PAROLES CITOYENNES

TRIBUNE - NE PLUS CONFONDRE … (Partie 2) POUR CONSTRUIRE AU LIEU DE SUBIR

Créé le : 31/03/2017

Par Aymeric Jung 

Aymerci Jung est membre de Sustainable Finance Geneva. Il est aussi co- fondateur de Slow Money Francophone, structure qui soutient l’investissement direct dans les dispositifs de productions agricoles en circuits-courts. Il nous livre dans ce texte la suite de ses réflexions (initialiement publiées sur son blog) sur les enjeux économiques, démocratiques et écologiques auxquels nos sociétés sont confrontées. 

Tout d’abord merci pour les nombreuses réactions au blog précédent, aussi bien sur la durabilité que la spiritualité. J’aimerais partager la suite de mes réflexions, celles qui m’aident à remettre de la mesure dans la démesure et à construire le long terme plutôt que de réagir à court terme. 2017 continue à nous étonner et je lui trouve une résonance très particulière ; cela pourrait nous amener le meilleur comme le pire. Ce sont les 10 ans de la crise financière des subprimes qui bouleversa notre économie nécessitant une transition vers plus de justice et de conscience environnementale ; c’est également le centenaire de la naissance de JFK, de l’entrée en guerre des Etats-Unis et de la révolution Bolchévique. Chacun individuellement au cours de l’année va prendre des décisions, mener des actions, et compte tenu de l’accélération que nous vivons, elles se répercuteront très vite collectivement, pour le bien de tous ; ou pas. 
 

Ne plus confondre Election et Réaction

 
Comment peut-on encore prendre la responsabilité de voter sans mesurer avec soin les conséquences ? La libre expression existe dans la plupart des pays, donc oui pour des coups de gueule et des actions démonstratives, mais de grâce, pas de vote sanction au lendemain duquel l’inconscience collective serévèle bien supérieure à la somme des colères individuelles.
 

Ne plus confondre Efficience et Efficacité

 
L’efficacité permet d’obtenir un résultat indépendamment des moyens mis en oeuvre là où l’efficience cherche l’optimisation des ressources utilisées. Il faudrait donc repenser l’efficience avec les externalités négatives d’un mode de production. L’agriculture industrielle s’est montrée efficace pour gérer l’après 2nde guerre mondiale, mais elle n’est pas efficiente compte tenu du nombre de calories dépensées (produitschimiques, transport) pour produire une calorie de nourriture. C’est un rapport de 1 à 10 à la ferme et de 1 à 40 dans l’assiette. A cela il faut ajouter une consommation d’eau délirante, l’épuisement des sols, pollution et perte debiodiversité. Sur le pétrole, là où l’équivalent énergétique de 1 baril permettait d’en extraire 100 dans les années 40, ce rapport est passé en-dessous de 30 (et seulement 20% à la pompe…). Enfin, un vrai enjeu pour l’Impact Investing : l’efficience énergétique. Il est illusoire selon moi de croire que dans un délai raisonnable les énergies renouvelables remplaceront les énergies fossiles et qu’Internet est la solution. C’est dans la réduction de nos besoins énergétique que se trouve l’efficience. Déjà mentionné dans ce blog, je rappelle que la consommation énergétique Internet double tous les 4 ans et qu’en 2030 ses besoins seront l’équivalent de la consommation énergétique mondiale de 2008. 
 

Ne plus confondre Economie Circulaire et Recyclage

 
Pour des raisons logistiques mais aussi environnementales, il est admis que l’économie linéaire, qui consiste à extraire des matières premières, les transformer puis cumuler des déchets, est catastrophique. Cependant, je pense qu’il est temps de dépasser le recyclage. Certes efficace au siècle passé, il n’est pas efficient. Recycler un déchet demande du transport, de l’énergie et à nouveau de la consommation. Mieux vaut concevoir des produits durables, d’usage, et dégradables directement chez le consommateur final. Le meilleur déchet est celui qui n’est pas produit. En agriculture comme en technologie, c’est raisonner en termes d’économie régénératrice qui nous fera sortir de la crise par le haut sans passer par la case révolution, guerres et émeutes de la faim. 
 

