PAROLES CITOYENNES

[ BLACK FRIDAY ] " Petits prix, gros impacts "

Créé le : 29/11/2019

La course à la consommation bat son plein pendant les « black days ». L’environnement, lui, en paie le prix fort ! Épuisement des matières premières, recrudescence de plateformes logistiques, construction de centres commerciaux, transports routiers démultipliés, accroissement des déchets… Les conséquences sont effectivement bien « noires » pour l’environnement et notre région n’est évidemment pas épargnée. Dans un communiqué, FNE Paca dénonce ces pratiques d’appel à la consommation massive et encourage les citoyens à devenir consomm'acteurs.

Consommer plus au lieu de réparer

Véritable invitation au renouvellement de produits que très souvent nous possédons déjà, les journées promotionnelles Black Friday poussent les consommateurs à oublier qu’ils peuvent également faire le choix de la réparation. Moins couteuses et plus vertueuses pour l’environnement, ces pratiques se démocratisent pourtant largement. La puissance de déploiement des campagnes publicitaires laisse malheureusement peu d’espace à ce type d’initiative.

Plateformes logistiques : artificialisation des sols, pollution et perte de biodiversité

Ikea, Logiprest, Castorama, La Thominière, Boussard Sud et Nord… La liste des entrepôts logistiques est longue dans notre Région, particulièrement en Plaine de Crau. Au-delà de l’occupation des sols et de son impact direct sur la biodiversité, ces entrepôts génèrent un trafic routier massif aux conséquences lourdes sur la qualité de l’air. Notre mouvement associatif a d’ailleurs saisi la justice à de multiples reprises sur cet enjeu.

Toujours moins de ressources, toujours plus de déchets

Ce n’est pas une surprise, les ressources s’épuisent à mesure que les déchets s’accumulent. C’est autour du 5 Mai en France que chaque année nous avons consommé l’intégralité des ressources que notre pays peut fournir. Autrement dit, nous vivons donc les autres 7 mois de l’année à crédit sur les générations futures. A cela se rajoute en bout de cycle, des centres d’enfouissement totalement saturés, du retard dans la pratique du recyclage, des progrès à faire dans l’ensemble des techniques de réduction des déchets (réemploi, réparation, achat vrac, etc.)

FNE Provence-Alpes-Côte d’Azur dénonce ces pratiques d’appel à la consommation massive et encourage les citoyens à devenir consomm'acteurs.

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[ SOCIÉTÉ ] Résorption du chômage et transition écologique : la solution passe d’abord par les petits !

Créé le : 22/11/2019
Xavier Combe (crédit : DR).

Par Xavier Combe, interprète de conférence et traducteur, enseignant à l’Université de Paris X-Nanterre et membre fondateur de l’AFICI (Association Française des Interprètes de Conférence Indépendants).

« La France est le seul pays d’Europe qui n’a pas réussi à endiguer le chômage de masse »,faisait fort justement remarquer le candidat Macron en 2017. En raison des dizaines de milliards d’euros qu’il pèse dans le budget année après année, du manque à gagner immense qu’il représente dans le PIB, des catastrophes sociales qu’il provoque dans certains territoires et, surtout, des malheurs individuels et familiaux dont il est responsable, le chômage est le principal fléau de notre économie et de notre société. Pour trouver les raisons de cette exception française et pour commencer d’y remédier, peut-être serait-il judicieux d’identifier en quoi notre l’économie se distingue des autres.

L’une de ses grandes caractéristiques, trop rarement évoquée, est qu’elle ne comporte pas un tissu de PME suffisamment fort. Pire, les indépendants et les TPE dans tous les secteurs d’activité ne font pas l’objet de l’attention qu’ils méritent. Comparaison n’est pas raison, mais en Allemagne, par exemple, le Mittelstand joue un rôle d'équilibre, d’émulation et de dynamisme économique.

Chômage versus transition écologique

Indiscutablement, la résorption du chômage ne viendra pas de la croissance : celle-ci fait la sourde oreille aux incantations et reste faible, voire inexistante. Elle ne viendra pas des grandes entreprises : s’il en était besoin, le CICE et le Pacte de responsabilité en ont apporté la preuve aussi coûteuse que cinglante. Elle ne viendra pas non plus de la fonction publique, désormais considérée comme la macro-variable d’ajustement par excellence, alors même que la réduction du nombre de fonctionnaires et la suppression des emplois aidés ont démontré leur caractère délétère dans de nombreux pans de la société. Tous les samedis, cela est dénoncé par les gilets jaunes.

Reste la transition écologique. Celle-ci constitue non seulement l’unique vraie source potentielle de relance économique, mais surtout une véritable nécessité - voire une question de survie - face à l’urgence climatique. L’enjeu est de taille. Il est civilisationnel et doit impérieusement marquer un virage historique. Transformer l’économie en créant des milliers d’emplois, voilà le défi. Dans le cadre de la transition écologique mais aussi dans l’économie d’une façon générale, d’où peuvent venir les solutions contre le chômage ?

La phrase de François Mitterrand en 1993 « Dans la lutte contre le chômage, on a tout essayé » est fausse, surtout face à l’urgence climatique qui nécessite un changement de paradigme, le problème du dérèglement climatique ne pouvant pas être résolu par le système économique qui l’a créé : c’est notre façon de faire fonctionner l’économie qu’il faut revoir. Dans Tout peut changer (Actes Sud, 2015), l’essayiste Naomi Klein en fait la démonstration éclatante.

Il faudra des années, voire des décennies, pour que les grandes entreprises passent d’un modèle qui repose sur les carburants fossiles, les délocalisations synonymes de transports polluants à l’échelle mondiale ou l’agriculture intensive, à une approche qui place la protection de l’environnement au cœur de leurs décisions.

