PAROLES CITOYENNES

OGM: boycott du haut conseil des biotechnologies

Créé le : 24/02/2016
OGM: boycott du haut conseil des biotechnologies

Par France Nature Environnement

7 organisations paysannes et de la société civile boycotteront le haut conseil des biotechnologies tant que la pluralité des avis sur les OGM ne sera pas respectée

La semaine dernière, le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) a publié une première contribution sur les nouvelles techniques de modification génétique, dites NBT (New Breeding Techniques). Un sujet brûlant qui concerne le statut juridique des produits végétaux et animaux issus des nouvelles techniques de modification génétique.

Or l’avis du Comité Scientifique a été tronqué et n’a pas inclus l’avis divergent présenté par l’un des experts membre de ce Comité. Les sept organisations soussignées avaient alors dénoncé une censure (1) qui bafoue le principe de pluralité des opinions qui caractérise théoriquement le fonctionnement du HCB. Le HCB justifie l’exclusion de cet avis au nom d’un vice de procédure non avéré, ce qui est inacceptable. L’expert concerné, M. Yves Bertheau, Directeur de Recherche à l’INRA, a depuis démissionné du Comité Scientifique pour signifier son désaccord profond.

Ces mêmes organisations annoncent leur décision de suspendre leur participation aux travaux du Comité Economique, Ethique et Social du HCB tant que cet avis scientifique divergent n’aura pas été publié et transmis aux autorités européennes par le HCB. Elles demandent également à être reçues par les Ministres de l’Ecologie et de l’Agriculture afin d’exprimer leur vive inquiétude quant à la volonté du HCB de faire taire les avis divergents s’exprimant en son sein.

Suite à plusieurs mois de travaux, les sept organisations font le constat amer qu’un débat pluraliste sur les nouvelles techniques de modifications génétiques ne peut pas se dérouler au sein du HCB tel qu’il fonctionne actuellement. Les graves dysfonctionnements qui existent depuis le début de la nouvelle mandature du HCB ont pourtant été dénoncés à plusieurs reprises.

Cette situation est inacceptable : les organisations rappellent l’importance de la libre controverse scientifique et l’expression des positions divergentes, éléments essentiels du débat public et de la décision politique. En attendant, elles s’appliqueront à faire exister le débat sur les nouvelles techniques de modifications génétiques à l’extérieur du HCB.

Amis de la Terre, Confédération Paysanne, Fédération Nationale d’Agriculture Biologique, France Nature Environnement, Greenpeace, Réseau Semences Paysannes, Union Nationale de l’Apiculture Française

(1) http://www.semencespaysannes.org/nouvelles_technique_modificat_genetique_haut_115-actu_325.php#date325

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Renoncer à NDDL, pour respecter l'accord de Paris

Créé le : 23/02/2016

Par 350, mouvement mondial pour résoudre la crise climatique

L'accord de Paris, adopté il y a deux mois marque un engagement fort de la communauté internationale à maintenir le réchauffement climatique « nettement en-dessous de 2° C » et à « poursuivre l’action » pour le limiter à 1,5° C.

En France, cet engagement subit sa première épreuve : celle de la cohérence entre les discours et les actes. L'objectif des 2°C, fixé par l'accord de Paris, n'est pas compatible avec la construction d’un nouvel aéroport à Notre Dame des Landes. Maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C implique en effet de renoncer à tout projet d'infrastructure liée aux fossiles, qu'il s'agisse de leur extraction comme de leur combustion.

Renoncer à Notre Dame des Landes, pour respecter l'accord de Paris : c'est le sens d'un appel que lancent aujourd'hui des personnalités telles que Giorgio Agamben, Geneviève Azam, Dominique Bourg, Virginie Despentes, Cyril Dion, Jean Jouzel, Naomi Klein, Catherine Larrère, Erri de Luca, Bill McKibben, Pierre Rabhi, Marie-Monique Robin, Isabelle Stengers, ou encore Patrick Viveret, parmi de nombreuses autres.

À une semaine de la manifestation nationale contre le projet d'aéroport de Notre Dame des Landes du 27 février, nous vous invitons à faire entendre votre voix, en signant cet appel : l’abandon de ce projet, lancé il y a cinquante ans et désormais dépassé, est la seule position cohérente et pragmatique pour l'avenir de notre climat.

