PAROLES CITOYENNES

[ ÉNERGIES RENOUVELABLES ] Sortir de la crise et engager la transition écologique

Créé le : 19/05/2020
Image : Pixabay

Face à la crise majeure que les sociétés traversent actuellement, de nombreuses voix s'élèvent pour réclamer une véritable prise en compte des enjeux sociétaux et environnementaux dans les mesures qui seront prises pour en sortir. L'association négaWatt publie une tribune pour accélérer collectivement la transition écologique.

Extrait de la tribune publiée par négaWatt :

Depuis près de 20 ans, les experts de l'Association négaWatt réfléchissent à un avenir plus soutenable pour la France et aux moyens d'y parvenir.

Le scénario négaWatt dessine ainsi un chemin possible pour une transition énergétique et écologique. La trajectoire qu'il propose est une voie vers plus de résilience, porteuse d'une meilleure protection de l'environnement et de notre cadre de vie, mais aussi de justice sociale et de création d'emplois.

L'Association négaWatt se mobilise ainsi pour soutenir ces changements qu'il est de plus en plus urgent de mettre en œuvre. Après avoir publié une tribune sur Alternatives économiques, elle vient de signer, aux côtés de plus de 70 autres organisations, un appel commun à la reconstruction que nous vous invitons ci-dessous à signer et à relayer.

> Signer la tribune

[TRIBUNE] : Sortir de la crise et engager la transition écologique

Créé le : 11/05/2020
logo asso negawatt

Par l'association NegaWatt

Face à la crise majeure que nous traversons, de nombreuses voix s'élèvent pour réclamer une véritable prise en compte des enjeux sociétaux et environnementaux dans les mesures qui seront prises pour en sortir.

Depuis près de 20 ans, les experts de l'Association négaWatt réfléchissent à un avenir plus soutenable pour la France et aux moyens d'y parvenir.

Le scénario négaWatt dessine ainsi un chemin possible pour une transition énergétique et écologique. La trajectoire qu'il propose est une voie vers plus de résilience, porteuse d'une meilleure protection de l'environnement et de notre cadre de vie, mais aussi de justice sociale et de création d'emplois.

L'Association négaWatt se mobilise ainsi pour soutenir ces changements qu'il est de plus en plus urgent de mettre en œuvre. Après avoir publié une tribune sur Alternatives économiques, elle vient de signer, aux côtés de plus de 70 autres organisations, un appel commun à la reconstruction que nous vous invitons ci-dessous à signer et à relayer.

Appel commun à la reconstruction

Pandémies, dérèglement climatique, inégalités sociales… Notre société est vulnérable, et nous en avons plus que jamais conscience. Face à la crise actuelle, des mesures de relance vont être prises par les décideurs. Mais avons-nous vraiment envie de relancer ce système qui ne tourne pas rond ?

L'Association négaWatt s'est associée au lancement d'un grand Appel citoyen pour interpeller les décideurs et leur demander une  reconstruction réellement écologique, sociale et sanitaire.

Je soutiens l'appel : https://www.appel-commun-reconstruction.org/

 

[ LE TEMPS EST VENU ] L’appel de Nicolas Hulot

Créé le : 07/05/2020

L'ancien ministre de l'écologie Nicolas Hulot a rédigé mercredi une tribune. Son but : sortir de cette crise par le haut et préparer la société au monde qui vient, en multipliant les solidarités et en mettant fin à certains principes de l'économie de marché au niveau français et européen. Il énonce 100 principes "pour créer un élan collectif".

Les principes :

1. Le temps est venu, ensemble, de poser les premières pierres d’un nouveau monde.

2. Le temps est venu de transcender la peur en espoir.

3. Le temps est venu pour une nouvelle façon de penser.

4. Le temps est venu de la lucidité.

5. Le temps est venu de dresser un horizon commun.

6. Le temps est venu de ne plus sacrifier le futur au présent.

7. Le temps est venu de résister à la fatalité.

8. Le temps est venu de ne plus laisser l’avenir décider à notre place.

9. Le temps est venu de ne plus se mentir.

10. Le temps est venu de réanimer notre humanité.

11. Le temps est venu de la résilience.

12. Le temps est venu de prendre soin et de réparer la planète.

13. Le temps est venu de traiter les racines des crises.

14. Le temps est venu d’appréhender l’ensemble des crises écologiques, climatiques, sociales, économiques et sanitaires comme une seule et même crise : une crise de l’excès.

