PAROLES CITOYENNES

Camions : ces cadeaux fiscaux toxiques accordés aux poids lourds de la pollution de l’air

Créé le : 19/09/2018
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Par France Nature Environnement 

Trois ans après le scandale du « Dieselgate », les constructeurs automobiles soupçonnés de tromperie par l’Etat Français n’ont toujours pas été sanctionnés. Et les polémiques s’accumulent : tests sur des singes et des humains, tricheries des camions… A la veille de la 4ème Journée Nationale de la Qualité de l’Air, France Nature Environnement s’insurge contre un autre scandale sur le diesel : les cadeaux fiscaux accordés gazole professionnel, avantageux pour les camions les plus pollueurs.

« Dieselgate » : 3 ans après, pas d’avancée majeure

La pollution de l’air est le risque environnemental le plus important pour la santé en Europe[1], et la 3ème cause de mortalité en France derrière le tabac et l’alcool. Cela représente 52 000 décès prématurés en France, mais aussi plus de 101,3 milliards d’euros de coûts sanitaires chaque année pour la France.

Trois ans après le « Dieselgate », qui avait permis de révéler que le secteur routier était un contributeur encore plus important qu’estimé à la pollution de l’air, les constructeurs automobiles n’ont pas été sanctionnés et la plupart des véhicules mis en cause sont toujours sur nos routes. De plus, une enquête sur la pollution des camions devait être menée par la France. Mais sur ce sujet, silence radio …

Un cadeau fiscal pour les poids lourds qui s’élève à 900 millions d’euros

Le gouvernement continue de favoriser le diesel pour les camions par le biais d’exonérations fiscales. Depuis 2015 le secteur du transport routier de marchandises est ainsi exonéré des hausses de la Contribution Climat Energie (taxe carbone) sur le gazole. Les camions à moteur diesel ne payent donc pas, contrairement aux automobilistes, la totalité des émissions de CO2 qu’ils génèrent par leur consommation de carburant. En 2017, ce cadeau fiscal représentait près de 900 millions d’euros pour le gazole routier des poids lourds sur un total de 1,2 milliards d’euros[2] pour les niches fiscales accordées au gazole professionnel. Une somme colossale qui pourrait être investie dans le développement des modes de transport moins polluants.

Le lobby routier fait-il trop peur ?

Plusieurs secteurs sont concernés par cette exonération. Le gouvernement semble donc décidé à y mettre fin… mais uniquement pour le gazole non routier. Une mesure qui viserait principalement les engins de chantier du secteur industriel (BTP en particulier).

« Autrement dit, les poids lourds, qui sont les principaux bénéficiaires de cet avantage fiscal, seraient épargnés. Une aberration, quand on sait que cette somme permettrait d’investir dans des trains du quotidien plus fiables par exemple », réagit Michel Dubromel, président de France Nature Environnement, « l’exonération du gazole routier est un non-sens d’un point de vue politique, et une injustice vis-à-vis des ménages qui eux paient la totalité de leur plein. L’intégralité de l’effort à accomplir pour la transition énergétique ne doit pas reposer sur eux. Le nouveau Ministre de l’Ecologie a affirmé vouloir s’inscrire dans ‘l’écologie de l’action’. Il doit aller au bout de la démarche. »

La loi d’orientation sur les mobilités prévue pour fin 2018 et la loi de finances 2019, qui sera présentée par le gouvernement dès lundi prochain, sont deux grandes occasions de lever les freins vers des mobilités plus durables. La fin des exonérations fiscales du gazole professionnel dans son ensemble, dont le routier nous permettrait de tenir nos objectifs en matière de lutte contre la pollution et le dérèglement climatique, en dégageant de nouvelles ressources pour financer le développement des mobilités plus durables.

C’est pourquoi France Nature Environnement lance une pétition pour demander la fin des cadeaux fiscaux accordés aux camions les plus pollueurs. La fédération demande également la reprise de la commission d’enquête sur le diesel afin de faire un suivi des rappels des véhicules diesel et poursuivre les enquêtes sur les véhicules essence et les poids lourds.

Voir la Pétition « Stop aux cadeaux fiscaux accordés aux camions les plus pollueurs »

Voir les Propositions de France Nature Environnement pour la Loi d’Orientation sur les Mobilités

 
[1]According to the World Health Organization (WHO), air pollution is the biggest environmental risk to health in the European Union.”

 

[TRIBUNE]- Nous voulons des coquelicots : « Appel des 100 » pour l’interdiction des pesticides chimiques de synthèse

Créé le : 12/09/2018
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Par Nous voulons des coquelicots 

100 citoyen.nes anonymes, de tous horizons, partout en France lancent, ce jour, un Appel solennel Nous voulons des coquelicots. Soutenus par de nombreuses ONG et des personnalités  et grâce à l'élan impulsé par notre ami Fabrice Nicolino, ils clament « Nous voulons des coquelicots ».