Geler les infrastructures liées aux combustibles fossiles est une priorité. À Notre Dame des Landes, bien sûr, mais aussi partout ailleurs. Ce 28 février, à Barjac (dans le Gard), nous serons plusieurs milliers à manifester notre opposition à l'exploitation des gaz de schiste. Ces deux mobilisations de Notre Dame des Landes et de Barjac sont un prélude à la semaine d'action "Break free - libérons-nous des combustibles fossiles" que 350.org, Attac, Greenpeace et de nombreuses autres organisations préparent, au mois de mai prochain.

Les occasions de nous retrouver, au cours des prochaines semaines, pour faire barrage aux projets climaticides ne manquent pas.

NDDL : les dissimulations inacceptables de l’état

Créé le : 18/02/2016
NDDL : les dissimulations inacceptables de l’état

Par France Nature Environnement

Le Canard Enchaîné vient de rendre public un rapport transmis par la DREAL[1] des Pays de la Loire au préfet de Loire-Atlantique en 2014, qui contredit l’argumentation des soutiens au projet d’aéroport : le réaménagement de l’aéroport existant de Nantes-Atlantique n’aura pas d’impact négatif sur le lac de Grand Lieu, à l’inverse d’un transfert. Plus grave encore que cette révélation, ce rapport avait été dissimulé par l’Etat alors même que les associations avaient demandé communication de tous les rapports existants quant à l’impact environnemental du réaménagement de Nantes-Atlantique. Cela est de mauvais augure pour le débat précédant l’hypothétique référendum.

Cela fait plusieurs mois que les soutiens au projet d’aéroport prétendent que la solution d’un réaménagement de l’aéroport existant entraînera un impact négatif sur le lac de Grand Lieu, situé au sud de Nantes. Le Premier Ministre est même allé jusqu’à l’affirmer à l’Assemblée Nationale pour justifier la nécessité du nouvel aéroport. Pourtant le rapport de la DREAL confirme l'analyse des associations : c’est bien le transfert de l’aéroport vers Notre-Dame-des-Landes et non son réaménagement qui risque de porter atteinte à la faune du lac de Grand-Lieu en augmentant la pression foncière à ses bords. Rappelons en outre qu'il détruira plusieurs centaines d'hectares de zones humides.

L’existence de ce rapport de 2014 ne peut qu’interroger nos associations : en effet, nous avions en mars 2015 écrit au préfet de Loire-Atlantique en lui demandant de nous transmettre tous les rapports réalisés « quand aux incidences environnementales possibles d’un tel réaménagement ». Le rapport de la DREAL ne nous a jamais été communiqué : il a donc été dissimulé par la préfecture, alors même que l’argument des impacts du réaménagement sur le lac de Grand Lieu prenait de plus en plus de place médiatiquement parlant. Plus grave encore, cet argument était parallèlement utilisé par la préfecture elle-même devant le tribunal administratif de Nantes pour justifier de l’absence de solution alternative au transfert de l’aéroport... aboutissant au rejet de nos recours en justice. Le Préfet n'a ainsi pas hésité à mentir aux associations de protection de la nature puis aux juges du tribunal administratif.

« La dissimulation qui a été faite de ce document est insupportable et inacceptable ! » estime Denez L’Hostis, président de France Nature Environnement. « Elle confirme que ce dossier d’aéroport a été instruit dans la plus grande opacité, si bien que les différentes phases de concertation avec le public n’ont jamais été que poudre aux yeux. Combien d’autres analyses défavorables au projet sont encore gardées secrètes par l’Etat ? Nous exigeons que tous les documents utiles à la compréhension du dossier soient enfin mis sur la table. L’hypothétique référendum à venir ne saurait être organisé sur le fondement d’un mensonge d’État ».

Plus d'infos

www.fne.asso.fr/actualites/8-choses-%C3%A0-savoir-sur-la%C3%A9roport-de-...

[1] Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement de Loire-Atlantique (services déconcentrés du ministère de l'environnement en région).

Scandale des pesticides : les agriculteurs qui veulent renoncer à leur usage doivent être soutenus !