15. Le temps est venu d’entendre la jeunesse et d’apprendre des anciens.

16. Le temps est venu de créer du lien.

17. Le temps est venu de miser sur l’entraide.

18. Le temps est venu d’applaudir la vie.

19. Le temps est venu d’honorer la beauté du monde.

20. Le temps est venu de se rappeler que la vie ne tient qu’à un fil. 

21. Le temps est venu de nous réconcilier avec la nature.

22. Le temps est venu de respecter la diversité et l’intégrité du vivant.

23. Le temps est venu de laisser de l’espace au monde sauvage.

24. Le temps est venu de traiter les animaux en respectant leurs intérêts propres.

25. Le temps est venu de reconnaître l’humanité plurielle.

26. Le temps est venu d’écouter les peuples premiers.

27. Le temps est venu de cultiver la différence.

28. Le temps est venu d’acter notre communauté de destin avec la famille humaine et tous les êtres vivants. 

29. Le temps est venu de reconnaître notre vulnérabilité.

30. Le temps et venu d’apprendre de nos erreurs.

31. Le temps est venu de l’inventaire de nos faiblesses et de nos vertus. 

32. Le temps est venu de nous concilier avec les limites planétaires.

33. Le temps est venu de changer de paradigme. 

34. Le temps est venu d’opérer la mue d’un système périmé.

35. Le temps est venu de redéfinir les fins et les moyens.

36. Le temps est venu de redonner du sens au progrès.

37. Le temps est venu de l’indulgence et de l’exigence. 

38. Le temps est venu de s’émanciper des dogmes.

39. Le temps est venu de l’intelligence collective. 

40. Le temps est venu d’une mondialisation qui partage, qui coopère et qui donne aux plus faibles.

41. Le temps est venu de préférer le juste échange au libre-échange.

42. Le temps est venu de globaliser ce qui est vertueux et de dé globaliser ce qui est néfaste.

43. Le temps est venu de définir, préserver et protéger les biens communs. 

44. Le temps est venu de la solidarité universelle.

45. Le temps est venu de la transparence et de la responsabilité.

46. Le temps est venu d‘une économie qui préserve et redistribue à chacun.

47. Le temps est venu de mettre un terme à la dérégulation à la spéculation et à l’évasion fiscale.

48. Le temps est venu d’effacer la dette des pays pauvres.

49. Le temps est venu de s’émanciper des politiques partisanes. 

50. Le temps est venu de s’extraire des idéologies stériles.

51. Le temps est venu des démocraties inclusives.

52. Le temps est venu de s’inspirer des citoyens.

53. Le temps est venu d’appliquer le principe de précaution.

54. Le temps est venu de graver dans le droit les principes d’une politique écologique, sociale et civilisationnelle. 

55. Le temps est venu de faire mentir le déterminisme social.

56. Le temps est venu de combler les inégalités de destin.

57. Le temps est venu de l’égalité absolue entre les femmes et les hommes.

58. Le temps est venu de tendre la main aux humbles et aux invisibles.

59. Le temps est venu d’exprimer plus qu’une juste gratitude à celles et ceux, souvent étrangers, qui dans nos pays hier et aujourd’hui exécutent des tâches ingrates. 

60. Le temps est venu de valoriser prioritairement les métiers qui permettent la vie.

61. Le temps est venu du travail qui épanouit.

62. Le temps est venu de l’avènement de l’économie sociale et solidaire.

63. Le temps est venu d’exonérer les services publics de la loi du rendement.

64. Le temps est venu de relocaliser des pans entiers de l’économie.

65. Le temps est venu de la cohérence et de réorienter nos activités et nos investissements vers l’utile et non le nuisible.

66. Le temps est venu d’éduquer nos enfants à l’être, au civisme, au vivre ensemble et de leur apprendre à habiter la terre.

