PAROLES CITOYENNES

[ COMMUNIQUÉ ] - Le 11 novembre, la France doit adresser un message fort en faveur de la paix

Créé le : 09/11/2018

Mouvement pour une Alternative Non-violente

Il y a une indécence à célébrer l’armistice du 11 novembre et à entretenir par ailleurs une politique militariste.

« On ne peut construire la paix qu’avec les armes de la paix. » Jean Jaurès

Que faisons-nous du cri des soldats français et allemands qui lançaient dans leurs tranchées « plus jamais ça ! », et dont les rescapés promirent que ce serait « la Der des Ders » ? La Première Guerre mondiale se solda en effet par environ 18,6 millions de morts, dont 9,7 millions de militaires et 8,9 millions de civils (Wikipédia). Derrière ces chiffres, se cachent des millions d’ouvriers et de paysans de toute l’Europe – et plusieurs centaines de milliers venus des colonies françaises (pays du Maghreb, Sénégal, Madagascar, Viêt-Nam...).

Lors de la commémoration du centenaire de l’armistice de 1918, il serait juste de rappeler que cette guerre a d’abord été voulue et préparée par des gouvernements français et allemands, avec le concours des industriels de l’armement.

Si nous voulons construire la paix, il nous faut donc aussi faire mémoire de celles et ceux qui ont lutté contre l’idéologie de la guerre, comme par exemple Rosa Luxembourg en Allemagne et Jean Jaurès en France. Ils mesuraient parfaitement que cette guerre allait être la cynique mise en opposition des mêmes classes sociales exploitées dans leurs pays, ouvriers et paysans contre ouvriers et paysans. Car « la guerre est le massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas » (Paul Valéry). C’est toujours la même histoire !

C’est pourquoi, le Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN) demande des gestes significatifs de la France pour construire une politique de paix :

  • la réhabilitation des 600 soldats fusillés pour l’exemple, toujours réclamée par leurs familles ;
  • l’arrêt immédiat des ventes d’armes à l’Arabie saoudite, laquelle utilise déjà au Yémen des chars Leclerc et des Mirage 2000-9. La guerre au Yémen est en train d’engendrer, selon les Nations Unies, « la pire crise humanitaire depuis la fin de la seconde guerre mondiale » ;
  • la ratification du Traité d'Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) adopté par 122 pays à l'ONU en juillet 2017. Ce Traité interdit la fabrication, la possession, le stockage, le transfert d'armes nucléaires, et de fait toute politique de dissuasion nucléaire. La Bombe assure plus notre insécurité que notre sécurité.

 

Contact presse : François Vaillant, porte-parole du MAN - 06 16 08 41 95

[ COMMUNIQUÉ ] - Effondrement de deux immeubles rue d'Aubagne : de l'incurie des dirigeants locaux pour lutter contre l'habitat insalubre

Créé le : 06/11/2018

Collectif citoyen Marseille en commun

L’effondrement de deux immeubles dans le quartier Noailles est tragique. Je tiens tout d’abord à apporter tout mon soutien aux victimes de ce drame, à leurs familles, aux équipes des marins pompiers sur le site depuis ce matin, aux riverains de ce quartier délaissé depuis tant d’années.

Le premier immeuble au 63 rue d’Aubagne qui s’est effondré appartenait à Marseille Habitat et devait être réhabilité par la SOLEAM mais rien n’était fait depuis des années.

Des signalements avaient été faits à la Mairie par des riverains car le numéro 67 de la rue d’Aubagne menaçait de s’effondrer sur les passants avec des morceaux de façade tombant dans la rue.

 

La SOLEAM maître d’ouvrage de l’incurie des pouvoirs publics à la Plaine comme à Noailles

Le quartier Noailles, coeur du Marseille populaire, est abandonné des pouvoirs publics qui ne veut plus voir cette population pauvre en son centre. D’où les projets et les tentatives de gentrification depuis l’élection de Jean-Claude Gaudin (de la rue des arts à Belsunce, à l’hôtel de luxe sur l’îlot Feuillants). Cette politique de pourrissement des quartiers populaires de la ville tourne aujourd’hui au drame.

