril prochain, la demande de cession ayant été déposée le 28 février dernier.

Dans un second temps, Variscan demanderait la mutation des permis vers sa nouvelle filiale suivant la procédure classique au titre des articles 143-1 et suite du code minier. Ceci induit une instruction du dossier similaire à celle d’une demande de permis et prend 15 mois environ.

Outre les interrogations soulevées par l’absence totale d’information des élus et de la population des territoires concernés, le profil d’Apollo Minerals Ltd interroge. Cette société australienne spécialisée dans le tungstène intervient déjà en France via le rachat par étapes du permis de Couflens. Autre acteur majeur, le fond d’investissement Juniper Capital Partners Ltd 5 apporte les 25 millions d’Euros nécessaires au financement des travaux de recherche sur ce PERM. Cet actionnaire principal d’Apollo Minerals Ltd est basé aux Îles Vierges Britanniques, déclarées paradis fiscal par la France jusqu’en décembre 2015 et encore sur la liste grise de l’Union européenne.

A compter de la fin avril 2018 et dans l’attente d’une éventuelle future mutation, les 3 permis bretons appartiendront à Apollo Minerals Ltd et donc à Juniper Capital Partners Ltd basé dans un paradis fiscal. 
Apollo Minerals Ltd est essentiellement intéressée par le permis de Couflens et son tungstène. En dépit du soutien financier de Juniper Capital, elle a éprouvé le besoin de lever cette semaine 6 millions de dollars australiens auprès d’investisseurs européens. Elle avait déjà vendu en novembre dernier un de ses 3 actifs miniers en Australie, pour 1 million de dollars australiens. Une fois propriétaire des permis, Apollo ne risque t-elle pas de chercher à se procurer des capitaux frais en vendant les 6 PERMs du Grand Ouest à des investisseurs mal informés et / ou pas trop regardants qui, réalisant leur faible intérêt minéralogique et les oppositions locales, les revendront à leur tour, etc...

La transformation des PERMs en simples actifs boursiers soumis à la spéculation internationale reste-t-elle cohérente avec l’objectif de l'Etat de garantir l’autonomie d’approvisionnement de l’industrie française via la relance de l’activité minière sur le territoire national ?

Pouvons-nous rester passifs face à cette évolution qui fait peser de lourdes incertitudes sur l’aménagement à moyen et long terme de nos territoires ?

Est-il tolérable que les élus des territoires concernés restent dans l’ignorance de ces développement ?


A vous qui avez pris la mesure des impacts inhérents aux travaux de recherche et d’exploitation minière sur l’approvisionnement en eau de notre région, ses filières économiques, et la santé publique, nous demandons d’exiger de l’Etat français qu’il mette un terme à cette situation ubuesque et qu’il retire les PERMs accordés à Variscan Mines, comme le code minier l’y autorise.

Contact :

attentionmines@riseup.net
 

 

[Communiqué] - La réaction de France Nature Environnement sur les expulsions à Notre-Dame-des-Landes

Créé le : 10/04/2018

Par France Nature Environnment 

France Nature Environnement et ses associations membres des Pays de Loire et Bretagne dénoncent une opération de manipulation médiatique qui fragilise le dialogue engagé avec l’ensemble des acteurs locaux autour du projet de territoire.

L'intervention en cours à Notre-Dame-des-Landes, à l'initiative de l'Etat, risque de compliquer la recherche de solutions pérennes, respectant le droit. Elle se déroule sous le signe prioritaire de la communication, et ne s'imposait pas dans ces délais ni sous cette forme. Alors que le dialogue commençait à bien s’enclencher entre toutes les parties, il n’y avait aucune urgence à une intervention au nom d’un soi-disant « État de droit ». Cette analyse a été transmise vendredi dernier par le président de France Nature Environnement à plusieurs membres du gouvernement, au Premier Ministre et au Président de la République. France Nature Environnement n’a pas été entendue et est aujourd’hui très inquiète.