67. Le temps est venu de nous fixer des limites dans ce qui blesse et aucune dans ce qui soigne.

68. Le temps est venu de la sobriété.

69. Le temps est venu d’apprendre à vivre plus simplement.

70. Le temps est venu de nous réapproprier le bonheur.

71. Le temps est venu de nous libérer de nos addictions consuméristes.

72. Le temps est venu de ralentir.

73. Le temps est venu de voyager près de chez nous.

74. Le temps est venu de nous défaire de nos conditionnements mentaux individuels et collectifs.

75. Le temps est venu de faire naître des désirs simples.

76. Le temps est venu de distinguer l’essentiel du superflu. 

77. Le temps est venu d’arbitrer dans les possibles.

78. Le temps est venu de renoncer à ce qui compromet l’avenir. 

79. Le temps est venu de la créativité et de l’impact positif.

80. Le temps est venu de lier notre je au nous.

81. Le temps est venu de croire en l’autre.

82. Le temps est venu de revisiter nos préjugés. 

83. Le temps est venu du discernement.

84. Le temps est devenu d’admettre la complexité.

85. Le temps est venu de synchroniser science et conscience.

86. Le temps est venu de l’unité.

87. Le temps est venu de l’humilité.

88. Le temps est venu de la bienveillance.

89. Le temps est venu de l’empathie.

90. Le temps est venu de la dignité pour tous.

91. Le temps est venu de déclarer que le racisme est la pire des pollutions mentales. 

92. Le temps est venu de la modestie et de l’audace.

93. Le temps est venu de combler le vide entre nos mots et nos actes et d’agir en grand.

94. Le temps est venu où chacun doit faire sa part et être l’artisan du monde de demain.

95. Le temps est venu de l’engagement. 

96. Le temps est venu de croire qu’un autre monde est possible.

97. Le temps est venu d’un élan effréné pour ouvrir de nouvelles voies.

98. Le temps est venu sur cette matrice de choisir, encourager et accompagner nos dirigeants ou représentants.

99. Le temps est venu pour chacun de faire vivre ce manifeste.

100. Le temps est venu de créer un lobby des consciences.

Celles et ceux qui se reconnaissent en ces phrases sont invités à les partager sur les réseaux sociaux ou à se les réapproprier en créant leur propre phrase « #LeTempsEstVenu ».

> Plus d'infos

[EDUCATION] : Faire des écoles des « démonstrateurs » de la transition

Créé le : 04/05/2020
crédit : pixabay

Par Olivier Ciais, porteur du projet Écoles en Transition

La situation singulière que nous traversons nous invite à réinventer le monde. Lors de sa dernière tournée en France, Rob Hopkins avait d’ailleurs insisté sur la place centrale de l’imagination dans le processus de transition. Ceci interroge directement la façon dont l’éducation - au sens large - l’inhibe ou la promeut, et dans le second cas, si cela se passe à un niveau individuel ou collectif.

 Écoles en Transition est justement un accompagnement à la Transition pour écoles primaires : dans chaque école, les formatrices-teurs facilitent :

- l’émergence d’une vision partagée par les outils de la permaculture sociale et de la Transition (fresque du climat, introduction à la permaculture, intelligence et design collectifs, solutions techniques…),

- la mise en place effective des transformations, permettant tout à la fois aux enfants d’acquérir des compétences pratiques permettant la résilience et la régénération, et de redécouvrir le sens des notions scolaires grâce à une intégration de la permaculture et de la pédagogie de projet,

- l’émergence d’une « culture de la permanence » au sein de l’école pour qu’à l’issue des 3 ans d’accompagnement, l’école soit la plus autonome possible dans la poursuite de sa transformation.

 Le programme provoque donc la rencontre de différentes parties prenantes : enfants, parents d'élèves, enseignants, agents et services techniques des territoires, Éducation Nationale (label E3D), Inspé (pédagogie de projet), associations (solutions pratiques/organisationnelles) et centres de permaculture (démonstrateurs, accompagnateurs). Toutes sont invitées à vivre une expérience fondatrice :

​​- co-créer la vision/fresque de la ré-invention de leur école selon plusieurs principes : végétalisation/biodiversité ; 0 déchet/circularité ; collecte d’eau et d’énergies ; co-créativité, démocratie et bienveillance ; santé environnementale et ergonomie/physiologie du cadre scolaire ; conception systémique/intégrative…
- déterminer ensemble la façon de s’organiser pour y parvenir,
- vivre et célébrer ensemble ces transformations : un vécu qui confère aux enfants assise, espoir et capacité de rebond au moment où ils commencent à appréhender la situation de la biosphère.