En attendant, dans un premier temps,  la résorption du chômage doit donc venir de ceux auxquels on ne pense pas : les petits. Ils sont les plus nombreux et pas les moins dynamiques. Personne n’a essayé d’alléger drastiquement les contributions sociales pour toute création d’emploi en CDI payé de 1 à 2 SMIC dans :

-       les entreprises indépendantes de 0 à 10 salariés quel que soit leur secteur,

-       les associations actives dans le domaine de la transition écologique.

De plus, les associations de la transition écologique devraient toutes bénéficier de mesures telles qu’un statut d’intérêt général et la possibilité de récupérer la TVA.

À un coût bien inférieur à celui du CICE et du pacte de responsabilité, ces mesures s’adresseraient aux associations de la transition écologique en les aidant à créer des emplois et à réduire le recours aux bénévoles, mais aussi aux petits commerçants, aux professions libérales juridiques, médicales et para-médicales et une multitude d’autres petites structures et travailleurs indépendants. Elles s’adresseraient aux commerçants, aux vétérinaires, comptables, formateurs, maîtres d’œuvre, paysagistes, sténotypistes, infographistes, experts, agents d’assurance, interprètes, traducteurs, informaticiens, ingénieurs conseil, consultants, acteurs de l’économie sociale et solidaire, exploitants agricoles et aux artisans. Elles viseraient les petites entreprises du bâtiment, de l’hébergement, de la restauration et des services aux particuliers ainsi que les jeunes pousses innovantes.

Le recrutement de salariés de 1 à 2 SMIC ciblerait les personnes peu qualifiées de tous âges, mais aussi les jeunes de formation intermédiaire et supérieure.

Outre un grand pas en avant dans le domaine de la protection de l’environnement, ces mesures déclencheraient la création de dizaines, voire de centaines de milliers d’emplois indélocalisables, et présenteraient des avantages corollaires qui ne seraient pas minces non plus : redynamisation du commerce de proximité et des centres-villes, renforcement du lien social local et des rapports inter-générationnels, facilitation de la transmission des entreprises, encouragement et maintien en France des jeunes pousses, lutte contre la dépendance des auto-entrepreneurs, réduction des trajets des salariés, etc. De plus, bien évidemment, la croissance de toutes ces activités diminuerait le coût du chômage et générerait des rentrées fiscales supplémentaires - notamment par la TVA reversée par les entreprises - elles aussi indélocalisables.

Si le Medef se targue de 123.387 entreprises adhérentes et la CPME en dénombre 144.939, c’est l'Union des entreprises de proximité (U2P) qui compte le plus grand nombre d’employeurs potentiels avec 150.605 adhérents. La France compte 2,8 millions de TPE-PME dans les secteurs de l’artisanat, du commerce de proximité et des professions libérales, soit les 2/3 des entreprises françaises. Excusez du peu. Malheureusement, force est de déplorer que l’U2P n’est guère influente et que la communication n’est pas son fort, au contraire du MEDEF, par exemple, qui a toujours su communiquer son idéologie avec habileté, au point d’avoir réussi  à faire entrer dans le vocabulaire commun la notion de « charges » sociales alors qu’il s’agit de cotisations qui contribuent aux systèmes de protection sociale et de retraite que de nombreux pays nous envient et qu’il faut préserver.

Si l’on ajoute aux 2/3 des entreprises françaises les associations de la transition écologique, on comprend que les efforts doivent être redirigés vers ces acteurs qui sont petits, certes, mais de premier plan.

Tant que la transition écologique n’est pas véritablement lancée au point de transformer l’économie et tant que les petits acteurs de l’économie et les associations de la transition écologique restent relégués, au mieux, à la stagnation, la France continuera à se distinguer par son illogisme et restera « le seul pays d’Europe qui n’a pas réussi à endiguer le chômage de masse ».

[ HUILE DE PALME ] Des associations demandent une seconde délibération en urgence

Créé le : 16/11/2019

Alors que l’examen en première lecture du Projet de loi de finances 2020 est sur le point de se terminer à l’Assemblée nationale, un amendement adopté hier soir par les députés repousse de 6 ans l’exclusion de d’huile de palme de la liste des “biocarburants” éligibles au dispositif de soutien public. Les associations du Réseau Action Climat demandent au Gouvernement une seconde délibération en urgence, lors de la 1ère lecture du PLF, afin de préserver le débat démocratique et de respecter les engagements de la France de mettre fin à la déforestation importée.

L’huile de palme avait été exclue l’année dernière de la liste des “biocarburants” éligibles à un dispositif de soutien fiscal, actant la fin d’un avantage estimé entre 70 et 80 millions d’euros pour Total par l’entreprise elle-même. Celle-ci a mené un lobbying intense pour changer la loi, allant jusqu’à saisir le Conseil constitutionnel, qui l’a finalement déboutée le 11 octobre dernier. Dans un entretien au Journal du Dimanche du 27 octobre, son PDG, Patrick Pouyanné, estimait concernant l’huile de palme “qu’il faudrait que le Parlement français décide d’en sortir un peu plus tard, en 2026 plutôt qu’en 2020”. Il s’agit d’un exemple de plus des méthodes de lobbying intense dénoncées par la société civile depuis trop longtemps.