Créé le : 08/02/2016

Par Greenpeace et la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique 

Mercredi 3 février 2016 - Hier soir, France 2 a diffusé une enquête édifiante du magazine Cash Investigation montrant à nouveau les effets désastreux des pesticides sur la santé publique, particulièrement celle des enfants : augmentation des cancers infantiles, anomalies de naissance, troubles hormonaux, autisme...

La France est le 1er pays utilisateur de pesticides en Europe

Or, dans un contexte de crise agricole, un nombre croissant d’exploitants souhaite abandonner l’usage des pesticides et des engrais chimiques pour passer notamment à l’agriculture biologique, qui leur offre des perspectives économiques.

Mais les aides aux changements de pratiques, et en particulier à la conversion à l’agriculture biologique, sont aujourd’hui insuffisantes pour accompagner tous ceux qui veulent franchir le pas. Les sommes allouées sur la période 2015-2020 pour la conversion par l’Etat et les Régions seront dès cette année insuffisantes. Ainsi certaines enveloppes vont être consommées en 2 ans alors qu’elles étaient prévues pour 5 ans. Par ailleurs, les aides dites de « maintien », qui rémunèrent le service environnemental rendu par les agriculteurs bio pour la dépollution des sols, de l’air et de l’eau, sont dans certains cas menacées de suppression !

La Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB) et Greenpeace appellent les pouvoirs publics à soutenir prioritairement les solutions alternatives aux pesticides de synthèse et les productrices et les producteurs toujours plus nombreux qui veulent passer à l’agriculture bio. Ils doivent accompagner et amplifier cette dynamique positive pour l’agriculture, la santé publique, l’environnement, qui répond à une très forte attente des citoyens et des consommateurs, sur un marché du bio en croissance de 10% par an.

Plus d'infos :

www.greenpeace.org/france/fr/

www.fnab.org

Saint Félix de Pallières : un site minier abandonné dans les Cévennes dangereux pour la santé du public !

Créé le : 04/02/2016

Générations futures veut mettre fin à l’inaction des pouvoirs publics et va porter plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui!

Le site de St Félix de Pallières c’est:

  • près de 2 millions de tonnes de déchets de mines contaminés
  • A ces déchets s’ajoutent quelques 600 000 autres tonnes de stériles de mines sur un site situé environ un km au sud,
  • des eaux et des sols pollués par de l’arsenic, de l’antimoine du zinc ou du plomb !
  • des riverains exposés

Pour Générations Futures cette pollution lourde de conséquences pour l’environnement et la santé publique est inacceptable, c’est pourquoi nous avons décidé d’engager une action juridique!

Pour réussir votre soutien sera primordial!

Devant une situation qui semble bloquée (voir ci-dessous), malgré la mobilisation active de riverains ou de l’association locale ADAMVM (Association pour la Dépollution des Anciennes Mines de la Vieille Montagne) et constatant l’inaction des pouvoirs publics autour de ce dossier,Générations futures a décidé de porter plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui, blessures involontaires et pollution des eaux.

La plainte sera portée par Maître Bertella – Geffroy, avocate au barreau de Nanterre et ancienne juge d’instruction au pôle de santé publique du Tribunal de Grande Instance de Paris. Des expertises in situ réalisées par un expert agréé près la Cour de Cassation complétées par des analyses en cours auprès d’un laboratoire, de prélèvements de cheveux, de poils d’animaux, sabots, plantes, viendront compléter le dossier pour caractériser le niveau d’exposition des habitants puis les graves préjudices pour certains d’entre eux.

Budget de l’action juridique :

  • Frais d’avocat : 3000,00 Euros
  • Analyses en laboratoire : 4098,00 Euros
  • Frais d’expert judiciaire : 3334,00 Euros

TOTAL : 10 432 Euros

Il manque aujourd’hui au bas mot 5000,00 Euros (sans compter les dépenses de fonctionnement) à Générations Futures pour boucler ce budget !

>>> Votre soutien est indispensable pour nous aider à financer cette action en justice: rendez-vous sur Citizencase! 

 

Plus d'infos :

Retrouvez l'histoire détaillée de cette pollution sur le site de Génération Futures

Cette affaire fera l’objet d’un reportage et d’une émission spéciale de ‘Pièces à conviction’ sur France 3 le mercredi 20 janvier 2016 à 23h25.