Dans le cadre plus large de la transition sociétale dans son ensemble, faire des écoles des « démonstrateurs » de la transition peut également permettre d’en rendre concrètes, visibles et palpables au plus grand nombre les différentes facettes, facilitant ainsi sa généralisation.

Sur la région niçoise, où nous sommes basés, l’accompagnement est financé par la Maison de l’Environnement et des écoles y ont donc accès gratuitement. Afin de diffuser plus largement ce programme, un MOOC/plateforme numérique est en cours de réalisation et vient de se voir accorder le dispositif Coup de main/Génération Climat par la Fondation pour la Nature et l’Homme, avec 5 000€ permettant de filmer les premiers modules avec de merveilleux intervenants, pour :

- indiquer clairement les enjeux de chaque facette de la Transition : pourquoi ? Comment ? (co-créer, végétaliser, tendre vers le 0 déchet… cf principes au paragraphe 3)

- proposer des ponts pédagogiques entre la conception et la mise en place de ces solutions d’une part, et les programmes scolaires d’autre part, pour leur redonner tout leur sens et raviver l'intérêt des enfants,

- nourrir et inviter les enfants dans les projets par des vidéos utilisables en classe et par des activités inspirées de la permaculture, les invitant à une reconnexion au vivant…. Et à leur imagination !

+ d’infos : Vous résonnez ? C’est par ici ! contact@shilakong.org

[Tribune] : CRISES SANITAIRES, ECOLOGIQUES, SOCIALES, ECONOMIQUES : POUR UN MONDE VIVABLE, COOPERONS

Créé le : 04/05/2020

Par Arnaud Schwartz, président de France Nature Environnement

Face au Covid-19 et aux multiples crises qu’il révèle, Arnaud Schwartz appelle chacun.e à préférer la coopération à la compétition. Défendre nos intérêts personnels au détriment de l’intérêt général nous fera tous perdre. Car si cette pandémie révèle et exacerbe nos fragilités individuelles et collectives, elle nous démontre aussi que la coopération nous grandit quand la compétition, au mieux nous ridiculise et au pire, nous met collectivement en danger.

Coopérer fait d’abord du bien d’un point de vue individuel. De toutes ces initiatives pour soutenir les soignants, à la réorganisation des solidarités, qui s’opère du mieux possible : aide scolaire pour les enfants, places d’accueil pour des personnes sans domicile vivant avec un chien… Comme trop souvent, ce sont les plus fragiles qui souffrent le plus durement de la crise. Si la solidarité ne peut pas tout résoudre, elle adoucit les difficultés.

La coopération, c’est la voie choisie par FNE depuis plus de 50 ans. Aujourd’hui, parmi les millions d’actifs dans une grande incertitude professionnelle se trouvent de nombreuses associations du mouvement, qui ont dû opter pour le chômage partiel. Notre fédération a été fondée sur une conviction : ensemble, nous sommes plus forts. Alors dans cette période pleine d’incertitudes, le mouvement s’attache à coopérer. Une nécessité pour nous, mais aussi pour l’intérêt général, afin que les défenseurs de la nature puissent apporter leur expertise aujourd’hui, demain, à toutes les échelles et sur l’ensemble du territoire.

Devoir commun

Préférer la coopération à la compétition, c’est aussi un devoir commun. Cette pandémie nous rappelle, s’il fallait encore le prouver, que les intérêts économiques ne peuvent être au-dessus de tout. Le Covid-19 s’est abattu sur la France en pleine crise de l’hôpital, soulignant le caractère vital d’un système de santé robuste. La pandémie se révèle par ailleurs intimement liée à la crise environnementale : destruction des écosystèmes ou encore multiplication des élevages intensifs favorisent l’apparition et la diffusion de tels virus. Résultat ? L’économie en pâtit rudement, comme la société toute entière. Coopérer, malgré nos divergences, est bien une nécessité.