France Nature Environnement appelle à sortir de la spirale de l'affrontement, à refuser toute provocation à la violence et à recréer au plus vite les conditions d'un dialogue respectueux entre les parties prenantes, seule voie efficace de construction de l'avenir.

Mais dans les conditions présentes, comment la fédération et les associations locales membres (France Nature Environnement Pays de la Loire, Bretagne-Vivante, la coordination régionale LPO Pays de Loire, Eau et Rivière de Bretagne…), vont-elles pouvoir continuer à apporter des propositions ?

France Nature Environnement rappelle son soutien à la construction d'un projet de territoire impliquant tous les acteurs locaux, à la fois respectueux du droit et incluant des formes innovantes d'occupation de ce territoire, associant des pratiques agroécologiques à la préservation d'écosystèmes précieux et d'une biodiversité très riche.

France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C´est la porte-parole d´un mouvement de 3500 associations, regroupées au sein de 74 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous. www.fne.asso.fr

Sans Transition ! aux Bio N'Days

Créé le : 09/04/2018
DR

Sans Transition !, a parcouru les allées du salon Bio N'Days, "le rendez-vous international de l'innovation bio", à Valence (26), jeudi dernier. L'occasion d’échanger avec quelques acteurs de la bio en Auvergne-Rhône-Alpes (Aura). Interviews sonores.

Le "CLAC" de l'apéro !

Julien Anglade est artisan conserveur. Il est le fondateur de l'entreprise CLAC , basée à Cournon d'Auvergne. Il propose une gamme de conserves bio et locales. L 'entrepreneur aimerait voir prochainement sa société devenir une coopérative. Cohérent !

Mettre en synergie les acteurs régionnaux de la bio

Brigitte Magnat est Présidente de Cluster bio, structure qui réunit les acteurs de la filière bio en AURA. 

Des fruits bio Occitans 

David-klockenbring est gérant de l'entreprise Biolo'Klock, producteur et transformateur de fruits bio base dans le Lot-et-Garonne (Occitanie), est venu présenter ses produits à Bio N'days.

Snacking bio

Chez ce cher Serge se présente comme le "premier snacking bio". Rencontre avec une représentante de cette entreprise basée à Toulouse.

JOURNEE MONDIALE DE L'EAU - Un tiers de la planète boit de l'eau dangereuse

Créé le : 21/03/2018

Par Solidarités International 

De nos jours encore, quelque 2,6 millions d'hommes, de femmes, d'enfants, d'invisibles meurent chaque année de maladies liées à l'eau et à un environnement insalubre. Plus d'un tiers de la planète boit toujours une eau dangereuse pour la santé. 2,6 milliards de personnes manquent toujours d'un assainissement adéquat. Résultat, l'eau reste la principale cause de mortalité au monde, notamment chez les enfants. 

Le manque d'accès à l'eau, un fléau invisible

A l'occasion de la Journée Mondiale de l'Eau, le 22 mars, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL lance la 4e édition de son Baromètre de l'eau. Une publication qui dresse un nouvel état des lieux de notre ressource vitale commune, décrypte les causes et les conséquences du manque d'eau potable, souligne les actions mises en œuvre pour concourir à l'accès universel à l'eau et à l'assainissement, inspecte les avancées des Etats, dénonce le manque de volonté, de financements, pointe les incohérences. Sans oublier de mettre en valeur et d'apporter son lot de solutions, des plus locales au plus globales… Et de donner la parole aux milliards d'invisibles pour qui le droit à l'eau potable, déclaré droit de l'homme en 2010 par les Nations Unies, n'est toujours pas respecté.

''Témoigner de la réalité de toutes celles et de tous ceux
dont la santé, la vie et tout espoir de développement sont menacés par le manque d'accès à l'eau potable et à l'assainissement. ''

Donner la parole aux invisibles

Les acteurs humanitaires que nous sommes mènent contre ce fléau indigne, injuste et mortel un combat quotidien sur le terrain des crises les plus sévères, mais aussi auprès des instances nationales et internationales afin de faire entendre la voix de celles et de ceux à qui nous venons en aide chaque : familles frappées par la guerre, habitants des bidonvilles, citoyens d'Etats faillis ou défaillants, agriculteurs et éleveurs face à la sécheresse, minorités… Toutes et tous bien souvent loin des radars des médias et des politiques. Invisibles.