Ne plus confondre Bio et Local

 
Longtemps la Bio donnait une garantie de qualité et de soucis environnemental. Mais elle connait aussi ses propres dérives, et certes je suis satisfait de voir l’absence de chimie et de perturbateurs endocriniens dans le Bio de masse, mais où est la qualité nutritionnelle et la protection de l’environnement avec des monocultures sous serres chauffées à des milliers de km? Une fois de plus, c’est en prenant le temps de s’informer sur la qualité, les circuits courts et le soutien à la production locale que le consom’acteur fera la différence en privilégiant le bon pour l’humain et pour la planète plutôt que le greenwashing. 
 

Ne plus confondre Egaux et Ego

 
Bien sûr ici je vise en premier les responsables politiques, qui avec des discours et des promesses, assouvissent leur rêve de pouvoir. L’égalité, c’est déjà s’assurer que personne ne reste pauvre avecun salaire. C’est un des scandales majeurs de notre époque. Afin d’envisager le long terme, il faut être d’accord de payer le juste prix et rémunérer le travail de chacun sans aller toujours au moins cher. Détruire le travail n’a pas de sens à long terme si on n’arrive pas à créer les emplois de la relève (Schumpeter et sa destruction créatrice à justifier!). Un exemple inquiétant se trouve une fois de plus dans le monde agricole. Il existe 1.3 milliard de paysans. Etendre le modèle occidental, qui a moins de 5% de la population active dans l’agriculture, (contre 40% mondialement) dont beaucoup n’arrivent pas à survivre avec leur travail, demanderait la création d’ici 30 ans de plus de 3 milliards de jobs !!! 
 

Ne plus confondre Exclusion et Construction

 
Pour la finance durable, il est nécessaire de corriger les pratiques des entreprises et c’est l’exclusion de ceux qui ne respectent pas les critères responsables et de gouvernance. En Impact Investing, c’est directement soutenir les entreprises qui créent de nouveaux produits et services avec un impact social et environnemental positif. C’est bâtir l’économie qu’on souhaite au lieu de la subir, c’est la construction Bottom up au lieu des règlementations Top Down. Enfin Ne pas confondre Axe de vie et Destin. Lorsqu’on agit et pense en phase avec son être et son ressenti alors on est dans son axe. Ce n’est pas une question de prédestination mais de cohérence. C’est ce que nous pouvons percevoir dans un monde en transition et avec une finance durable qui peut redonner du bon sens à l’investissement. Ses acteurs sont de plus en plus nombreux et la Suisse y trouve une place de leadership. Je crois alors que “le hasard des rencontres n’existe pas pour ceux qui marchent sur le même chemin"

Énergies renouvelables citoyennes : 11 organisations interpellent les candidats à l'élection présidentielle Rendez‐vous le 5 avril

Créé le : 28/03/2017
Pixabay

Par le CLER, le CNCRESS, Enercoop, Energie partagée, la Fondation Nicolas Hulot, ESS France, France Nature Environnement, Le Labo de l’ESS, 4D, le RAC et WWF

Le 5 avril, les candidats à l’élection présidentielle sont invités à s’exprimer sur le développement des énergies renouvelables citoyennes. Une rencontre à l’occasion de la publication des propositions communes portées par le CLER, le CNCRESS, Enercoop, Energie partagée, la Fondation Nicolas Hulot, ESS France, France Nature Environnement, Le Labo de l’ESS, 4D, le RAC et WWF.

La participation des citoyens et des collectivités au développement des énergies renouvelables est une condition de succès de la transition énergétique. Onze organisations de la protection de l’environnement, de l’énergie et de l’économie sociale et solidaire, rendent publiques une série de propositions et interpellent les candidats à l’élection présidentielle le 5 avril.

Les citoyens se saisissent de la transition énergétique

La dynamique de l'énergie citoyenne et participative propose un véritable changement de paradigme : de simples consommateurs, les citoyens deviennent acteurs directs de la production d'énergies renouvelables, de la transition énergétique et de la lutte contre le dérèglement climatique au sein des territoires.

Objectif : viser 15 % d'énergies renouvelables entre les mains des citoyens et des collectivités d'ici 2030

Pour amplifier ce mouvement, onze organisations de la protection de l’environnement, de l’énergie et de l’économie sociale et solidaire, rendent publique une série de propositions à l’intention des candidats à l’élection présidentielle. Et en premier lieu, en leur proposant de se doter d'un objectif volontariste de développement de l'énergie citoyenne et participative : viser 15 % des énergies renouvelables entre les mains des citoyens et collectivités à l'horizon 2030.