Force est de constater que la Mairie de Marseille préfère construire des centres commerciaux aux quatre coins de la ville, endetter le contribuable et la ville pour la rénovation du stade vélodrome ou la Tour La Marseillaise de Jean Nouvel, multiplier les cadeaux aux rois du béton et aux promoteurs sans scrupules, ériger des murs pour ceinturer la Place Jean Jaurès et permettre la « requalication » sans concertation et au forceps et contre la volonté des riverains  de la plus grande  place de Marseille…

A cela s’ajoute le fait que la SOLEAM qui est censé réhabiliter les logements dégradés de l’hyper centre, est aussi le maître d’ouvrage du projet de la Plaine. On laisse pourrir jusqu’à l’effondrement d’un côté ; on passe en force de l’autre côté en méprisant les usagers et les habitants de la Plaine comme de Noailles.

L’habitat insalubre et indigne tue !

A Marseille il y a 40 000 logements indignes ou insalubres (et 100 000 personnes qui y vivent) selon la Fondation Abbé Pierre et Un centre ville pour tous (dans le centre ville). Le mal-logement provoque de graves soucis de précarité énergétique, sociale, de santé … Et maintenant, il blesse et menace de tuer avec l’effondrement d’immeubles délaissés depuis trop longtemps.

Dans le centre ville (les quartiers Noailles, Belsunce, Chapitre, Belle de Mai, Panier), la question du mal-logement est une question capitale et les alertes sont lancées depuis des années par Un centre ville pour tous et le DAL. La résorption des milliers de logements indignes et insalubres et des marchands de sommeil dans ces quartiers doit être prioritaire. Les PRI qui se succèdent n’ont été que des leviers pour la « reconquête » du centre ville selon les termes de notre Maire. Seulement 1800 logements auraient été effectivement réhabilités selon la Chambre régionale des comptes.

 

Une OIN pour éradiquer le mal-logement en centre ville

Ce drame nécessite un sursaut des pouvoirs publics. Il y a urgence à mettre en oeuvre au plus vite dans le centre ville de Marseille une Opération d’Intérêt National (OIN) mobilisant dans le cadre d’un plan Etat / Région / Métropole / Ville des moyens importants pour éradiquer le mal-logement dans notre cité.

 

Sébastien Barles (porte parole) 06 75 00 63 31

[ COMMUNIQUÉ ] - Réseau Action Climat - Fiscalité écologique

Créé le : 29/10/2018

Fiscalité écologique : les réponses que devrait apporter le gouvernement face à son augmentation

Le constat est clair : la hausse de la fiscalité des carburants, dans un monde sous contrainte climatique, est tout simplement indispensable. Elle participe à faire transiter nos déplacements actuels reposant essentiellement sur les énergies fossiles vers d'autres types de mobilités, moins émetteurs de gaz à effet de serre. Les transports restant dans notre pays le premier poste d'émissions de gaz à effet de serre, les mesures à prendre dans ce secteur constituent une priorité.

Il n'en reste pas moins que la transition énergétique (et écologique en général) implique un changement profond de nos modes de vie et de consommation qui, s'il n'est pas accompagné, est condamné à échouer. En plus de l'incitation fiscale, ces changements doivent bel et bien être accompagnés pour les citoyens vers de nouvelles solutions de mobilités : transports en commun, véhicules peu émetteurs et covoiturage, modes actifs, etc.

Les situations que vivent aujourd'hui les citoyens face à l'augmentation de la fiscalité, en particulier des carburants, méritent cependant d'être nuancées :

Il y a ceux qui peuvent faire autrement et la fiscalité est là pour les y inciter. A titre d'exemple, aujourd'hui, un déplacement sur deux effectué en ville en voiture fait moins de 3 km.

Et il y a ceux qui, aujourd'hui, ne peuvent pas faire autrement et ont de faibles ressources. Ceux-là ont donc besoin, face à l'augmentation de la fiscalité écologique, d'être aidés.