Le président Macron a annoncé vouloir des « décisions de rupture » après la crise. Associer toutes les composantes de la société civile et ne plus dissocier les crises serait un pas immense. Car ces crises sanitaires, environnementales, sociales et économiques sont interdépendantes. Les solutions doivent être mises en cohérence. Déploiement de l’agroécologie, des énergies renouvelables, des PME de l’artisanat… Envisageons une relance économique basée sur la résilience durable des territoires. Notre appel est simple : décideurs publics et privés, osons la coopération au nom du bien commun. Proposons un projet stimulant d'après crise, porteur à la fois d'espérance et de bon sens !

Loin des replis nationalistes, la coopération s’avère également vitale à l’échelle européenne. Travaillons entre États pour combattre le coronavirus mais aussi pour lutter contre ses causes et ses conséquences. Les pandémies futures, tout comme les pollutions, le dérèglement climatique ou encore la crise de la biodiversité, ne connaissent pas les frontières.

Le défi semble immense et ce n’est pas seuls que nous réussirons à y répondre. Mon appel est donc sans ambiguïtés : pour sortir de ces crises, mettons nos égoïsmes de côté et coopérons au service de l’intérêt général. Prenez soin de vous, de vos proches, des inconnus dans le besoin, du monde vivant qui vous entoure et déployons nos énergies pour sortir par le haut des crises inédites que nous traversons.

[ BLOOM ] "Osons sauvegarder la petite pêche côtière !"

Créé le : 04/05/2020

390 petits pêcheurs côtiers, chefs, mareyeurs, scientifiques, élus locaux et nationaux, euro-députés, figures publiques et associations demandent au gouvernement français de sauvegarder la petite pêche française. Un appel signé et relayé par l'association Bloom.

La petite pêche côtière est en souffrance et son avenir est plus que jamais en danger en cette période de crise du COVID-19.

La tentation est grande d’attribuer ces problèmes aux conditions exceptionnelles que nous traversons. Mais la crise mondiale actuelle ne fait que mettre en lumière et amplifier des problèmes structurels déjà existants. En effet, depuis plus de 50 ans des politiques publiques défaillantes ont permis l’essor d’une pêche industrielle qui saccage notre bien commun, l’océan, à un rythme sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Cet essor s’est fait au détriment d’une petite pêche côtière, la seule capable d’assurer la protection de l’océan en raison de son ancrage dans les territoires, sa connaissance des écosystèmes marins locaux et ses méthodes de pêche douces. 

Or l’océan est le poumon oublié de la planète : il produit 50% de l’oxygène que nous respirons, soit une respiration sur deux, et absorbe une grande partie du CO2 que nous rejetons. Il est essentiel à la lutte contre le changement climatique. Si la petite pêche côtière s’effondre, c’est donc notre avenir qui s’effondre avec elle.

Ce risque d’effondrement de la petite pêche côtière est de fait révélateur de notre impréparation face aux mutations écologique et sociale : la crise actuelle nous rappelle de manière brutale l’impérieuse nécessité de redéfinir et défendre les activités essentielles à notre avenir – les activités respectueuses et protectrices du bien commun, telle que la petite pêche côtière. Or pour cela nous devons oser, sans équivoque.

> Plus d'infos

[Covid-19] Le “contact tracing” des humains, c’est NON !

Créé le : 27/04/2020

Le “contact tracing” des humains, c’est NON, et encore plus NON sans débat dans une démocratie pleinement établie !

Communiqué écrit par Minga, La Quadrature du Net, la confédération paysanne, l’Alliance Slow Food des cuisinières et cuisiniers, le Syndicat des Travailleurs et Travailleuses du Jeu Vidéo, Collectif des Livreurs Autonomes de Paris, Collectif des Associations Citoyennes, le Syndicat des Récoltants Professionnels d’Algues de Rive de Bretagne, le syndicat des artisans semenciers, la coopérative les oiseaux de passage, la scop EKITOUR, la coopérative Pointcarré, Syndicat Solidaires informatique. #stopcovidnon

Pour préparer le déconfinement, le président propose le déploiement d’une application sur les smartphones qui permettrait d’ “identifier les chaînes de transmission” du virus intitulée “Stop Covid”. Cette application permettra de savoir si vous avez été en relation avec une personne atteinte par le Covid. Cette “proposition” sera soumise au Parlement le 28 avril. Comme le soulignent beaucoup d’informaticien·nes, syndicalistes, chercheur·ses et professionnel·les du droit 1 , alors que l’efficacité sanitaire de ces technologies sur la pandémie est très discutable, le risque d’atteinte durable à nos libertés individuelles est par contre très sérieux.