Hier, le Parlement a cédé au chantage de Total, avec le soutien du Gouvernement qui a émis un avis favorable, en contradiction totale avec  les déclarations d’Élisabeth Borne qui se félicitait en août dernier de la fin de l’avantage fiscal accordé à l’huile de palme. L’amendement, déposé par des députés issus de la Majorité, du Modem et des Républicains, a été voté en quelques secondes sans aucun débat parlementaire, et contre l'avis même du rapporteur. En plein état d'urgence climatique, il s’agit d’un déni de démocratie inouï : ce dossier avait en effet occupé très largement les débats de l'hémicycle l'an dernier, aboutissant à une grande avancée pour l'environnement. Les agrocarburants à base d'huile de palme génèrent en effet une déforestation directe et indirecte massive, qui les rend coupables d'un bilan carbone pire que leurs équivalents fossiles. Quant à l'huile de palme utilisée à la raffinerie de Total de la Mède, elle carbure à la déforestation illégale perpétrée en Indonésie, comme l’a montré un récent rapport sur sa chaîne d’approvisionnement.

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[ LIBERTÉ DE LA PRESSE ] Appel à rassemblement

Créé le : 12/11/2019

Sans transition ! magazine, ainsi que les autres signataires appellent à un rassemblement devant le Tribunal de Grande Instance de Toulouse vendredi 15 novembre à 8h pour soutenir le journaliste Guillaume Bernard. Travaillant pour plusieurs médias – Rapports de force, EcomNews, Sans Transition Magazine – il a été arrêté le 12 octobre lors de la manifestation toulousaine des Gilets jaunes. Alors qu’il effectuait son travail, il y a été interpellé pour « jets de projectile » et « rébellion », et placé en garde à vue aux côtés de 25 manifestants. Guillaume Bernard est ressorti de garde à vue 27 heures plus tard et il est convoqué en justice ce 15 novembre pour répondre finalement du seul fait de « rébellion », purement imaginaire.

Au commissariat, les policiers ont expliqué à Guillaume Bernard avoir recherché un homme… dont le signalement ne lui correspondait absolument pas. Guillaume Bernard, qui a couvert de nombreuses manifestations à Toulouse, a pourtant été gardé à vue alors qu’il avait communiqué sa fonction de journaliste. Alors qu’il sortait de garde-à-vue le commissaire lui a d’ailleurs fortement déconseillé de revenir en manifestation, « journaliste ou non ». En d’autres termes, lorsqu’un journaliste fait son travail – se rendre sur le terrain, interroger, constater, prendre des notes, filmer – il s’agit de l’intimider, avec garde à vue et tribunal de grande instance à la clé.

Guillaume Bernard rejoint la trop longue liste des journalistes entravés dans l’exercice de leur métier, interpellés, injuriés, blessés, placés en garde à vue ou poursuivis. Nous demandons sa relaxe pure et simple. Une condamnation ne saurait-être, en l’espèce, que l’octroi d’un permis d’empêcher les journalistes de faire leur métier.

Autres signataires : Fondation Copernic 31, Club de la Presse Occitanie, SNJ, Ecomnews, Rapports de Force, Sans-Transition Magazine, Université Populaire de Toulouse, Jeunesses Syndicalistes Toulouse.

[ EUROPE ] Les fonds européens ne doivent pas encourager la pêche intensive

Créé le : 04/11/2019

Le 12 novembre prochain, le Parlement Européen doit prendre une décision cruciale pour l’avenir de la pêche européenne. Selon la Plateforme Petite Pêche Artisanale Française, si le parlement décide de rejeter un nouvel examen du projet de règlement FEAMP en plénière du parlement, il ouvrirait la voie à un retour des subventions qui ont entraîné la destruction des petits bâteaux utilisés pour la pêche artisanale.

 

Députés, ministres, lobbies de la pêche intensive, tous ont réclamé le retour des subventions qui ont fait tant de mal au secteur de la pêche artisanale par le passé. L'association rappelle que dans les années 1980, l'Europe a encouragé la construction de gros bâteaux puissants et la destruction des plus petits. La flotte française était alors passée de plus de 11 000 navires à 5 000 en 2017. La Plateforme Petite Pêche Artisanale Française craint que la Politique Européenne des subventions à la pêche adopée prochainement par le parlement engendre une action irréversible pour le secteur. 

> Lire l'intégralité du communiqué.

[ PESTICIDES ] Interdisons l’épandage de pesticides à côté des habitations !

Créé le : 31/10/2019

Par France Nature Environnement

Bientôt plus de 20 ans que le débat a lieu, 10 ans qu’une directive européenne oblige à prendre des dispositions nationales… et, enfin, on commence à voir poindre des mesures de protection pour tous les riverains des parcelles agricoles traitées. Pourtant, le gouvernement ne semble pas avoir pris la mesure de ce véritable enjeu de santé publique. C’est pourquoi France Nature Environnement et 34 associations du mouvement se mobilisent pour une réelle protection de tous les habitants situés à proximité de parcelles agricoles.

La sortie des pesticides passe en priorité par la protection des riverains

Voilà bientôt un an que le mouvement des Coquelicots est lancé et que la grogne monte dans les territoires, réclamant au plus vite la sortie des pesticides. Et ça tombe bien. La directive européenne 2009/128 impose aux Etats-membres de veiller à ce que l’utilisation des pesticides soit restreinte ou interdite vis-à-vis des personnes régulièrement exposées. L’Etat a également été enjoint d’agir par le Conseil d’Etat (saisi par l’association Eau et rivières de Bretagne, membre de France Nature Environnement) dans une récente décision, pour prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger les riverains fortement exposés aux pesticides sur le long terme. L’impact des pesticides sur la santé des personnes vivant à proximité des champs agricoles n’est plus à prouver, il y a urgence !

Des protections des riverains et du dialogue au rabais

A propos des personnes vulnérables (enfants, personnes âgées, etc.), un rapport d’experts commandé par le ministère de l’Agriculture estime qu’a minima et sans attendre, des distances minimales de non-traitement doivent être fixées sur l’ensemble du territoire. Or, les riverains exposés sur le long terme aux pesticides sont aussi des personnes vulnérables. Les associations demandent l’interdiction de l’épandage de pesticides à proximité des habitations ; en respectant des distances d’au moins 10 mètres pour toutes les cultures, d’au moins 20 mètres pour la viticulture et d’au moins 50 mètres pour l’arboriculture.