C'est bien de la réalité de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants dont nous témoignons, chaque année, dans les pages de notre Baromètre de l'eau, de l'hygiène et de l'assainissement : des Congolais ou des Haïtiens sous la menace du choléra, des habitants de Dacca réclamant leur droit à l'eau, des Yéménites dans un pays déjà en manque d'eau avant la guerre, des Syriens, des Rohingyas, des populations sahéliennes… et de toutes celles et de tous ceux dont la santé, la vie et tout espoir de développement sont menacés par le manque d'accès à l'eau potable et à l'assainissement.
 

‘'Parce que sans un engagement politique et financier massif des Etats, sans une volonté farouche des acteurs de terrain, l'accès à l'eau potable restera non seulement une urgence humanitaire, mais deviendra très vite une menace de plus en plus palpable pour l'humanité'' 

Alexandre Giraud, Directeur général de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

 Des experts connus et reconnus associés au baromètre de l'eau 2018

Pour commenter les avancées de l'accès à l'eau potable pour tous, ainsi que les défis et les obstacles qui restent à surmonter, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL s'est entourée des plus grands spécialistes de l'eau : Jean Launay, président du Partenariat Français pour l'Eau au géographe David Blanchon, en passant par Gérard Payen, ancien conseiller pour l'eau du secrétaire général des Nations Unies, Sophie Durans de la London School of Hygiene & Tropical Medicine ou Franck Galland expert sur les questions sécuritaires liées à l'eau… Sans oublier ses experts humanitaires et ses partenaires (Think Tank, ONG, collectivités et agences de l'eau…).


Autant de parties prenantes dans notre combat pour l'accès à l'eau et à l'assainissement pour tous, qui ont contribué à ce Baromètre de l'Eau de l'hygiène et de l'assainissement, afin que le grand public se sente concerné par ce grand enjeu source de vie et de développement mais aussi de conflits, de pauvreté, de maladies et de mortalité.


Retrouvez le Baromètre de l'eau 2018 sur notre site 

[Communiqué] - Nestlé Waters assèche les nappes de Vittel sur fond de conflit d'intérêt

Créé le : 21/03/2018
Pixabay

Par France Nature Environnement 

La Journée mondiale de l’eau, qui se tiendra le 22 mars, est l’occasion de rappeler que l’alimentation en eau potable est l’usage le plus essentiel de l’eau. Aujourd’hui, lorsque nous ouvrons les robinets, de l’eau de bonne qualité prélevée à proximité de nos habitations s’en écoule. Mais bientôt plus à Vittel. Non, à Vittel, l’eau qui s’écoulera des robinets sera acheminée par pipeline sur des dizaines de kilomètres. France Nature Environnement tire la sonnette d’alarme : le géant international Nestlé Waters s’est approprié la ressource locale pour commercialiser de l’eau en bouteille, exportée en Allemagne. Au risque d’épuiser la nappe et au détriment des populations locales.

Epuiser une nappe phréatique pour vendre de l’eau en bouteille : scandale social et environnemental

Nestlé Waters, propriétaire de 10 marques d’eau en bouteille en France et en Belgique, surexploite sans vergogne une nappe d’eau souterraine au détriment des populations locales en France, à Vittel. Depuis près de 30 ans, la nappe dans laquelle prélève la multinationale présente un déficit chronique annuel d’environ 1 million de m3… Soit la quantité d’eau que Nestlé Waters est autorisé à prélever, par le Préfet. Et le niveau de la nappe a déjà baissé de 10 mètres. Il sera bien entendu très difficile de faire remonter le niveau de cette eau souterraine, compte-tenu des conditions géologiques locales, mais surtout de la non-volonté des pouvoirs publics de poser des limites à Nestlé Waters.

