PAROLES CITOYENNES

[Tribune] Bio dans les cantines : les sénateurs rateront-ils encore la marche ?

Créé le : 19/06/2018

Alors que le Sénat a retiré la semaine dernière en commission l'objectif d'atteindre 20% bio en restauration collective, Joël Labbé (sénateur écologiste du Morbihan) et Gilles Pérole (élu local à Mouans-Sartoux (06))  invitent les sénateurs à revoir leur copie avant la lecture du texte en séance publique qui aura lieu à partir du 26 juin. Ils rappellent et expliquent pourquoi manger 20% de bio d'ici à 2022, c'est non seulement urgent mais également faisable.

 

Par Joël Labbé et Gille Pérole

Décevante, leur attitude en commission sur l’étude de la loi Alimentation ! Pourquoi une poignée de sénateurs reste aussi hermétique aux évolutions de société et aux désirs des citoyens qui sont à 90% intéressés par le bio à la cantine (sondage Agence Bio) ?

 

Jeudi 14 juin, le groupe majoritaire des sénateurs LR a dépouillé la loi issue des États généraux de l'Alimentation de l'un de ses principaux arguments plaidant pour l'introduction de 20% de bio dans les assiettes de la restauration collective d'ici à 2022. C'est le précieux article 11 de la loi Agriculture Alimentation, que les députés venaient de valider comme un seul homme, le 30 mai dernier. Ce camouflet n'est ni plus ni moins qu'un remake de 2016, lorsque la députée Brigitte Allain avait proposé d'introduire par la loi le bio et le local à hauteur respective de 20 et 40%, dans un délai raisonnable. Une proposition alors votée à l'unanimité de l'Assemblée nationale, mais retoquée pareillement par des sénateurs rivés à des positions décidément aussi stables qu'inintelligibles.

 

Pourtant nous, Joël Labbé*, sénateur du Morbihan et Gilles Pérole*, élu local à Mouans-Sartoux (06), sommes persuadés qu’on finira bien par faire bouger les lignes sur le bio et le local dans les cantines, loin des pétitions de principe et des postures qui n'honorent ni leurs auteurs ni les représentants des causes qu'ils croient défendre, parfois seuls contre tous...

 

L’alimentation durable ne relève pas d'une lubie. Elle permet une vraie prise en compte des enjeux de santé et intègre l’évaluation des impacts de la production agricole sur l’environnement, la biodiversité et le réchauffement climatique. Il nous faut relever le défi de manger mieux en restauration collective, en suivant la dynamique porteuse du secteur bio (plus de 10% de croissance depuis quinze ans), réputé par ailleurs bon pourvoyeur d'emplois selon l'Agence bio. Et en suivant, aussi, les nouvelles recommandations nutritionnelles officielles. N'est-ce pas le Programme national nutrition santé (PNNS) 2018-2022 qui fixe l’objectif d’« au moins 20% de consommations bio de fruits, légumes, produits céréaliers et légumineuses pour l’ensemble de la population française » ?

 

Le bio local : pas plus cher ni difficile à trouver

 

 

20% de bio dans les assiettes des cantines, un objectif hors d'atteinte ? Bien sûr que non. Il suffit de battre en brèche les deux idées reçues principales qui ont décidément la peau dure... jusqu'au palais du Luxembourg.

 

-Le prix. Manger bio serait plus cher et porterait atteinte aux budgets des collectivités comme au porte-monnaie des familles. C'est faux. En 2017, l'Observatoire national de la restauration collective bio et durable, créé par l'association Un Plus Bio, a démontré que les collectivités locales engagées dans des menus composés pour 20% de produits bio font face à un coût matière de 1,80 €. Oui, un repas à 20% bio servi à la cantine coûte moins de deux euros hors taxe, lorsqu'un repas conventionnel est estimé entre 1,50 et 2,00 € (source Agores). Pour maîtriser les coûts, il suffit de faire évoluer ses pratiques d’achats, réduire le gaspillage alimentaire et composer de nouveaux menus...

 

-La difficulté d’approvisionnement. C'est devenu une rengaine maniée avec un peu trop d’aisance par les sénateurs, qui ne semblent pas s'intéresser aux changements en cours dans les filières agricoles. Manger bio se ferait au détriment de manger local et ne servirait pas l'économie des territoires car il faudrait massivement recourir aux importations. Mais personne ne s'enquiert des conditions de circulation des produits non bio largement importés qui saturent les ports et les autoroutes du monde entier pour atterrir tranquillement dans les assiettes des cantines !
Sur la base de l’exemple de la régie municipale agricole de Mouans-Sartoux qui fournit 85% des légumes bio consommés par les 1000 élèves à la cantine, on peut, par exemple, estimer à 100 000 hectares la surface agricole nécessaire pour fournir en légumes bio les trois milliards de repas servis hors domicile chaque année en France. Cela représente seulement... 0,35% des 28 millions d’hectares de surface agricole utile de notre pays ! Objectif certainement pas inatteignable…

 

Enfin, l’argument du recours au bio via des pays lointains ne tient plus depuis quelques années. L'Agence bio vient de publier ses derniers chiffres. En 2016, 71% des produits bio consommés en général par les Français étaient « made in France ». Ce niveau corrobore directement les chiffres de l'Observatoire d'Un Plus Bio qui a mesuré que, en 2017, 58% des produits bio achetés en restauration collective étaient d'origine locale (définition Ecocert, périmètre ancienne région administrative).