Ces propositions peuvent être retrouvées ici...

La société civile interpelle les candidats à l’élection le 5 avril

Les onze organisations recevront devant la presse les candidats à l’élection présidentielle ou leurs représentants pour mettre en discussion ces propositions et entendre les réactions et les propositions des candidats sur ce sujet :

Le mercredi 5 avril, de 8 h 45 à 11 h

A la péniche Le Petit Bain – 7 Port de la Gare – 75013 Paris 

Huit jeunes condamnés pour s’être logés dans un immeuble abandonné par une propriétaire millionnaire, rue de Sèvres à Paris : Jeudi-Noir interpelle les candidats à la présidentielle

Créé le : 10/03/2017
Jeudi Noir

Par le collectif Jeudi Noir

Souvenez-vous, c’était en 2009, un immeuble entier abandonné depuis plus de sept ans en face du Bon Marché. Huit étudiants fauchés s’y sont abrités pendant quelques mois avant d’en être expulsés. Depuis, la propriétaire des lieux, millionnaire, les a fait condamner à plus de 80 000 €, elle a saisi leurs comptes bancaires, et continue à les poursuivre devant la justice pour obtenir encore davantage.

Un nouveau procès aura lieu jeudi 16 mars 2017 à la Cour d’appel de Paris, après l’annulation d’un précédent jugement par la Cour de Cassation. La propriétaire réclame 250 000 € d’indemnités. Et depuis l’expulsion des occupants, l’immeuble reste vide, de même qu’un hôtel particulier appartenant à la même propriétaire à Neuilly, abandonné lui depuis 32 ans.

Le collectif Jeudi-Noir interpelle les candidats à l’élection présidentielle sur le problème des logements vacants et appelle à un rassemblement

Jeudi 16 Mars 2017 à 12h

devant l’immeuble du 69 rue de Sèvres 75006 Paris

A 14h les habitants et les membres du collectif Jeudi-Noir se rendront à l’audience à la Cour d’appel de Paris.

Nous nous joindrons ensuite au rassemblement organisé en fin d’après-midi au canal Saint-Martin par le Collectif des Associations Unies contre le mal-logement.

Le Collectif Jeudi Noir réclame une politique du logement garantissant à chacun l'accès à un logement digne, la taxation de tous les immeubles vides (bureaux comme logements), l’application de la loi de réquisition des logements vides et l’interdiction des expulsions sans relogement. Les candidats à l’élection présidentielle sont-ils prêts à s’engager sur ces points ?

Résumé des épisodes précédents:

Voila un immeuble abandonné depuis 15 ans qui rapporte gros à sa propriétaire. En entrant dans les lieux alors vides depuis 7 ans, les huit étudiants en galère avaient proposé à la propriétaire de lui payer une redevance. Mais celle-ci a préféré les assigner en justice et est parvenue à les voir condamner à lui verser dans un premier temps 80 000€.

Après leur expulsion en 2009, les jeunes galériens pensaient pouvoir trouver un arrangement pour mettre fin au massacre : ce n’était de toute façon pas leurs Livrets A à sec qui pouvaient solder l’ardoise. Mais la propriétaire a préféré leur réclamer, toujours devant les tribunaux, la bagatelle de 250 000€, toujours sans apporter la moindre justification à son refus de louer ou de vendre son immeuble.

Les médiations tentées par Martin Hirsch, par le député UMP Etienne Pinte, par Bertrand Delanoë et même par Monseigneur Gaillot se sont toutes heurtées à un niet ferme de la part de la propriétaire.

Alors qu’on s’attendait à ce que le temps rende de plus en plus insupportable le fait de garder vide cet immeuble dans un des quartiers les plus tendus de Paris, une décision de la Cour de Cassation a relancé le débat sur le montant de l’indemnisation du préjudice de la propriétaire de l’immeuble laissé à l’abandon.

Cette propriétaire n’est pourtant pas dans le besoin, puisqu’elle possède de nombreux bien immobiliers, dont un hôtel particulier à Neuilly sur Seine, d’une valeur de plusieurs millions d’euros, abandonné lui depuis… 32 ans !