Appuyée par l’énorme puissance technologique, financière et idéologique des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) qui comptent parmi les grands bénéficiaires économiques de la crise sanitaire mondiale, la tentation des classes dirigeantes de passer d’un état de droit à un régime de surveillance généralisée de la population est bien réel et nous concerne toutes et tous, pendant et après l’épidémie. Quand des initiatives appellent à la mise en place d’applications de “tracing” humain présentées comme acceptables parce que portées par des structures coopératives, au nom d’idéaux démocratiques, il y a de quoi être consterné.

Pour le mouvement coopératif, pour l’ensemble du mouvement de l’économie sociale et solidaire, pour le mouvement des communs, mais aussi pour l’ensemble de la société et des élu·es c’est aujourd’hui l’heure du choix. Comment imaginer qu’au nom du peuple français, des élu·es de la République entérinent un tel blanchiment totalitaire ? Il y a des moments où pour défendre nos libertés, notre responsabilité c’est de trancher entre un oui ou un non : il n’y a pas de place pour l’abstention. Pour nous, c’est NON. 

1 - Voir l’analyse de la Quadrature du Net : https://www.laquadrature.net/2020/04/14/nos-arguments-pour-rejeter-stopc... ou cette contribution d’universitaires : https://risques-tracage.fr/ et celle de Solidaires informatique : https://cutt.ly/UyogRlW 

Tags: 

[ PÉTITION ] Pour un revenu universel d'urgence en Europe

Créé le : 10/04/2020
Photo : Maria Domnina / Pixabay

Des associations et organisations appellent l'Union européenne, et l'Eurogroupe en particulier, à créer un instrument financier dirigé par l'UE pour soutenir tous les États membres de l'UE dans l'introduction rapide d'un revenu de base inconditionnel en tant que mesure d'urgence pour apporter une aide rapide et non bureaucratique à tous ceux dont la sécurité économique est menacée par la crise du coronavirus en Europe.

[ "PLUS JAMAIS CA !" ] 18 responsables d’organisations appellent à préparer « le jour d’après »

Créé le : 27/03/2020

« Plus jamais ça ! Préparons le "jour d’après" », 18 responsables d’organisations syndicales, associatives et environnementales parmi lesquels Philippe Martinez (CGT), Aurélie Trouvé (Attac), Jean-François Julliard (Greenpeace) et Cécile Duflot (Oxfam), signent une tribune commune publiée, vendredi 27 mars, sur franceinfo.

Ces organisations lancent un appel « à toutes les forces progressistes et humanistes [...] pour reconstruire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral ».

Les signataires de cette tribune :

  • Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre France
  • Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France
  • Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT
  • Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne
  • Benoit Teste, secrétaire général de la FSU
  • Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France
  • Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France
  • Eric Beynel, porte-parole de l’Union syndicale Solidaires
  • Clémence Dubois, responsable France de 350.org
  • Pauline Boyer, porte-parole d’Action Non-Violente COP 21
  • Léa Vavasseur, porte-parole d’Alternatiba
  • Sylvie Bukhari-de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire
  • Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au Logement
  • Lisa Badet, vice-présidente de la FIDL, Le syndicat lycéen
  • Jeanette Habel, co-présidente de la Fondation Copernic
  • Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature
  • Mélanie Luce, présidente de l’UNEF
  • Héloïse Moreau, présidente de l’UNL

> Plus d'infos

 

[ETUDE] Durabilité de l’alimentation et moindre surpoids et obésité

Créé le : 12/03/2020
Crédit pixabay. légumes

Par Denis Lairon, nutritionniste, directeur de recherche émérite à l’INSERM. Il nous livre ici de nouveaux résultats du projet BioNutriNet