 

 

Manger bio et local n'est donc pas plus cher ni impossible. Et aux sénateurs qui redoutent que les producteurs locaux soient écartés du marché de la restauration collective en plein boom, rappelons que le projet de loi prévoit que les productions en conversion bio pourront être comptabilisés, dès la première année, dans les 20% de bio. C'est un signal fort envoyé à la profession, car il n'est évidemment pas question d'opposer les agriculteurs entre eux ni de laisser sur le bord du chemin les candidats au changement de pratiques.

 

Alors, sénatrices et sénateurs de tout le pays, unissez-vous le 27 juin prochain, jour de l'examen du texte, pour soutenir enfin la réalité d’une alimentation bio à notre portée et rejoignez les nombreuses collectivités territoriales qui ont un train d'avance !

 

* Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, initiateur de la loi « Zéro-phyto » qui bannit depuis le 1er janvier 2017 l'usage des produits phytosanitaires dans les espaces publics des collectivités locales et, à partir du 1er janvier 2019, dans les jardins de particuliers.

 

* Gilles Pérole, adjoint au maire en charge de l'éducation à Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), première commune de plus de 10 000 habitants passée au 100% bio dans ses cantines, sans surcoût pour la collectivité ni les familles. Également président de l'association Un Plus Bio, premier réseau national des cantines bio.

 

 

 

[Communiqué] - Journée mondiale de l'Océan - Pollution plastique : la solution ne viendra pas du nettoyage de l'Océan

Créé le : 07/06/2018
© DR

Par la Fondation Tara Expéditions

Elles font aujourd’hui le tour des réseaux sociaux comme aucun autre sujet lié à la mer. Les images-chocs de sacs plastiques, bouteilles et autres filets de pêche flottants en mersuscitent l’indignation, tandis que de nombreuses initiatives fleurissent à la surface et à la faveur de l’Océan. Que doit-on véritablement comprendre de ce fléau, né il y a à peine 5 décennies ? Quelle réalité au-delà du bruit médiatique devenu peu à peu brouhaha ? A la lumière des recherches scientifiques, la solution ne sera pas trouvée en mer.

Ici des bateaux-poubelles ou bateaux-recycleurs, là des collectifs citoyens, ou encore des filets géants pour récupérer à la surface les plastiques flottants. La mobilisation et les idées se multiplient à travers le monde. Elles mettent bien en évidence les enjeux et contribuent ainsi à la sauvegarde de l’océan.

Mais au-delà de l’effet d’image et de la nécessaire médiatisation de cet enjeu, ce brouhaha agit comme un écran de fumée. A force de trop communiquer sur des « continents plastiques » qu’on pourrait nettoyer par des solutions-miracles, nous passons à côté de l’essentiel.

Pour les scientifiques engagés avec la Fondation Tara, il est urgent de mettre en lumière cette pollution invisible au pouvoir de nuisance le plus important : les micro-plastiques. Plus petites qu’un grain de riz, ces particules entrent en interaction avec un très grand nombre d’organismes marins et représentent un danger potentiel - encore très peu documenté - pour toute la chaine alimentaire marine. Du plancton jusqu’à notre assiette.

A mieux regarder les chiffres, 250 milliards de particules flottent à l’échelle toute relative de la Mer Méditerranée. On se demande comment se débarrasser d’une pollution aussi diffuse à l’échelle planétaire. Et les chercheurs de montrer que contrairement à l’idée de plus en plus répandue d’un seul « continent plastique », tel un conglomérat, en fait il y a des micro-plastiques partout, y compris en Arctique. Ces micro-plastiques ne pourront bien entendu pas être collectés. Et les marins qui connaissent l’immensité de l’océan savent bien que le « ramassage » est vain face à l’étendue du fléau. Les solutions devront venir de la terre.

A bord de Tara, les scientifiques étudiant la dégradation et les interactions avec le vivant, ne voient pas d’autre solution que de limiter drastiquement les plastiques à usage unique, de mieux gérer les déchets à terre, d’empêcher qu’ils atteignent la mer et d’inventer de nouveaux matériaux. Car aujourd’hui, rares sont les plastiques dits biodégradables qui se dégradent réellement en mer.

Bien sûr, ce que nous nettoierons sur les plages ou dans l’Océan sont des symboles aussi forts que pédagogiques. Mais il est fondamental de soutenir la recherche et l’innovation sur les plastiques biodégradables, les emballages de demain et l’éco-conception des produits.

Pour la Fondation Tara - engagée sur cette question depuis dix ans - la science doit permettre de réelles prises de décisions politiques et convaincre les industriels comme les consommateurs. Car loin des clichés d’une mer-poubelle, des tortues qui s’étranglent ou des oiseaux marins morts sur les plages, c’est aussi dans les hémicycles qu’il faut innover pour une économie circulaire. A l’instar de la mobilisation internationale pour régler le problème de la couche d’ozone, c’est au G7, à l’ONU et à l’Union Européenne d’en faire une question de santé publique internationale.