Bien sûr cette situation est révoltante, et il ne faut pas laisser ces huit jeunes seuls face à une dette exorbitante. Mais au-delà de ce cas extrême, une victoire de la propriétaire dans le procès à venir serait préjudiciable à tous les mal-logés, qui se verraient menacés par cette jurisprudence d’être endettés à vie même quand les propriétaires ne font rigoureusement rien de leur bien.

Le procès du 16 mars doit être celui de la victoire du bon sens. Pour y parvenir, les huit ex-occupants de la rue de Sèvres ont besoin de notre soutien pour faire face à leurs frais d’avocats. Jeudi Noir a donc ouvert une cagnotte où vous pouvez contribuer à la hauteur de votre indignation :

https://www.helloasso.com/associations/ensemble-soutenons-les-precaires/collectes/cassation-rue-de-sevres (également accessible depuis la page facebook de Jeudi Noir : www.facebook.com/Jeudi.Noir)

 

Le 9 mars à Saint-Malo : La société civile espère une Bretagne en transition citoyenne

Créé le : 08/03/2017

Par Autiv 35, Bretagne Vivante, CANE, COBEN, Culture Bio, Dynamique Transition Bretagne, Eau et Rivières de Bretagne, Energies Citoyennes en Pays de Vilaines, Fédération Bretagne Nature Environnement , Groupe Mammalogique Breton, Hozho, IVINE, Maison de la Consommation et de l’ Environnement, Nature & Culture, Réseau Cohérence, Univer sité Terres & Mers, URCPIE

Suite à la COP 21 et aux accords de Paris , la Région et la Préfecture de Région ouvrent le 9 mars à Saint-Malo un espace de construction collective avec le Carrefour des Transitions.

Nos associations saluent cette initiative unique en France et souhaitent y apporter leurs contributions afin d’engager dans la transition toutes les strates territoriales et sociales jusqu’ aux citoyens.

L’inscription de la région Bretagne dans ce processus est un symbole fort qui, nous le souhaitons tous, sera à la hauteur des enjeux.

Sensibles à la proposition de « contribuer à la réussite de cette démarche de c -construction», les associations signataires se sont réunies le 17 février dernier afin de définir les modalités de contribution et/ou de l'engagement de la société civile bretonne à la COP régionale.

Ce travail inter-associatif nous a conduits à identifier les demandes suivantes qui , selon nous, conditionnent la réussite de cette COP Régionale :

  1. Organiser une gouvernance ré unissant l’ensemble des parties prenantes, en un conseil structuré en six collèges : syndicats de salariés, entreprises, associations, Collectivités territoriales, État et citoyens. Ce conseil aura vocation à co -construire le processus qui doit aussi s’inscrire dans la durée et s’ouvrir à la participation et l’ engagement de tous et notamment des jeunes.

  1. Organiser une transversalité nécessaire des thématiques de la Cop Régionale avec l’économie, (y compris l’agriculture), le social , la culture et la formation.

  1. Définir des orientations et de s engagements clairs, d’actions concrètes et d’expérimentations avec les moyens associés (financier s avec les subvention ou l’éco-conditionnalité, humains…)

  1. Donner à voir ce qui existe dé jà, faciliter l’essai mage des bonnes pratiques notamment en utilisant les outils numériques.

Signataires :

Autiv 35, Bretagne Vivante, CANE, COBEN, Culture Bio, Dynamique Transition Bretagne, Eau et Rivières de Bretagne, Energies Citoyennes en Pays de Vilaines, Fédération Bretagne Nature Environnement, Groupe Mammalogique Breton, Hozho, IVINE, Maison de la Consommation et de l’Environnement, Nature & Culture, Réseau Cohérence, Université Terres & Mers, URCPIE

Agriculteur, un métier dangereux pour la santé

Créé le : 06/03/2017
Crédit : Pixabay

Par France Nature Environnement

Cette semaine, le Salon International de l’Agriculture est à nouveau à Paris. Outre une rencontre avec Fine (une belle pie noire bretonne, coqueluche du Salon) ou des dégustations de fromages et de vins, vous pouvez rencontrer les agriculteurs. En France ils représentent plusieurs centaines de milliers d’hommes et de femmes. Leur métier est compliqué mais aussi dangereux pour leur santé compte tenu notamment des produits qu’ils manipulent et respirent. Point sur les maladies professionnelles agricoles.