En plus des mesures de protection, l’information des riverains avant les épandages et le dialogue territorial, avec l’organisation de réunions publiques, sont primordiaux pour apaiser les crispations et retisser du lien sur le terrain. Les engagements pris doivent être simples, clairs et compréhensibles pour tous, applicateurs comme riverains.

Craignant une énième consultation peu suivie d’effets, France Nature Environnement et ses associations ont lancé une pétition sur le site fne.asso.fr pour interdire l'épandage de pesticides à côté des habitations et appellent les citoyennes et citoyens à les rejoindre pour obliger le gouvernement à enfin se saisir de cet enjeu sanitaire et environnemental.

 

Pétition en ligne ici : https://www.fne.asso.fr/actualites/p%C3%A9tition-interdisons-l%C3%A9pandage-de-pesticides-%C3%A0-c%C3%B4t%C3%A9-des-habitations

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[ URGENCE CLIMATIQUE ] A quand des actions dans le secteur des transports ?

Créé le : 24/10/2019

La contribution du secteur des transports au réchauffement climatique est primordiale : 31 % des émissions de gaz à effet de serre en 2018, dont 95 % en provenance de la route. De nombreux citoyens sont aujourd’hui très inquiets face à ce phénomène et sont prêts à changer leurs habitudes de déplacement, mais selon la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT), rien de sérieux n’est fait pour réduire la dépendance automobile.

Le phénomène se traduit en particulier par des canicules, qui seront à l’avenir « de plus en plus précoces, fréquentes, intenses et prolongées » selon Jean Jouzel, climatologue ancien vice-président du GIEC.

La fonte du pergélisol des parois montagneuses et la montée du niveau des mers constituent une menace sérieuse (éboulements, inondations) pour les infrastructures de transport : voies ferrées et routes.

Plus on attendra pour s’attaquer au réchauffement climatique, plus la planète se réchauffera rapidement et plus le coût économique de ses conséquences sera élevé. Or de nombreuses décisions peuvent être prises rapidement par l’Etat et les collectivités locales sans exiger des contraintes insupportables par la population ou les entreprises : elles seraient peu coûteuses, ou même rapporteraient de l’argent utilisable pour investir davantage dans les réseaux urbains et ferroviaires (tramways, RER métropolitains).

Les décisions attendues de l’Etat

- Un centime supplémentaire de TICPE sur les carburants routiers (chiffres 2018) rapporterait 520 M€ ; si seuls les carburants automobiles étaient taxés, le produit serait de 271 M. La réduction récente de l’exonération de TICPE sur le gazole consommé par les camions (2 centimes) peut être accentuée.
- La très faible taxe sur les billets d’avion (1,5 € sur les vols courts-courriers), peut être augmentée.
- On peut réduire la vitesse limite autorisée sur les routes et en ville : 120 km/h (autoroutes), 100 (voies express), 80 (autres routes), 30 en ville (50 sur les axes de transit), comme en Suisse. L’impact climatique a été évalué par l’ADEME. Les énormes dépenses (40 Md€/an) liées à l’insécurité routière diminueraient.
- La prime vélo des salariés peut être rendue obligatoire pour les entreprises. Les cyclistes quotidiens étant plus nombreux et en meilleure santé, les dépenses de la Sécurité Sociale diminueraient.
- Le malus à l’achat des 4x4 urbains (SUV) peut être renforcé.

Les décisions attendues de l’Etat et des collectivités locales

  -Les collectivités locales peuvent multiplier les mesures favorables aux cyclistes. Elles peuvent accorder à tous leurs autobus des couloirs réservés et des priorités de circulation aux carrefours.
- Elles peuvent introduire le péage urbain (et l’Etat peut réintroduire les dispositions prévues dans une version initiale de la Loi d’Orientation des Mobilités).
- Les Régions et Départements peuvent limiter les dépenses routières, prioriser les travaux ferroviaires et développer des services d’autocar à large amplitude horaire et à fréquence élevée.
 
La FNAUT invite le gouvernement à suivre l’exemple de l’Allemagne qui va accentuer ses taxes sur les billets d’avion (elles passeront de 7,5 à 13 € pour les courts-courriers) et abaisser son taux de TVA sur les billets « grandes lignes » de 19 % à 7 %, taux déjà en vigueur pour les trajets jusqu’à 50 km.

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Et découvrez dans le prochain numéro de Sans transition !, un dossier consacré au scandale du Fret !

[ LIONEL ASTRUC ] "L’art de la fausse générosité"

Créé le : 15/10/2019
Photo : Julie Balague

Dans son enquête parue en mars 2019 intitulée L’art de la fausse générosité, la fondation Bill et Mélinda Gates, (éditions Actes Sud), le journaliste et écrivain Lionel Astruc dévoile comment le patron de Microsoft assied son empire sur une posture faussement philanthrope. Pour Sans transition !, il revient sur les coulisses de l’enquête.

Depuis quelques années, la moutarde me monte au nez à chaque fois qu’un journaliste décrit Bill Gates comme le champion du monde de la générosité. Du reste j’ai toujours trouvé naïve cette vénération suscitée par l’image de Bill Gates, qui serait une sorte de Monsieur Parfait, un demi-dieu. J’ai pris la décision d’écrire ce livre le jour où j’ai lu dans un grand journal quotidien - un supplément consacré au mécénat rédigé par des spécialistes - pour la nième fois, cette description dépourvue de distance critique. Les retours que j’avais du terrain me montraient une image aux antipodes.

