PAROLES CITOYENNES

[Black Friday ] : « Vendredi noir pour Amazon »

Créé le : 14/12/2019
Crédit ATTAC

Crédit photo : Attac

Vendredi 29 et samedi 30 novembre 2019, des dizaines d'actions ont été organisées partout en France pour s’opposer à Amazon et transformer le « Black Friday » en « Vendredi Noir Pour Amazon ».

En Ile-de-France plus d’une centaine d’activistes d’Attac, de Greenpeace, de l’Union syndicale Solidaires, du DAL, de La Quadrature du Net et des Amis de la Terre se sont rassemblés devant le siège d’Amazon France, à Clichy (92). Un important dispositif de sécurité privé, ainsi que de nombreuses forces de l’ordre étaient déployées à l’intérieur et l’extérieur du siège pour protéger la multinationale.

De nombreuses personnalités politiques étaient présentes pour soutenir cette action parmi lesquelles : Manon Aubry (eurodéputée France insoumise), Clémentine Autain (Ensemble - députée France insoumise), Elsa Faucillon (députée PCF), Marie Toussaint (eurodéputée EELV).

À Lyon ce sont plus de 200 activistes d’Attac, d’Extinction Rebellion, de Youth For Climate et d’ANV-COP 21 qui ont bloqué pendant plusieurs heures le site d’Amazon de Saint-Priest. Les militant(e)s ont été délogés par des forces de police qui n’ont pas hésité à les traîner au sol, leur donner des coups de matraque, des coups de pieds et des claques, ainsi qu’à faire un usage intensif de gaz lacrymogènes à proximité du visage.

Le lendemain c'est à Montélimar que plus de 200 activistes, syndicalistes, écologistes et gilets jaunes sont parvenus à bloquer pendant 6h le fonctionnement du gigantesque entrepôt.

« vendredi noir pour Amazon »

Partout en France, plus de 50 actions ont eu lieu ces 29 et 30 novembre. Elles interviennent à la suite de l’appel lancé[1] pour transformer le Black Friday, célébration de la consommation extrême, en un « vendredi noir pour Amazon ».

Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France, rappelle qu'« Amazon se développe et s’implante en profitant du soutien d’élus et du gouvernement alors que cette multinationale détruit plus d’emplois qu’elle n’en crée. Pire, rien n’est fait pour empêcher la firme de Jeff Bezos de dissimuler 57% de son chiffre d’affaires dans des paradis fiscaux. Ensemble nous devons stopper Amazon et son monde, et promouvoir les alternatives locales  ».

Les 29 et 30 novembre des centaines de policiers ont été déployés partout en France pour protéger les intérêts d’Amazon et déloger sans ménagement des militant·e·s non-violent·e·s. Est-ce le rôle de la police de défendre une multinationale qui échappe à l’impôt, détruit des emplois et saccage la planète ?

«Amazon fonctionne comme un « passager clandestin » que les pouvoirs publics subventionnent pour détruire la planète et des emplois : elle profite très largement des infrastructures que nous finançons sans contribuer, à sa juste proportion, au financement de l’intérêt général, tout en promouvant un monde de surconsommation insoutenable qui, s’il enrichit ses actionnaires, aggrave fortement la crise climatique et écologique, en toute impunité »

Nos actions vont se poursuivre pour sensibiliser toujours plus de monde et interpeller les pouvoirs publics afin qu’ils prennent réellement la mesure des désastres sociaux, écologiques et fiscaux générés par Amazon et la folie de la surconsommation.

Pour la première fois en France nous avons réussi à faire entendre un autre son de cloche pour le Black Friday. Mais ce n’est qu’une première étape et nous appelons toutes celles et ceux qui le souhaitent à nous rejoindre pour poursuivre et amplifier les actions en faveur du développement d’une économie locale créatrice d’emploi, génératrice de lien social tout en étant compatible avec les impératifs climatiques.