Qu’est-ce qu’une maladie professionnelle ?

Il existe des tableaux qui recensent les maladies professionnelles. Pour que les maladies soient reconnues comme telles, l’intéressé doit prouver son exposition au risque sur son lieu de travail. Chaque tableau indique la description de la maladie, le délai de prise en charge (c'est-à-dire le délai maximal entre la fin de l'exposition au risque et la première constatation médicale de la maladie), les travaux susceptibles de provoquer l'affection en cause et, pour certaines affections, la durée d'exposition au risque.

Plus de soixante maladies professionnelles agricoles reconnues en France

Parmi la liste des maladies professionnelles reconnues, on trouve les Hémopathies malignes et la maladie de Parkinson provoquées par la manipulation de pesticides ou encore les troubles digestifs, respiratoires et vasculaires (Affections provoquées par la manipulation de fongicides et insecticides phosphates, pyrophosphates et autres organo-phosphorés). Les agriculteurs peuvent également être confrontés à des altérations des fonctions cognitives, à un ralentissement psychomoteur ou à un trouble de la mémoire… Ces affections sont engendrées par la manipulation de produits d’entretien ou de produits pharmaceutiques.

Denez L’Hostis, président de France Nature Environnement rappelle : « pour protéger la santé des agriculteurs, nous devons faire évoluer nos pratiques vers une agriculture plus saine et respectueuse de l’environnement en traduisant effectivement dans la réalité, le plan Ecophyto qui vise une diminution de l’utilisation des produits phytosanitaires ».

"De quoi Total est-elle la somme ?"

Créé le : 27/02/2017

Par Attac Marseille 

Attac Marseille, Survie Paca et la librairie Transit vous proposent un échange avec l’auteur à l’occasion de la sortie du livre d’Alain Deneault aux éditions Rue de l’Échiquier : "De quoi Total est-elle la somme ?" Mardi 28 Février à 18h30 (accueil à partir de 18h00) dans le local d’Attac Marseille au 29, boulevard Longchamp dans le 1er arrondissement.

Dans cet essai, Alain Deneault démontre que le cas Total ne témoigne pas seulement du pouvoir de cette entreprise en particulier, mais de celui d’une poignée de multinationales qui font aujourd’hui la loi. Car le type de criminalité dont il s’agit ici, « à cravate » ou « en col blanc », ne saurait être sanctionné : c’est une criminalité que les puissants arrivent à mener en marge du droit, précisément parce qu’ils ont le pouvoir de façonner à leur avantage des codes de loi ainsi que des logiques procédurales. Se pencher sur l’histoire de Total, c’est mettre en évidence comment l’état du droit et la complicité des États ont permis à une firme, légalement, de comploter sur l’établissement des cours du pétrole ou le partage de marchés, coloniser l’Afrique, collaborer avec des régimes politiques formellement racistes, corrompre des dictateurs et représentants politiques, conquérir des territoires sur un mode militaire, délocaliser des actifs et infrastructures dans des zones franches, obérer des régimes oligarchiques au détriment des peuples, polluer de vastes territoires au point de menacer la santé publique, vassaliser des régimes politiques pourtant souverains, ignorer des évidences pour épuiser des adversaires en cas de procédures, asservir des populations et régir des territoires entiers. Chaque verbe de cette énumération donne le thème d’un des douze chapitres du livre.

Celui-ci est suivi d’un court essai Le Totalitarisme pervers, qui met en perspective les cas décrits précédemment et interroge de façon systémique le fonctionnement même des multinationales.

Alain Deneault est docteur en philosophie de l’université Paris-VIII et enseignant en science politique à l’Université de Montréal. Il collabore également à la revue Liberté. Étudiant notamment les activités douteuses de certaines sociétés minières en Afrique, en Amérique latine et en Europe de l’Est, Alain Deneault a montré que ces pratiques sont permises par un système législatif et financier qui a fait du Canada un refuge pour les compagnies minières du monde entier. Cette dénonciation rejoint celle de diverses ONG, notamment KAIROS. Alain Deneault est également l’auteur de plusieurs ouvrages sur les paradis fiscaux.

Tribune - Mangez français : des engagements pas un slogan !