 

En commençant mes recherches j’ai vite compris que je ne pourrais pas réaliser seul une enquête d’une telle ampleur. C’est donc un ouvrage presque collectif dont j’aurais voulu qu’il soit co-signé avec d’autres, mais tous n’avaient pas autant de temps à y consacrer. J’ai notamment travaillé avec Mark Curtis, un écrivain, historien et journaliste d’investigation britannique qui fut auparavant chercheur à l’Institut Royal des Affaires Internationales. Il a réalisé avec l’ONG britannique Global justice now un excellent rapport intitulé « Gated development : is the Gates Foundation always a force for good ? » malheureusement passé inaperçu. La Fondation travaille dans tant de secteurs, avec tant de filiales que la complexité fait écran à une compréhension des enjeux et notamment des conflits d’intérêts à petite et grande échelle.

Paradis fiscaux

Cette enquête montre tout d’abord qu’on ne peut pas être « généreux » avec l’argent des autres, c’est à dire avec des ressources dont on prive les états via les paradis fiscaux. Le montant de l’évitement fiscal est tel qu’il peut être équivalent à ce qui est "donné". On sait par exemple que Microsoft a déplacé à l’étranger près de 21 milliards de dollars de recettes (sur une période de trois ans), économisant ainsi 4,5 milliards d’impôts dus au Trésor américain. Cela représente une somme plus importante que les dépenses annuelles (soit 4,7 milliards en 2017) de la fondation Gates dans le monde. J’ajoute que globalement Microsoft conserve 92,9 milliards de dollars à l’étranger pour éviter de payer 29,6 milliards d’impôts aux États-Unis. Autrement dit ces dons, dès le départ, n’en sont pas, mais ce n’est que le début du problème.

Plus en aval dans le parcours que suit l’argent de Bill Gates, on constate que ce qui est destiné à être « donné » est en réalité placé dans un fonds d’investissement qui fait fructifier l’argent de la fondation. Seuls les dividendes sont ensuite « donnés ». D’autres organisations philanthropiques le font et, si les investissements sont éthiques et de nature à améliorer l’intérêt général, cela ne pose pas de problème. Mais ce n’est pas le cas ici : le trust de la fondation investit dans des secteurs et des entreprises tels que l'armement, les énergies fossiles, la grande distribution, les OGM ou encore les sodas : BAE systems, Total, BP, Walmart, McDonald’s, Monsanto, Coca-Cola, etc. Comment est-ce possible ? Venant d’un surdoué comme Bill Gates on a du mal à voir là une incohérence fortuite. Ce fonds a investi dans 35 des 200 sociétés qui émettent le plus de CO2 : géants du pétrole et du charbon notamment. Cette contradiction illustre à elle seule le problème global que pose la fondation Gates comme Albert Einstein le disait : « on ne résout pas un problème avec les modes de pensées qui l'ont engendré ».

Les flux financiers issus de ce Mécano opaque alimentent ce qui motive réellement Bill Gates : acquérir de plus en plus de pouvoir sur des domaines comme la santé ou l’agriculture afin d’imposer des solutions qui placent (maintiennent) les multinationales au cœur du système. OGM, géoingénierie, vaccins sans discernement : cela se vérifie dans tous les secteurs où il intervient. Plus que jamais soyons vigilants !

Plus d’infos : https://www.actes-sud.fr/catalogue/ecologie-developpement-durable/la-voie-des-paysans

[ SEMAINE INTERNATIONALE POUR LE CLIMAT ] Grèves, manifestations et sommet pour le climat de l’ONU : quels enjeux ? Quelles perspectives ?

Créé le : 20/09/2019

Aujourd’hui, vendredi 20 septembre 2019, s’ouvre la semaine internationale pour le climat. Au total plus de 5225 actions sont prévues dans 156 pays avec plus de 820 organisations qui y participent, dont 73 syndicats autour du monde.

A Paris, un défilé s’élancera à 13h de la Place de la Nation pour rejoindre le parc de Bercy. Une parade avec des marionnettes géantes sera organisée par Attac au sein du cortège pour dénoncer l’impunité des multinationales et leur responsabilité dans l’aggravation des dérèglements climatiques.

Attac propose une note d’analyse à propos des enjeux que soulèvent ces mobilisations internationales et le sommet pour le climat de l’ONU qui s’ouvre ce 23 septembre.

Grèves, manifestations et sommet pour le climat de l’ONU : quels enjeux ? Quelles perspectives ?

« Le changement climatique avance plus vite que les politiques climatiques ». Urgent besoin d’un ouragan citoyen pour changer la donne
« Nous sommes en train de perdre la course » vient d’affirmer le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres. Tous les observateurs en conviennent : les politiques climatiques ne sont pas à la hauteur et rien n’indique qu’elles le deviennent à court terme. Si l’ensemble des engagements pris par les États en marge de la COP 21 étaient respectés – et ils ne le sont pas - ils conduiraient à un réchauffement climatique supérieur à 3 degrés. Soit une catastrophe.
Raison pour laquelle les grèves et manifestations pour le climat de ces 20 et 21 septembre sont décisives : loin du cynisme affiché par certains, se mobiliser ensemble pour le climat est le meilleur moyen de faire refluer les sentiments d’impuissance et de sidération qui peuvent gagner chacun.e d’entre nous face à l’immensité de la tâche. Ce ne sont pas les objectifs de 1,5°C ou 2°C qu’il faut enterrer mais les décisions politiques et économiques qui nous en éloignent de manière irréversible.
Les 5225 évènements organisés dans 156 pays – dont plus de 150 en France – (voir la carte interactive) vont faire de ces journées la plus grande mobilisation pour le climat jamais organisée. Le message envoyé aux chefs d’État et de gouvernement de la planète entière – et plus largement à l’ensemble des décideurs politiques et économiques – sera limpide : pour paraphraser Winston Churchill, « il ne s’agit pas de faire de votre mieux mais de faire ce qui est requis ».
En France, autour du mot d’ordre collectif « climat, justice sociale : mobilisation générale », nous voulons offrir la possibilité à tous les citoyen-ne-s, tous les jeunes inquiets pour le présent et l’avenir de la planète, d’apporter leur pierre à l’édifice. Parce que les inégalités sociales, les discriminations, la précarité s’aggravent sous l’effet de la crise écologique, il s’agira également d’appuyer les rapprochements et convergences entre mouvements écologistes, féministes, syndicaux, des quartiers populaires, de gilets jaunes, de gilets noirs et bien d’autres, qui souhaitent agir avec le mouvement pour le climat.