Pourquoi cet Appel ?

 
L’heure n’est plus à compter les oiseaux, les abeilles, les papillons morts et les humains malades. Le constat a été fait tant de fois, au travers de centaines d’études scientifiques rigoureuses, que discuter encore n’a plus de sens. Notre pays est devenu méconnaissable à cause des pesticides. Toutes les politiques ont échoué. Nous lançons ce 12 septembre 2018 un immense Appel qui doit provoquer un soulèvement pacifique de la société française. Il pourrait durer deux ans et vise à mobiliser au moins cinq millions de soutiens. C’est ambitieux, mais l’objectif l’est, car il s’agit d’obtenir l’interdiction de tous les pesticides (de synthèse) en France. Il faut donc relever la tête, unir toutes les forces disponibles, agir tout de suite. Le pari repose sur l’espoir que la société française reste vivante. Un pays libre garde le droit de refuser ce qu’il ne supporte plus et de l’imposer à ses dirigeants, quels qu’ils soient. N’oublions jamais qu’en vingt ans, des millions de consommateurs se sont détournés, au moins en partie, de l’alimentation farcie de pesticides. C’est sur eux et sur toutes celles et ceux qui se sentent concernés que nous comptons. 
 

Qui sommes-nous ?

 
L’association « Nous voulons des coquelicots »
 
Un groupe de bénévoles sans argent, composé d’une quinzaine de personnes, parmi lesquelles une directrice de crèche (retraitée), des décorateurs, une étudiante, une céramiste, deux paysans, une enseignante, une psychanalyste, des membres d’ONG, deux journalistes. Nous avons créé dans l’urgence une association, Nous voulons des coquelicots, dont le président est Fabrice Nicolino. 
 
L’Appel des 100
 
L’Appel est lancé par ces bénévoles et les 100 premiers signataires, hommes et femmes « anonymes », résidant partout en France, ayant des professions aussi diverses qu’artisan, coiffeur, responsables des ventes, agent immobilier, ouvrier, enseignant, infirmier, maraicher, photographe, instituteur, vétérinaire etc. Découvrez-les en ligne ici : www.nousvoulonsdescoquelicots.org/nos-soutiens 
 
 
 
 

[Tribune] - Mauvais tour pour les victimes de produits phytopharmaceutiques !

Créé le : 19/07/2018

Alors que le Sénat avait le 2 juillet dernier adopté le principe d'un fond d'indemnisation aux travailleurs agricoles victimes des pesticides, le gouvernement a retoqué la proposition. Une attitude que dénoncent Nicole Bonnefoy et Sophie Primas, sénatrices engagées sur cette question. 

 

 

Ce matin, le Ministre de l'agriculture, Stéphane Travert, a souhaité retirer le dispositif – pourtant adopté à l'unanimité par le Sénat – portant création d'un fonds d'indemnisation pour les victimes professionnelles des produits phytopharmaceutiques, au profit de la rédaction d'un « énième rapport » sur le sujet, dans un délai de neuf mois. Cette position du Gouvernement traduit à la fois un profond mépris du Sénat, et une mauvaise foi patente.

Un profond mépris, tant à l'égard du Sénat que des trois administrations qui ont abondamment travaillé sur le sujet. Nous rappelons que le Sénat a voté à l'unanimité la création de ce fonds d'indemnisation et que le rapport du CGAAER, de l'IGAS et de l'IGF, publié en janvier 2018, affirme la pertinence et prévoit dans le détail les différentes modalités de financement et de mise en oeuvre du fonds d'indemnisation.

Une mauvaise foi patente, car il est stupéfiant que le Ministre réfute aujourd'hui la création d'un tel fonds au motif d'une rupture d'égalité entre les professionnels et les « riverains et les jardiniers amateurs », alors que c'est le Ministre lui-même qui avait souhaité en réduire le périmètre aux seules victimes professionnelles !
Nous ne pouvons accepter l'argumentation tenue par le Ministre et soutenue par sa majorité ce jour à l'Assemblée nationale. Nous considérons qu'il n'est nul besoin d'attendre encore. Le courage politique nécessite d'agir maintenant.

 

Nicole Bonnefoy (Sénatrice PS de la Charente) et Sophie Primas (Sénatrice LR des Yvelines).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[Tribune] Bio dans les cantines : les sénateurs rateront-ils encore la marche ?