Créé le : 16/02/2017
Pixabay

Par la Confédération Paysanne de Bretagne - Une tribune lié à notre dossier "Made in France : effet de mode ou remède à la crise ?"

Voilà près de 2 mois que 25 000 tonnes de maïs d'importation traité à la phosphine et destiné à l'alimentation animale sont bloquées dans le port de Brest.Les risques pour les travailleurs affectés à la manipulation de ce maïs et l'éventuelle contamination de la chaîne alimentaire ont été dénoncés le 16 janvier dernier par un collectif de syndicats et d'associations avec lequel nous - paysans et paysannes de la Confédération Paysanne de Bretagne -  sommes en accord.

Le 31 janvier, Triskalia, une des coopératives utilisant ce maïs pour la fabrication d'aliment, a réagi en niant toute responsabilité des acheteurs dans le traitement pendant le transport et en soulignant qu'il n'y avait aucune nécessité à détruire le stock traité.

La phosphine est un gaz hautement toxique dont l'utilisation n'est plus autorisée en France.

Dans ces conditions, comment peut-on défendre le « Mangez français » que les filières longues utilisent comme argument de vente ? Quelles sont donc les garanties de qualité et de sécurité alimentaire pour les produits d'élevage estampillés « Viande d'origine Française » ?

Pour mettre du contenu dans ces attestations d'origine, il est nécessaire

      que les travailleurs impliqués tout au long de la chaîne - dans les secteurs de l'agriculture, l'agro-alimentaire et la vente - bénéficient de conditions de travail et de rémunération correctes,

      que la traçabilité des produits soit assurée dans la totalité des phases d'élaboration, depuis la production des végétaux en passant par le transport, le stockage, la transformation, etc...

     que l'alimentation animale soit fabriquée prioritairement à partir de productions - maïs notamment - cultivées au plus près de la zone d'élevage,

    que les produits de traitement qui ne sont pas agréés en France ne soient pas utilisés sur des produits qui entreront, à quelque stade que ce soit, dans l'élaboration de produits finis dont l'origine est garantie française.

Ainsi, nous réaffirmons la nécessité de :

-       protéger les salariés et autres utilisateurs des risques qu'ils encourent avec les produits chimiques de traitement.

-       rétablir un fort lien au sol des élevages bretons pour éviter ce risque de dérive.

 

Qui veut casser la dynamique de l'agriculture bio française ?

Créé le : 16/02/2017

Par la Fédération nationale d'Agriculture biologique (FNAB)

Avec un marché en croissance de 20% et + 40% de fermes en 1ère année de conversion en 2016, l'agriculture bio est le secteur le plus dynamique de l'économie française. En ces temps de crise agricole et de chômage, on s'attendrait à ce que la croissance de ce secteur qui emploie deux fois plus de main-d'oeuvre que l'agriculture conventionnelle suscite l'attention des pouvoir publics. C'est tout le contraire qui se passe !

Des aides non-versées

A cause d'une gouvernance Etat-régions totalement défaillante, de nombreux agriculteurs bio sont en grande difficulté financière, malgré la bonne santé de leurs exploitations.

En effet, la totalité des aides à la conversion et à la reconnaissance des services environnementaux (dites maintien), ainsi que certaines mesures agro-environnementales (MAEC) dues au titre des années 2015 et 2016, et sur lesquelles les agriculteurs bio comptaient, ne leur ont toujours pas été versées ! Soit 2 ans de retard !!! Certes, des avances (ATR) ont été versées, mais elles sont largement insuffisantes.

Plus d'infos :

www.fnab.org

Réguler les marchés coûte moins cher que gérer les conséquences des crises !

Créé le : 31/01/2017
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Par le Mouvement pour une organisation mondiale de l'agriculture (momagri)

La consultation publique sur la PAC 2020 devra tirer les enseignements de la crise agricole et du succès de la mesure de réduction de la production laitière.

Paris, le 1er février 2017 : Alors que la Commission européenne ouvre une consultation publique sur la PAC post 2020, le think-tank Momagri publie une analyse des mesures d’aide à la réduction de la production laitière activées en 2016 pour faire face à la crise de surproduction.
 
Rappelons que les éleveurs laitiers européens se sont vus proposer la possibilité de réduire leur production contre une aide minimum de 14 centimes d’euros par litre de lait non produit. L’objectif était de rééquilibrer le marché en réduisant de 2,8% la production du quatrième trimestre 2016.
 