Le 23 septembre à New-York, un énième sommet inutile pour le climat ?

Agacé par l’inertie des États, inquiet par l’aggravation de la crise climatique, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a voulu organiser un sommet de l’action pour le climat afin de « rompre avec la paralysie » : il a demandé aux États d’arriver à New-York avec « des plans concrets » et des objectifs plus élevés que ceux qu’ils avaient annoncés à Paris en 2015. Et non des « beaux discours ». A ce jour, seules les îles Fidji et Marshall ont pris de tels engagements.
Sans pouvoir de coercition permettant de sanctionner les États récalcitrants, Guterres en est réduit à appeler au renforcement de la mobilisation citoyenne pour faire pression sur les États. Découpé en 10 thématiques (Neutralité carbone, Charbon, petites îles, etc), ce "sommet de l’action" verra des Chefs d’État et de gouvernement, mais aussi des dirigeants d’entreprises (Bloomberg, Allianz, Engie, etc) se succéder à la tribune. Si quelques pays emblématiques de l’inaction climatique sont invités à ne pas s’exprimer (Japon, États-Unis, Australie, Brésil etc), grand est néanmoins le risque que ce sommet se transforme en une nouvelle longue litanie de discours et en un catalogue de bonnes intentions où les engagements précis, chiffrés et vérifiables feront exception.

Emmanuel Macron, « champion de la Terre » ou « champion du blabla et de la procrastination » ?

Il y a tout juste un an, Emmanuel Macron recevait du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) le titre de « champion de la Terre ». Le bilan français est pourtant mauvais : les émissions de GES en 2018 ont dépassé de 4,5% le budget carbone qui a été fixé, et ce pour la deuxième année consécutive. Là où la baisse des émissions domestiques n’est en moyenne que de 1% par an depuis quatre ans, il faudrait qu’elle soit a minima trois fois plus forte selon le Haut Conseil pour le climat.
« Je m’engage au nom de la France à réviser au plus tard en 2020 nos objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre » avait affirmé François Hollande en conclusion de la COP 21. Cet engagement est depuis resté lettre morte. Pire, la loi Energie-climat écarte jusqu’ici toute possibilité de donner plus d’ambition à l’objectif de 40% de réduction d’émissions de GES d’ici à 2030 par rapport à 1990. Comme si Emmanuel Macron, préférant repousser à plus tard ce qui devrait être fait aujourd’hui, instituait la procrastination comme boussole de la politique climatique de son gouvernement.

Les financements climat : loin des 100 milliards promis

En 2009, à Copenhague, les pays riches s’étaient engager à dégager 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 pour financer les politiques climatiques (atténuation et adaptation) des pays dits « en développement ». Dix ans plus tard et à la veille de 2020, on en est encore loin. Ces financements devaient être nouveaux, additionnels, prévisibles et majoritairement publics. Résultat : les États se défaussent derrière des financements privés, recyclent des lignes de financement "développement" en financement climat et n’ont, pour la plupart, pas de feuille de route prévisible. Par ailleurs, les estimations de l’OCDE, discutables du point de vue de la méthodologie suivie, indiquent un montant total de 72 milliards pour 2017.
L’OCDE elle-même préconise « de redoubler d’efforts de toute urgence pour assurer le financement public de la lutte contre le changement climatique ». La part de ces fonds (19%) qui va à des politiques d’adaptation – généralement jugées non rentables – est toujours très insuffisante, tandis que les prêts représentent une part trop conséquente du total comparée aux dons. Ainsi, la France, qui doit annoncer augmenter sa contribution, est invitée à l’orienter vers des dons plutôt que des prêts. Il est temps d’arrêter de se cacher : si nous voulons que les pays les moins riches aient les moyens de faire face aux dérèglements climatiques tout en développant des activités qui ne soient pas nocives, sans doute faudrait-il enfin débloquer les moyens qui leur sont nécessaires.

Les États et le secteur privé vont-ils continuer à financer les énergies fossiles plutôt que la transition ?

Depuis 2015 et la COP 21, l’ordre de grandeur est resté le même : à l’échelle internationale, quand un dollar est investi dans les énergies renouvelables, deux à trois dollars sont investis dans les énergies fossiles (exploration, exploitation, distribution). Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie, les investissements dans les énergies renouvelables étaient en effet en baisse de 7 % en 2017, tombant à 318 milliards de dollars, tandis que les investissements dans les énergies fossiles étaient orientés à la hausse, pour la première fois depuis de nombreuses années, à 790 milliards de dollars. Le ratio espoir-déluge est donc très mal-orienté. Selon l’Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA), rester en deçà de 2°C de réchauffement climatique implique que 700 milliards de dollars annuels soient débloqués pour que la part des énergies renouvelables dans l’offre mondiale d’énergie primaire atteigne 65 % en 2050 (contre 15% aujourd’hui).
Ces deux données illustrent l’urgence avec laquelle les investissements dans les énergies fossiles doivent tendre rapidement vers zéro : il ne s’agit pas simplement de financer les énergies renouvelables, mais d’arrêter de financer les activités qui contribuent massivement et directement au réchauffement climatique. Malgré les succès, dont certains retentissants, du mouvement pour le désinvestissement des énergies fossiles, les multinationales de l’énergie et les acteurs financiers qui les financent n’en prennent pas le chemin. Pas plus que les États : les pays du G20 ont accordé 147 milliards de dollars de soutien au secteur des énergies fossiles en 2016 contre 75 milliards de dollars en 2007. Soit 96% d’augmentation alors que les pays du G20 avaient pris l’engagement en 2009 de supprimer ces subventions. En France, on compte toujours 11 milliards de soutien annuel aux énergies fossiles.
Attac est signataire de la déclaration endossée par des centaines d’organisations et personnalités exigeant une interdiction mondiale de l’exploitation des hydrocarbures de schiste.