Au-delà de l’épuisement de la ressource en eau, en totale contradiction avec l’image que souhaite se donner Nestlé Waters, la manière de faire est également choquante d’un point de vue social. En lien avec les services de l’Etat, la stratégie imaginée pour approvisionner en eau potable les populations locales de Vittel n’est autre qu’un transfert massif d’eau sur des dizaines de kilomètres de pipeline, pour un coût de 20 à 30 millions d’euros sur 20 ans. Ainsi, Nestlé pourra continuer son exploitation, pendant que les habitants de Vittel se verront répercuter le prix des travaux sur leur facture d’eau. Aller puiser l’eau chez les voisins avec des risques d’impacts environnementaux encore mal évalués, et ce dans un contexte de changement climatique qui affecte la ressource en eau, ne parait pas être une solution économiquement, socialement et écologiquement raisonnable.

L’eau souterraine de Vittel, bien public décrété propriété de Nestlé

C’est un réel monopole que s’octroie Nestlé sur une ressource en eau qui n’est censée appartenir à personne, si ce n’est aux populations locales pour subvenir à leurs besoins vitaux d’alimentation en eau potable. La loi sur l’eau de 2006 mentionne clairement que l’usage prioritaire d’une ressource en eau en France est l’alimentation en eau potable. Les activités économiques ne sont pas prioritaires, et l’eau est un bien commun, non privé ou privatisable. La reconnaissance implicite de la priorité de prélèvement à Nestlé Waters, contraignant les collectivités locales à « aller boire ailleurs », est inacceptable.

Mais Nestlé n’est pas seul responsable de la situation. Car pour avoir le droit d’épuiser la ressource en eau de Vittel, une entente avec certains acteurs locaux et services de l’Etat a dû avoir lieu. Une entente qui n’est d’ailleurs pas sans conflit d’intérêt, et qui reflète une relation bien trouble entre la multinationale et certains acteurs publics[1]

France Nature Environnement dénonce les pratiques environnementales de Nestlé Waters

Planter des arbres en Amazonie tout en asséchant les nappes d’eau en France est écologiquement irresponsable. Cela s’appelle « faire du greenwashing », se donner bonne conscience. Quatre associations locales (Vosges Nature Environnement, Oiseaux Nature, ASVPP[2], UFC Que Choisir 88) se battent depuis plus d’un an pour dénoncer ce choix dicté par le chantage économique. La fédération nationale soutient ouvertement et fermement cette dénonciation. Pour Michel Dubromel, président de France Nature Environnement, « il est impossible d’accepter qu’un géant mondial de l’eau en bouteille assèche une nappe d’eau et oblige les populations locales à s’approvisionner en eau potable ailleurs. La situation à Vittel est la preuve d’une non-gestion en responsabilité de la ressource en eau locale disponible, pourtant suffisamment abondante pour satisfaire les besoins du territoire à condition que chacun prenne en compte les besoins des uns et des autres. »

 


[1] L’ancienne présidente de la Commission Locale de l’Eau, en charge du suivi du dossier et également maire adjointe de Vittel, fait l’objet d’une enquête préliminaire pour prise illégale d’intérêt. Son mari, alors cadre international de Nestlé, est le président de la vigie de l’Eau, association chargée du portage du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de 2010 à 2016 (pour l’information, la communication, la maitrise d’œuvre des études, l’élaboration de la stratégie). Association financée à l’origine par Nestlé et qui est aujourd’hui dessaisie du dossier…

[2] Association de Sauvegarde des Vallées et de Prévention des Pollutions

 

TRANSITION ENERGETIQUE : LE GOUVERNEMENT FAIT L'AUTRUCHE

Créé le : 15/03/2018
Pixabay

Par le Réseau Action Climat 

À quelques jours de l’ouverture du débat public sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), les ONG tirent la sonnette d’alarme sur les zones d’ombre de ce débat sur la transition énergétique. Elles présentent les conditions indispensables pour une PPE qui mette réellement la France sur la voie de la transition énergétique.