Donnant tort aux experts qui pensaient que la mesure ne serait que très peu utilisée, 271 des 28 membres de l’UE ont activé la procédure, en utilisant de plus la possibilité de compléter le montant européen. La France a ainsi choisi de porter à 24 centimes le montant de l’aide au litre de lait non produit dans la limite de 5% de la production.
 
Momagri a construit un indicateur de participation au programme basé sur la synthèse de deux variables : la part de la production engagée à réduction et la part d’éleveurs engagés dans chaque Etat membre.
 
La Belgique arrive première sur l’indicateur de synthèse, révélant ainsi le très fort engagement des producteurs belges qui sont près de un sur deux (45,5%) à avoir adopté la mesure pour une réduction de la production de 3,3%. L’Irlande et le Portugal complète le podium. Se classent après la France (32,3% des producteurs et 2,9% de volumes engagés) et l’Allemagne (18,4% des producteurs mais davantage de volumes engagés 3,6%).
 
La remontée des prix observée actuellement s’explique en partie par la mesure de réduction de la production laitière qui aura couté 150 millions d’euros, plus les compléments que les Etats membres ont choisi d’apporter. Un montant au final bien modeste pour remettre sur les rails une filière laitière européenne qui représente 97 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel (source Eurostat).
 
Peut-être cette mesure aurait-elle pu être mise en place plus tôt ? Cela aurait évité de faire exploser les stocks de poudre de lait à 355 000 tonnes, soit plus de trois fois le plafond établi lors de la dernière réforme, pour un coût dépassant les 600 millions d’euros. D’autant qu’ils continuent de peser sur les cours.
 
Ce programme aura également atteint un second objectif : prouver que la régulation n’est pas morte ! C’est la raison pour laquelle Momagri participera activement à la consultation de la Commission européenne afin de faire valoir ses propositions pour donner un nouveau cap stratégique à la PAC.

Loi Egalité et citoyenneté : Le 20 % de bio et local dans les cantines censuré par le Conseil Constitutionnel

Créé le : 30/01/2017
Crédits : Pixabay

Par Agir pour l'environnement et la FCPE - Le 26 janvier 2017 

Hier soir, le verdict du Conseil Constitutionnel est tombé : l'article 192 de la loi Egalité et Citoyenneté qui obligeait la restauration collective publique à introduire au minimum 20 % d'alimentation bio et locale a été supprimé. Agir pour l'Environnement et la FCPE regrettent la décision du Conseil Constitutionnel qui a décidé unilatéralement que cet article n'avait aucun lien avec le projet de loi pour de simples raisons de forme.

Cette mesure avait pourtant été votée à deux reprises à une très large majorité à l'Assemblée nationale et adoptée définitivement dans le cadre du projet de loi Egalité et citoyenneté en décembre dernier. 

Et ce, grâce à la combativité de la députée Brigitte Allain et suite à une forte mobilisation citoyenne : Agir pour l'Environnement soutenue par une dizaine d'associations, dont la FNAB (Fédération nationale de l'agriculture biologique) et la FCPE, avait réussi à rassembler plus de 200 000 citoyens dans le cadre de sa campagne « Manger bio et local dans les cantines, c’est possible ! ».

Il s'agissait d'une mesure de justice sociale qui aurait permis un égal accès à une alimentation saine et de qualité, notamment pour les enfants et adultes d'origine modeste, dont le repas à la cantine constitue parfois le seul repas complet de la journée. Tout en assurant des débouchés stables pour des paysans menacés de disparition faute de revenus équitables.

Nous rappelons que ce sont les deux groupes parlementaires du Sénat et de l'Assemblée nationale du parti Les Républicains qui sont à l'origine de cette saisine du Conseil Constitutionnel. 

Agir pour l'Environnement, la FCPE et les agriculteurs bio poursuivront la mobilisation citoyenne au niveau local pour que le plus grand nombre possible de collectivités s'engagent à s'approvisionner localement et en bio.

Des centaines de collectivités se sont déjà engagées, montrant ainsi la voie à suivre, des milliers de paysans bio sont déjà prêts à approvisionner les nombreuses collectivités et des millions d'usagers attendent avec impatience une amélioration de la qualité sanitaire et nutritionnelle des repas servis.

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