[1]Voir l'appel co-signé par Alain Damasio, Ken Loach, et plus de 21 000 personnes sur https://stop-amazon.fr

 

[ BLACK FRIDAY ] " Petits prix, gros impacts "

Créé le : 29/11/2019

La course à la consommation bat son plein pendant les « black days ». L’environnement, lui, en paie le prix fort ! Épuisement des matières premières, recrudescence de plateformes logistiques, construction de centres commerciaux, transports routiers démultipliés, accroissement des déchets… Les conséquences sont effectivement bien « noires » pour l’environnement et notre région n’est évidemment pas épargnée. Dans un communiqué, FNE Paca dénonce ces pratiques d’appel à la consommation massive et encourage les citoyens à devenir consomm'acteurs.

Consommer plus au lieu de réparer

Véritable invitation au renouvellement de produits que très souvent nous possédons déjà, les journées promotionnelles Black Friday poussent les consommateurs à oublier qu’ils peuvent également faire le choix de la réparation. Moins couteuses et plus vertueuses pour l’environnement, ces pratiques se démocratisent pourtant largement. La puissance de déploiement des campagnes publicitaires laisse malheureusement peu d’espace à ce type d’initiative.

Plateformes logistiques : artificialisation des sols, pollution et perte de biodiversité

Ikea, Logiprest, Castorama, La Thominière, Boussard Sud et Nord… La liste des entrepôts logistiques est longue dans notre Région, particulièrement en Plaine de Crau. Au-delà de l’occupation des sols et de son impact direct sur la biodiversité, ces entrepôts génèrent un trafic routier massif aux conséquences lourdes sur la qualité de l’air. Notre mouvement associatif a d’ailleurs saisi la justice à de multiples reprises sur cet enjeu.

Toujours moins de ressources, toujours plus de déchets

Ce n’est pas une surprise, les ressources s’épuisent à mesure que les déchets s’accumulent. C’est autour du 5 Mai en France que chaque année nous avons consommé l’intégralité des ressources que notre pays peut fournir. Autrement dit, nous vivons donc les autres 7 mois de l’année à crédit sur les générations futures. A cela se rajoute en bout de cycle, des centres d’enfouissement totalement saturés, du retard dans la pratique du recyclage, des progrès à faire dans l’ensemble des techniques de réduction des déchets (réemploi, réparation, achat vrac, etc.)

FNE Provence-Alpes-Côte d’Azur dénonce ces pratiques d’appel à la consommation massive et encourage les citoyens à devenir consomm'acteurs.

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[ INONDATIONS DANS LE SUD-EST ] FNE interpelle le gouvernement

Créé le : 25/11/2019
Image : Pixabay

Après les inondations mortelles survenues ce week-end dans les Alpes-Maritimes et le Var, et face à la répétition de ces phénomènes extrêmes qui vont s’intensifier dans un contexte de changement climatique, FNE Provence-Alpes-Côte d’Azur et son réseau dénoncent l’étalement urbain. Cet étalement urbain effréné conduit à l’imperméabilisation des terres ce qui entraîne de tels évènements. FNE s'insurge qu'aucune leçon ne soit tirée de ces drames qui se répètent pourtant chaque année.

La combinaison catastrophique de l’imperméabilisation des sols et du changement climatique

Le changement climatique sur nos territoires se traduit notamment par des épisodes de crues à la fois plus intenses et plus fréquents.Si les sols et les rivières ont la capacité d’absorber une partie des crues, l’imperméabilisation liée à la bétonisation massive empêche ce phénomène naturel. A cela s’ajoute l’enjeu du ruissellement qui, par gravité, va venir intensifier ces crues. En effet, si les terres en amont ou en bordure des fleuves et rivières, sont bétonnées/artificialisée, l’eau qui aurait dû être absorbée initialement va venir gonfler la crue.

L’irresponsabilité des élus dans la gestion des risques naturels et leur impunité

Nous pointons très clairement la responsabilité des élus qui encouragent cette bétonisation débridée. Les permis accordés et les ouvertures à l’urbanisation en zones d’expansions de crue, et plus globalement sur les terres naturelles et agricoles, contribuent fortement à la mise en danger de la vie des citoyens et à la dégradation de l’environnement.

FNE dénonce des projets d’urbanisation néfastes en cours

Dans ces deux départements à fort risques, notre mouvement a saisi la justice pour faire annuler des projets accentuant les risques.