Créé le : 19/06/2018

Alors que le Sénat a retiré la semaine dernière en commission l'objectif d'atteindre 20% bio en restauration collective, Joël Labbé (sénateur écologiste du Morbihan) et Gilles Pérole (élu local à Mouans-Sartoux (06))  invitent les sénateurs à revoir leur copie avant la lecture du texte en séance publique qui aura lieu à partir du 26 juin. Ils rappellent et expliquent pourquoi manger 20% de bio d'ici à 2022, c'est non seulement urgent mais également faisable.

 

Par Joël Labbé et Gille Pérole

Décevante, leur attitude en commission sur l’étude de la loi Alimentation ! Pourquoi une poignée de sénateurs reste aussi hermétique aux évolutions de société et aux désirs des citoyens qui sont à 90% intéressés par le bio à la cantine (sondage Agence Bio) ?

 

Jeudi 14 juin, le groupe majoritaire des sénateurs LR a dépouillé la loi issue des États généraux de l'Alimentation de l'un de ses principaux arguments plaidant pour l'introduction de 20% de bio dans les assiettes de la restauration collective d'ici à 2022. C'est le précieux article 11 de la loi Agriculture Alimentation, que les députés venaient de valider comme un seul homme, le 30 mai dernier. Ce camouflet n'est ni plus ni moins qu'un remake de 2016, lorsque la députée Brigitte Allain avait proposé d'introduire par la loi le bio et le local à hauteur respective de 20 et 40%, dans un délai raisonnable. Une proposition alors votée à l'unanimité de l'Assemblée nationale, mais retoquée pareillement par des sénateurs rivés à des positions décidément aussi stables qu'inintelligibles.

 

Pourtant nous, Joël Labbé*, sénateur du Morbihan et Gilles Pérole*, élu local à Mouans-Sartoux (06), sommes persuadés qu’on finira bien par faire bouger les lignes sur le bio et le local dans les cantines, loin des pétitions de principe et des postures qui n'honorent ni leurs auteurs ni les représentants des causes qu'ils croient défendre, parfois seuls contre tous...

 

L’alimentation durable ne relève pas d'une lubie. Elle permet une vraie prise en compte des enjeux de santé et intègre l’évaluation des impacts de la production agricole sur l’environnement, la biodiversité et le réchauffement climatique. Il nous faut relever le défi de manger mieux en restauration collective, en suivant la dynamique porteuse du secteur bio (plus de 10% de croissance depuis quinze ans), réputé par ailleurs bon pourvoyeur d'emplois selon l'Agence bio. Et en suivant, aussi, les nouvelles recommandations nutritionnelles officielles. N'est-ce pas le Programme national nutrition santé (PNNS) 2018-2022 qui fixe l’objectif d’« au moins 20% de consommations bio de fruits, légumes, produits céréaliers et légumineuses pour l’ensemble de la population française » ?

 

Le bio local : pas plus cher ni difficile à trouver

 

 

20% de bio dans les assiettes des cantines, un objectif hors d'atteinte ? Bien sûr que non. Il suffit de battre en brèche les deux idées reçues principales qui ont décidément la peau dure... jusqu'au palais du Luxembourg.

 

-Le prix. Manger bio serait plus cher et porterait atteinte aux budgets des collectivités comme au porte-monnaie des familles. C'est faux. En 2017, l'Observatoire national de la restauration collective bio et durable, créé par l'association Un Plus Bio, a démontré que les collectivités locales engagées dans des menus composés pour 20% de produits bio font face à un coût matière de 1,80 €. Oui, un repas à 20% bio servi à la cantine coûte moins de deux euros hors taxe, lorsqu'un repas conventionnel est estimé entre 1,50 et 2,00 € (source Agores). Pour maîtriser les coûts, il suffit de faire évoluer ses pratiques d’achats, réduire le gaspillage alimentaire et composer de nouveaux menus...

 

-La difficulté d’approvisionnement. C'est devenu une rengaine maniée avec un peu trop d’aisance par les sénateurs, qui ne semblent pas s'intéresser aux changements en cours dans les filières agricoles. Manger bio se ferait au détriment de manger local et ne servirait pas l'économie des territoires car il faudrait massivement recourir aux importations. Mais personne ne s'enquiert des conditions de circulation des produits non bio largement importés qui saturent les ports et les autoroutes du monde entier pour atterrir tranquillement dans les assiettes des cantines !
Sur la base de l’exemple de la régie municipale agricole de Mouans-Sartoux qui fournit 85% des légumes bio consommés par les 1000 élèves à la cantine, on peut, par exemple, estimer à 100 000 hectares la surface agricole nécessaire pour fournir en légumes bio les trois milliards de repas servis hors domicile chaque année en France. Cela représente seulement... 0,35% des 28 millions d’hectares de surface agricole utile de notre pays ! Objectif certainement pas inatteignable…

 

Enfin, l’argument du recours au bio via des pays lointains ne tient plus depuis quelques années. L'Agence bio vient de publier ses derniers chiffres. En 2016, 71% des produits bio consommés en général par les Français étaient « made in France ». Ce niveau corrobore directement les chiffres de l'Observatoire d'Un Plus Bio qui a mesuré que, en 2017, 58% des produits bio achetés en restauration collective étaient d'origine locale (définition Ecocert, périmètre ancienne région administrative).