Il y a matière à s’inquiéter. Le débat public sur la PPE intervient alors que le gouvernement a indiqué que l’objectif légal de réduction de la part du nucléaire à 50 % en 2025 ne serait pas respecté, et qu'EDF annonce ne prévoir aucune fermeture de réacteur nucléaire, hormis Fessenheim, avant 2029. En outre, le ministère de la Transition écologique et solidaire voudrait voir le débat circonscrit à deux scénarios uniquement : ceux qui prévoient des exportations d'électricité en hausse très forte et peu crédibles, et donc le moins de fermetures de réacteurs nucléaires possibles.

Alors que nous faisons partie des États membres de l’UE les plus en retard sur leurs objectifs d’énergies renouvelables, cette PPE devrait être l'occasion d'engager vraiment le pays dans la transition énergétique, d'améliorer la qualité de l'air, la santé des citoyens, de créer des emplois et de miser sur des activités d'avenir implantées dans les territoires. C’est possible à condition que la PPE donne un vrai signal en faveur des économies d'énergie et des énergies renouvelables.

Pour les ONG, tous les sujets, y compris ceux qui fâchent, doivent être mis sur la table pendant le débat au lieu de systématiquement en occulter certains, comme la situation économique et financière très critique d’EDF, ainsi que les coûts et risques croissants du nucléaire vieillissant. Le débat doit aussi prendre en compte les bonnes nouvelles qui changent la donne et permettent de planifier plus sereinement la fermeture progressive de réacteurs nucléaires : la consommation d’énergie qui se stabilise et tend à la baisse, ainsi que le coût des énergies renouvelables qui continue de chuter.

L'escamotage de ces enjeux par le gouvernement revient à maintenir le statu quo qui favorise l'industrie nucléaire, ralentit la transition énergétique et coûte cher aux contribuables. Pourtant, les solutions ne manquent pas pour que cette PPE booste les renouvelables, réduise la consommation d’énergie et d’électricité, organise la fermeture de réacteurs nucléaires et diminue drastiquement la dépendance aux énergies fossiles dans les transports pour les 10 ans à venir. A condition que le ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, et l’Elysée, ne faussent pas d’emblée ni le débat ni ses résultats.

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Les 7 propositions du Réseau Action Climat pour la PPE

TRIBUNE -Produits bio : « A vouloir aller trop vite, le marché pourrait bien casser son jouet ! »

Créé le : 28/02/2018
Stéphanie Pageot est éleveuse laitière bio en Loire Atlantique et Présidente de la Fédération Nationale de l'Agriculture Biologique - Crédit : FD

A l'occasion du Salon de l’agriculture, Stéphanie Pageot, Présidente de la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique (FNAB) met en garde contre l'emballement des acteurs de la grande distribution sur le marché des produits bio, dénonce les menaces qui pèsent sur le label AB, appelle au renforcement de son cahier des charges et à la mobilisation de tous les acteurs politiques et économiques pour la mise en œoeuvre avec la filière bio d'un « nouveau projet agricole et alimentaire riche de sens pour les citoyen-nnes, ancré dans les territoires, vivable et enviable pour les paysan-nnes et pour les entreprises !».

A l’approche du Salon de l’agriculture, il y a comme une surenchère de communication sur les produits bio. Carrefour annonce la multiplication par trois de son chiffre d’affaires dans le secteur d’ici quatre ans, Leclerc se lance dans les magasins spécialisés, et toutes les marques cherchent leur gamme bio, de préférence locale ! Cette dynamique est appréciable, l’industrie agro-alimentaire ayant dix ans de retard sur les attentes des consommateurs.

Oui mais voilà, le temps de l’agriculture biologique, basée sur les cycles naturels, l’agronomie, la connaissance du vivant et du territoire auquel il appartient, n’est pas le temps court du marketing. Avec une croissance à deux chiffres, le marché bio progresse plus vite que le nombre de fermes bio, et attise les convoitises de ceux qui, il y a quelques années à peine, ne voyaient aucun avenir pour la bio et ne juraient que par les OGM et les pesticides.