Dans le Var :

  • Cogolin : projet de Yotel 5 hectares avec 1200 logements en bord de mer en zone inondable ;
  • Rayol Canadel : Zac Baron Empains, construction sur un espace remarquable que le PLU du Rayol propose d’urbaniser ;
  • Cavalaire : PLU qui prévoit le doublement de la possibilité d'urbaniser en zone collinaire ;

Dans les Alpes-Maritimes :

  • OIN Plaine du Var qui prévoit « une occupation humaine permanente, voire des habitations, dans des secteurs d’aléa fort et même très fort sur Nice Arena, Saint-Laurent du Var, les Vespins, Colomars et La Manda » *
  • Projet Open Sky, en partie localisé dans le bassin versant de la Brague, rivière tristement célèbre suite aux inondations de 2015 qui avaient causé la mort de quatre personnes ;
  • Extension du terminal 2 de l’Aéroport Nice Côte d’Azur en partie en zone inondable

FNE demande à l’Etat : un inventaire des zones à risques où les règles d’urbanisme n’ont pas été respectées

FNE demande aux élus : d’arrêter immédiatement toute construction dans les zones à risques. 

Dans le cadre des municipales, FNE est aux côtés des citoyens pour demander aux futurs élus de stopper l’étalement urbain.

*Avis délibéré de l’Autorité Environnementale sur le PLUM Nice Côte d’Azur du 03 Avril 2019.

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[ SOCIÉTÉ ] Résorption du chômage et transition écologique : la solution passe d’abord par les petits !

Créé le : 22/11/2019
Xavier Combe (crédit : DR).

Par Xavier Combe, interprète de conférence et traducteur, enseignant à l’Université de Paris X-Nanterre et membre fondateur de l’AFICI (Association Française des Interprètes de Conférence Indépendants).

« La France est le seul pays d’Europe qui n’a pas réussi à endiguer le chômage de masse »,faisait fort justement remarquer le candidat Macron en 2017. En raison des dizaines de milliards d’euros qu’il pèse dans le budget année après année, du manque à gagner immense qu’il représente dans le PIB, des catastrophes sociales qu’il provoque dans certains territoires et, surtout, des malheurs individuels et familiaux dont il est responsable, le chômage est le principal fléau de notre économie et de notre société. Pour trouver les raisons de cette exception française et pour commencer d’y remédier, peut-être serait-il judicieux d’identifier en quoi notre l’économie se distingue des autres.

L’une de ses grandes caractéristiques, trop rarement évoquée, est qu’elle ne comporte pas un tissu de PME suffisamment fort. Pire, les indépendants et les TPE dans tous les secteurs d’activité ne font pas l’objet de l’attention qu’ils méritent. Comparaison n’est pas raison, mais en Allemagne, par exemple, le Mittelstand joue un rôle d'équilibre, d’émulation et de dynamisme économique.

Chômage versus transition écologique

Indiscutablement, la résorption du chômage ne viendra pas de la croissance : celle-ci fait la sourde oreille aux incantations et reste faible, voire inexistante. Elle ne viendra pas des grandes entreprises : s’il en était besoin, le CICE et le Pacte de responsabilité en ont apporté la preuve aussi coûteuse que cinglante. Elle ne viendra pas non plus de la fonction publique, désormais considérée comme la macro-variable d’ajustement par excellence, alors même que la réduction du nombre de fonctionnaires et la suppression des emplois aidés ont démontré leur caractère délétère dans de nombreux pans de la société. Tous les samedis, cela est dénoncé par les gilets jaunes.

Reste la transition écologique. Celle-ci constitue non seulement l’unique vraie source potentielle de relance économique, mais surtout une véritable nécessité - voire une question de survie - face à l’urgence climatique. L’enjeu est de taille. Il est civilisationnel et doit impérieusement marquer un virage historique. Transformer l’économie en créant des milliers d’emplois, voilà le défi. Dans le cadre de la transition écologique mais aussi dans l’économie d’une façon générale, d’où peuvent venir les solutions contre le chômage ?

La phrase de François Mitterrand en 1993 « Dans la lutte contre le chômage, on a tout essayé » est fausse, surtout face à l’urgence climatique qui nécessite un changement de paradigme, le problème du dérèglement climatique ne pouvant pas être résolu par le système économique qui l’a créé : c’est notre façon de faire fonctionner l’économie qu’il faut revoir. Dans Tout peut changer (Actes Sud, 2015), l’essayiste Naomi Klein en fait la démonstration éclatante.