 

 

Manger bio et local n'est donc pas plus cher ni impossible. Et aux sénateurs qui redoutent que les producteurs locaux soient écartés du marché de la restauration collective en plein boom, rappelons que le projet de loi prévoit que les productions en conversion bio pourront être comptabilisés, dès la première année, dans les 20% de bio. C'est un signal fort envoyé à la profession, car il n'est évidemment pas question d'opposer les agriculteurs entre eux ni de laisser sur le bord du chemin les candidats au changement de pratiques.

 

Alors, sénatrices et sénateurs de tout le pays, unissez-vous le 27 juin prochain, jour de l'examen du texte, pour soutenir enfin la réalité d’une alimentation bio à notre portée et rejoignez les nombreuses collectivités territoriales qui ont un train d'avance !

 

* Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, initiateur de la loi « Zéro-phyto » qui bannit depuis le 1er janvier 2017 l'usage des produits phytosanitaires dans les espaces publics des collectivités locales et, à partir du 1er janvier 2019, dans les jardins de particuliers.

 

* Gilles Pérole, adjoint au maire en charge de l'éducation à Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), première commune de plus de 10 000 habitants passée au 100% bio dans ses cantines, sans surcoût pour la collectivité ni les familles. Également président de l'association Un Plus Bio, premier réseau national des cantines bio.

 

 

 

[Communiqué] - Journée mondiale de l'Océan - Pollution plastique : la solution ne viendra pas du nettoyage de l'Océan

Créé le : 07/06/2018
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Par la Fondation Tara Expéditions

Elles font aujourd’hui le tour des réseaux sociaux comme aucun autre sujet lié à la mer. Les images-chocs de sacs plastiques, bouteilles et autres filets de pêche flottants en mersuscitent l’indignation, tandis que de nombreuses initiatives fleurissent à la surface et à la faveur de l’Océan. Que doit-on véritablement comprendre de ce fléau, né il y a à peine 5 décennies ? Quelle réalité au-delà du bruit médiatique devenu peu à peu brouhaha ? A la lumière des recherches scientifiques, la solution ne sera pas trouvée en mer.

Ici des bateaux-poubelles ou bateaux-recycleurs, là des collectifs citoyens, ou encore des filets géants pour récupérer à la surface les plastiques flottants. La mobilisation et les idées se multiplient à travers le monde. Elles mettent bien en évidence les enjeux et contribuent ainsi à la sauvegarde de l’océan.

Mais au-delà de l’effet d’image et de la nécessaire médiatisation de cet enjeu, ce brouhaha agit comme un écran de fumée. A force de trop communiquer sur des « continents plastiques » qu’on pourrait nettoyer par des solutions-miracles, nous passons à côté de l’essentiel.

Pour les scientifiques engagés avec la Fondation Tara, il est urgent de mettre en lumière cette pollution invisible au pouvoir de nuisance le plus important : les micro-plastiques. Plus petites qu’un grain de riz, ces particules entrent en interaction avec un très grand nombre d’organismes marins et représentent un danger potentiel - encore très peu documenté - pour toute la chaine alimentaire marine. Du plancton jusqu’à notre assiette.

A mieux regarder les chiffres, 250 milliards de particules flottent à l’échelle toute relative de la Mer Méditerranée. On se demande comment se débarrasser d’une pollution aussi diffuse à l’échelle planétaire. Et les chercheurs de montrer que contrairement à l’idée de plus en plus répandue d’un seul « continent plastique », tel un conglomérat, en fait il y a des micro-plastiques partout, y compris en Arctique. Ces micro-plastiques ne pourront bien entendu pas être collectés. Et les marins qui connaissent l’immensité de l’océan savent bien que le « ramassage » est vain face à l’étendue du fléau. Les solutions devront venir de la terre.

A bord de Tara, les scientifiques étudiant la dégradation et les interactions avec le vivant, ne voient pas d’autre solution que de limiter drastiquement les plastiques à usage unique, de mieux gérer les déchets à terre, d’empêcher qu’ils atteignent la mer et d’inventer de nouveaux matériaux. Car aujourd’hui, rares sont les plastiques dits biodégradables qui se dégradent réellement en mer.

Bien sûr, ce que nous nettoierons sur les plages ou dans l’Océan sont des symboles aussi forts que pédagogiques. Mais il est fondamental de soutenir la recherche et l’innovation sur les plastiques biodégradables, les emballages de demain et l’éco-conception des produits.