Nous sommes nombreux à avoir plaidé depuis plusieurs mois auprès du Gouvernement pour que ce dernier mette en place, parallèlement à l'augmentation nécessaire de la fiscalité écologique, des solutions, de court et de moyen à long terme. L'objectif étant qu'au final, personne ne soit laissé sur le carreau et que tout le monde puisse se déplacer et exercer ses activités, sans pour autant nuire au climat.

Et sur ce point, les mesures prises par le Gouvernement demeurent insuffisantes pour entrainer la France vers une transition écologique qui soit également juste socialement. A l'heure où le projet de loi de finances pour 2019 et les arbitrages sur la future loi mobilités sont en cours, nous appelons le Gouvernement à utiliser les recettes tirées de l'augmentation de la fiscalité écologique pour, entre autres, garantir une mobilité durable à tous en :

1.       Aidant réellement les français à sortir du piège du diesel et de l'essence dans lequel ils sont enfermés

Aujourd'hui, la prime à la conversion permet l'achat de véhicules qui continuent, pour l'essentiel, de fonctionner sur la base d'énergies fossiles (diesel, essence). Ainsi, seulement 7% des aides octroyées dans le cadre de la prime à la conversion ont servi à l'achat d'une voiture électrique. En recentrant les aides en vigueur sur des véhicules à très faibles émissions et plus sobres (par exemple en imposant des critères de taille ou de puissance du véhicule), les montants alloués pour changer de véhicules pourraient être beaucoup plus généreux pour les ménages les plus fragiles.

2.       Transformant la prime à la conversion, centrée sur l'automobile, en une prime à la mobilité ouverte, à tous les modes de transports

Pour sortir les français de leur dépendance aux énergies fossiles, la prime à l'abandon d'un vieux véhicule devrait être ouverte à d'autres formes de mobilités telles qu'une adhésion à un service d'autopartage ou de covoiturage, l'acquisition d'un vélo (dont électrique), un abonnement aux transports en commun, etc. Le Gouvernement devrait également renforcer son soutien financier au vélo pour permettre son utilisation combinée avec le train ou les transports en commun (stationnements sécurisés pour les vélos dans les pôles d’échanges multimodaux, possibilité de cumuler le forfait mobilité durable avec le remboursement des transports en commun, etc.).

3.       Réduisant les fractures territoriales en luttant contre l'étalement urbain et en renforçant le réseau de transports en commun

Les déplacements quotidiens des ménages périurbains et ruraux subissent les situations les plus critiques de précarité liée à la mobilité comparativement aux grandes agglomérations françaises. C'est le résultat d'une politique centrée sur la voiture. La lutte contre l'étalement urbain et la diversification des modes de transport dans tous les territoires est essentielle dans un contexte de hausse du prix de l'énergie. Le Gouvernement doit soutenir le réseau ferré en investissant dans sa régénération plus de 3 milliards d'euros chaque année afin de rendre le train attractif et accessible au plus grand nombre. Aujourd'hui, c'est pourtant l'inverse qui se déroule sous nos yeux avec près de 9000 km de petites lignes qui sont menacées de fermeture par un manque d'investissements dans la régénération du réseau.

4.       Cofinançant, auprès des collectivités locales, le développement des transports plus propres

Le Gouvernement devrait consacrer sous le quinquennat 1 milliard d'euros en faveur des transports en commun, des bus plus propres et de la résolution des nœuds ferroviaires (afin, pour ce dernier point, de développer des réseaux de train rapides de type RER autour des métropoles françaises).

 

Le Réseau Action Climat fédère les assocations impliquées dans la lutte contre les changements climatiques.

 

Plus d'infos > https://bit.ly/2EPFSOG

 

[ COMMUNIQUÉ ] L'Union Solidarité Laïque, soutient les sinistrés de l'Aude

Créé le : 18/10/2018

Les intempéries qui ont touché le département de l’Aude ont fait plusieurs victimes et causé des dégâts considérables ainsi que des milliers de sinistrés. L'union Solidarité Laïque lance un appel aux dons d’urgence pour apporter soutien et réconfort aux enfants du département. Les dons serviront à assurer des activités périscolaires et à financer des kits de loisirs, du petit matériel sportif et créatif.