Il faudra des années, voire des décennies, pour que les grandes entreprises passent d’un modèle qui repose sur les carburants fossiles, les délocalisations synonymes de transports polluants à l’échelle mondiale ou l’agriculture intensive, à une approche qui place la protection de l’environnement au cœur de leurs décisions.

En attendant, dans un premier temps,  la résorption du chômage doit donc venir de ceux auxquels on ne pense pas : les petits. Ils sont les plus nombreux et pas les moins dynamiques. Personne n’a essayé d’alléger drastiquement les contributions sociales pour toute création d’emploi en CDI payé de 1 à 2 SMIC dans :

-       les entreprises indépendantes de 0 à 10 salariés quel que soit leur secteur,

-       les associations actives dans le domaine de la transition écologique.

De plus, les associations de la transition écologique devraient toutes bénéficier de mesures telles qu’un statut d’intérêt général et la possibilité de récupérer la TVA.

À un coût bien inférieur à celui du CICE et du pacte de responsabilité, ces mesures s’adresseraient aux associations de la transition écologique en les aidant à créer des emplois et à réduire le recours aux bénévoles, mais aussi aux petits commerçants, aux professions libérales juridiques, médicales et para-médicales et une multitude d’autres petites structures et travailleurs indépendants. Elles s’adresseraient aux commerçants, aux vétérinaires, comptables, formateurs, maîtres d’œuvre, paysagistes, sténotypistes, infographistes, experts, agents d’assurance, interprètes, traducteurs, informaticiens, ingénieurs conseil, consultants, acteurs de l’économie sociale et solidaire, exploitants agricoles et aux artisans. Elles viseraient les petites entreprises du bâtiment, de l’hébergement, de la restauration et des services aux particuliers ainsi que les jeunes pousses innovantes.

Le recrutement de salariés de 1 à 2 SMIC ciblerait les personnes peu qualifiées de tous âges, mais aussi les jeunes de formation intermédiaire et supérieure.

Outre un grand pas en avant dans le domaine de la protection de l’environnement, ces mesures déclencheraient la création de dizaines, voire de centaines de milliers d’emplois indélocalisables, et présenteraient des avantages corollaires qui ne seraient pas minces non plus : redynamisation du commerce de proximité et des centres-villes, renforcement du lien social local et des rapports inter-générationnels, facilitation de la transmission des entreprises, encouragement et maintien en France des jeunes pousses, lutte contre la dépendance des auto-entrepreneurs, réduction des trajets des salariés, etc. De plus, bien évidemment, la croissance de toutes ces activités diminuerait le coût du chômage et générerait des rentrées fiscales supplémentaires - notamment par la TVA reversée par les entreprises - elles aussi indélocalisables.

Si le Medef se targue de 123.387 entreprises adhérentes et la CPME en dénombre 144.939, c’est l'Union des entreprises de proximité (U2P) qui compte le plus grand nombre d’employeurs potentiels avec 150.605 adhérents. La France compte 2,8 millions de TPE-PME dans les secteurs de l’artisanat, du commerce de proximité et des professions libérales, soit les 2/3 des entreprises françaises. Excusez du peu. Malheureusement, force est de déplorer que l’U2P n’est guère influente et que la communication n’est pas son fort, au contraire du MEDEF, par exemple, qui a toujours su communiquer son idéologie avec habileté, au point d’avoir réussi  à faire entrer dans le vocabulaire commun la notion de « charges » sociales alors qu’il s’agit de cotisations qui contribuent aux systèmes de protection sociale et de retraite que de nombreux pays nous envient et qu’il faut préserver.

Si l’on ajoute aux 2/3 des entreprises françaises les associations de la transition écologique, on comprend que les efforts doivent être redirigés vers ces acteurs qui sont petits, certes, mais de premier plan.

Tant que la transition écologique n’est pas véritablement lancée au point de transformer l’économie et tant que les petits acteurs de l’économie et les associations de la transition écologique restent relégués, au mieux, à la stagnation, la France continuera à se distinguer par son illogisme et restera « le seul pays d’Europe qui n’a pas réussi à endiguer le chômage de masse ».