Cette nouvelle étude du projet de recherche BioNutriNet a recherché la relation possible entre la durabilité de l’alimentation (selon un score calculé) et la survenue du surpoids et de l’obésité chez des adultes français. Elle montre qu’après 2,8 années de suivi,  plus le régime alimentaire est durable, moins on prend du poids et moins on devient en surpoids ou obèse. Ces résultats ont été publiés en novembre 2019 dans la célèbre revue scientifique American Journal of Clinical Nutrition1. L’étude a porté sur 15600  participants adultes de la cohorte Nutrinet-Santé, ayant rempli tous les questionnaires nécessaires à ce travail. Les participant(e)s (76% de femmes) ont été réparti(e)s en 5 groupes allant de la plus faible (Q1) à la plus forte durabilité (Q5) selon un score de durabilité de l’alimentation calculé en combinant 4 sous-scores qui regroupent au total 9 indicateurs individuels : (nutrition : énergie et qualité ; environnement : impacts de la production (surface, énergie et gaz à effet de serre) et  % aliments bio ; pratiques alimentaires (lieux d’achat hors supermarchés et plats tout-prêts) ; économie : % coût alimentation/revenus.

Résultats

Durabilité de l’alimentation : Le score de durabilité de l’alimentation (de 4 à 20) augmentait de 7,7 (Q1) à 15,0 (Q5) chez les hommes et de 8,8  (Q1)  à 16,2 (Q5) chez les femmes.

Mode de vie et alimentation : Les personnes avec l’alimentation la plus durable (Q5)  ont fait plus d’études et ont plus d’activité physique, fument moins et boivent moins de fortes quantités d’alcool. Leur alimentation apporte moins d’énergie (-27%), nettement moins de viandes rouges (-66%) et blanches (-56%), de produits laitiers (-18%) et fromages (-37%), de céréales raffinées (-24%), d’aliments riches en gras et sucre (-17%) et de sodas (-60%) mais plus de fruits et légumes (+54%), légumes secs dont soja et fruits à coque (+251%), céréales non raffinées (+293%). C’est une alimentation nettement plus végétale.

Surpoids et obésité. Au début de l’étude, les adultes qui avaient l’alimentation la plus durable étaient nettement moins en surpoids (Q5 : soit 12,7% d’entre eux), que ceux avec l’alimentation la moins durable (Q1 : soit 29,8%) : une réduction de 2,3 fois.

Après 2,8 années de suivi de ces personnes, celles qui avaient eu l’alimentation la plus durable (Q5) avaient :

  • conservé un poids stable tandis que celles du Q1 avaient grossi en moyenne de 160 g/an,
  • un risque de devenir en surpoids (Indice de masse corporelle IMC = poids/taille x taille : de 25 à 30) qui était 1,5 fois plus faible,  comparé à ceux du Q1,
  • un risque de devenir obèse (IMC supérieur à 30) qui était 4 fois plus faible, comparé à ceux du Q1.
  • Le risque de devenir en surpoids ou obèse augmente progressivement en fonction de l’augmentation de la durabilité de l’alimentation (de Q1 à Q5). 

Ces résultats ont été obtenus avec des modèles statistiques qui prennent en compte les facteurs  connus qui peuvent influencer la prise de poids (ex : âge, activité physique, tabagisme, énergie alimentaire, etc.). Parmi les 4 sous-scores, plus les sous-scores nutrition et environnement sont élevés, moins le risque de surpoids et d’obésité est important, c’est le cas aussi pour le sous-score pratiques alimentaires et l’obésité. En conclusion, cette étude française établit que des adultes ayant une alimentation plus durable (plus végétale et bio) ont une forte diminution du risque d’être en surpoids et obèse. En accord avec d’autres études, on peut donc dire : bon pour la planète et bon pour la santé, c’est possible ! Rappelons que les nouvelles recommandations alimentaires françaises de 2019 pour le PNNS-4 par Santé Publique France recommandent une alimentation plus végétale et en privilégiant les aliments bio.

1 Seconda L. et al., 2019. Association between sustainable dietary patterns and body weight, overweight and obesity risk in the Nutrinet-Santé prospective cohort. American Journal of Clinical Nutrition, 2019.

Plus d’infos : www.etude-nutrinet-sante.fr

Pages

Partager