 


Actuellement dans le Pacifique, la goélette scientifique Tara traversera - entre le 19 juin et le 2 juillet prochain - le gyre du Pacifique Nord où la concentration de plastique compte parmi les plus importantes (Great Pacific Garbage Patch). À son bord, l’équipe scientifique menée par Maria-Luiza Pedrotti (Laboratoire Océanologique de Villefranche-sur-Mer) étudiera la vie qui prolifère dans ce vortex de plastique et les interactions entre le vivant et microplastiques. 

Pour suivre la traversée du Pacifique Nord :
www.taraexpeditions.org

[Communiqué] - Trois expertises invalident les résultats de l’étude « Seralini 2012 » sur le maïs OGM

Créé le : 05/06/2018

Dans un communiqué paru le 4 juin 2018, le CRIIGEN (Comité de Recherche et d'Information Indépendant sur le génie Génétique) s’indigne du traitement réservé à l’étude du professeur Seralini sur le maïs OGM, réalisée en 2012.  Trois expertises invalident les résultats de cette étude. Celles-ci oublient de « comparer ce qui est comparable »  et sont qualifiées d’ « acharnement à discréditer », écrit le CRIIGEN. 

Par le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN).
 

Certains détracteurs de l’étude « Séralini 2012 » continuent avec acharnement à discréditer cette étude. Ils oublient avec une mauvaise foi patente à : « Comparer ce qui est comparable ».

En effet, les résultats des études GRACE, G-TwYST et OGM90+ ne remettent pas en cause les résultats de l’étude « Séralini 2012 » car les protocoles et les objectifs sont trop différents. L’étude Séralini était une étude de toxicologie générale sur 2 ans recherchant les effets d’un maïs OGM tolérant au Roundup ainsi que ceux de l’herbicide associé. Celle-ci a été suivie de 4 publications mettant en œuvre les techniques de transcriptomique, protéomique et métabolomique. Ces études ont montré entre autres l’absence d’équivalence en substance entre ce maïs OGM et son équivalent non transgénique, ainsi que des pathologies notamment du foie (stéatose hépatique) chez les animaux ayant consommé des doses très faibles (inférieures à celle autorisée dans l’eau potable) d’herbicide à base de glyphosate (études consultables sur le site http://www.criigen.org).

Quant aux études menées grâce à un total de 15 millions d’euros d’argent public, l’étude GRACE s’est intéressée à un autre OGM, insecticide (Bt) et non tolérant le Roundup, et si les études G-TwYST et OGM 90+ ont bien évalué le même OGM que celui de l’étude Séralini, leurs objectifs et protocoles sont bien différents de celle-ci. Et pour cause ! L’étude G-TwYST visait à évaluer la carcinogénicité, question plus spécifique qui a bien été adressée pendant 2 ans, mais son étude de la toxicologie générale (avec analyses d’urine et de sang régulière) n’a pas excédé un an, au lieu de 2 ans dans l’étude Séralini. Quant à l’étude OGM90+, malgré la mise en œuvre de techniques dites « omiques », elle s’est limitée à 90 jours, comme son nom l’indique, et répondait à une toute autre problématique.

Une autre différence fondamentale réside dans le choix de la souche de rats : des Sprague-Dawleys dans l’étude Séralini (comme dans toute étude de toxicologie), des Wistars dans les 3 autres. Leur sensibilité est différente, notamment en ce qui concerne les tumeurs mammaires comme les fibroadénomes dont la sur incidence était montrée dans l’étude Séralini. C’est pourquoi la souche Sprague-Dawley est recommandée par le programme américain de toxicologie (https://ntp.niehs.nih.gov/) pour ce type de recherche du fait de leur sensibilité qui reflète mieux celle des populations humaines.

Plus important encore, le volet pesticide de l’étude Séralini, à savoir l’étude des effets à long terme de l’herbicide à base de glyphosate Roundup, n’a été repris dans aucune de ces études. Et l’étude Séralini reste la seule au monde à avoir évalué les effets d’une consommation chronique de faibles doses d’un pesticide dans sa formulation commerciale. Ces résultats demeurent dans le corpus scientifique, et n’ont jamais été remis en cause ni infirmés.

Une fois de plus les lobbys tentent de détourner le débat face aux risques graves sur la santé publique de produits qui contaminent régulièrement nos écosystèmes et notre alimentation et que l’on retrouve dans le sang et les urines de la population mondiale.