13 morts, des milliers de sinistrés, des dégâts matériels importants, notamment dans les écoles et les centres de loisirs, tel est le bilan des intempéries qui se sont abattues sur le département de l’Aude.

Solidarité Laïque apporte d’ores et déjà son aide sur le terrain en lien avec ses partenaires qui gèrent des centres éducatifs sur place.

Pour mieux répondre aux besoins, elle lance dès aujourd’hui un appel aux dons d’urgence destiné à accompagner les enfants victimes de ces intempéries.

L’ESPER, la Ligue de l’enseignement, des syndicats enseignants ont déjà rejoint la mobilisation. Elles seront rejointes par d’autres organisations membres de Solidarité Laïque liées à l’économie sociale et solidaire et à l’éducation populaire qui feront prochainement connaître leur engagement.

Cet appel à dons permettra

–        d’apporter un soutien de première urgence aux familles victimes des intempéries

–        d’aider les structures éducatives touchées et d’apporter un soutien aux activités pédagogiques

–        de proposer des activités de loisirs et de réconfort aux enfants traumatisés par ces inondations

–        d’équiper en kits sportifs et créatifs

[COMMUNIQUÉ] - Malformations sur des enfants dans l'Ain, la Loire Atlantique et le Morbihan : une nouvelle faillite de notre système de surveillance et de notre démocratie sanitaire !

Créé le : 05/10/2018
Michèle RIVASI, députée européenne écologiste - DR

Par Michèle RIVASI (députée européenne écologiste, biologiste agrégée et normalienne)

 

Depuis quelques semaines les 7 cas d'enfants nés sans bras ou sans mains dans l'Ain entre 2009 et 2014 et l'alerte donné par l'épidémiologiste du REMERA (registre des malformations en Rhône Alpes) restent sans explication et montre une fois de plus la défaillance de notre démocratie sanitaire et de notre système de surveillance.

Deux autres territoires sont concernés : entre 2007 et 2008, 3 enfants sont nés en Loire Atlantique avec le même type de malformations ; entre 2011 et 2013, 3 autres enfants sont nés avec des malformations génitales graves dans la région de Lorient.

A chaque fois, l'alerte est lancé par des médecins généralistes, des centre de surveillance locaux (REMERA) et les autorités sanitaires nationales sont prévenues (dans l'Ain dès 2014) sans que des mesures adéquates ne soient prises pour déterminer les causes (certainement d'origine environnementale -les autres facteurs d'explication ayant été écartés) de ces malformations dépassant sur un territoire restreint énormément la moyenne.

Par ailleurs, il faut savoir que le REMERA avait aussi alerté sur cet agrégat de malformations au moment du scandale de la Dépakine lorsque la presse s'intéressait aux augmentations inexpliquées d'anomalies congénitales. Suite à ce scandale, aucune leçon ne semble avoir été tirée.

Dans l'affaire des enfants de l'Ain, on apprend aussi que l'on assiste à un désengagement de l'Etat et de la Région Auvergne Rhône Alpes (présidée par Laurent Wauquiez) pour le financement du REMERA. Cela va dans le sinistre sens de l'histoire avec la Ministère de la santé qui souhaite réduire les centre de pharmacovigilance régionaux malgré les derniers scandales sanitaires (Levothyrox…). On voudrait tuer l'alerte, on ne s'y prendrait pas autrement.

Une nouvelle fois dans cette affaire, les autorités publiques sont dans le déni, Santé publique France estimant lors d'une réunion sur la question en 2016 que ces anomalies sur ces enfants sur 3 territoires différents sont certainement le fait du hasard. Scandaleux! Comme pour le sang contaminé, la Dépakine ou le scandale du Lévothyrox, on assiste toujours à un défaut d'information et de transparence sur les données de santé et l'usage qui en est fait. C'est cela qui explique la faillite de notre système de surveillance et les critiques répétées et légitimes sur la démocratie sanitaire.