Photo : France 3 / Pièces à convictions

 

NDDL: Construire collectivement une alternative

Créé le : 03/02/2016

Le dimanche 31 janvier 2016, la ministre de l’Écologie a affirmé qu’il n’y aurait pas d’évacuation par la force du site de Notre-Dame-des-Landes et qu’une étude des alternatives possibles à la construction d’un nouvel aéroport était en cours. France Nature Environnement, FNE Pays de la Loire, Bretagne Vivante – SEPNB, la coordination régionale de la LPO Pays de la Loire, Eau et Rivières de Bretagne et SOS Loire-Vivante - ERN France se réjouissent de cette annonce.

 

Pour ne pas risquer « une guerre civile à Notre-Dame-des-Landes », Ségolène Royal a affirmé qu’il n’y aurait pas d’évacuation manu militari du site du projet d’aéroport. Cette annonce de bon sens fait reculer le spectre d’un nouveau Sivens : ce drame avait été la démonstration que ce n’est pas par la force que l’Etat doit apporter une réponse à des revendications liées à un manque de transparence et de concertation dans l’élaboration d’un projet de territoire.

La ministre a interrogé la légitimité de ce projet ancien, en rappelant que la stratégie aéroportuaire de l’ouest était encore à définir. Elle a indiqué qu’une étude des alternatives possibles venait d’être commandée par elle, avec des résultats attendus dans deux mois. Il faudra sans doute prendre davantage le temps de l’analyse et de la discussion, mais une telle démarche répond à ce que demandent les opposants à ce projet depuis plusieurs années : jusque là, il ne leur a jamais été donné la possibilité d’accéder à toutes les informations techniques et économiques du projet et de confronter leurs expertises contradictoires, comme par exemple celle réalisée par l’atelier citoyen (http://www.ateliercitoyen.org).

« Ce n’est que collectivement que l’on peut sortir d’une situation de blocage telle que celle-ci » rappelle Denez L’Hostis, président de France Nature Environnement. « Le gouvernement peut compter sur l’ensemble des associations membres du mouvement de FNE pour participer à la concertation en vue de l’élaboration d’une alternative soutenable à ce projet écologiquement et économiquement dépassé. En cette journée mondiale des zones humides, l’Etat peut montrer avec la remise à plat du dossier de Notre-Dame-des-Landes que les engagements issus de l’Accord de Paris ont une réelle consistance »

Pour mieux comprendre la mobilisation contre ce projet d'aéroport, lire ici le résumé des 8 choses à savoir sur Notre-Dame-des-Landes.

Notre-Dame-des-Landes : des expulsions à 2 milliards

Créé le : 25/01/2016
Notre-Dame-des-Landes : des expulsions à 2 milliards

Par France Nature Environnement
Par une décision du 25 janvier, le tribunal de grande instance de Nantes approuve toutes les expulsions sur le site de Notre-Dame-des-Landes.

pour Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement : « Nous nous désolons de cette décision qui entérine l’expulsion inutile de plusieurs familles. On aurait aimé la même sévérité avec les bonnets rouges. Par manque de fermeté dans sa décision politique, l’Etat s’est privé de près de 2 milliards d'euros (manque à gagner) qui auraient été collectés si l’écotaxe avait été mise en place le 1er janvier 2015 puisque cela avait été adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale. Visiblement l’Etat se montre plus ferme quand il s’agit de dépenser de l’argent plutôt que d’en collecter. Dans un cas comme dans l’autre, les lobbies économiques surdéterminent les arbitrages de l’Etat »

NDDL : des expulsions qui annonceraient le pire

Créé le : 11/01/2016

Par France Nature EnvironnementBretagne VivanteLPOMayenne Nature EnvironnementSOS Loire Vivante 

Le jugement portant sur les arrêtés d’expulsion des occupants du site de Notre Dame des Landes devrait être rendu le 13 janvier. Aussi des expulsions pourraient intervenir dès le 14. La manifestation pacifique du samedi 9 janvier, que nous soutenons, tient à dénoncer tant la méthode que le projet de nouvel aéroport lui-même.

Un projet déloyal et illégal

Le 12 décembre 2015, François Hollande déclarait au Bourget que « la France mettra tout en œuvre non seulement pour appliquer l’Accord » de la COP 21, « mais pour accélérer le mouvement ». Moins d’un mois plus tard, c’est à une accélération totalement contradictoire avec cette déclaration que l’on assiste : celle de la réalisation annoncée de l’aéroport nuisible et inutile de Notre-Dame-des-Landes, qui alourdira le bilan carbone de la France ainsi que les impôts locaux des habitants du Grand Ouest pour de nombreuses années.