[ HUILE DE PALME ] Des associations demandent une seconde délibération en urgence

Créé le : 16/11/2019

Alors que l’examen en première lecture du Projet de loi de finances 2020 est sur le point de se terminer à l’Assemblée nationale, un amendement adopté hier soir par les députés repousse de 6 ans l’exclusion de d’huile de palme de la liste des “biocarburants” éligibles au dispositif de soutien public. Les associations du Réseau Action Climat demandent au Gouvernement une seconde délibération en urgence, lors de la 1ère lecture du PLF, afin de préserver le débat démocratique et de respecter les engagements de la France de mettre fin à la déforestation importée.

L’huile de palme avait été exclue l’année dernière de la liste des “biocarburants” éligibles à un dispositif de soutien fiscal, actant la fin d’un avantage estimé entre 70 et 80 millions d’euros pour Total par l’entreprise elle-même. Celle-ci a mené un lobbying intense pour changer la loi, allant jusqu’à saisir le Conseil constitutionnel, qui l’a finalement déboutée le 11 octobre dernier. Dans un entretien au Journal du Dimanche du 27 octobre, son PDG, Patrick Pouyanné, estimait concernant l’huile de palme “qu’il faudrait que le Parlement français décide d’en sortir un peu plus tard, en 2026 plutôt qu’en 2020”. Il s’agit d’un exemple de plus des méthodes de lobbying intense dénoncées par la société civile depuis trop longtemps.

Hier, le Parlement a cédé au chantage de Total, avec le soutien du Gouvernement qui a émis un avis favorable, en contradiction totale avec  les déclarations d’Élisabeth Borne qui se félicitait en août dernier de la fin de l’avantage fiscal accordé à l’huile de palme. L’amendement, déposé par des députés issus de la Majorité, du Modem et des Républicains, a été voté en quelques secondes sans aucun débat parlementaire, et contre l'avis même du rapporteur. En plein état d'urgence climatique, il s’agit d’un déni de démocratie inouï : ce dossier avait en effet occupé très largement les débats de l'hémicycle l'an dernier, aboutissant à une grande avancée pour l'environnement. Les agrocarburants à base d'huile de palme génèrent en effet une déforestation directe et indirecte massive, qui les rend coupables d'un bilan carbone pire que leurs équivalents fossiles. Quant à l'huile de palme utilisée à la raffinerie de Total de la Mède, elle carbure à la déforestation illégale perpétrée en Indonésie, comme l’a montré un récent rapport sur sa chaîne d’approvisionnement.

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[ LIBERTÉ DE LA PRESSE ] Appel à rassemblement

Créé le : 12/11/2019

Sans transition ! magazine, ainsi que les autres signataires appellent à un rassemblement devant le Tribunal de Grande Instance de Toulouse vendredi 15 novembre à 8h pour soutenir le journaliste Guillaume Bernard. Travaillant pour plusieurs médias – Rapports de force, EcomNews, Sans Transition Magazine – il a été arrêté le 12 octobre lors de la manifestation toulousaine des Gilets jaunes. Alors qu’il effectuait son travail, il y a été interpellé pour « jets de projectile » et « rébellion », et placé en garde à vue aux côtés de 25 manifestants. Guillaume Bernard est ressorti de garde à vue 27 heures plus tard et il est convoqué en justice ce 15 novembre pour répondre finalement du seul fait de « rébellion », purement imaginaire.

Au commissariat, les policiers ont expliqué à Guillaume Bernard avoir recherché un homme… dont le signalement ne lui correspondait absolument pas. Guillaume Bernard, qui a couvert de nombreuses manifestations à Toulouse, a pourtant été gardé à vue alors qu’il avait communiqué sa fonction de journaliste. Alors qu’il sortait de garde-à-vue le commissaire lui a d’ailleurs fortement déconseillé de revenir en manifestation, « journaliste ou non ». En d’autres termes, lorsqu’un journaliste fait son travail – se rendre sur le terrain, interroger, constater, prendre des notes, filmer – il s’agit de l’intimider, avec garde à vue et tribunal de grande instance à la clé.