Pour la Fondation Tara - engagée sur cette question depuis dix ans - la science doit permettre de réelles prises de décisions politiques et convaincre les industriels comme les consommateurs. Car loin des clichés d’une mer-poubelle, des tortues qui s’étranglent ou des oiseaux marins morts sur les plages, c’est aussi dans les hémicycles qu’il faut innover pour une économie circulaire. A l’instar de la mobilisation internationale pour régler le problème de la couche d’ozone, c’est au G7, à l’ONU et à l’Union Européenne d’en faire une question de santé publique internationale.

 


Actuellement dans le Pacifique, la goélette scientifique Tara traversera - entre le 19 juin et le 2 juillet prochain - le gyre du Pacifique Nord où la concentration de plastique compte parmi les plus importantes (Great Pacific Garbage Patch). À son bord, l’équipe scientifique menée par Maria-Luiza Pedrotti (Laboratoire Océanologique de Villefranche-sur-Mer) étudiera la vie qui prolifère dans ce vortex de plastique et les interactions entre le vivant et microplastiques. 

Pour suivre la traversée du Pacifique Nord :
www.taraexpeditions.org

[Communiqué] - Trois expertises invalident les résultats de l’étude « Seralini 2012 » sur le maïs OGM

Créé le : 05/06/2018

Dans un communiqué paru le 4 juin 2018, le CRIIGEN (Comité de Recherche et d'Information Indépendant sur le génie Génétique) s’indigne du traitement réservé à l’étude du professeur Seralini sur le maïs OGM, réalisée en 2012.  Trois expertises invalident les résultats de cette étude. Celles-ci oublient de « comparer ce qui est comparable »  et sont qualifiées d’ « acharnement à discréditer », écrit le CRIIGEN. 

Par le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN).
 

Certains détracteurs de l’étude « Séralini 2012 » continuent avec acharnement à discréditer cette étude. Ils oublient avec une mauvaise foi patente à : « Comparer ce qui est comparable ».

En effet, les résultats des études GRACE, G-TwYST et OGM90+ ne remettent pas en cause les résultats de l’étude « Séralini 2012 » car les protocoles et les objectifs sont trop différents. L’étude Séralini était une étude de toxicologie générale sur 2 ans recherchant les effets d’un maïs OGM tolérant au Roundup ainsi que ceux de l’herbicide associé. Celle-ci a été suivie de 4 publications mettant en œuvre les techniques de transcriptomique, protéomique et métabolomique. Ces études ont montré entre autres l’absence d’équivalence en substance entre ce maïs OGM et son équivalent non transgénique, ainsi que des pathologies notamment du foie (stéatose hépatique) chez les animaux ayant consommé des doses très faibles (inférieures à celle autorisée dans l’eau potable) d’herbicide à base de glyphosate (études consultables sur le site http://www.criigen.org).

Quant aux études menées grâce à un total de 15 millions d’euros d’argent public, l’étude GRACE s’est intéressée à un autre OGM, insecticide (Bt) et non tolérant le Roundup, et si les études G-TwYST et OGM 90+ ont bien évalué le même OGM que celui de l’étude Séralini, leurs objectifs et protocoles sont bien différents de celle-ci. Et pour cause ! L’étude G-TwYST visait à évaluer la carcinogénicité, question plus spécifique qui a bien été adressée pendant 2 ans, mais son étude de la toxicologie générale (avec analyses d’urine et de sang régulière) n’a pas excédé un an, au lieu de 2 ans dans l’étude Séralini. Quant à l’étude OGM90+, malgré la mise en œuvre de techniques dites « omiques », elle s’est limitée à 90 jours, comme son nom l’indique, et répondait à une toute autre problématique.

Une autre différence fondamentale réside dans le choix de la souche de rats : des Sprague-Dawleys dans l’étude Séralini (comme dans toute étude de toxicologie), des Wistars dans les 3 autres. Leur sensibilité est différente, notamment en ce qui concerne les tumeurs mammaires comme les fibroadénomes dont la sur incidence était montrée dans l’étude Séralini. C’est pourquoi la souche Sprague-Dawley est recommandée par le programme américain de toxicologie (https://ntp.niehs.nih.gov/) pour ce type de recherche du fait de leur sensibilité qui reflète mieux celle des populations humaines.

Plus important encore, le volet pesticide de l’étude Séralini, à savoir l’étude des effets à long terme de l’herbicide à base de glyphosate Roundup, n’a été repris dans aucune de ces études. Et l’étude Séralini reste la seule au monde à avoir évalué les effets d’une consommation chronique de faibles doses d’un pesticide dans sa formulation commerciale. Ces résultats demeurent dans le corpus scientifique, et n’ont jamais été remis en cause ni infirmés.