 

BREIZH COP : une ambition à affirmer et à partager

Créé le : 02/05/2018
Des membres du collectif pour une transition écologique et solidaire : de gauche à droite Julian Pondaven, directeur du réseau Cohérence, Jean-Luc Toulec, Président de la Fédération Bretonne Nature Environnement, Philippe Nicol de la ferme de La Ferme de Traon Bihan, Carole Le Bechec, co-présidente du réseau Cohérence et Marie-Pascale Deleume administratrice d'Eau et Rivières de Bretagne - DR

Par le Collectif pour une transition écologique et solidaire 

Le collectif pour une transition écologique et solidaire souhaite une vraie mobilisation pour l’avenir de la Bretagne. Notre collectif pour la transition écologique et solidaire soutient l’initiative régionale Breizh COP, ses enjeux et ses ambitions. Mais nous constatons que le document d’orientation présenté aujourd’hui aux élus reste trop timoré et ne transcrit pas suffisamment les ambitions affichées.

Ce jeudi 19 avril, les élus de la Région Bretagne sont réunis à Brest pour une session extraordinaire du Conseilrégional sur la Breizh Cop, déclinaison bretonne de la COP 21. Ils vont débattre, à partir d’un document « point d’étape » présenté par le Président, d’une charte des valeurs et des principes ainsi que des trois
premières orientations de ce rapport.
 

De bonnes ambitions sont affichées :

 
Dans le document « Pont d’étape », le président de la Région écrit : « le changement climatique constitue l’un des enjeux, sinon l’enjeu majeur, requérant des transformations profondes de nos modes de penser
et de faire ».
 
Deux ambitions complémentaires guident cette Breizh Cop :
 
- développer une vision pour la société bretonne de 2040, et définir un véritable engagement dans la transition.
 
- mobiliser tous les bretons, citoyens, collectivités, entreprises pour s’engager ensemble avec la Région dans cette transition, en considérant que la principale valeur ajoutée sera d’être transversale et de croiser les approches jusque-là trop segmentées et cloisonnées.
 

Mais le document d’orientation n’est pas à la hauteur des ambitions affichées :

 
- Ce document ne s’appuie pas sur un diagnostic partagé. Le réchauffement climatique est déjà là, les atteintes graves à la biodiversité aussi. Pour mobiliser largement, il faut d’abord présenter et expliquer les enjeux et les impacts sur la vie et l’activité économique des bretons.
 
- Les orientations ne proposent pas d’objectifs ou même de pistes d’objectifs chiffrés qui puissent montrer son ambition d’impulser réellement de fortes transitions. En matière par exemple de réduction d’émission de gaz à effet de serre, de déploiement des énergies renouvelables, d’ambition pour le bio etc…
 
- Ce document ne rompt pas avec « nos modes de penser et de faire ». L’idée d’une « transformation profonde » que le Président appelle de ses voeux, disparaît progressivement à sa lecture alors que réapparaît
le productivisme quantitatif. Il continue, de manière dramatiquement classique, à exclure l’environnement du champ de l’économie et du social.
 
- la démarche de mobilisation et de concertation n’est pas suffisamment claire et soutenue. Nous attendons les contributions par exemple du comité scientifique sur la méthode de participation. Aucun moyen financier budgétaire spécifique n’est alloué à la nécessaire participation des citoyens, ni aux futures transitions. Pour notre collectif, l’enjeu de cette COP est de réunir (enfin !) les conditions de la transversalité et de la mixité entre l’économie, l’environnement, la qualité de vie. Il ne peut pas y avoir d’économie, d’agriculture, de santé durable en Bretagne dans un environnement de mauvaise qualité.
 

Nous demandons que les élus :

 
- écoutent l’appel des 15000 : il y a URGENCE pour le climat, l’environnement et l’Homme ;
 
- écoutent les citoyens et la société civile bretonne, par exemple le CESER (Conseil Économique, Social et
 
Environnemental de la Région) dont nous soutenons l’avis, voté à l’unanimité des représentants :
 
« Dans son rôle de stratège et de fédérateur, c’est au Conseil régional de Bretagne d’impulser, de se donner les moyens, avec ses partenaires, de mettre en oeuvre le grand projet régional, de créer les conditions de sa réussite. Des orientations fortes auraient ainsi pu être soumises à la concertation et au débat telles que : la Bretagne en 2040 : territoire zéro carbone, territoire zéro chômeur, territoire à énergie positive ? » - mettent en place des modalités et des moyens suffisants pour informer, sensibiliser et mobiliser les bretonnes et les bretons autour de ces enjeux qui engagent l’avenir de notre région La voie est loin d’être toute tracée, c’est certain, mais de nombreux projets et actions existent déjà en Bretagne, qui doivent permettre de s’engager dans cette expérimentation, cette transition dans les
territoires, dans les entreprises, dans les associations, dans les collectivités territoriales.
 
Notre collectif est, pour reprendre là encore les mots du Président, le symbole même « du volontarisme, de la responsabilité et de l’engagement ». C’est pourquoi le collectif appelle tous les acteurs à se mobiliser et à contribuer. Nous appelons tous les citoyens, les collectivités et entreprises à nous faire part de leurs idées, leurs réflexions, leurs actions pour continuer d’alimenter les expertises et expérimentations que nous avons déjà recensées depuis de longues années. Nous présenterons avant l’été nos 10 priorités partagées pour une BRETAGNE A VIVRE ECOLOGIQUE ET SOLIDAIRE.
 