Le démarrage des travaux de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes serait, par ailleurs, contradictoire avec l’engagement du Président de la République d’attendre l’épuisement des recours que nous avons lancés devant la Justice contre le projet : le résultat des appels formulés est toujours attendu. Il serait également illégal puisque plusieurs autorisations de destruction d’espèces protégées sont toujours manquantes.

Un projet ruineux

Nous rappelons qu’en plus de présenter un bilan environnemental catastrophique (eau, biodiversité, carbone…), ce nouvel aéroport n’apporterait strictement rien à l’économie, au contraire même  : payé en grande partie par les impôts de chaque citoyen pour un coût nettement supérieur à celui d’un réaménagement de l’aéroport actuel, il comportera une aérogare plus petite que ce dernier, pour faire plus de place aux espaces commerciaux… alors même que le principal argument des soutiens au projet est la saturation de l’aéroport actuel ! De plus, il nécessiterait la construction d’infrastructures d’accès particulièrement coûteuses (pont sur la Loire, nouvelles routes et voies ferrées).

« L’accord de Paris oblige la France à abandonner les réflexes d’aménagement et de mobilité des années 70 et à adopter enfin des politiques fondées sur une analyse sincère des besoins et sur l’optimisation des infrastructures existantes » estime Denez L’Hostis, Président de FNE. « La réalisation du projet de Notre-Dame-des-Landes marquerait l’obstination de la France à ne pas s’engager dans le XXIe siècle, le passé n’est pas un avenir souhaitable ».

Pour mieux comprendre la mobilisation contre ce projet d'aéroport, lire ici le résumé des 8 choses à savoir sur Notre-Dame-des-Landes.

Plus d'infos :

www.fne.asso.fr

Le Muséum national d’Histoire naturelle rend hommage à Jean-Marie Pelt

Créé le : 05/01/2016

Par le Muséum national d'Histoire naturelle

Jean-Marie Pelt (né en 1933), pharmacien et botaniste, vient de décéder dans la nuit du 23 décembre 2015. Il était l’une des grandes figures de l’écologie en France et dans le monde. Agrégé de pharmacie, il fut professeur des Universités, durant 10 ans à la faculté de pharmacie de Nancy, puis ensuite à la faculté des sciences de Metz où il enseigna alors la botanique et la physiologie végétale. Il a participé à de très nombreuses missions de terrain à l’étranger, en particulier en 1967 au Togo pour l’Institut de Recherche pour le Développement (alors ORSTOM) où il affirmera son intérêt pour les thérapeutiques traditionnelles.

Il se rendra aussi en Amazonie et en Afghanistan à plusieurs reprises et publiera de nombreux articles scientifiques consacrés à l'écologie végétale et aux pharmacopées traditionnelles. Il était président d’honneur de la Société française d'ethnopharmacologie et ces dernières années professeur honoraire de l’université Paul-Verlaine (Metz). Parallèlement, il a mené une vie d’élu local actif comme maire-adjoint de la ville de Metz où il a contribué à des restaurations urbaines majeures.

Défenseur de l'environnement

Son combat pour la défense de l’environnement fut constant : dès 1977, il écrivait : « Il paraît chaque jour plus évident que la croissance économique ne se poursuit qu’au prix d’une décroissance écologique, tout comme une tumeur cancéreuse ne s’alimente qu’au détriment de l’organisme qu’elle épuise : dans les deux cas, le bilan final est désastreux. » (dans L’Homme re-naturé, 1977, Le Seuil). Il fonde à Metz en 1971 l’Institut européen d’écologie, qu’il présidera  jusqu'à sa mort. Il s’opposera  aux organismes génétiquement modifiés (OGM) et a co-fondé le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique dont il était le secrétaire général. Grand défenseur de l'agriculture biologique, il s’est beaucoup battu contre l’usage inconsidéré des pesticides. Jean-Marie Pelt était un homme qui aimait partager son savoir. Il est sorti de son laboratoire à l'occasion d'émissions et documentaires pour la télévision, comme L’Aventure des plantes, et de nombreuses interventions à la radio, ses multiples ouvrages, sur l’histoire des plantes, l’évolution, l’écologie, ou encore ses conférences. C’était un chrétien pratiquant et il a souvent abordé la question des relations science-religion.