Une fois de plus les lobbys tentent de détourner le débat face aux risques graves sur la santé publique de produits qui contaminent régulièrement nos écosystèmes et notre alimentation et que l’on retrouve dans le sang et les urines de la population mondiale.

 

BREIZH COP : une ambition à affirmer et à partager

Créé le : 02/05/2018
Des membres du collectif pour une transition écologique et solidaire : de gauche à droite Julian Pondaven, directeur du réseau Cohérence, Jean-Luc Toulec, Président de la Fédération Bretonne Nature Environnement, Philippe Nicol de la ferme de La Ferme de Traon Bihan, Carole Le Bechec, co-présidente du réseau Cohérence et Marie-Pascale Deleume administratrice d'Eau et Rivières de Bretagne - DR

Par le Collectif pour une transition écologique et solidaire 

Le collectif pour une transition écologique et solidaire souhaite une vraie mobilisation pour l’avenir de la Bretagne. Notre collectif pour la transition écologique et solidaire soutient l’initiative régionale Breizh COP, ses enjeux et ses ambitions. Mais nous constatons que le document d’orientation présenté aujourd’hui aux élus reste trop timoré et ne transcrit pas suffisamment les ambitions affichées.

Ce jeudi 19 avril, les élus de la Région Bretagne sont réunis à Brest pour une session extraordinaire du Conseilrégional sur la Breizh Cop, déclinaison bretonne de la COP 21. Ils vont débattre, à partir d’un document « point d’étape » présenté par le Président, d’une charte des valeurs et des principes ainsi que des trois
premières orientations de ce rapport.
 

De bonnes ambitions sont affichées :

 
Dans le document « Pont d’étape », le président de la Région écrit : « le changement climatique constitue l’un des enjeux, sinon l’enjeu majeur, requérant des transformations profondes de nos modes de penser
et de faire ».
 
Deux ambitions complémentaires guident cette Breizh Cop :
 
- développer une vision pour la société bretonne de 2040, et définir un véritable engagement dans la transition.
 
- mobiliser tous les bretons, citoyens, collectivités, entreprises pour s’engager ensemble avec la Région dans cette transition, en considérant que la principale valeur ajoutée sera d’être transversale et de croiser les approches jusque-là trop segmentées et cloisonnées.
 

Mais le document d’orientation n’est pas à la hauteur des ambitions affichées :

 
- Ce document ne s’appuie pas sur un diagnostic partagé. Le réchauffement climatique est déjà là, les atteintes graves à la biodiversité aussi. Pour mobiliser largement, il faut d’abord présenter et expliquer les enjeux et les impacts sur la vie et l’activité économique des bretons.
 
- Les orientations ne proposent pas d’objectifs ou même de pistes d’objectifs chiffrés qui puissent montrer son ambition d’impulser réellement de fortes transitions. En matière par exemple de réduction d’émission de gaz à effet de serre, de déploiement des énergies renouvelables, d’ambition pour le bio etc…
 
- Ce document ne rompt pas avec « nos modes de penser et de faire ». L’idée d’une « transformation profonde » que le Président appelle de ses voeux, disparaît progressivement à sa lecture alors que réapparaît
le productivisme quantitatif. Il continue, de manière dramatiquement classique, à exclure l’environnement du champ de l’économie et du social.
 
- la démarche de mobilisation et de concertation n’est pas suffisamment claire et soutenue. Nous attendons les contributions par exemple du comité scientifique sur la méthode de participation. Aucun moyen financier budgétaire spécifique n’est alloué à la nécessaire participation des citoyens, ni aux futures transitions. Pour notre collectif, l’enjeu de cette COP est de réunir (enfin !) les conditions de la transversalité et de la mixité entre l’économie, l’environnement, la qualité de vie. Il ne peut pas y avoir d’économie, d’agriculture, de santé durable en Bretagne dans un environnement de mauvaise qualité.
 

Nous demandons que les élus :

 
- écoutent l’appel des 15000 : il y a URGENCE pour le climat, l’environnement et l’Homme ;
 
- écoutent les citoyens et la société civile bretonne, par exemple le CESER (Conseil Économique, Social et
 
Environnemental de la Région) dont nous soutenons l’avis, voté à l’unanimité des représentants :
 
« Dans son rôle de stratège et de fédérateur, c’est au Conseil régional de Bretagne d’impulser, de se donner les moyens, avec ses partenaires, de mettre en oeuvre le grand projet régional, de créer les conditions de sa réussite. Des orientations fortes auraient ainsi pu être soumises à la concertation et au débat telles que : la Bretagne en 2040 : territoire zéro carbone, territoire zéro chômeur, territoire à énergie positive ? » - mettent en place des modalités et des moyens suffisants pour informer, sensibiliser et mobiliser les bretonnes et les bretons autour de ces enjeux qui engagent l’avenir de notre région La voie est loin d’être toute tracée, c’est certain, mais de nombreux projets et actions existent déjà en Bretagne, qui doivent permettre de s’engager dans cette expérimentation, cette transition dans les
territoires, dans les entreprises, dans les associations, dans les collectivités territoriales.
 