Rejoignez nous !
@collectiftransition

[Communiqué] Vigil'Oust et Attention Mines contre les permis de recherche minière exclusifs accordés à Variscan Mines en Bretagne

Créé le : 17/04/2018

Les associations Attention Mines et Vigil'Oust Merléac s'indignent des permis de recherche minière exclusifs (PERMS) accordés dans des conditions bien particulières à Variscan Mines en Bretagne . Rachat de filial, investisseur principal basé dans un paradis fiscal, absence d'information... Tous les détails dans le communiqué ci-dessous.

 
Par Attention Mines et Vigil'Oust Merléac

A l’attention de Mesdames et Messieurs les Maires, adjoints et conseillers communaux, Présidents et conseillers communautaires, départementaux et régionaux, Députés et Sénateurs, Présidents et membres de CLEs de SAGEs bretons,

Mesdames, Messieurs,

Conscients des impacts économiques, sanitaires et environnementaux des permis exclusifs de recherche minière accordés à Variscan Mines SAS en Bretagne, vous avez exprimé votre opposition à ces PERMS et demandé leur abrogation, sans réponse à ce jour du Ministère de l’Industrie en charge du dossier. Il nous semble important aujourd’hui d’attirer votre attention sur les récents rebondissements concernant la propriété de ces permis.

Variscan Mines Ltd (Australie) a annoncé le 8 mars dernier la vente de sa filiale française Variscan Mines SAS et du PERM de Couflens à une autre société australienne : Apollo Minerals Ltd. Les 6 permis du Grand-Ouest dont les 3 bretons
(Loc Envel, Silfiac et Merléac en Bretagne, Tennie, Saint-Pierre et Beaulieu en Pays de La Loire) seraient transférés à une nouvelle filiale anglaise, Variscan Mines Europe Ltd dotée d’un capital de 1 livre sterling et déclarée comme société dormante.

En pratique, les 3 permis bretons vont d'abord être transférés vers Apollo. L’article 43 du décret 2006-648 sur les titres miniers le prévoit impliquant seulement d’informer l’Etat de la cession de la société, suite à quoi l’Etat a deux mois pour se prononcer (la non réponse valant accord). La décision sera vraisemblablement prise d’ici au 28 avril prochain, la demande de cession ayant été déposée le 28 février dernier.

Dans un second temps, Variscan demanderait la mutation des permis vers sa nouvelle filiale suivant la procédure classique au titre des articles 143-1 et suite du code minier. Ceci induit une instruction du dossier similaire à celle d’une demande de permis et prend 15 mois environ.

Outre les interrogations soulevées par l’absence totale d’information des élus et de la population des territoires concernés, le profil d’Apollo Minerals Ltd interroge. Cette société australienne spécialisée dans le tungstène intervient déjà en France via le rachat par étapes du permis de Couflens. Autre acteur majeur, le fond d’investissement Juniper Capital Partners Ltd 5 apporte les 25 millions d’Euros nécessaires au financement des travaux de recherche sur ce PERM. Cet actionnaire principal d’Apollo Minerals Ltd est basé aux Îles Vierges Britanniques, déclarées paradis fiscal par la France jusqu’en décembre 2015 et encore sur la liste grise de l’Union européenne.

A compter de la fin avril 2018 et dans l’attente d’une éventuelle future mutation, les 3 permis bretons appartiendront à Apollo Minerals Ltd et donc à Juniper Capital Partners Ltd basé dans un paradis fiscal. 
Apollo Minerals Ltd est essentiellement intéressée par le permis de Couflens et son tungstène. En dépit du soutien financier de Juniper Capital, elle a éprouvé le besoin de lever cette semaine 6 millions de dollars australiens auprès d’investisseurs européens. Elle avait déjà vendu en novembre dernier un de ses 3 actifs miniers en Australie, pour 1 million de dollars australiens. Une fois propriétaire des permis, Apollo ne risque t-elle pas de chercher à se procurer des capitaux frais en vendant les 6 PERMs du Grand Ouest à des investisseurs mal informés et / ou pas trop regardants qui, réalisant leur faible intérêt minéralogique et les oppositions locales, les revendront à leur tour, etc...

La transformation des PERMs en simples actifs boursiers soumis à la spéculation internationale reste-t-elle cohérente avec l’objectif de l'Etat de garantir l’autonomie d’approvisionnement de l’industrie française via la relance de l’activité minière sur le territoire national ?

Pouvons-nous rester passifs face à cette évolution qui fait peser de lourdes incertitudes sur l’aménagement à moyen et long terme de nos territoires ?

Est-il tolérable que les élus des territoires concernés restent dans l’ignorance de ces développement ?


A vous qui avez pris la mesure des impacts inhérents aux travaux de recherche et d’exploitation minière sur l’approvisionnement en eau de notre région, ses filières économiques, et la santé publique, nous demandons d’exiger de l’Etat français qu’il mette un terme à cette situation ubuesque et qu’il retire les PERMs accordés à Variscan Mines, comme le code minier l’y autorise.