Si la réglementation prévoit un processus de certification de deux à trois ans avant de pouvoir obtenir le label AB, il faut en réalité techniquement et économiquement cinq à dix ans pour trouver un équilibre global sur la ferme. A vouloir aller trop vite, le marché pourrait bien casser son jouet !

Ce sont les fondamentaux techniques de la production biologique qui font sa crédibilité, si importante pour la confiance des consommateurs. Plus le marché se tend, plus les prix montent et plus la pression de certains groupes industriels et coopératifs se fait sentir pour faire baisser les contraintes de notre cahier des charges, celui pour lequel les producteurs et les transformateurs bios historiques se sont battus !

Des élevages de 24 000 poules pondeuses où le parcours extérieur, s’il est rendu possible, n’est jamais effectif, et où l’alimentation des volailles ne pourra pas être assuré par une production sur la ferme, représentent des menaces réelles pour la qualité de notre label, pour la confiance des consommateurs mais aussi pour la survie de nos fermes.

Le travail d’adaptation de l’industrie aux spécificités de l’agriculture biologique sera long et coûteux. Et ce n’est qu’à ce prix que la qualité sera garantie pour le consommateur et l’équité pour les producteurs-trices. Il faudra moduler les approvisionnements, adapter les variétés utilisées pour assurer les rendements et améliorer la résistance aux maladies, modifier les recettes et travailler sur les goûts, et surtout investir dans la recherche, alors que l’Institut technique de l’agriculture biologique (Itab) dispose actuellement d’un budget dix fois inférieur aux besoins réels.

Arrêtons de nous gargariser avec des discours angéliques sur le développement de la bio. L’agriculture bio doit rentrer dans une économie de massification de l’offre en gardant sa cohérence et sa viabilité technique et économique pour ne pas revivre les erreurs du conventionnel.

Pour cela, il faudra :

● former sérieusement et continuellement les producteurs-trices aux méthodes de l’agriculture biologique et les accompagner techniquement, économiquement mais aussi commercialement pour qu’ils puissent maîtriser leurs coûts de production et garder la valeur ajoutée créée ;

● renforcer les exigences du label français AB et en faire un label mieux-disant que le label européen Eurofeuille, sur lequel il est aujourd’hui aligné ;

● repartir sur des bases de contractualisation commerciales saines qui permettent aux producteurs- trices de gagner leur vie correctement.

Les dirigeants des entreprises agro-alimentaires et de la grande distribution, les élus nationaux et locaux, ne doivent pas construire une bulle marketing bio, mais s’atteler, avec la filière, à un nouveau projet agricole et alimentaire riche de sens pour les citoyen-nnes, ancré dans les territoires, vivable et enviable pour les paysan-nnes et pour les entreprises !

Stéphanie Pageot est éleveuse laitière bio en Loire Atlantique et présidente de la Fédération nationale d’agriculture biologique 

 

[COMMUNIQUE] - Consultation publique et réforme de la législation européenne sur les pesticides et les résidus de pesticides

Créé le : 09/02/2018
Crédit : Pixabay

POLLINIS encourage les citoyens à faire entendre leurs voix et met à la disposition du public le questionnaire rempli par ses soins ainsi que ses recommandations pour une réforme efficace de la législation sur les pesticides.

Le 02/02/2018 - Par POLLINIS 

Dans le cadre de sa procédure de révision de la législation européenne sur les pesticides et les résidus de pesticides, la Commission européenne a lancé une consultation publique visant à recueillir l’avis des Européens. L’objectif est de connaître leur avis sur les points forts et les points faibles de la législation, ainsi que sur le niveau de protection de la santé humaine et animale et de l’environnement.

Les citoyens peuvent exprimer leur opinion en répondant au questionnaire en ligne avant le 12 février 2018.