Guillaume Bernard rejoint la trop longue liste des journalistes entravés dans l’exercice de leur métier, interpellés, injuriés, blessés, placés en garde à vue ou poursuivis. Nous demandons sa relaxe pure et simple. Une condamnation ne saurait-être, en l’espèce, que l’octroi d’un permis d’empêcher les journalistes de faire leur métier.

Autres signataires : Fondation Copernic 31, Club de la Presse Occitanie, SNJ, Ecomnews, Rapports de Force, Sans-Transition Magazine, Université Populaire de Toulouse, Jeunesses Syndicalistes Toulouse.

[ EUROPE ] Les fonds européens ne doivent pas encourager la pêche intensive

Créé le : 04/11/2019

Le 12 novembre prochain, le Parlement Européen doit prendre une décision cruciale pour l’avenir de la pêche européenne. Selon la Plateforme Petite Pêche Artisanale Française, si le parlement décide de rejeter un nouvel examen du projet de règlement FEAMP en plénière du parlement, il ouvrirait la voie à un retour des subventions qui ont entraîné la destruction des petits bâteaux utilisés pour la pêche artisanale.

 

Députés, ministres, lobbies de la pêche intensive, tous ont réclamé le retour des subventions qui ont fait tant de mal au secteur de la pêche artisanale par le passé. L'association rappelle que dans les années 1980, l'Europe a encouragé la construction de gros bâteaux puissants et la destruction des plus petits. La flotte française était alors passée de plus de 11 000 navires à 5 000 en 2017. La Plateforme Petite Pêche Artisanale Française craint que la Politique Européenne des subventions à la pêche adopée prochainement par le parlement engendre une action irréversible pour le secteur. 

> Lire l'intégralité du communiqué.

[ PESTICIDES ] Interdisons l’épandage de pesticides à côté des habitations !

Créé le : 31/10/2019

Par France Nature Environnement

Bientôt plus de 20 ans que le débat a lieu, 10 ans qu’une directive européenne oblige à prendre des dispositions nationales… et, enfin, on commence à voir poindre des mesures de protection pour tous les riverains des parcelles agricoles traitées. Pourtant, le gouvernement ne semble pas avoir pris la mesure de ce véritable enjeu de santé publique. C’est pourquoi France Nature Environnement et 34 associations du mouvement se mobilisent pour une réelle protection de tous les habitants situés à proximité de parcelles agricoles.

La sortie des pesticides passe en priorité par la protection des riverains

Voilà bientôt un an que le mouvement des Coquelicots est lancé et que la grogne monte dans les territoires, réclamant au plus vite la sortie des pesticides. Et ça tombe bien. La directive européenne 2009/128 impose aux Etats-membres de veiller à ce que l’utilisation des pesticides soit restreinte ou interdite vis-à-vis des personnes régulièrement exposées. L’Etat a également été enjoint d’agir par le Conseil d’Etat (saisi par l’association Eau et rivières de Bretagne, membre de France Nature Environnement) dans une récente décision, pour prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger les riverains fortement exposés aux pesticides sur le long terme. L’impact des pesticides sur la santé des personnes vivant à proximité des champs agricoles n’est plus à prouver, il y a urgence !

Des protections des riverains et du dialogue au rabais

A propos des personnes vulnérables (enfants, personnes âgées, etc.), un rapport d’experts commandé par le ministère de l’Agriculture estime qu’a minima et sans attendre, des distances minimales de non-traitement doivent être fixées sur l’ensemble du territoire. Or, les riverains exposés sur le long terme aux pesticides sont aussi des personnes vulnérables. Les associations demandent l’interdiction de l’épandage de pesticides à proximité des habitations ; en respectant des distances d’au moins 10 mètres pour toutes les cultures, d’au moins 20 mètres pour la viticulture et d’au moins 50 mètres pour l’arboriculture.

En plus des mesures de protection, l’information des riverains avant les épandages et le dialogue territorial, avec l’organisation de réunions publiques, sont primordiaux pour apaiser les crispations et retisser du lien sur le terrain. Les engagements pris doivent être simples, clairs et compréhensibles pour tous, applicateurs comme riverains.