Notre collectif est, pour reprendre là encore les mots du Président, le symbole même « du volontarisme, de la responsabilité et de l’engagement ». C’est pourquoi le collectif appelle tous les acteurs à se mobiliser et à contribuer. Nous appelons tous les citoyens, les collectivités et entreprises à nous faire part de leurs idées, leurs réflexions, leurs actions pour continuer d’alimenter les expertises et expérimentations que nous avons déjà recensées depuis de longues années. Nous présenterons avant l’été nos 10 priorités partagées pour une BRETAGNE A VIVRE ECOLOGIQUE ET SOLIDAIRE.
 
Rejoignez nous !
@collectiftransition

[Communiqué] Vigil'Oust et Attention Mines contre les permis de recherche minière exclusifs accordés à Variscan Mines en Bretagne

Créé le : 17/04/2018

Les associations Attention Mines et Vigil'Oust Merléac s'indignent des permis de recherche minière exclusifs (PERMS) accordés dans des conditions bien particulières à Variscan Mines en Bretagne . Rachat de filial, investisseur principal basé dans un paradis fiscal, absence d'information... Tous les détails dans le communiqué ci-dessous.

 
Par Attention Mines et Vigil'Oust Merléac

A l’attention de Mesdames et Messieurs les Maires, adjoints et conseillers communaux, Présidents et conseillers communautaires, départementaux et régionaux, Députés et Sénateurs, Présidents et membres de CLEs de SAGEs bretons,

Mesdames, Messieurs,

Conscients des impacts économiques, sanitaires et environnementaux des permis exclusifs de recherche minière accordés à Variscan Mines SAS en Bretagne, vous avez exprimé votre opposition à ces PERMS et demandé leur abrogation, sans réponse à ce jour du Ministère de l’Industrie en charge du dossier. Il nous semble important aujourd’hui d’attirer votre attention sur les récents rebondissements concernant la propriété de ces permis.

Variscan Mines Ltd (Australie) a annoncé le 8 mars dernier la vente de sa filiale française Variscan Mines SAS et du PERM de Couflens à une autre société australienne : Apollo Minerals Ltd. Les 6 permis du Grand-Ouest dont les 3 bretons
(Loc Envel, Silfiac et Merléac en Bretagne, Tennie, Saint-Pierre et Beaulieu en Pays de La Loire) seraient transférés à une nouvelle filiale anglaise, Variscan Mines Europe Ltd dotée d’un capital de 1 livre sterling et déclarée comme société dormante.

En pratique, les 3 permis bretons vont d'abord être transférés vers Apollo. L’article 43 du décret 2006-648 sur les titres miniers le prévoit impliquant seulement d’informer l’Etat de la cession de la société, suite à quoi l’Etat a deux mois pour se prononcer (la non réponse valant accord). La décision sera vraisemblablement prise d’ici au 28 avril prochain, la demande de cession ayant été déposée le 28 février dernier.

Dans un second temps, Variscan demanderait la mutation des permis vers sa nouvelle filiale suivant la procédure classique au titre des articles 143-1 et suite du code minier. Ceci induit une instruction du dossier similaire à celle d’une demande de permis et prend 15 mois environ.

Outre les interrogations soulevées par l’absence totale d’information des élus et de la population des territoires concernés, le profil d’Apollo Minerals Ltd interroge. Cette société australienne spécialisée dans le tungstène intervient déjà en France via le rachat par étapes du permis de Couflens. Autre acteur majeur, le fond d’investissement Juniper Capital Partners Ltd 5 apporte les 25 millions d’Euros nécessaires au financement des travaux de recherche sur ce PERM. Cet actionnaire principal d’Apollo Minerals Ltd est basé aux Îles Vierges Britanniques, déclarées paradis fiscal par la France jusqu’en décembre 2015 et encore sur la liste grise de l’Union européenne.