Contact :

attentionmines@riseup.net
 

 

[Communiqué] - La réaction de France Nature Environnement sur les expulsions à Notre-Dame-des-Landes

Créé le : 10/04/2018

Par France Nature Environnment 

France Nature Environnement et ses associations membres des Pays de Loire et Bretagne dénoncent une opération de manipulation médiatique qui fragilise le dialogue engagé avec l’ensemble des acteurs locaux autour du projet de territoire.

L'intervention en cours à Notre-Dame-des-Landes, à l'initiative de l'Etat, risque de compliquer la recherche de solutions pérennes, respectant le droit. Elle se déroule sous le signe prioritaire de la communication, et ne s'imposait pas dans ces délais ni sous cette forme. Alors que le dialogue commençait à bien s’enclencher entre toutes les parties, il n’y avait aucune urgence à une intervention au nom d’un soi-disant « État de droit ». Cette analyse a été transmise vendredi dernier par le président de France Nature Environnement à plusieurs membres du gouvernement, au Premier Ministre et au Président de la République. France Nature Environnement n’a pas été entendue et est aujourd’hui très inquiète.

France Nature Environnement appelle à sortir de la spirale de l'affrontement, à refuser toute provocation à la violence et à recréer au plus vite les conditions d'un dialogue respectueux entre les parties prenantes, seule voie efficace de construction de l'avenir.

Mais dans les conditions présentes, comment la fédération et les associations locales membres (France Nature Environnement Pays de la Loire, Bretagne-Vivante, la coordination régionale LPO Pays de Loire, Eau et Rivière de Bretagne…), vont-elles pouvoir continuer à apporter des propositions ?

France Nature Environnement rappelle son soutien à la construction d'un projet de territoire impliquant tous les acteurs locaux, à la fois respectueux du droit et incluant des formes innovantes d'occupation de ce territoire, associant des pratiques agroécologiques à la préservation d'écosystèmes précieux et d'une biodiversité très riche.

France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C´est la porte-parole d´un mouvement de 3500 associations, regroupées au sein de 74 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous. www.fne.asso.fr

Sans Transition ! aux Bio N'Days

Créé le : 09/04/2018
DR

Sans Transition !, a parcouru les allées du salon Bio N'Days, "le rendez-vous international de l'innovation bio", à Valence (26), jeudi dernier. L'occasion d’échanger avec quelques acteurs de la bio en Auvergne-Rhône-Alpes (Aura). Interviews sonores.

Le "CLAC" de l'apéro !

Julien Anglade est artisan conserveur. Il est le fondateur de l'entreprise CLAC , basée à Cournon d'Auvergne. Il propose une gamme de conserves bio et locales. L 'entrepreneur aimerait voir prochainement sa société devenir une coopérative. Cohérent !

Mettre en synergie les acteurs régionnaux de la bio

Brigitte Magnat est Présidente de Cluster bio, structure qui réunit les acteurs de la filière bio en AURA. 

Des fruits bio Occitans 

David-klockenbring est gérant de l'entreprise Biolo'Klock, producteur et transformateur de fruits bio base dans le Lot-et-Garonne (Occitanie), est venu présenter ses produits à Bio N'days.

Snacking bio

Chez ce cher Serge se présente comme le "premier snacking bio". Rencontre avec une représentante de cette entreprise basée à Toulouse.

JOURNEE MONDIALE DE L'EAU - Un tiers de la planète boit de l'eau dangereuse

Créé le : 21/03/2018

Par Solidarités International 

De nos jours encore, quelque 2,6 millions d'hommes, de femmes, d'enfants, d'invisibles meurent chaque année de maladies liées à l'eau et à un environnement insalubre. Plus d'un tiers de la planète boit toujours une eau dangereuse pour la santé. 2,6 milliards de personnes manquent toujours d'un assainissement adéquat. Résultat, l'eau reste la principale cause de mortalité au monde, notamment chez les enfants. 

Le manque d'accès à l'eau, un fléau invisible

A l'occasion de la Journée Mondiale de l'Eau, le 22 mars, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL lance la 4e édition de son Baromètre de l'eau. Une publication qui dresse un nouvel état des lieux de notre ressource vitale commune, décrypte les causes et les conséquences du manque d'eau potable, souligne les actions mises en œuvre pour concourir à l'accès universel à l'eau et à l'assainissement, inspecte les avancées des Etats, dénonce le manque de volonté, de financements, pointe les incohérences. Sans oublier de mettre en valeur et d'apporter son lot de solutions, des plus locales au plus globales… Et de donner la parole aux milliards d'invisibles pour qui le droit à l'eau potable, déclaré droit de l'homme en 2010 par les Nations Unies, n'est toujours pas respecté.

''Témoigner de la réalité de toutes celles et de tous ceux
dont la santé, la vie et tout espoir de développement sont menacés par le manque d'accès à l'eau potable et à l'assainissement. ''

Donner la parole aux invisibles

Les acteurs humanitaires que nous sommes mènent contre ce fléau indigne, injuste et mortel un combat quotidien sur le terrain des crises les plus sévères, mais aussi auprès des instances nationales et internationales afin de faire entendre la voix de celles et de ceux à qui nous venons en aide chaque : familles frappées par la guerre, habitants des bidonvilles, citoyens d'Etats faillis ou défaillants, agriculteurs et éleveurs face à la sécheresse, minorités… Toutes et tous bien souvent loin des radars des médias et des politiques. Invisibles.