J'exige pour répondre à cet impératif d'explication pour les familles des victimes et pour éviter d'autres scandales que :

  • Ces registres de surveillance des malformations régionaux (à l'instar du REMERA), qui ne couvrent aujourd'hui qu'un tiers du territoire, aient des moyens renforcés car il ont un rôle capital dans l'alerte ;
  • Et que l'Anses (agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail) lancent au plus vite des études de terrain sur ces trois territoires où ont été repérés des agrégats de malformations d'enfants en étudiant le lien avec les intrants chimiques et pesticides utilisés par les paysans sur ces territoires ruraux.

Je me rendrai prochainement dans l'Ain pour rencontrer Emmanuelle Amar et les familles de victimes et mènerai la bataille sur le terrain législatif national et européen pour renforcer l'évaluation de l'impact sanitaire des produits chimiques utilisés dans l'agriculture intensive et renforcer la protection des femmes enceintes et des enfants.

5 OCTOBRE, JOUR DE FÊTE NATIONALE : ATTENTION, LE SOULEVEMENT PACIFIQUE DE LA SOCIETE A COMMENCÉ.

Créé le : 03/10/2018
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Par le collectif Nous voulons des coquelicots

Vendredi 5 octobre à 18h30, les signataires de l'Appel "Nous voulons des coquelicots" se retrouvent devant la mairie de leurs villes et villages.  La carte et la liste des 265 évènements prévus, c’est ici

L’Appel des coquelicots (https://nousvoulonsdescoquelicots.org) pour l’interdiction des pesticides est d’ores et déjà un grand succès, avec près de 250 000 soutiens en trois semaines. En outre, il s’enracine et va montrer sa force le vendredi 5 octobre 2018 à 18h30, devant les mairies. Les porteurs de coquelicots s’y retrouveront, dans la joie et la détermination, pour envisager ensemble des centaines et des milliers d’événements à venir. A cette date, entre 250 et 400 rassemblements sont prévus, depuis le plus petit des villages jusqu’aux grandes villes. Paris est pour l’heure à la traîne, mais les choses ont le temps de changer, car le mouvement se donne deux ans pour rassembler 5 millions de signataires. D’ores et déjà, la mobilisation est impressionnante – des maires, des magasins et de grands salons, des fondations sont à nos côtés -, et ne cessera de monter en puissance, car nous voulons un pays sans pesticides. Avec des oiseaux, des papillons, des abeilles. Sans ces milliers de malades des pesticides, dont le nombre s’accroit chaque année, et qu’un pouvoir politique aveugle refuse de prendre en considération. Le 5 octobre, les porteurs de coquelicots occupent les villes de France et se retrouveront, plus nombreux encore, le vendredi 2 novembre. Attention, le soulèvement pacifique de la société a commencé. 

Camions : ces cadeaux fiscaux toxiques accordés aux poids lourds de la pollution de l’air

Créé le : 19/09/2018
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Par France Nature Environnement 

Trois ans après le scandale du « Dieselgate », les constructeurs automobiles soupçonnés de tromperie par l’Etat Français n’ont toujours pas été sanctionnés. Et les polémiques s’accumulent : tests sur des singes et des humains, tricheries des camions… A la veille de la 4ème Journée Nationale de la Qualité de l’Air, France Nature Environnement s’insurge contre un autre scandale sur le diesel : les cadeaux fiscaux accordés gazole professionnel, avantageux pour les camions les plus pollueurs.

« Dieselgate » : 3 ans après, pas d’avancée majeure

La pollution de l’air est le risque environnemental le plus important pour la santé en Europe[1], et la 3ème cause de mortalité en France derrière le tabac et l’alcool. Cela représente 52 000 décès prématurés en France, mais aussi plus de 101,3 milliards d’euros de coûts sanitaires chaque année pour la France.