La finance verte est-elle écologique ? Peut-elle sauver le climat ?

Depuis l’organisation du premier “One planet Summit” en décembre 2017, Emmanuel Macron se présente comme le promoteur du financement de la lutte contre les dérèglements climatiques et du verdissement du capitalisme : il veut faire de la place financière de Paris la capitale de la finance verte. Les financements nécessaires pour mettre en œuvre la transition énergétique mondiale, rendre l’économie mondiale soutenable et faire face aux conséquences des dérèglements climatiques sont colossaux. Ils sont généralement estimés dans une fourchette allant de 2 à 5% du PIB mondial, soit plusieurs milliers de milliards de dollars annuels. Les promoteurs de la “finance verte” prétendent que les nouveaux outils financiers verts, comme les obligations vertes, vont permettre de « shifting the trillions » – littéralement déplacer les milliers de milliards de dollars – et de relever le défi du financement de la transition écologique.
La réalité est moins nette. Si le marché des obligations vertes continue de s’étendre - à grands renforts de communication - il grossit beaucoup moins vite qu’annoncé. Il ne représente toujours qu’à peine 1% du marché obligataire mondial, soit une goutte d’eau au milieu d’un océan de finance non verte. Les obligations vertes, souvent présentées comme l’exemple à suivre, ne sont en mesure ni de verdir la finance ni de fournir suffisamment de financements à la transition écologique et à la lutte contre les dérèglements climatiques. A ce rythme-là, il faudrait plus de 100 ans pour verdir la finance. Par ailleurs, ces nouveaux outils ont permis de financer des projets (grands barrages, aéroports, rénovation de raffineries, opération de greenwashing) qui ne sont absolument pas compatibles avec la lutte contre les dérèglements climatiques. Sans une régulation drastique et précise des pouvoirs publics, le verdissement de la finance restera une chimère et la finance un secteur structurellement non climato-compatible.

Rapport d'Attac : La « finance verte » est-elle vraiment verte ?

Feux de forêt et déforestations : quelles réponses de la communauté internationale ?

Face à l’émotion internationale suscitée par les feux de forêts en Amazonie et à l’indifférence de Jair Bolsonaro, Emmanuel Macron a annoncé, à la veille du G7 de Biarritz, que la France ne soutenait plus l’accord de commerce controversé entre l’Union Européenne et le Mercosur. Cette annonce représente le strict minimum attendu mais elle ne permet de pas s’attaquer aux vecteurs de déforestation qui sont de la responsabilité de la France et de l’UE. L’initiative conjointe de la France et du Chili pour l’Amazonie, que la France souhaite voir étendue à l’ensemble des forêts humides de la planète lors du sommet pour le climat de New York, est loin d’être satisfaisante : elle non plus ne s’attaque pas aux vecteurs de déforestation qui sont de notre responsabilité, et aux violations des droits humains qui en découlent. N’est-il pas temps et urgent d’engager une “re-régulation” du commerce international, dans l’optique d’interdire à terme toute importation en France de produits agricoles et forestiers (soja, éthanol, huile de palme, etc) dont la production est directement liée à la déforestation en Amazonie ou ailleurs ?

Rapport d'Attac : Amazonie, quelle politique commerciale et quelles régulations des multinationales pour s’attaquer aux racines du problème ?

Depuis vingt ans, l’emprise des multinationales sur les sommets du climat s’étend

En 1999, Koffi Annan, alors secrétaire général des Nations-Unies, créait le Global Compact (Pacte Mondial) qui regroupe, essentiellement, des entreprises multinationales. Il a contribué à faire d’elles des acteurs majeurs du processus onusien et des relations internationales au détriment de la capacité des États et de l’ONU à réguler leurs activités. Vingt ans plus tard, ce sommet du climat illustre à nouveau l’omniprésence des acteurs privés et de la défense de leurs intérêts dans les sommets dédiés à la lutte contre le réchauffement climatique : plusieurs multinationales, dont certaines sont mises à l’index pour leurs activités, vont être mises à l’honneur.
Alors qu’elles sont à la fois celles qui manœuvrent en coulisses pour éviter toutes réglementations contraignantes – notamment en matière climatique – et celles qui profitent largement d’une globalisation néolibérale totalement insoutenable, les entreprises multinationales sont à nouveau invitées à se positionner comme celles qui peuvent résoudre la crise climatique alors que leurs activités – notamment celles des entreprises du secteur des énergies fossiles – ne cessent de l’aggraver : a-t-on besoin qu’Engie & co se servent à nouveau d’un sommet du climat pour faire du greenwashing ou bien que les États-membres de l’ONU prennent des dispositions contraignantes pour limiter et réguler les activités des entreprises du secteur des énergies fossiles (ce qui n’a jamais été fait en près de 30 ans de négociations sur le climat) ?
 