Craignant une énième consultation peu suivie d’effets, France Nature Environnement et ses associations ont lancé une pétition sur le site fne.asso.fr pour interdire l'épandage de pesticides à côté des habitations et appellent les citoyennes et citoyens à les rejoindre pour obliger le gouvernement à enfin se saisir de cet enjeu sanitaire et environnemental.

 

Pétition en ligne ici : https://www.fne.asso.fr/actualites/p%C3%A9tition-interdisons-l%C3%A9pandage-de-pesticides-%C3%A0-c%C3%B4t%C3%A9-des-habitations

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[ NICE ] Attac dénonce une répression disproportionnée contre des activistes

Créé le : 29/10/2019

A Nice, samedi 26 octobre, 9 activistes membres des Gilets Jaunes, d’Extinction Rebellion et d’Attac, ont été arrêtés après avoir mené une action dénonçant l’évasion fiscale de la Société générale et ses investissements dans les énergies fossiles.

Selon l'association altermondialiste, la répression que les militants ont subi apparaît totalement disproportionnée pour une action symbolique ayant sali une des banques françaises les plus sales, à l’aide de blanc de Meudon et de charbon, donc sans dégradation lourde. Les 9 sont restés 48h en garde à vue, plusieurs d’entre eux ont été perquisitionnés, 8 ont été déférés au parquet et sont soumis à un contrôle judiciaire en attendant leur audience, ce qui leur impose un pointage au commissariat tous les 15 jours, leur interdit de se rencontrer et de participer à une manifestation dans le périmètre de la Société générale ! Huit d’entre elles sont poursuivies pour les chefs de « dégradations graves en réunion » et de « participation à un groupement formé en vue de commettre des dégradations ». La neuvième personne n’est poursuivie que du chef de complicité de dégradations. Elles devront comparaître devant le tribunal correctionnel le 10 février et encourent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende.

Attac se dit également surpris de découvrir les propos tenus par Jean-Michel Prêtre dans Nice Matin. Le procureur de la République " pris en flagrant délit de mensonges " dans l’affaire Geneviève Legay et qui va être rétrogradé et muté à Lyon le 1er novembre, justifie le maintien en garde à vue pour 48h des activistes par la présence « de gens relativement organisés, qui s’étaient fixé rendez-vous pour la livraison du matériel et la mise en œuvre du projet ». C’est pourtant le cas de toutes les actions de désobéissance civile.

Dans une dépêche AFP, un représentant du parquet indique que « M. Prêtre n’est pas intervenu, c’est un faux procès, il n’y a eu aucun traitement particulier réservé à ces personnes ». Selon nos informations, il y avait en effet un substitut du procureur de permanence ce week-end. Mais son supérieur hiérarchique est bien Jean-Michel Prêtre et c’est ce dernier qui a répondu à Nice Matin.

De plus, Attac a déjà mené des dizaines d’actions sur les vitrines des banques partout en France, sans que cela n’occasionne un tel niveau de répression. Cette répression s’inscrit dans un contexte particulier après l’affaire Geneviève Legay. La porte-parole d’Attac 06 avait été grièvement blessée par la police lors d’une manifestation des Gilets Jaunes le 23 mars 2019. Cette affaire avait sérieusement ébranlé les autorités judiciaires et la police niçoises.

Depuis, plutôt que faire profil bas, la police et la justice azuréennes semblent s’acharner sur les militants.
Ainsi, Olivier Sillam, militant de la FSU, sera poursuivi au tribunal de Nice le 19 décembre avec 3 co-accusés pour « outrage, rébellion et violence » après avoir chanté des slogans hostiles à la police lors d’une manifestation syndicale pacifique le 9 mai dernier. Puis, le même Olivier Sillam a fait 7 heures de garde à vue et a été perquisitionné pour avoir chanté des slogans tels que « Souchi en prison » ou « Plus de cunni, moins de Souchi », lors de la Marche des fiertés le 27 juillet. Rabah Souchi était le commissaire qui avait ordonné la charge policière ayant entraîné les blessures de Geneviève Legay, tandis que les gendarmes refusaient de participer à cette charge qu’ils considéraient « disproportionnée ».
Quant à Cedric Herrou, il a été arrêté samedi 26 octobre près de la frontière italienne et a subi sa 11e garde à vue, accusé d’« aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière » alors que les compagnons Emmaüs qui l’accompagnaient étaient en situation régulière.