Trois ans après le « Dieselgate », qui avait permis de révéler que le secteur routier était un contributeur encore plus important qu’estimé à la pollution de l’air, les constructeurs automobiles n’ont pas été sanctionnés et la plupart des véhicules mis en cause sont toujours sur nos routes. De plus, une enquête sur la pollution des camions devait être menée par la France. Mais sur ce sujet, silence radio …

Un cadeau fiscal pour les poids lourds qui s’élève à 900 millions d’euros

Le gouvernement continue de favoriser le diesel pour les camions par le biais d’exonérations fiscales. Depuis 2015 le secteur du transport routier de marchandises est ainsi exonéré des hausses de la Contribution Climat Energie (taxe carbone) sur le gazole. Les camions à moteur diesel ne payent donc pas, contrairement aux automobilistes, la totalité des émissions de CO2 qu’ils génèrent par leur consommation de carburant. En 2017, ce cadeau fiscal représentait près de 900 millions d’euros pour le gazole routier des poids lourds sur un total de 1,2 milliards d’euros[2] pour les niches fiscales accordées au gazole professionnel. Une somme colossale qui pourrait être investie dans le développement des modes de transport moins polluants.

Le lobby routier fait-il trop peur ?

Plusieurs secteurs sont concernés par cette exonération. Le gouvernement semble donc décidé à y mettre fin… mais uniquement pour le gazole non routier. Une mesure qui viserait principalement les engins de chantier du secteur industriel (BTP en particulier).

« Autrement dit, les poids lourds, qui sont les principaux bénéficiaires de cet avantage fiscal, seraient épargnés. Une aberration, quand on sait que cette somme permettrait d’investir dans des trains du quotidien plus fiables par exemple », réagit Michel Dubromel, président de France Nature Environnement, « l’exonération du gazole routier est un non-sens d’un point de vue politique, et une injustice vis-à-vis des ménages qui eux paient la totalité de leur plein. L’intégralité de l’effort à accomplir pour la transition énergétique ne doit pas reposer sur eux. Le nouveau Ministre de l’Ecologie a affirmé vouloir s’inscrire dans ‘l’écologie de l’action’. Il doit aller au bout de la démarche. »

La loi d’orientation sur les mobilités prévue pour fin 2018 et la loi de finances 2019, qui sera présentée par le gouvernement dès lundi prochain, sont deux grandes occasions de lever les freins vers des mobilités plus durables. La fin des exonérations fiscales du gazole professionnel dans son ensemble, dont le routier nous permettrait de tenir nos objectifs en matière de lutte contre la pollution et le dérèglement climatique, en dégageant de nouvelles ressources pour financer le développement des mobilités plus durables.

C’est pourquoi France Nature Environnement lance une pétition pour demander la fin des cadeaux fiscaux accordés aux camions les plus pollueurs. La fédération demande également la reprise de la commission d’enquête sur le diesel afin de faire un suivi des rappels des véhicules diesel et poursuivre les enquêtes sur les véhicules essence et les poids lourds.

Voir la Pétition « Stop aux cadeaux fiscaux accordés aux camions les plus pollueurs »

Voir les Propositions de France Nature Environnement pour la Loi d’Orientation sur les Mobilités

 
[1]According to the World Health Organization (WHO), air pollution is the biggest environmental risk to health in the European Union.”

 

[TRIBUNE]- Nous voulons des coquelicots : « Appel des 100 » pour l’interdiction des pesticides chimiques de synthèse

Créé le : 12/09/2018
Pixabay

Par Nous voulons des coquelicots 

100 citoyen.nes anonymes, de tous horizons, partout en France lancent, ce jour, un Appel solennel Nous voulons des coquelicots. Soutenus par de nombreuses ONG et des personnalités  et grâce à l'élan impulsé par notre ami Fabrice Nicolino, ils clament « Nous voulons des coquelicots ».

Pourquoi cet Appel ?