Auteur d’une soixantaine d’ouvrages

Il écrivait en 1997 (chez Fayard) dans « Plantes en péril » : « ... elles s’éteignent dans un silence assourdissant... annonce-t-on à la télévision l’agonie ou le trépas d’une espèce végétale... ? ». C’était un homme de conviction, scientifique engagé, remarquable passeur d’idées et grand humaniste. Infatigable auteur et conférencier, il était extraordinaire  de par sa force de conviction et sa capacité à s’émerveiller, s’enthousiasmer et à s’indigner. Ce fut l’un des grands écologues français à la fois impliqué dans la science et dans la communication de la science. Auteur d’une soixantaine d’ouvrages, il a publié avec Pierre Rahbi en 2014 «  Le monde a-t-il un sens ? » (chez Flammarion). Nous perdons un valeureux compagnon de défense de nos valeurs. Le Muséum national d’Histoire naturelle lui rend un vibrant hommage et présente ses condoléances à sa famille. 

Photo : © Centre Jean-Marie Pelt

Loi de santé : Un bilan mitigé. Une autre loi s'impose pour réorienter la politique du médicament

Créé le : 18/12/2015

Par Michèle RIVASI (députée européenne, vice-présidente du Groupe Verts / ALE)

Généralisation du tiers payant, expérimentation des salles de shoot, facilitation du don d'organes... Pour Michèle Rivasi, député européenne EELV, la loi de santé voté jeudi dernier à l'Assemblée nationale, comprend des avancées notables. Mais aussi des dispositions "plus inquiétantes"... Son point de vue dans ce communiqué daté du 17 décembre.

 

La loi de santé votée définitivement aujourd'hui à l'Assemblée nationale contient des dispositions positives et d'autres plus inquiétantes ainsi que de grands oubliés à l'instar de la lutte contre la corruption et les conflits d'intérêts dans le domaine de la santé.

Des avancées 

La loi votée par l'Assemblée contient des avancées notables à l'instar de la généralisation du tiers payant, l'introduction des actions collectives dans le domaine de la santé et celle du paquet neutre malgré les pressions du lobby du tabac, la mise en place d'un service public d'information en santé pour se repérer dans le parcours de soins, l'expérimentation des salles de shoot, la facilitation du don d'organes, la consécration du droit à l'oubli pour les anciens malades du cancer devant souscrire des contrats d'assurance et des prêts bancaires .

La colusion des intérêts privés avec l'intérêt général

Nous ne pouvons en revanche que regretter que cette loi cadre n'ait pas été l'occasion de s'attaquer au cœur du problème : les intérêts privés qui  viennent heurter l'intérêt général et qui gangrènent tout notre système de santé publique. Cette connivence entre les autorités de santé, leurs tutelles et les firmes pharmaceutiques révélée par l'affaire J. Cahuzac ou le scandale du Médiator devient indécente avec les dernières révélations de Médiapart et du Canard Enchaîné.

Pour une nouvelle loi

Il faut d'urgence une loi qui garantisse un corps d'experts indépendants comme le prévoyait la proposition de loi Blandin, une formation initiale et continue des médecins indépendante de l'influence des lobbys (c'est un vrai levier pour lutter contre la sur-prescription en France), l'extension des missions de contrôle de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique étendues aux membres des instances liées à la santé publique. Cette loi devra permettre notamment d'obtenir une baisse générale des prix des médicaments par leur fixation à partir des données européennes et non plus de façon opaque comme actuellement par le CEPS (Comité économique des produits de santé) qui doit être profondément réformé. Elle devra aussi trouver les moyens de mettre un terme aux autorisations de mise sur le marché de complaisance, pour des médicaments sans plus-value thérapeutique et à prix prohibitifs et purger les médicaments mis sur le marché qui ne servent  à rien de la liste des médicaments remboursés. Mais aussi optimiser la prescription médicale dans toutes les classes thérapeutiques avec la généralisation des génériques.Plus que jamais, notre combat pour une opération Mains propres sur la santé est une nécessité.

Plus d'infos :

www.michele-rivasi.eu

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