Selon Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac France, « quand la police et la justice s’acharnent ainsi contre des militant·e·s, on peut se demander si dans les Alpes-Maritimes l’État de droit existe encore. Il est grand temps que le procureur Prêtre soit mis hors d’état d’exercer sa vengeance contre les militant·e·s.  »

Me Mireille Damiano, avocate et une des fondatrices de l’Observatoire Droits et Libertés 06, dénonce « une aggravation de la répression dans le but de bloquer tout esprit de contestation et de faire en sorte d’assécher la liberté d’expression et de manifester. »

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[ URGENCE CLIMATIQUE ] A quand des actions dans le secteur des transports ?

Créé le : 24/10/2019

La contribution du secteur des transports au réchauffement climatique est primordiale : 31 % des émissions de gaz à effet de serre en 2018, dont 95 % en provenance de la route. De nombreux citoyens sont aujourd’hui très inquiets face à ce phénomène et sont prêts à changer leurs habitudes de déplacement, mais selon la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT), rien de sérieux n’est fait pour réduire la dépendance automobile.

Le phénomène se traduit en particulier par des canicules, qui seront à l’avenir « de plus en plus précoces, fréquentes, intenses et prolongées » selon Jean Jouzel, climatologue ancien vice-président du GIEC.

La fonte du pergélisol des parois montagneuses et la montée du niveau des mers constituent une menace sérieuse (éboulements, inondations) pour les infrastructures de transport : voies ferrées et routes.

Plus on attendra pour s’attaquer au réchauffement climatique, plus la planète se réchauffera rapidement et plus le coût économique de ses conséquences sera élevé. Or de nombreuses décisions peuvent être prises rapidement par l’Etat et les collectivités locales sans exiger des contraintes insupportables par la population ou les entreprises : elles seraient peu coûteuses, ou même rapporteraient de l’argent utilisable pour investir davantage dans les réseaux urbains et ferroviaires (tramways, RER métropolitains).

Les décisions attendues de l’Etat

- Un centime supplémentaire de TICPE sur les carburants routiers (chiffres 2018) rapporterait 520 M€ ; si seuls les carburants automobiles étaient taxés, le produit serait de 271 M. La réduction récente de l’exonération de TICPE sur le gazole consommé par les camions (2 centimes) peut être accentuée.
- La très faible taxe sur les billets d’avion (1,5 € sur les vols courts-courriers), peut être augmentée.
- On peut réduire la vitesse limite autorisée sur les routes et en ville : 120 km/h (autoroutes), 100 (voies express), 80 (autres routes), 30 en ville (50 sur les axes de transit), comme en Suisse. L’impact climatique a été évalué par l’ADEME. Les énormes dépenses (40 Md€/an) liées à l’insécurité routière diminueraient.
- La prime vélo des salariés peut être rendue obligatoire pour les entreprises. Les cyclistes quotidiens étant plus nombreux et en meilleure santé, les dépenses de la Sécurité Sociale diminueraient.
- Le malus à l’achat des 4x4 urbains (SUV) peut être renforcé.

Les décisions attendues de l’Etat et des collectivités locales

  -Les collectivités locales peuvent multiplier les mesures favorables aux cyclistes. Elles peuvent accorder à tous leurs autobus des couloirs réservés et des priorités de circulation aux carrefours.
- Elles peuvent introduire le péage urbain (et l’Etat peut réintroduire les dispositions prévues dans une version initiale de la Loi d’Orientation des Mobilités).
- Les Régions et Départements peuvent limiter les dépenses routières, prioriser les travaux ferroviaires et développer des services d’autocar à large amplitude horaire et à fréquence élevée.
 
La FNAUT invite le gouvernement à suivre l’exemple de l’Allemagne qui va accentuer ses taxes sur les billets d’avion (elles passeront de 7,5 à 13 € pour les courts-courriers) et abaisser son taux de TVA sur les billets « grandes lignes » de 19 % à 7 %, taux déjà en vigueur pour les trajets jusqu’à 50 km.

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