C'est bien de la réalité de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants dont nous témoignons, chaque année, dans les pages de notre Baromètre de l'eau, de l'hygiène et de l'assainissement : des Congolais ou des Haïtiens sous la menace du choléra, des habitants de Dacca réclamant leur droit à l'eau, des Yéménites dans un pays déjà en manque d'eau avant la guerre, des Syriens, des Rohingyas, des populations sahéliennes… et de toutes celles et de tous ceux dont la santé, la vie et tout espoir de développement sont menacés par le manque d'accès à l'eau potable et à l'assainissement.
 

‘'Parce que sans un engagement politique et financier massif des Etats, sans une volonté farouche des acteurs de terrain, l'accès à l'eau potable restera non seulement une urgence humanitaire, mais deviendra très vite une menace de plus en plus palpable pour l'humanité'' 

Alexandre Giraud, Directeur général de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

 Des experts connus et reconnus associés au baromètre de l'eau 2018

Pour commenter les avancées de l'accès à l'eau potable pour tous, ainsi que les défis et les obstacles qui restent à surmonter, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL s'est entourée des plus grands spécialistes de l'eau : Jean Launay, président du Partenariat Français pour l'Eau au géographe David Blanchon, en passant par Gérard Payen, ancien conseiller pour l'eau du secrétaire général des Nations Unies, Sophie Durans de la London School of Hygiene & Tropical Medicine ou Franck Galland expert sur les questions sécuritaires liées à l'eau… Sans oublier ses experts humanitaires et ses partenaires (Think Tank, ONG, collectivités et agences de l'eau…).


Autant de parties prenantes dans notre combat pour l'accès à l'eau et à l'assainissement pour tous, qui ont contribué à ce Baromètre de l'Eau de l'hygiène et de l'assainissement, afin que le grand public se sente concerné par ce grand enjeu source de vie et de développement mais aussi de conflits, de pauvreté, de maladies et de mortalité.


Retrouvez le Baromètre de l'eau 2018 sur notre site 

[Communiqué] - Nestlé Waters assèche les nappes de Vittel sur fond de conflit d'intérêt

Créé le : 21/03/2018
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Par France Nature Environnement 

La Journée mondiale de l’eau, qui se tiendra le 22 mars, est l’occasion de rappeler que l’alimentation en eau potable est l’usage le plus essentiel de l’eau. Aujourd’hui, lorsque nous ouvrons les robinets, de l’eau de bonne qualité prélevée à proximité de nos habitations s’en écoule. Mais bientôt plus à Vittel. Non, à Vittel, l’eau qui s’écoulera des robinets sera acheminée par pipeline sur des dizaines de kilomètres. France Nature Environnement tire la sonnette d’alarme : le géant international Nestlé Waters s’est approprié la ressource locale pour commercialiser de l’eau en bouteille, exportée en Allemagne. Au risque d’épuiser la nappe et au détriment des populations locales.

Epuiser une nappe phréatique pour vendre de l’eau en bouteille : scandale social et environnemental

Nestlé Waters, propriétaire de 10 marques d’eau en bouteille en France et en Belgique, surexploite sans vergogne une nappe d’eau souterraine au détriment des populations locales en France, à Vittel. Depuis près de 30 ans, la nappe dans laquelle prélève la multinationale présente un déficit chronique annuel d’environ 1 million de m3… Soit la quantité d’eau que Nestlé Waters est autorisé à prélever, par le Préfet. Et le niveau de la nappe a déjà baissé de 10 mètres. Il sera bien entendu très difficile de faire remonter le niveau de cette eau souterraine, compte-tenu des conditions géologiques locales, mais surtout de la non-volonté des pouvoirs publics de poser des limites à Nestlé Waters.

Au-delà de l’épuisement de la ressource en eau, en totale contradiction avec l’image que souhaite se donner Nestlé Waters, la manière de faire est également choquante d’un point de vue social. En lien avec les services de l’Etat, la stratégie imaginée pour approvisionner en eau potable les populations locales de Vittel n’est autre qu’un transfert massif d’eau sur des dizaines de kilomètres de pipeline, pour un coût de 20 à 30 millions d’euros sur 20 ans. Ainsi, Nestlé pourra continuer son exploitation, pendant que les habitants de Vittel se verront répercuter le prix des travaux sur leur facture d’eau. Aller puiser l’eau chez les voisins avec des risques d’impacts environnementaux encore mal évalués, et ce dans un contexte de changement climatique qui affecte la ressource en eau, ne parait pas être une solution économiquement, socialement et écologiquement raisonnable.