POLLINIS estime que l’articulation de ce questionnaire limite la possibilité d’exprimer efficacement les opinions de nombre d'Européens au sujet de la législation en vigueur. Alors que de nombreuses questions traitent des intérêts des acteurs économiques (l'agrochimie et l'agroindustrie) qui souhaitent un cadre moins restrictif, l'ONG dénonce le fait que sur 25 questions, une seule (n° 11) concerne la protection de l’environnement en général, et des pollinisateurs en particulier. 

Toutefois, POLLINIS encourage via ses réseaux sociaux les citoyens à participer à cette consultation publique : « Il faut exploiter cet espace, même exigu, ouvert à la participation citoyenne pour rappeler aux institutions européennes que les citoyens sont vigilants et ne veulent plus voir de produits hautement toxiques pour les pollinisateurs et l’environnement déversés dans les champs », estime Nicolas Laarman, délégué général de POLLINIS, dont la pétition pour l'interdiction des pesticides tueurs d'abeilles, les néonicotinoïdes, a récolté plus de 1,2 million de signatures.
 
POLLINIS met à la disposition du public le questionnaire rempli par ses soins ainsi que ses recommandations pour une réforme efficace de la législation sur les pesticides (téléchargées et téléchargeables à la question n° 25).
 
ð Lien vers notre guide de réponse et le questionnaire : http://www.pollinis.org/consultation-publique-et-reforme-de-la-legislation-europeenne-sur-les-pesticides-et-les-residus-de-pesticides/
ð Lien vers nos recommandations :
http://www.pollinis.org/wp-content/uploads/2018/02/Reco-POLLINIS-consultation-publique-PPP-VF.pdf

[COMMUNIQUE DE PRESSE] - Eric Andrieu - Député européen : "La France sinistrée"

Créé le : 30/01/2018
Vu depuis le sommet du Mont-Aigoual (30-48) - FD / LMDP

Alors que des centaines d’agriculteurs d’Occitanie ont manifesté aujourd’hui contre le projet du Ministère de l’Agriculture sur la carte des zones défavorisées, l’eurodéputé Eric Andrieu demande à Stéphane Travert de revoir sa copie.

Par Eric Andrieu, député Européen du Sud-Ouest (Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen).

NARBONNE - La cartographie provisoire des zones défavorisées simples présentée par l’administration fin 2016 n’avait pas manqué de faire réagir les représentants de l’agriculture d’Occitanie. « Dénoncé par de nombreux acteurs, aucun des trois zonages complémentaires n’avaient pris en compte les spécificités méditerranéennes, où, malgré un faible taux de chargement et une viticulture dominante, l’élevage extensif ovin et caprin occupe toujours un espace important et joue un rôle majeur dans la prévention des incendies » rappelle le député européen Eric Andrieu (PS).

Avec d’autres élus des territoires concernés, il avait interpellé le Ministre de l’Agriculture d’alors sur les conséquences désastreuses de cette carte et se félicitait « qu’une nouvelle proposition de cartographie incluant les critères de déprise agricole et d’emploi permette de réintégrer nombre de communes dans le zonage ».

En décembre 2017, le gouvernement a décidé de rouvrir le chantier du zonage agricole, de ne pas tenir compte du travail de son prédécesseur, et publié, en décembre dernier, une nouvelle proposition aujourd’hui contestée par le monde agricole et les élus. « Je n’accepte pas que l’agriculture d’Occitanie, et les filières les plus fragiles, soient les sacrifiées de la réforme. Cela signerait la fin de l’activité agricole dans de nombreux territoires fragiles, soit plus de 900 communes ! » souligne l’eurodéputé du Sud-Ouest.

Eric Andrieu demande une nouvelle fois à Stéphane Travert de « revoir sa copie et de prendre des décisions enfin conformes à l’intérêt général, prenant en compte les besoins des agriculteurs installés dans des zones difficiles, qui représentent aujourd’hui 85% du territoire de l’Occitanie. ».

L’eurodéputé PS avait écrit le 4 décembre dernier à Stéphane Travert, pour le sensibiliser à cette question. Il n’a obtenu, à ce jour, aucune réponse de la part du Ministre.  

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