 
L’heure n’est plus à compter les oiseaux, les abeilles, les papillons morts et les humains malades. Le constat a été fait tant de fois, au travers de centaines d’études scientifiques rigoureuses, que discuter encore n’a plus de sens. Notre pays est devenu méconnaissable à cause des pesticides. Toutes les politiques ont échoué. Nous lançons ce 12 septembre 2018 un immense Appel qui doit provoquer un soulèvement pacifique de la société française. Il pourrait durer deux ans et vise à mobiliser au moins cinq millions de soutiens. C’est ambitieux, mais l’objectif l’est, car il s’agit d’obtenir l’interdiction de tous les pesticides (de synthèse) en France. Il faut donc relever la tête, unir toutes les forces disponibles, agir tout de suite. Le pari repose sur l’espoir que la société française reste vivante. Un pays libre garde le droit de refuser ce qu’il ne supporte plus et de l’imposer à ses dirigeants, quels qu’ils soient. N’oublions jamais qu’en vingt ans, des millions de consommateurs se sont détournés, au moins en partie, de l’alimentation farcie de pesticides. C’est sur eux et sur toutes celles et ceux qui se sentent concernés que nous comptons. 
 

Qui sommes-nous ?

 
L’association « Nous voulons des coquelicots »
 
Un groupe de bénévoles sans argent, composé d’une quinzaine de personnes, parmi lesquelles une directrice de crèche (retraitée), des décorateurs, une étudiante, une céramiste, deux paysans, une enseignante, une psychanalyste, des membres d’ONG, deux journalistes. Nous avons créé dans l’urgence une association, Nous voulons des coquelicots, dont le président est Fabrice Nicolino. 
 
L’Appel des 100
 
L’Appel est lancé par ces bénévoles et les 100 premiers signataires, hommes et femmes « anonymes », résidant partout en France, ayant des professions aussi diverses qu’artisan, coiffeur, responsables des ventes, agent immobilier, ouvrier, enseignant, infirmier, maraicher, photographe, instituteur, vétérinaire etc. Découvrez-les en ligne ici : www.nousvoulonsdescoquelicots.org/nos-soutiens 
 
 
 
 

[Tribune] - Mauvais tour pour les victimes de produits phytopharmaceutiques !

Créé le : 19/07/2018

Alors que le Sénat avait le 2 juillet dernier adopté le principe d'un fond d'indemnisation aux travailleurs agricoles victimes des pesticides, le gouvernement a retoqué la proposition. Une attitude que dénoncent Nicole Bonnefoy et Sophie Primas, sénatrices engagées sur cette question. 

 

 

Ce matin, le Ministre de l'agriculture, Stéphane Travert, a souhaité retirer le dispositif – pourtant adopté à l'unanimité par le Sénat – portant création d'un fonds d'indemnisation pour les victimes professionnelles des produits phytopharmaceutiques, au profit de la rédaction d'un « énième rapport » sur le sujet, dans un délai de neuf mois. Cette position du Gouvernement traduit à la fois un profond mépris du Sénat, et une mauvaise foi patente.

Un profond mépris, tant à l'égard du Sénat que des trois administrations qui ont abondamment travaillé sur le sujet. Nous rappelons que le Sénat a voté à l'unanimité la création de ce fonds d'indemnisation et que le rapport du CGAAER, de l'IGAS et de l'IGF, publié en janvier 2018, affirme la pertinence et prévoit dans le détail les différentes modalités de financement et de mise en oeuvre du fonds d'indemnisation.

Une mauvaise foi patente, car il est stupéfiant que le Ministre réfute aujourd'hui la création d'un tel fonds au motif d'une rupture d'égalité entre les professionnels et les « riverains et les jardiniers amateurs », alors que c'est le Ministre lui-même qui avait souhaité en réduire le périmètre aux seules victimes professionnelles !
Nous ne pouvons accepter l'argumentation tenue par le Ministre et soutenue par sa majorité ce jour à l'Assemblée nationale. Nous considérons qu'il n'est nul besoin d'attendre encore. Le courage politique nécessite d'agir maintenant.

 

Nicole Bonnefoy (Sénatrice PS de la Charente) et Sophie Primas (Sénatrice LR des Yvelines).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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