A compter de la fin avril 2018 et dans l’attente d’une éventuelle future mutation, les 3 permis bretons appartiendront à Apollo Minerals Ltd et donc à Juniper Capital Partners Ltd basé dans un paradis fiscal. 
Apollo Minerals Ltd est essentiellement intéressée par le permis de Couflens et son tungstène. En dépit du soutien financier de Juniper Capital, elle a éprouvé le besoin de lever cette semaine 6 millions de dollars australiens auprès d’investisseurs européens. Elle avait déjà vendu en novembre dernier un de ses 3 actifs miniers en Australie, pour 1 million de dollars australiens. Une fois propriétaire des permis, Apollo ne risque t-elle pas de chercher à se procurer des capitaux frais en vendant les 6 PERMs du Grand Ouest à des investisseurs mal informés et / ou pas trop regardants qui, réalisant leur faible intérêt minéralogique et les oppositions locales, les revendront à leur tour, etc...

La transformation des PERMs en simples actifs boursiers soumis à la spéculation internationale reste-t-elle cohérente avec l’objectif de l'Etat de garantir l’autonomie d’approvisionnement de l’industrie française via la relance de l’activité minière sur le territoire national ?

Pouvons-nous rester passifs face à cette évolution qui fait peser de lourdes incertitudes sur l’aménagement à moyen et long terme de nos territoires ?

Est-il tolérable que les élus des territoires concernés restent dans l’ignorance de ces développement ?


A vous qui avez pris la mesure des impacts inhérents aux travaux de recherche et d’exploitation minière sur l’approvisionnement en eau de notre région, ses filières économiques, et la santé publique, nous demandons d’exiger de l’Etat français qu’il mette un terme à cette situation ubuesque et qu’il retire les PERMs accordés à Variscan Mines, comme le code minier l’y autorise.

Contact :

attentionmines@riseup.net
 

 

[Communiqué] - La réaction de France Nature Environnement sur les expulsions à Notre-Dame-des-Landes

Créé le : 10/04/2018

Par France Nature Environnment 

France Nature Environnement et ses associations membres des Pays de Loire et Bretagne dénoncent une opération de manipulation médiatique qui fragilise le dialogue engagé avec l’ensemble des acteurs locaux autour du projet de territoire.

L'intervention en cours à Notre-Dame-des-Landes, à l'initiative de l'Etat, risque de compliquer la recherche de solutions pérennes, respectant le droit. Elle se déroule sous le signe prioritaire de la communication, et ne s'imposait pas dans ces délais ni sous cette forme. Alors que le dialogue commençait à bien s’enclencher entre toutes les parties, il n’y avait aucune urgence à une intervention au nom d’un soi-disant « État de droit ». Cette analyse a été transmise vendredi dernier par le président de France Nature Environnement à plusieurs membres du gouvernement, au Premier Ministre et au Président de la République. France Nature Environnement n’a pas été entendue et est aujourd’hui très inquiète.

France Nature Environnement appelle à sortir de la spirale de l'affrontement, à refuser toute provocation à la violence et à recréer au plus vite les conditions d'un dialogue respectueux entre les parties prenantes, seule voie efficace de construction de l'avenir.

Mais dans les conditions présentes, comment la fédération et les associations locales membres (France Nature Environnement Pays de la Loire, Bretagne-Vivante, la coordination régionale LPO Pays de Loire, Eau et Rivière de Bretagne…), vont-elles pouvoir continuer à apporter des propositions ?

France Nature Environnement rappelle son soutien à la construction d'un projet de territoire impliquant tous les acteurs locaux, à la fois respectueux du droit et incluant des formes innovantes d'occupation de ce territoire, associant des pratiques agroécologiques à la préservation d'écosystèmes précieux et d'une biodiversité très riche.

France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C´est la porte-parole d´un mouvement de 3500 associations, regroupées au sein de 74 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous. www.fne.asso.fr

Sans Transition ! aux Bio N'Days

Créé le : 09/04/2018
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Sans Transition !, a parcouru les allées du salon Bio N'Days, "le rendez-vous international de l'innovation bio", à Valence (26), jeudi dernier. L'occasion d’échanger avec quelques acteurs de la bio en Auvergne-Rhône-Alpes (Aura). Interviews sonores.

Le "CLAC" de l'apéro !

Julien Anglade est artisan conserveur. Il est le fondateur de l'entreprise CLAC , basée à Cournon d'Auvergne. Il propose une gamme de conserves bio et locales. L 'entrepreneur aimerait voir prochainement sa société devenir une coopérative. Cohérent !

Mettre en synergie les acteurs régionnaux de la bio

Brigitte Magnat est Présidente de Cluster bio, structure qui réunit les acteurs de la filière bio en AURA. 

Des fruits bio Occitans 

David-klockenbring est gérant de l'entreprise Biolo'Klock, producteur et transformateur de fruits bio base dans le Lot-et-Garonne (Occitanie), est venu présenter ses produits à Bio N'days.

Snacking bio

Chez ce cher Serge se présente comme le "premier snacking bio". Rencontre avec une représentante de cette entreprise basée à Toulouse.

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