Attac est signataire de la déclaration "La gouvernance globale sous l’emprise des entreprises ! L’accord de partenariat entre le Forum économique mondial (FEM) et l’ONU est une menace dangereuse pour le système onusien" publiée le 22 septembre 2019.
 

[ CLIMAT ] Aux pouvoirs publics d’agir pour une mobilité durable et un air pur !

Créé le : 18/09/2019

A l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air, le Réseau Action Climat, UNICEF France, WWF France, Greenpeace France, et la FNAUT appellent les pouvoirs publics, nationaux et locaux, à agir avec ambition pour mieux protéger les enfants et les adultes de la pollution atmosphérique.

A l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air, la Directrice générale du Réseau Action Climat, le Directeur général d’UNICEF France, la Directrice générale de WWF France, le directeur général de Greenpeace France, et le président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports, le directeur (FNAUT) appellent les pouvoirs publics, nationaux et locaux, à agir avec ambition pour mieux protéger les enfants et les adultes de la pollution atmosphérique*.

Alors que les épisodes de pic de pollution dans les grandes villes sont de plus en plus fréquents, 8 Français sur 10 se déclarent sensibles ou très sensibles à l’environnement et la pollution de l’air est une de leurs premières préoccupations. La qualité de l’air est devenue un sujet médiatique et politique. Que ce soit pendant l’examen de la loi d’orientation des mobilités ou en réponses aux actualités, des engagements ont été pris par les pouvoirs publics mais ne sont pas suffisants.

Aujourd’hui le constat n’est plus remis en cause. Les études scientifiques s’accumulent pour affirmer que la pollution de l’air a des effets très graves sur la santé, en particulier chez les enfants : asthme, allergies, dermatites, déficiences immunitaires, diabète, obésité, dépression… Les travaux publiés récemment par l’ANSES le confirment une fois de plus. Les décisions de justice tombent, elles aussi : la responsabilité de l’Etat a été retenue pour carence fautive deux fois en l’espace de 2 semaines. Et une décision de la Cour de justice de l’Union européenne, assortie le cas échéant d’amendes, est attendue prochainement. Face à un tel enjeu sanitaire, il faut agir, et au plus vite.

Alors que nous connaissons la source de cette pollution dans nos villes, force est de constater la lenteur avec laquelle les pouvoirs publics agissent. A l’échelle nationale, le  secteur des transports émet 57% des émissions d’oxyde d’azote et 15% des émissions des particules fines (PM2,5)[1]. C’est notamment la conséquence de la « diésélisation » du parc automobile et des dépassements des normes anti-pollution. Nous apprenons aujourd’hui que 9,8 millions de véhicules hérités du dieselgate circulent encore sur les routes françaises alors qu’ils émettent au moins 2 fois plus que la norme Euro[2].

A Paris, 27% des établissements recevant des publics sensibles (écoles, crèches, hôpitaux) sont exposés régulièrement à des dépassements de seuils des normes européennes. A Marseille, une école sur deux serait concernée par des dépassements de normes (source Greenpeace). Résultat, en France, trois enfants sur quatre respirent un air toxique pour leur santé selon l’Organisation mondiale de la santé.

Une chose est certaine : nous ne pourrons pas améliorer la qualité de l’air durablement sans sortir de notre dépendance à la voiture et en particulier aux véhicules essence ou diesel. Nous ne pourrons pas offrir à nos enfants la possibilité de respirer un air plus pur, sans penser, promouvoir et mettre en œuvre les conditions pour un changement de mobilité pour tous. Alors que le défi climatique s’accélère chaque jour, nous devons saisir l’opportunité de repenser nos modes de vie urbains pour des villes plus durables et plus respirables.

Notre objectif n’est pas de blâmer, de punir ou de contraindre les citoyens, c’est pourquoi nous demandons aux pouvoirs publics de soutenir et d’amplifier ces changements nécessaires.

Tout d’abord, il est crucial d’avoir de nouvelles données pour mieux connaître l’exposition de la population française, en particulier des jeunes populations, aux polluants et leur impact sur la santé.

Au niveau national, des fonds doivent être débloqués pour encourager et soutenir les changements individuels : prime à l’achat de véhicules véritablement moins polluants et plus légers que les SUV, en priorité pour les ménages défavorisés, et d’autres moyens de déplacement comme le vélo. La hausse des fonds publics alloués au développement des transports en commun et du vélo permettra enfin des changements collectifs à grande échelle.

Au niveau local, les collectivités qui en ont les moyens devraient renforcer ces dispositifs individuels et réduire la place de la voiture. Les zones à faibles émissions, en particulier autour des écoles ou crèches, peuvent être un outil efficace d’amélioration de la qualité de l’air à condition d’être assez ambitieuses et assorties d’alternatives pour permettre à moyen terme la fin du diesel et de l’essence en ville.

Les mesures commencent à porter leurs fruits à Grenoble, Paris, Madrid, Barcelone et ailleurs : leur mise en œuvre doit être accélérée ; c’est pourquoi nous appelons les candidats aux élections municipales à faire de la mobilité durable et de la qualité de l’air une priorité.

  • Sébastien Lyon, Directeur général d’UNICEF France
  • Morgane Créach, Directrice du Réseau Action Climat France qui rassemble 22 associations nationales
  • Bruno Gazeau, Président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT)
  • Véronique Andrieux, Directrice générale du WWF France
  • Jean François Julliard, directeur général de Greenpeace France

*Tribune publiée sur France Info

[1] Ministère de la transition écologique et solidaire, rapport Compte des transports de la nation en 2018

[2] Transport & Environment, Dirty diesels grow to 51 million across EU, as carmakers still put profit before clean air

 

> Plus d'infos

> Retouvez le dossier Sans transition ! consacré à la pollution de l'air et à son impact sur les enfants

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