L’eau souterraine de Vittel, bien public décrété propriété de Nestlé

C’est un réel monopole que s’octroie Nestlé sur une ressource en eau qui n’est censée appartenir à personne, si ce n’est aux populations locales pour subvenir à leurs besoins vitaux d’alimentation en eau potable. La loi sur l’eau de 2006 mentionne clairement que l’usage prioritaire d’une ressource en eau en France est l’alimentation en eau potable. Les activités économiques ne sont pas prioritaires, et l’eau est un bien commun, non privé ou privatisable. La reconnaissance implicite de la priorité de prélèvement à Nestlé Waters, contraignant les collectivités locales à « aller boire ailleurs », est inacceptable.

Mais Nestlé n’est pas seul responsable de la situation. Car pour avoir le droit d’épuiser la ressource en eau de Vittel, une entente avec certains acteurs locaux et services de l’Etat a dû avoir lieu. Une entente qui n’est d’ailleurs pas sans conflit d’intérêt, et qui reflète une relation bien trouble entre la multinationale et certains acteurs publics[1]

France Nature Environnement dénonce les pratiques environnementales de Nestlé Waters

Planter des arbres en Amazonie tout en asséchant les nappes d’eau en France est écologiquement irresponsable. Cela s’appelle « faire du greenwashing », se donner bonne conscience. Quatre associations locales (Vosges Nature Environnement, Oiseaux Nature, ASVPP[2], UFC Que Choisir 88) se battent depuis plus d’un an pour dénoncer ce choix dicté par le chantage économique. La fédération nationale soutient ouvertement et fermement cette dénonciation. Pour Michel Dubromel, président de France Nature Environnement, « il est impossible d’accepter qu’un géant mondial de l’eau en bouteille assèche une nappe d’eau et oblige les populations locales à s’approvisionner en eau potable ailleurs. La situation à Vittel est la preuve d’une non-gestion en responsabilité de la ressource en eau locale disponible, pourtant suffisamment abondante pour satisfaire les besoins du territoire à condition que chacun prenne en compte les besoins des uns et des autres. »

 


[1] L’ancienne présidente de la Commission Locale de l’Eau, en charge du suivi du dossier et également maire adjointe de Vittel, fait l’objet d’une enquête préliminaire pour prise illégale d’intérêt. Son mari, alors cadre international de Nestlé, est le président de la vigie de l’Eau, association chargée du portage du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) de 2010 à 2016 (pour l’information, la communication, la maitrise d’œuvre des études, l’élaboration de la stratégie). Association financée à l’origine par Nestlé et qui est aujourd’hui dessaisie du dossier…

[2] Association de Sauvegarde des Vallées et de Prévention des Pollutions

 

TRANSITION ENERGETIQUE : LE GOUVERNEMENT FAIT L'AUTRUCHE

Créé le : 15/03/2018
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Par le Réseau Action Climat 

À quelques jours de l’ouverture du débat public sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), les ONG tirent la sonnette d’alarme sur les zones d’ombre de ce débat sur la transition énergétique. Elles présentent les conditions indispensables pour une PPE qui mette réellement la France sur la voie de la transition énergétique.

Il y a matière à s’inquiéter. Le débat public sur la PPE intervient alors que le gouvernement a indiqué que l’objectif légal de réduction de la part du nucléaire à 50 % en 2025 ne serait pas respecté, et qu'EDF annonce ne prévoir aucune fermeture de réacteur nucléaire, hormis Fessenheim, avant 2029. En outre, le ministère de la Transition écologique et solidaire voudrait voir le débat circonscrit à deux scénarios uniquement : ceux qui prévoient des exportations d'électricité en hausse très forte et peu crédibles, et donc le moins de fermetures de réacteurs nucléaires possibles.

Alors que nous faisons partie des États membres de l’UE les plus en retard sur leurs objectifs d’énergies renouvelables, cette PPE devrait être l'occasion d'engager vraiment le pays dans la transition énergétique, d'améliorer la qualité de l'air, la santé des citoyens, de créer des emplois et de miser sur des activités d'avenir implantées dans les territoires. C’est possible à condition que la PPE donne un vrai signal en faveur des économies d'énergie et des énergies renouvelables.

Pour les ONG, tous les sujets, y compris ceux qui fâchent, doivent être mis sur la table pendant le débat au lieu de systématiquement en occulter certains, comme la situation économique et financière très critique d’EDF, ainsi que les coûts et risques croissants du nucléaire vieillissant. Le débat doit aussi prendre en compte les bonnes nouvelles qui changent la donne et permettent de planifier plus sereinement la fermeture progressive de réacteurs nucléaires : la consommation d’énergie qui se stabilise et tend à la baisse, ainsi que le coût des énergies renouvelables qui continue de chuter.

L'escamotage de ces enjeux par le gouvernement revient à maintenir le statu quo qui favorise l'industrie nucléaire, ralentit la transition énergétique et coûte cher aux contribuables. Pourtant, les solutions ne manquent pas pour que cette PPE booste les renouvelables, réduise la consommation d’énergie et d’électricité, organise la fermeture de réacteurs nucléaires et diminue drastiquement la dépendance aux énergies fossiles dans les transports pour les 10 ans à venir. A condition que le ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, et l’Elysée, ne faussent pas d’emblée ni le débat ni ses résultats.

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Les 7 propositions du Réseau Action Climat pour la PPE

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